Dossier d’œuvre architecture IA65008024 | Réalisé par
  • recensement du patrimoine thermal
sanatorium ; orphelinat
Œuvre repérée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pyrénées
  • Commune Argelès-Gazost
  • Adresse 5 rue des Canaris
  • Cadastre 2025 AN 259
  • Dénominations
    sanatorium, orphelinat

La sanatorium a été créé à l'initiative du docteur Douillard, ancien interne des hôpitaux de Paris. Sa mort en 1874 l'empêche de mettre ce projet à exécution mais celui-ci est repris par sa famille, épaulée par Dr Ferrand, un ancien proche de Douillard. Il crée entre 1875 et 1879 la première oeuvre populaire ayant pour but de lutter contre la phtisie des pauvres par la cure d'air dans les montagnes et une alimentation réparatrice. L'oeuvre commence en 1877 et l'installation définitive à Argelès a lieu à partir de 1880.

Avant même la création de la station thermale d'Argelès-Gazost, le site était donc reconnu pour ses qualités climatiques. En 1877, Argelès était, avec Cauterets, les deux seuls sanatoriums des Pyrénées centrales. Celui d'Argelès avait pour spécificité d'être dédié aux enfants et exclusivement aux filles orphelines qui y résidaient jusqu'à leur majorité. C'était une structure assez modeste puisqu'elle ne pouvait accueillir que 25 pensionnaires qui y étaient admises entre 5 et 12 ans et en sortait à 21.

Le fonctionnement et le projet sont bien documentés. Le sanatorium Les médecins insistent notamment sur la vie en plein air et la constante aération des installations. Le caractère modeste du lieu était revendiqué : il s'agissait d'une expérience de sanatorium sur la durée et bon marché, au rebours des "sanatorium-palais", qui s'inspirait du modèle italien.

La sanatorium a été créé à l'initiative du docteur Douillard, ancien interne des hôpitaux de Paris. Lors d'un voyage pyrénéen en 1873, il avait remarqué les atouts climatiques d'Argelès et envisagé d'y fonder une maison pour des enfants phtisiques pauvres. Sa mort en 1874 l'empêche de mettre ce projet à exécution mais celui-ci est repris par sa famille, épaulée par Dr Ferrand, un ancien proche de Douillard. Il crée entre 1875 et 1879 la première oeuvre populaire ayant pour but de lutter contre la phtisie des pauvres par la cure d'air dans les montagnes et une alimentation réparatrice. L'oeuvre commence en 1877 et des premiers convois de petites filles sont envoyées à Cambo en attendant l'installation définitive à Argelès où l’œuvre s'installe à partir de 1880, dans un immeuble qui est approprié et agrandi. La propriété en avait été légué à la ville d'Argelès à condition d'y installer une bonne œuvre : le domaine est acquis par la société civile du sanatorium. La montagne voisine protège le domaine des vent d'ouest et du nord ouest. Cette propriété se trouvait dans le quartier des Canaris, ancien quartiers des cagots qui portaient, comme signe distinctif, une patte de canard ou d'oie.

Avant même la création de la station thermale d'Argelès-Gazost, le site était donc reconnu pour ses qualités climatiques. Avant même l'ouverture de l'orphelinat, un petit observatoire météorologique avait été installé à l'initiative du docteur Ferrand, tenu par le directeur du collège d'Argelès.

Une carte établie en 1877, montre qu'à cette date, seuls deux sanatorium existaient dans les Pyrénées centrales : Cauterets, destiné aux adultes, et Argelès, dédié aux enfants.

Le Docteur Ferrand présente le sanatorium d'Argelès à l'Académie de médecin le 15 novembre 1880.

L'administration de l’œuvre était répartie entre deux comités, l'un à Paris, composé de plusieurs médecins, d'un architecte et d'un conseil judiciaire, pour les affaires médicales et immobilières ; le second constitué de dames patronnesses pour l'administration du lieu et la gestion financière. Le soin des enfants et la comptabilité étaient confiée à des religieuses, les sœurs de Saint-André, qui dirigeaient déjà des écoles dans la vallée. En 1901, le médecin d'Argelès et un médecin de Cauterets, le docteur Sénac-Lagrange assurent les soins médicaux sur place.

