• inventaire topographique
  • opération d'urgence
couvent de clarisses
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Ville de Lavaur
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lavaur - Lavaur
  • Commune Lavaur
  • Adresse 1 rue de la Mairie
  • Cadastre 1826 B 763 à 767, 778 à 782, 788 à 803, 805 à 807 ; 2011 AE 189, 193, 194, 197, 998, 1101
  • Dénominations
    couvent
  • Genre
    de clarisses
  • Parties constituantes étudiées
  • Autres parties constituantes
    cloître, chapelle, choeur, cour, clôture de chapelle, sacristie, église, oratoire, réfectoire, infirmerie, cellier, escalier, grotte de Lourdes, mur de clôture

La première installation des Clarisses à Lavaur remonte à la fin du 14e siècle. En 1398, une bulle papale autorise l'établissement d'un monastère de Clarisses, que l'on nommait généralement à cette époque les "Minorettes". Elles s'installent au sud de l'enclos des Cordeliers, dans le quartier de la rue des Mounasses, un toponyme qui rappelle leur présence. Il ne reste rien de ce premier établissement, et la communauté semble disparaître au milieu du 15e siècle. Ce n'est qu'au milieu du 17e siècle qu'une moniale du monastère des Clarisses Urbanistes du Salin à Toulouse, la Révérende Mère Sérène de Vésins, choisit Lavaur pour fonder un couvent. La communauté est fondée le 6 novembre 1642. Elle s'installe cette fois au plus près du Plô, à l'emplacement de l'actuelle médiathèque, après l'achat de plusieurs maisons particulières, le plus souvent en mauvais état. Après la Révolution, l'ensemble de ces bâtiments est vendu au titre des biens nationaux, et l'église est démolie. La communauté se reforme en 1802 autour de cinq soeurs, grâce au soutien de l'abbé Alexandre Mazas, ancien vicaire de Saint-Alain. Elle s'installe à l'emplacement actuel, dans l'îlot compris entre les rues Villeneuve, de la Mairie et Jouxaigues, d'abord dans des maisons particulières. Dès leur réunion, les Clarisses rouvrent un pensionnat. Le saint habit et la clôture sont rétablis en 1829.

La chronologie de l'évolution des bâtiments, élevés pour l'essentiel tout au long du 19e siècle, ainsi que les événements marquants de la communauté peuvent être établis à l'aide des Chroniques du monastère (originaux conservés aux Archives diocésaines d'Albi, publiés par D.-M. Rivals, 2012) et du registre des achats et dépenses extraordinaires qui relate les principaux temps forts de la construction du monastère (Archives diocésaines d'Albi, Q VII 15). L'abbesse Sainte-Agnès, nommée à la tête de la communauté en 1833, impulse une première grande campagne de travaux qui détermine l'organisation du monastère. En 1835, est achetée la grande maison du 18e siècle appartenant à M. de Boisredon de Galembert qui occupe l'angle des rues Villeneuve et de la Mairie (parcelle 1826 B 788). La construction de l'église, du chœur des moniales et des sacristies est aussi lancée cette même année. L'église est consacrée en mai 1837, année où le peintre italien Ceroni, actif avec son frère sur d'autres chantiers vauréens, travaille à un premier décor, aujourd'hui perdu. Dès cette première phase de travaux, un plan général du monastère a été établi et les campagnes suivantes s'attachent à le mettre en oeuvre. Un architecte dénommé Bégué est aussi rémunéré en 1835 et en 1840 (Chroniques du monastère, p. 70, note 1, d'après le registre des achats et dépenses extraordinaires), lorsque commence la deuxième grande campagne de travaux avec l'édification des bâtiments conventuels, en particulier la construction de l'aile occidentale de la cour et de l'aile nord du cloître. La première accueille au rez-de-chaussée le réfectoire et l'infirmerie et à l'étage la salle capitulaire (plus tard transformée en bibliothèque), le noviciat, trois cellules pour les soeurs distribués par un large couloir. L'aile nord du cloître superpose à la galerie dix cellules à l'étage. Cette aile sera prolongée pour accueillir cinq cellules supplémentaires et autant d'arcades, en 1900. Le grand mur de la Grande rue Jouxaigues est aussi édifié en 1840 tandis que le grand portail destiné à l'entrée des charrois sera reconstruit en 1862.

En 1852, l'architecte Bégué est à nouveau rémunéré quand est construite la petite chapelle dédiée à sainte Clémentine, implantée à l'angle de la nef de l'église et du choeur des moniales, pour accueillir les reliques de la jeune martyre romaine dont la translation se fait à Lavaur cette même année.

