La halle des fours verriers, disparue
Pour appréhender la partie haute des fours, logés dans une halle, il faut se référer aux dessins de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Il s'agissait de fours de fusion à creusets, fonctionnant au charbon de terre et organisés autour de quatre ouvreaux. Les archives mentionnent des fours de recuit dont l'emplacement peut peut-être être identifié sur un plan de 1769, à l'extrémité ouest où un petit corps de bâtiment est adossé à la seconde halle.
Un accès se faisait par le côté est. Le baptême de la verrerie de 1754 parle "du degrè du baptiment de la verrerie" c'est à dire de l'escalier qui se situe devant "la porte maîtresse du bâtiment". Cette information peut être croisée avec le plan de 1769 qui laisse supposer qu'une rampe d'accès dont le tracé était en quart-de-rond existait à l'angle sud-est de la halle, à côté du puits. Des accès similaires existaient à la verrerie royale du Bousquet d'Orb (Hérault) où deux rampes sont représentées sur une vue perspective (collection particulière).
D'anciennes conduites sont régulièrement implantées dans l'épaisseur des murs est (partie sud-est), sud et ouest (partie sud-ouest) du niveau inférieur du bâtiment. Elles pourraient constituer les vestiges des systèmes d'évacuation des eaux pluviales de l'ancienne halle.
La partie basse des anciens fours verriers
Toute la partie basse des anciens fours verriers a été conservée : les huit salles voûtées de moellons de pierre calcaire séparées par des couloirs en double croix datent de cette utilisation. La partie haute où se trouvaient les fours semble avoir été arrasée côté nord ; à l'extérieur, cet arasement peut être perçu par un retrait du mur dans toute la moitié ouest du bâtiment.
Le plan général est celui de deux soubassements de fours carrés accolés, de 18 m de côté chacun, le premier construit étant celui de l'est ; le collage entre les deux a été observé côté sud, où les maçonneries du mur du second four sont adossées à l'angle du premier, bâti en pierre de taille. Côté nord, une petite fenêtre de l'enduit a été dégagée au niveau de la jonction et de la brique est mise en oeuvre pour le premier four (sondage L. Gérardin, Hadès, 2016). Le niveau inférieur conserve les couloirs de tirage des fours qui se trouvaient au niveau supérieur. Ces couloirs se croisent à angle droit et des pans coupés ont été aménagés pour faciliter la circulation de l'air. Ils ouvraient directement sur l'extérieur par de grandes portes couvertes en arc plein-cintre. Au sud-est, de gros blocs de grès constituent l'encadrement de l'ouverture tandis qu'au nord-est on trouve de la brique. L'alandier avec encadrement de brique et la grille sont encore en partie en place dans le soubassement ouest. Celui de l'est était encore présent au début des années 2000 (A PRECISER). Les maçonneries sont souvent masquées par un enduit, en particulier à l'extérieur. Dans la partie sud, on observe de gros moellons de pierre de calcaire assisés.
Ces couloirs déterminent huit salles voûtées en berceau de forme segmentaire. Les maçonneries sont en moellons de calcaire posés de chant. Elles étaient individuellement accessibles depuis l'extérieur, les portes subsistent avec leur pénétration de pierre dans la voûte et encadrement de brique. On note que sur les deux grands côtés, ces accès sont percés symétriquement. Ainsi la distribution de l'air dans les couloirs de tirage était-elle clairement dissociée des accès aux salles. Les circulations existantes entre ces salles et les couloirs de tirage sont des percements récents qui datent de la création du musée. Quelques unes des fonctions des salles peuvent être appréhendées par une visite de la verrerie de 1795 (ADT, 1 Mi 55 - 14, carton 5 doc 173) qui évoque la "première voûte [...] située sous la verrerie, donnant du côté nord" occupée par le maréchal, en suivant la "voûte du tamiseur", puis la "chambre du maître fondeur".
Les ouvertures qui subsistent dans les voûtes du niveau inférieur pourraient constituer les vestiges des piliers qui supportaient le four, à l'étage.
Des contreforts sont représentés sur la seconde halle sur le plan de 1769, pourtant, les maçonneries aujourd'hui apparentes n'en montrent pas trace.
Le "bâtiment de l'orangerie"
Après la fermeture des fours, tout le côté sud de la cour semble avoir été remblayé, entraînant l'enterrement du premier niveau sur ce côté.
L'orangerie proprement dite occupait la partie supérieure de toute la partie sud du bâtiment. Elle est ouverte de plain-pied par onze grandes portes-fenêtres couverte par des arcs en plein-cintre au sud et trois autres baies de même forme sur les pignons est et ouest. Les encadrements des baies, en pierre artificielle, imitent la brique. La corniche et le garde-corps qui la surmontent sont également en pierre artificielle. Des photographies du début du 20e siècle montrent qu'en façade, un enduit d'imitation de maçonnerie de brique avait été appliqué au moins sur le pignon ouest, en partie haute.
Un plan de 1914 indique que la moitié nord du bâtiment, au second niveau, était réservée à une buanderie et à un grenier et qu'une grande volière était appuyée sur ce côté, en partie centrale.
Ce niveau est encore distribué par un couloir longitudinal qui pourrait conserver au moins en partie des vestiges de maçonneries du bâtiment des fours verriers.