Le vicomte de Trencavel autorise en 1185 son vassal, le seigneur de Dourgne, à construire le château d'Escoussens (Azémar, p. 133). Ceci intervient en récompense des services de ce dernier dans la gestion des biens des Trencavel. Les seigneurs de Dourgne connaissent en cette 2e moitié du 12e siècle un développement conséquent de leur seigneurie (1153, Verdalle ; 1183, Cuq-Toulza). En avril 1187, un acte de partage des droits de la seigneurie entre les trois co-seigneurs d'Escoussens mentionne le "castel" (Brunel, p. 224, texte 232). Le moyen appareil bien assisé visible dans la partie inférieure du mur de clôture est a priori le seul vestige visible de cette campagne du Moyen Age. Raymond de Dourgne se défait de sa part sur la seigneurie d'Escoussens en 1231 au profit du comte de Toulouse (Cazals dir., p. 83). En 1239, ce dernier concède la seigneurie à deux vassaux : Guillaume Fort de Beaufort et Armand de Ventenac (Campech, p. 61). En 1246, après échange, Guillaume Fort de Beaufort devient seul seigneur d'Escoussens. En 1367, les chartreux, installés à Saïx depuis 1359, reçoivent les biens de Jordane Audebaud, héritière du co-seigneur d'Escoussens Raymond, soit un quart de la montagne de Cayroulet, un four situé à Escoussens, un bois et des moulins (Escande, 1988, p. 39 ; A.D. Tarn, H 190, 1453, Cession à Catherine de Loys des droits et possessions sur Escoussens). Sur une durée d'un siècle, ils acquièrent progressivement toutes les parts de la seigneurie d'Escoussens et en 1507, ils possèdent la totalité de la seigneurie. Ils sont pourtant les seigneurs principaux d'Escoussens dès 1437, date à laquelle ils rendent hommage au roi Charles VII et en 1448, ils désignent les consuls (Campech, p. 62). L'élévation occidentale conserve dans la partie inférieure un moyen appareil bien assisé qui semble être le vestige de la première enceinte du premier logis. La limite du 15e siècle et du 16e siècle, correspondant à l'implantation des chartreux sur Escoussens, a été la période d'une grande campagne de travaux qui voit s'élever des corps de bâtiments sur un plan en U, pour le moins, autour d'une cour. Il est possible d'émettre l'hypothèse qu'une chapelle préexistante à la chapelle du 18e siècle fermait la cour au sud. De cette campagne, il est possible de restituer quelques éléments. La tour d'escalier en vis située à l'angle nord-ouest de la cour, permettait de desservir les deux corps de bâtiments. En demi-hors-oeuvre, elle ouvre sur la cour par une porte au linteau sculpté d'une accolade à double rouleau et ajourée par des petites baies rectangulaires à l'encadrement mouluré par une série de doubles cavets. L'élévation sud de l'aile orientale comprend encore une porte surmontée d'un linteau en accolade. Un corps de garde, établi probablement à cette période, jouxtait ce mur. Au 17e siècle, une troisième grande campagne d'aménagement est visible dans les corps de bâtiments principaux (nord, est et ouest) à travers le percement de nouvelles ouvertures accompagnées de reprises en brique en sous-oeuvre et l'aménagement de nouvelles salles. Demi-croisées et croisées, souvent dotées d'un appui mouluré saillant, et des petites baies chanfreinées à appui sont encore visibles dans l'aile orientale et occidentale. L'aile orientale bénéficie à cette période d'un aménagement général. L'entrée sur la cour est matérialisée par une porte en arc plein cintre à l'encadrement chanfreiné, surmontée d'un oculus, jour du grand escalier. A droite, se trouve la cuisine, avec une grande cheminée en grès aux montants lisses, et à l'étage, une salle couverte d'un plafond à la française peint de motifs au pochoir. En 1742, les fossés sont comblés (Astoul-Bach, p. 51). L'édifice bénéficie d'une grande campagne de réaménagement en cette première moitié du 18e siècle. Les salles sont éclairées par de hautes et larges fenêtres au tracé en arc segmentaire avec appui saillant et mouluré, et à l'étage en surcroît, par des petites baies au tracé en arc segmentaire. L'aile nord, principalement, et l'aile ouest révèlent une campagne homogène. La chapelle, construite au 18e siècle, peut-être en remplacement d'une chapelle plus ancienne, ferme au sud la cour. Au début du 19e siècle, sur l'élévation nord du bâtiment septentrional, un perron desservi par un escalier droit donnant sur une porte monumentale à entablement et superposition d'ordres est daté de 1822 (date portée sur le linteau de la porte). Les aménagements du 19e siècle, visibles sur l'élévation nord du bâtiment septentrional et en partie sur l'aile orientale, peuvent être datés de cette période. En 1954, une partie de l'élévation nord s'est effondrée. La partie béante n'a été remontée que dix années plus tard, période durant laquelle la démolition du château a été souvent envisagée (A.C. Escoussens, dossier château, 1954-1964).