À partir de 1858, l'ancienne maison Boisredon connaît à son tour des transformations ; elle est exhaussée d'un étage pour accueillir de nouvelles cellules, réservées aux dirigeantes de la communauté. Dans les mêmes années (1859 et 1863), l'escalier ouest de cette première maison est aménagé. Cette maison est chère aux moniales car plusieurs soeurs y avaient été recluses pendant la Révolution, en 1793. Aussi, elles souhaitent en garder le souvenir en peignant les deux grandes inscriptions commémoratives qui rappellent les noms des soeurs emprisonnées et en baptisant ce couloir "le corridor des martyres". À ce moment, la communauté compte 35 soeurs.

L'abbesse Sainte-Thérèse de Jésus, nommée en avril 1868, préside, l'année suivante, à l'ajout de la galerie de cloître terminée par un nouvel avant-choeur venant ainsi élargir l'aile située entre la cour et le cloître. En 1870, se fait l'aménagement de la chapelle du Sacré-coeur, au premier étage de l'aile nord. L'aile du noviciat, sur la rue Villeneuve, en retour de la maison de Boisredon de Galembert, est élevée en 1875, venant ainsi fermer la cour intérieure. Un an auparavant, le monastère était relié à l'eau courante, établie à Lavaur cette même année.

L'oratoire Notre-Dame de la Salette a été construit en 1876 et la grotte de Notre-Dame de Lourdes en 1884, accueillant au pied le tombeau de la mère abbesse sœur sainte-Thérèse de Jésus.

Entre 1941 et 1943, les peintures du plafond de l'église sont refaites par le peintre Néra.

Si les soeurs ont été jusqu'à 90 ou 100, les trente dernières années de l'occupation du monastère, elles étaient seulement trois ; elles vivaient principalement dans l'ancienne maison Boisredon. Le monastère a fermé ses portes en décembre 2023. Les bâtiments été donnés au diocèse d'Albi, en 2026.

L'ensemble du monastère recouvre environ 5000 m2, dont près de 2000 m2 de bâtiments. Il occupe la moitié d'un grand îlot et est délimité par trois rues. L'entrée principale s'effectue depuis la rue de la Mairie, au nord. L'église occupe l'angle sud-ouest de l'enclos, et possède une entrée indépendante, selon la volonté de l'ordre, Grande rue Jouxaigues. Les bâtiments conventuels s'organisent autour d'une cour intérieure à l'est et d'un vaste cloître à deux galeries à l'ouest. Au nord, le long de la rue de la Mairie, la destruction de maisons a libéré un espace clos pour le verger.

L'ancienne maison Boisredon de Galembert du 18e siècle est construite en brique. Elle est ouverte par de hautes ouvertures couvertes par des arcs au tracé segmentaire. Elle conserve quelques décors de gypserie du 18e siècle, en particulier au premier étage, dans un passage cloisonné a postériori, donnant l'accès à la terrasse. Elle a été occupée par les dirigeantes de la communauté : le premier étage abritait la salle de la communauté (transformée en atelier dans la dernière occupation), le bureau de la mère supérieure (avec une cheminée en bois du 18e siècle) et plusieurs parloirs ; il communique en outre avec une terrasse qui facilite l'accès aux deux ailes latérales. Le comble à surcroît, surélévation faite pour la communauté, contenait les cellules des soeurs dirigeantes. C'est à ce niveau que des soeurs avaient été emprisonnées, pendant la Révolution. Les deux grandes inscriptions peintes rappellent ce fait et listent les noms des séquestrées. Le rez-de-chaussée est en partie occupé par les cuisines et communique avec la cave située sous la partie ouest de la maison. Le sol est recouvert d'une calade faite de gros galets et on reconnaît encore la cave à vin avec les niches à étagères pour les bouteilles d'un côté et les supports pour les tonneaux, de l'autre.

Les bâtiments conventuels sont pour l'essentiel construits en briques cuites qui alternent avec des moellons de grès. Les chaînes d'angle, les encadrements des baies et les arcades sont en brique. Un grès plus dur a été utilisé pour le portail de l'église, Grande rue Jouxaigues.

L'église conventuelle assez simple est couverte par un plafond en lattis de bois plâtré et peint. À l'est, une abside abrite la statue de sainte Claire dans une niche. Le choeur des moniales est implanté perpendiculairement à l'ouest de l'église permettant aux soeurs de suivre la messe dite dans le choeur. Une grille isole le choeur des moniales ; ce dernier est équipé de deux rangées de stalles installées à deux reprises, en 1855 et 1861. À l'ouest du choeur des moniales, un avant-choeur qui conserve un autel dédiée à sainte Claire était destiné aux soeurs tourières et aux converses, au moins dans les premiers temps.

