Dossier d’œuvre architecture IA81011502 | Réalisé par
Béa Adeline
Béa Adeline

Chargée d'Inventaire au CAUE du Tarn

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  • inventaire préliminaire, inventaire territorial du PNRHL
village
Œuvre étudiée
Copyright

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc - Labruguière
  • Commune Escoussens
  • Cadastre 1837 A  ; 1986 A

Un habitat antique a pu être repéré sur le territoire et le vocable de l'église, Saint-Saturnin, renvoie à une fondation ancienne, pouvant être issue du Haut Moyen Age ou de l'époque carolingienne. Pourtant, la première mention de l'église paroissiale n'apparaît dans les textes qu'en 1150 (G. Bes, 1978, p. 9). L'église, perchée sur un petit promontoire rocheux, n'a pas été, dans un premier temps, à l'origine d'un habitat regroupé. La formation du village d'Escoussens découle naturellement de l'implantation et la construction du château à la fin du 12e siècle. En effet, en 1185, le vicomte d'Albi et de Béziers, Roger II de Trencavel, autorise Raymond, seigneur de Dourgne, à bâtir le château d'Escoussens (T. Azémar, 1899, p. 133). En avril 1187, la seigneurie est divisée en trois co-seigneurs : Raymond de Dourgne, Pierre de Tripol et Unaut del Gua et Bernarde sa femme. Dans l'acte, il est question de toute la seigneurie d'Escoussens mais aussi du château "lo castel" et du "barri" (C. Brunel, 1926, p. 224, texte 232). Le choix du site pour le nouveau "castrum" s'explique non seulement par ses capacités de défense naturelle mais aussi parce que l'église paroissiale se trouvait en place. Le château s'établit sur un site d'éperon barré, un tertre naturel de 85 m de long sur 50 m de large. L'esplanade du château a pu accueillir un premier habitat mais le noyau villageois s'établit à ses pieds, en dehors de l'enceinte. Il s'installe dans l'alignement de l'accès au château sous la forme de deux îlots bordant la voie d'accès avec des équipements communautaires tels que le four. L'habitat regroupé va se développer progressivement. En 1290, il est question du "claustram dicti loci" à l'intérieur duquel se trouve le "fortalicium" (A.D. Tarn, H 190). L'acte mentionne le "castrum", les murs et les portes. Le village s'est établi selon un tracé concentrique, suivant les courbes de niveau. Il est possible de déceler plusieurs phases. L'enceinte villageoise est régulièrement mentionnée dans les textes aux 15e et 16e siècles. Lorsque les Chartreux de Saïx acquièrent la totalité de la seigneurie d'Escoussens au début du 16e siècle, en 1506-1507, après un siècle et demi d'une longue politique d'acquisition, ils édictent une charte des libertés et franchises en 1515 (T. Azémar, 1899). La fin du 15e siècle et le début du 16e siècle se traduisent par une période florissante à travers laquelle émergent des chantiers de reconstruction d'importance comme ceux du château et de l'église ou une période de construction dans l'architecture civile intra et extra muros. Au 17e siècle, l'habitat colonise progressivement les pentes situées en vis-à-vis de l'église paroissiale et une fontaine est élevée au bord du ruisseau de Bernazobre. En 1695, la population agglomérée d'Escoussens comptabilise 354 personnes (A.D. Tarn, H 213). Le 18e siècle, période de développement économique dû à l'essor de l'activité textile, se traduit par une extension urbaine notable. La halle est construite en 1737 et les constructions qui bordent la place révèlent une période de reconstruction. Il n'est plus question d'enceinte et de grandes maisons s'élèvent à son contrebas et dans le nouveau quartier qui voit le jour le long du ruisseau. La fin du 18e siècle et la première moitié du 19e siècle sont une époque où se poursuit le mouvement d'extension urbaine, sur les pourtours, le long du ruisseau, le long du chemin de Prat-Marivalle, à l'est, sur la plateforme du château. En 1832, le village compte 590 habitants (P.-L. Bouysset, 1977, p. 48). La 2e moitié du 19e siècle et la 1ère moitié du 20e siècle sont une période de récession démographique mais les constructions continuent à coloniser les abords, au nord-est dans la 2e moitié du 19e siècle, en contrebas de l'église, "extra pontem" dans la première moitié du 20e siècle. Cette période est marquée par les aménagements et constructions publics : aménagement du réseau hydraulique avec l'installation de trois fontaines en 1860, place de l'Hôtel de Ville, place de la Halle et "Derrière la ville" (A.C. Escoussens), construction d'une école publique double en 1878 (A.D. Tarn, 2 O 84/1) et celle de la mairie en 1912 (A.D. Tarn, 2 O 84/1).

  • Période(s)
    • Principale : Moyen Age
    • Principale : 16e siècle
    • Principale : 17e siècle
    • Principale : 18e siècle
    • Principale : 19e siècle
    • Principale : 20e siècle

Le village, établi sur le piémont nord de la Montagne Noire mais tourné vers la plaine, se dresse sur un coteau cerné par le ruisseau du Bernazobre et son affluent. Il colonise la pente de ce dernier à partir du point le plus élevé occupé par la plate-forme du château, longue de 85 m et large de 50 m, et descend jusqu'aux rives du Bernazobre, au niveau du carrefour des voies de circulation de la montagne et de la plaine. Etabli sur un plan en éventail dans la partie haute, suivant les courbes de niveau pour la période la plus ancienne, et alors enserré par une enceinte, le bâti répond à une implantation différente dans la deuxième partie, pourtant dictée par la position de l'église, élevée sur un petit promontoire rocheux. Cette dernière, bordée au nord jusqu'au milieu du 19e siècle par le cimetière, se trouve depuis le 4e quart du 19e siècle contre l'école publique. Le village conserve la disposition traditionnelle d'un habitat aggloméré aux constructions resserrées que longent, à l'est et à l'ouest, des jardins aux parcelles régulières, situés sur les pentes douces des rives des deux ruisseaux.