- inventaire préliminaire, inventaire territorial du PNRHL
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc - Labruguière
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Commune
Escoussens
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Cadastre
1837 A2 404 à 422 ;
1986 A3 592 à 608
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Dénominationschâteau
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Autres parties constituantescour, jardin, puits, chapelle
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Période(s)
- Principale : 12e siècle , (incertitude)
- Principale : 13e siècle , (incertitude)
- Principale : limite 15e siècle 16e siècle
- Principale : 17e siècle
- Principale : 1ère moitié 18e siècle
- Principale : 19e siècle
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Dates
- 1822, date portée
Le château, construit sur un promontoire rocheux dominant le village, s'établit sur un tertre naturel de 85 m de long sur 50 m de large et, profitant de cette défense naturelle, il s'inscrit sur le plan d'un éperon barré. Les aménagements occupent toute la plateforme du site, avec emprise du château et de son enceinte, emprise des anciens fossés et celle d'une deuxième ligne de défense naturelle marquée par la déclivité du terrain qui pouvait être couronnée d'une muraille. La partie sud de la plateforme est occupée par un jardin dans lequel se trouve un puits. Les corps de bâtiment s'organisent autour d'une cour, sur un plan en U que ferme au sud la chapelle, dont seule subsiste la façade. L'aile occidentale comporte encore les vestiges de jours ou d'archères, des pièces de tir sont visibles sur les ailes septentrionale et orientale. Etablie à la suite du corps de bâtiment nord, la porte, intégrée auparavant à un ensemble plus conséquent comprenant probablement un pont-levis, donnait sur une rampe aménagée, certainement protégée par un mur d'enceinte défendu par un corps de garde en avancée à l'angle sud-est. L'accès à la cour est établi en retour par un passage ouvert au niveau de l'extrémité méridionale du corps de bâtiment oriental. Les corps de bâtiment comprennent deux étages carrés et un étage en surcroît, établis avec une hiérarchisation des fenêtres : pour le premier, de grandes et larges fenêtres, pour le second, des fenêtres aux dimensions plus réduites, pour l'étage en surcroît, de petites baies. Signe de richesse, le toit forme une avancée sur une génoise à six rangs. Le gros-oeuvre, en pierre de taille de moyen appareil de grès dans les parties basses de l'élévation occidentale, est recouvert d'un enduit à la chaux. Il est constitué de moellons équarris assisés aux matériaux plus variés dans le bâtiment nord : schiste, calcaire et quartz. La brique foraine est employée dans les parties hautes de tous les corps de bâtiments. Les encadrements des baies sont en grès. L'élévation est à travées.
-
Murs
- grès
- brique
- schiste
- calcaire
- quartz
- enduit
- pierre de taille
- moyen appareil
- moellon
-
Toitstuile creuse
-
Étages2 étages carrés, étage en surcroît
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Élévations extérieuresélévation à travées
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Couvertures
- toit à longs pans
- croupe
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Escaliers
- escalier de distribution : escalier en vis
- escalier de distribution extérieur : escalier droit escalier en maçonnerie
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Techniques
- peinture
-
Représentations
- ornement végétal
-
Précision représentations
Plafond à la fançaise peint d'un motif floral.
Champs annexes au dossier - Architecture
- NOTB_G Astoul-Bach (Claude), Escoussens en montagne noire, dact., 1980, 176 p. ; Azémar (Théodore), Coutumes d'Escoussens (Transaction du 10 janvier 1515), Texte roman avec publication française, Albi, Imp. des Apprentis-Orphelins, 1899, 155 p ; Bes (Georges), Les seigneurs d'Escoussens, dactylographié, 1978, mairie d'Escoussens ; Biget (Jean-Louis), Histoire de Castres, Mazamet, La Montagne, sous la direction de Cazals (Rémy), Toulouse, Privat, 1992-2004, p. 46-118 ; Brunel (Clovis), Les plus anciennes chartes en langue provençale (recueil des pièces originales antérieures au XIIIe siècle), Paris, Picard, 1926 ; Cabié (Edmond), les seigneurs et le château de Dourgne, Castres, 1880, p. 10, note 2 ; Campech (Sylvie), L'occupation du sol du piémont nord de la Montagne Noire au Moyen Age : enquête archéologique et documentaire, mémoire de maîtrise d'histoire, sous la direction d' Y. Bruand et G. Pradalié, Université de Toulouse-Le Mirail, 1988, 2 tomes ; Escande (Jean), Un plan du village d'Escoussens dans la 2e moitié du XVIIIe siècle, Bulletin de la Société. des Sciences, Arts et Belles-Lettres du Tarn, 1972, p. 607-609 ; Escande (Jean), Escoussens sous la royauté (1185-1789), Castres, Midi France Communication, 1988, 117 p ; Escande (Jean), Escoussens sous la Révolution et l'Empire, 1992, Labruguière, 99 p.
- NOTB_S A.D. Tarn, Plan d'Escoussens de la fin du XVIIIe siècle (document maintenant perdu) ; A.N., J 304 (Toulouse II), n° 23 ; A.D. Tarn, H 190, Registre, XVIe-XVIIe siècles, Inventaire des archives du couvent ; A.C. Escoussens, Dossier Château, 1954-1964.
- APPA pierre de taille ; moellon équarri ; moyen appareil ; moellon assisé ; chaîne en pierre de taille
- APRO
- ARCHEO
- AVIS
- CCOM Communauté de communes Sor et Agout
- CHARP
- CHARPP
- COORLB93
- COORMLB93
- COORMWGS84
- COORWGS84
- ENCA grès
- EPID enduit à la chaux
- ESSENT
- ETACT état originel correct ; détruit
- FEN
- FEN2
- FENP
- INTER spécimen unique et remarquable
- MHPP
- NOPC
- OBSV
- PAVIS
- PETA_MA
- PLU
- PSAV_FA
- SAV_FA
- SELECT oeuvre sélectionnée
- TAILL
- TAILLP
- TOITU génoise
- USER IVD81_CAUETARN
- VALID accessible au grand public
- VISI
- VISIB visibilité lointaine
- VOIR_AUSSI
-
Statut de la propriétépropriété privée
-
Intérêt de l'œuvreà signaler
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AD, Tarn : 3 P 2753
plan cadastral, planche A3, 1837
Chargée d'Inventaire au CAUE du Tarn
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