L'aile entre la cour et le cloître s'élève sur un étage. Elle renferme le réfectoire et ses dépendances au rez-de-chaussée et côté ouest, un long couloir permet aux soeurs de rejoindre le chœur des moniales. Il porte le nom de couloir saint Joseph en raison d'une petite chapelle située à son extrémité nord, aménagée en 1844. Côté cloître, le rythme des arcades de la galerie se poursuit sur toute la longueur, incluant ainsi l'avant-choeur, pourtant ouvert par des fenêtres. Un grand escalier en bois avec garde-corps à balustres tournées distribue l'étage de ce bâtiment ainsi que l'aile nord du cloître. L'étage renferme la bibliothèque et plusieurs cellules desservies par le couloir dit "des saints de l'ordre" en raison des inscriptions peintes en 1863 qui mentionnent aussi bien des saints (saint Antoine de Padoue, saint Bernardin de Sienne, saint Louis évêque, saint Raphaël, saint Gabriel, saint Michel, saint Bonaventure) que cinq sentences tirées du Nouveau Testament. Elles constituaient un support à la méditation. L'extrémité sud de l'aile comporte aussi une chapelle haute (mentionnée chœur haut dans les chroniques du monastère) permettant aux soeurs malades de suivre la messe, en lien avec l'infirmerie.

L'ail du noviciat, à l'est de la cour, comprend au rez-de-chaussée des ateliers et salles de stockage, distribués par un couloir central aboutissant à une entrée indépendante, sur le pignon sud. Les archives mentionnent encore une cuisine, salle de bain et une buanderie, probablement établies dans la partie nord. Les deux étages sont consacrés aux cellules des novices. Les couloirs qui les distribuent portent également des sentences peintes. La partie sud du premier étage comporte une grande salle, à l'origine pour le noviciat et devenue la seconde salle de la communauté, tandis qu'à l'extrémité nord se trouve une autre petite chapelle dédiée à sainte Clémentine. L'aile communique avec la galerie des novices, lieu de méditation et de récréation situé au 2e étage, côté sud de la cour. La galerie dispose de garde-corps à balustre en terre cuite.

L'aile nord pourvue d'une galerie de cloître, compte onze cellules à l'étage distribuées par un long couloir sur l'arrière ainsi que la chapelle du Sacré-Coeur.

Au sud du cloître, contre le mur de clôture, se trouve l'oratoire dédié à Notre-Dame de la Salette qui renferme une rocaille avec incrustations de coquilles. La grotte de Lourdes se trouve dans la partie ouest du cloître ; la niche qui contenait la statue est vide.

  • Murs
    • brique
    • enduit
    • brique et pierre
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    1 étage carré, 2 étages carrés, étage de comble
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • croupe

Champs annexes au dossier - Architecture

  • NOTB_G
  • NOTB_S
  • APPA
  • APRO
  • ARCHEO
  • AVIS INTERET GENERAL :£GROS-OEUVRE :£SECOND-OEUVRE :£ELEMENTS REMARQUABLES :
  • CCOM
  • CHARP
  • CHARPP
  • COORLB93
  • COORMLB93
  • COORMWGS84
  • COORWGS84
  • ENCA
  • EPID
  • ESSENT
  • ETACT
  • FEN
  • FEN2
  • FENP
  • INTER
  • MHPP
  • NOPC
  • OBSV
  • PAVIS
  • PETA_MA
  • PLU
  • PSAV_FA
  • SAV_FA
  • SELECT oeuvre sélectionnée
  • TAILL
  • TAILLP
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  • USER IVR73_SCPMIDIPYR
  • VALID accessible au grand public
  • VISI
  • VISIB
  • VOIR_AUSSI
  • WCOM
  • IMP
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    chapelle
  • Sites de protection
    abords d'un monument historique

En 2026, le monastère a été donné à l'archevêché d'Albi par la communauté des clarisses. Le premier dossier d'inventaire constitué par Céline Vanacker en 2011 a été enrichi à cette occasion, alors que les bâtiments allaient connaître un changement de destination.

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Documents d'archives

  • Archives diocésaines d'Albi. Fonds des Clarisses de Lavaur, Q VII 15, Achats et dépenses extraordinaires (1835-1941). registre concernant les constructions du monastère.

    Archives diocésaines d'Albi : Q VII 15

Bibliographie

  • Rivals (Didier-Marie). Chroniques du monastère des Clarisses Urbanistes de Lavaur (1642-1951). D.-M. Rivals, Paris, 2012, 377 p.

  • Garban (Jean-Marie). "Histoire franciscaine à Lavaur", Revue du Tarn, n° 119, automne 1985, p. 359-400.

  • Ruffié (Paul). Lavaur, Une nouvelle capitale aux portes de Toulouse. photographies de Jean-Philippe Arles, Toulouse, Privat, 2010, p. 82.

  • Algans (Suzanne), Pech (Jean). Autrefois Lavaur. Fiac, Midi-France, 1987, p. 58.

  • Ensergueix (Nathalie). Document de travail visant à préparer la transmission d'œuvres au diocèse d'Albi. 2026.

Date(s) d'enquête : 2011; Date(s) de rédaction : 2011, 2026
(c) Ville de Lavaur
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Conseil départemental du Tarn
(c) CAUE du Tarn
Dossiers de synthèse
Articulation des dossiers