Champs annexes au dossier - Architecture

  • NOTB_G ASTOUL-BACH (Claude), Escoussens en montagne noire, dact., 1980 ; AZEMAR (Théodore), Coutumes d'Escoussens (Transaction du 10 janvier 1515), Albi, 1899 ; BASTIE (Maurice), Le Languedoc, description complète du département du Tarn, 1875, Rééd. 1992, Vol. 1, p. 476-477 ; BES (Georges), Survol historique du consulat du XIIIe au XVIIIe siècle, dact., 1975 ; BES (Georges), L'église Saint-Saturnin d'Escoussens, dact., 1978 ; BOUYSSET (Paul-Laurent), "Une épidémie de choléra-morbus à Escoussens (Tarn) en 1854", Fédération des Sociétés Académiques et Savantes Languedoc-Roussillon-Pyérénées-Gascogne, "Gaillac et pays tarnais", Actes du XXXIe Congrès, 1976, 1977, p. 47-54 ; BONHOTE (Jérôme), RIESEN (Wulf Van), "La longue tradition verrière du Tarn jusqu'à la fin du XIXe siècle", De la verrerie forestière à la verrerie industrielle, du milieu du XVIIIe siècle aux années 1920, Actes du colloque d'Albi, 1996, 1998, p. 182-193 ; BRUNEL (Clovis), Les plus anciennes chartes en langue provençale (recueil des pièces originales antérieures au XIIIe siècle), Paris, Ed. Picard, 1926 ; CAMPECH (Sylvie), L'occupation du sol du piémont nord de la Montagne Noire au Moyen-Age : enquête archéologique et documentaire, mém. de maîtrise, Université de Toulouse-Le Mirail, juin 1989 ; CAZALS (Rémy), sous la direction de, Histoire de Castres, Mazamet, La Montagne, Toulouse, Ed. Privat, Coll. "Univers de France", 1992-2004 ; ESCANDE (Jean), Escoussens sous la royauté (1185-1789), Castres, Éd. Midi France Communication, 1988 ; ESCANDE (Jean), Escoussens sous la Révolution et l'Empire, Labruguière, 1992 ; LE POTTIER (Jean) sous la direction de, Communes du Tarn, Dictionnaire de géographie administrative, paroisses, étymologie, blasons, bibliographie, Albi, Archives Départementales, Archives et Patrimoine, 1990 ; TRANIER (A.), Dictionnaire historique et géographique du département du Tarn, Albi, Ed. Tranier, libraire-éditeur, 1862.
  • NOTB_S A.C. Escoussens, Construction d'une fontaine publique sur la place du village d'Escoussens, 1858-1859 ; A.D. Tarn, Plan d'Escoussens de la fin du XVIIIe siècle (document maintenant perdu) ; A.D. Tarn, 3 P 2753, cadastre napoléonien, 1837 ; A.D. Tarn, 3 P 739, Cadastre, état des sections, 1838 ; A.D. Tarn, 3 P 741, Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882 ; A.D. Tarn, 3 P 742, Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1912 ; A.D. Tarn, H 213, Registre, 1643-1723 ; A.D. Tarn, H 190, Registre, XVIe-XVIIe siècle, Inventaire des archives du couvent ; A.D. Tarn, 2 O 84/1, Bâtiments communaux : construction d'une mairie, construction d'une double école publique, église, presbytère ; A.D. Tarn, Escoussens, 84 EDT DD 2, Travaux publics. Mandat de 6 livres 1 s 3 den. acquité par les chartreux pour tuiles, bois, clous et fer par eux fournis pour les réparations de portes de la ville, 1603.
  • APPA
  • APRO
  • ARCHEO
  • AVIS
  • CCOM Communauté de communes Sor et Agout
  • CHARP
  • CHARPP
  • COORLB93
  • COORMLB93
  • COORMWGS84
  • COORWGS84
  • ENCA
  • EPID
  • ESSENT
  • ETACT
  • FEN
  • FEN2
  • FENP
  • INTER
  • MHPP
  • NOPC
  • OBSV
  • PAVIS
  • PETA_MA
  • PLU
  • PSAV_FA
  • SAV_FA
  • SELECT oeuvre sélectionnée
  • TAILL
  • TAILLP
  • TOITU
  • USER IVD81_CAUETARN
  • VALID accessible au grand public
  • VISI
  • VISIB
  • VOIR_AUSSI
  • Statut de la propriété
    propriété publique
    propriété privée
  • Cadastre, 1837

    AD, Tarn : 3 P 2753
  • J. Escande

  • Plan d'arpentement de la forêt d'Hautaniboul, 1610.

    AD, Haute-Garonne : 8 B 059
Date(s) d'enquête : 2005; Date(s) de rédaction : 2005
(c) CAUE du Tarn
(c) Inventaire général Région Occitanie
Béa Adeline
Béa Adeline

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