Cet établissement thermal est le plus tardif de la station, il a été construit en 1880-1881 pour étoffer la station thermale. Il était relié à l'hôtel Ibrahim Pacha qui est antérieur.
La Gazette des eaux décrit en 1881 l'avancée du projet lancé par la société thermale fondée en 1880.
L'établissement thermal a été élevé sur la rive gauche de la rivière, à côté de l'hôtel qi a donné asile jadis à Ibrahim Pacha, pendant la cure qu'il fit au Vernet en 1842. Placé au pied même de la montagne, l'établissement a peut-être, par cela même, un aspect un peu écrasé, mais, dès que l'on a mis le pied dans l'intérieur, cette impression disparaît. La disposition adoptée est celle de plusieurs établissements d'outre-Rhin. Elle dérive de la forme circulaire. Au centre, un jardin couvert, que ferme par en haut un dôme de verre; c'est là que l'on se rend en attendant le bain. Au milieu un bassin surmonté d'une vasque de laquelle l'eau s'échappe en cascades; à la périphérie, des bancs et des sièges de repos. Le reste de l'espace est réservé aux pas perdus et aux fleurs. Tout autour de ce jardin central tourne une galerie circulaire qui donne accès aux cabinets de bains. Chacun de ceux-ci est composé de deux parties : un petit salon d'entrée formant vestiaire; au fond une porte donnant accès dans le cabinet de bain proprement dit. Chaque cabinet est pourvu de sa baignoire de marbre. Sur le côté se trouvent le vaporarium, les étuves graduées ; on passe de l'une dans l'autre pour arriver successivement aux températures les plus élevées. Malgré cela, chaque étuve est pourvue d'une porte latérale qui ouvre sur un couloir de dégagement, lequel conduit à la piscine et à des cabinets de douches locales ou générales, contigus à cette dernière. Cette disposition se reproduit également à droite et à gauche : côté des hommes, côté des dames. En avant se trouvent les salles d'inhalation de vapeur et de pulvérisation. En arrière s'élève une splcndide salle d'hydrothérapie pourvue de tous les appareils les plus modernes et les plus perfectionnés. Puis une salle de gymnastique non moins belle et non moins richement pourvue. Enfin, les cabinets pour douches spéciales, salles de repos, de massage, etc. Enfin, à droite de l'établissement et tout à fait à l'entrée, est la buvette où l'on est venu faire jaillir, à travers une éraillure de la roche, un filet d'eau de chaque source.
En 1883 il appartient au lot mis en vente sur saisie immobilière et est décrit comme "un grand édifice partie en maçonnerie, partie monté avec charpente en fer, vitrée, servant d'établissement de bains, appelé les Thermes du Vernet", 37 cabinets de bains, chacun avec une baignoire en marbre blanc, piscines, salles d'hydrothérapie, d'escrime et de gymnase, contenant tous les objets adaptés, nécessaires à l'hydrothérapie, à l'exercie du gymnase et de l'escrime, un grand jet d'eau avec vasque en bronze. Dans l'une des salles de gymnase existe un appareil orthopédique système Paz. (L'Espérance, journal catholique et royaliste des Pyrénées-Orientales, 28 mai 1883).
La Gazette des eaux indique en 1906 qu'il a "un aspect très agréable et très gai avec son grand dôme vitré sous lequel s'abritent, rangés autour d'une vasque monumentale avec un sujet en bronze, quarante cabinets de bain, chacun d'eux comprenant un déshabilloir". Ce élément central était complété par deux ailes aux dispositions identiques, l'une pour les hommes, l'autre pour les dames. Chaque aile comprenait des salles de pulvérisation et de humage, une piscine, une salle de douches avec salle de massage. Un service d'hydrothérapie avec eau naturelle est contigu aux thermale, avec là encore une piscine et de nombreuses douches.
Une grotte aménagée abrite la buvette.
L'ensemble possède alors des dépendances dédiées aux exercices physiques : salles d'armes, de gymnastique française avec agrès, gymnastique suédoise, appareils Paz, salle de boxe, de canne de bâton. A proximité, sur la pelouse, il était possible de pratiquer le tennis, le croquet, le football ; des balançoires et des jeux de tonneau étaient également à disposition.
En 1940, la violente crue de la rivière Cady une large partie de la station. De nombreux bâtiments sont emportés dont les anciens thermes.
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