En 1901, l'établissement peut loger 25 enfants avec le personnel associé. Un grand jardin l'accompagne, largement dévolu à la culture potagère. Les enfants reçues sont des petites parisiennes orphelines, nées de parents tuberculeux et elles-mêmes atteintes de phtisie. Elles sont reçues de 5 à 12 ans et sont gardées jusqu'à leur majorité, à 21 ans. L'admission est proposée par les dames patronnesses et soumise à l'examen du comité médical, qui n'accepte que les pathologies susceptible de guérir. Les enfants accueillis reçoivent un instruction, des travaux de couture et passent une grand partie de leur temps en plein air. Elles sont exercées à des jeux, des travaux de jardinage et de ménage en fonction de leur force et en évitant toute fatigue. Elles sont vêtues d'une robe de laine, d'un gilet de flanelle, avec le fichu de tête et le capulet de laine suivant l'usage pyrénéen. La proximité de Cauterets permet de faire bénéficier de cet adjuvant de traitement toutes les enfants à qui il serait profitable.

Cet établissement a fonctionné entre 1882 et 1950. Dans les plans des années 1930, l'édifice est mentionné comme "orphelinat".

L'édifice n'est plus occupé au moment de l'étude. L'emprise foncière de son parc a permis la construction à proximité d'un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ephad).

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1880, datation par travaux historiques

Le sanatorium a été établi sur une asses vaste parcelle du quartier des Canaris dans la ville haute. Il bénéficiait ainsi de l'effet coupe vent de la montagne voisine et de la vue dégagée sur la plaine d'Argelès.

L'ensemble du sanatorium formait initialement un L implanté au nord-ouest de la parcelle pour jouir de la déclivité du jardin et profiter du paysage. Il est indiqué comme orphelinat en 1938 et le plan publié par le syndicat d'initiative montrer bien son implantation. Un long corps d'axe nord-sud longe la rue et abritait les dépendances tandis que le bâtiment principal se déployait perpendiculairement selon un axe ouest-est. Sa disposition, en avancée dans le jardin, permet que trois façades ouvrent sur le jardin. Le mur nord-ouest est laissé aveugle pour prémunir le bâtiment des tempêtes, même s'il est naturellement abrité par la montagne du Gez qui le surplombe. Un portail d'accès est conservé au nord de la parcelle, ceinte par un mur.

La distribution est connue par la description de Raynaud en 1901 qui publie dans son ouvrage diverses photographies du sanatorium. Le vestibule ouvrait sur un parloir et distribuait sur sa gauche un réfectoire mesurant 8 m sur 3,50 et 3, 50 m de hauteur de plafond. Il était simplement meublé d'une table et de deux bancs. Derrière le vestibule se trouvait la grande cuisine (9 m sur 5 m et 3, 50 m de hauteur de plafond) qui ouvrait directement sur le jardin par une porte-fenêtre au nord-ouest. L'accès à la buanderie s'effectuait depuis la cuisine. La buanderie (8 m sur 3 et 3 m de hauteur de plafond) comportait un grand bassin en ciment (3 m sur 2 et 0,40 m de profondeur) alimenté par l'eau de source capté dans la montagne voisine, un fourneaux et deux cuves à lessive. Une porte la faisait communiquer avec une grange et l'étable entre lesquels était implanté un escalier. L'étable logeait une seule vache et un cheval. Buanderie et écurie formaient une aile au nord-ouest.

A l'étage, au-dessus du réfectoire, une grande pièce servait de salle de travail et d'ouvroir, éclairé par quatre fenêtres. Au centre du bâtiment se trouvait le logement des sœurs, séparé par un couloir d'une infirmerie. Au bout du couloir étaient installés des cabinets d'aisance "à l'anglaise", système le plus supérieur en 1879 au moment de l'aménagement.

Le dortoir (15 m de long, sur 8 m de large et 3, 50 m de haut) se trouvait au deuxième étage. Sept fenêtres ouvraient sur la façade sud-ouest, quatre au nord-est et une porte-fenêtre au sud-est, qui étaient ouvertes toute la journée. La porte-fenêtre donnait sur un petit balcon offrait une belle vue sur le paysage.

Le grenier logeait les cabinets de toilette, un magasin au ligne et aux vêtements, pliés sur des planches et non dans des armoires, toujours pour optimiser la ventilation. Au-dessus de la grange est aménagé une pièce desservie par un escalier indépendant, prévue pour servir de chambre d'isolement en cas de besoin.

Les lits étaient en fer ; hormis quelques cheminées, il n'y avait pas d'appareil de chauffage.

  • Statut de la propriété
    propriété privée

Bibliographie

  • Raynaud Ch. Maurice (docteur), Le Sanatorium d'Argelès, Paris, 1901, 157 p.

  • Edmond Paul Marie Pilate (docteur), Le sanatorium d'Argelès, Paris, C. Naud, éditeur, 1901, 8 p.

  • Balencie, Gaston, Argelès-Gazot, Hautes-Pyrénées, France : Station hydrominérale et climatique ouverte toute l'année, Argelès-Gazost, Le syndicat d'initiative d'Argelès-Gazost, 1938, 55 p.

Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
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