Dossier d’œuvre architecture IA46107177 | Réalisé par
Cadot Fabien (Enquêteur)
Cadot Fabien

Chercheur en inventaire du patrimoine pour le Département du Lot depuis 2019.

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  • dossier ponctuel
demeure dite château de Rueyres
Œuvre repérée
Copyright

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lot - Lacapelle-Marival
  • Hydrographies l'Ouysse
  • Commune Rueyres
  • Adresse 35 chemin de Sabrazac
  • Cadastre 2025 A 717  ; 1824 C1 145, 146, 147
  • Dénominations
    demeure
  • Autres parties constituantes
    petit parc, orangerie

La demeure dite château de Rueyres est un marqueur fort du paysage bâti du village. Le logis agrémenté d'une tour ronde dès le 16e ou 17e siècle s'est peu à peu agrandi au 18e puis 19e siècle pour devenir une belle demeure cossue prenant des allures de château. Des lauzes de schiste couvrent l'intégralité des toitures.

Selon la monographie du chanoine Albe, la seigneurie appartenait tout entière à l'abbesse de Leyme mais quelques rentes appartenaient à d'autres seigneurs locaux. En 1439, Déodat de Corn, coseigneur de Corn et de Sonac, se disant seigneurs d'Anglars et de Rueyres.

Peu d'informations sont connus sur la seigneurie de Rueyres jusqu'à la Révolution. C'est à ce moment qu'arrive à Rueyres la famille d'Arcimoles. Cette famille venant de Sousceyrac apparaît dans les sources dès le 15e siècle d'après le chanoine Albe. Elle ne serait pas issue des rangs de la noblesse. En 1789, Guillaume d'Arcimoles est procureur du roi en l'élection de Figeac. Il est notamment le grand père de Mgr Pierre-Marie-Joseph d'Arcimoles, archevêque d'Aix en 1847, et de Pierre Darcimoles, conseiller général du Lot en 1833 dont sont issus les membres de la famille actuelle d'Arcimoles, propriétaires du château de Rueyres. Ces deux personnages sont indiqués nés à Rueyres. Installée sous l'Ancien Régime au château de Roumégoux à Théminettes, cette famille est contrainte de quitter leur château suite son incendie à la Révolution pour la demeure de Rueyres (Didon, p. 98).

La demeure est accompagnée de deux tours lui conférant des allures de petits châteaux. Son aspect actuel prend forme après plusieurs phases de construction dont la dernière au 19e siècle.

Un premier noyau serait établi dès l'époque moderne à en croire la porte chanfreinée conservée à l'intérieur de la tour ronde que l’on pourrait attribuer au 16e ou 17e siècle. Aucune autre trace de cette période n'a été observée depuis l'extérieur. La tour ronde qui dessert les différents niveaux du logis a été repercée pour accéder à un deuxième corps de logis au sud issu d'une autre phase de construction.

Cette deuxième phase de construction concerne le corps au sud et sa terrasse que l'on peut dater du 18e siècle. La datation est confirmée grâce à la date de 1744 inscrite sur le linteau d'une fenêtre du rez-de-chaussée de la terrasse. Ce linteau mentionne également le nom "DELPECH" indiquant peut-être le nom du propriétaire au 18e siècle.

Enfin, au cours du 19e siècle, la demeure est agrandie par un grand corps de bâtiment à l'ouest. Cet ajout n'apparaît pas sur le plan cadastral de 1824, il serait alors postérieur à cette date. Ce second corps est venu s'accoler en équerre au premier, l'ancienne chaîne d’angle est encore visible sur les maçonneries de l'élévation ouest. Cette phase de travaux peut être attribuée à la famille d'Arcimoles. La belle terrasse méridionale du 18e siècle ne donne pas directement sur le parc arboré situé à l'ouest. On peut supposer que ce parc a été aménagé postérieurement lors des travaux du 19e siècle.

Au sud de la demeure, une maison percée de larges ouvertures segmentaires au rez-de-chaussée faisant penser à une orangerie. Présente en 1824, on peut supposer par le style des ouvertures qu'elle fut édifiée au 18e siècle. Une fenêtre de l'étage a reçu pour appui un linteau chanfreiné en remploi.

D'après Albe (p. 269), un pont sur l'Ouysse serait édifié en 1650. Il pourrait s'agir du pont maçonné à arches établi près de la demeure, à l'ouest.

  • Période(s)
    • Principale : 16e siècle, 17e siècle , (incertitude)
    • Principale : 2e quart 18e siècle , daté par travaux historiques, porte la date
    • Principale : 2e quart 19e siècle, 2e moitié 19e siècle , daté par travaux historiques , (incertitude)
  • Dates
    • 1744, porte la date
  • Auteur(s)

La demeure est constituée de trois corps de bâtiment : un premier noyau d'époque moderne ; un deuxième accolé au sud au 18e siècle ; puis un troisième à l'ouest au 19e siècle. La demeure comporte un rez-de-chaussée utilitaire, un étage carré et un étage de comble signalé par des lucarnes.

Le premier corps est dotée au nord d'une tour ronde et d'une tour carrée. La tour ronde est équipée d'un escalier en bois desservant les différents niveaux. Au rez-de-chaussée, on distingue encore une porte chanfreinée, des encadrements de porte en bois ne permettent pas d'observer l'ouverture de l'étage. Plusieurs ouvertures sont repercées afin d'accéder au deuxième corps de bâtiment.

Ce deuxième corps, accolé au sud, dispose d'une façade sud monumentalisée par une terrasse bordée de balustrades et d'un escalier central perpendiculaire à celle-ci. Cette élévation devient la façade principale de la demeure au 18e siècle. De grandes ouvertures segmentaires ajourent le rez-de-chaussée utilitaire. Sur l'une d'entre elles est conservé l'inscription "L[...] DELPECH" et la date de 1744. L'étage d'habitation est ouverte sur la terrasse par sept fenêtres rectangulaires. Une corniche moulurée vient soulignée la toiture à fortes pentes.

Le corps ouest, le plus récent, donne sur un vaste parc. Il est percée d'une dizaine d'ouverture dont l'ordonnancement des six premières travées indique clairement l'ajout au 19e siècle. En effet, la dernière partie de la façade reprend le style du corps sud car étant l'ancienne élévation latérale du corps sud. L'ancienne chaîne d'angle encore visible marque très bien cette rupture.

Enfin, les enduits ayant été retirés en majorité, laissent apparaître les maçonnerie en moellons de calcaire. Les chaînes d'angle du corps sud sont réalisées en grès. Les toitures sont à croupes excepté la tour ronde qui bénéficie d'un toit conique. Les charpentes sont à fortes pentes et reçoivent des lauzes de schiste cloutées.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
    • grès pierre de taille
  • Toits
    schiste en couverture
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • toit conique
  • Escaliers
    • escalier de distribution extérieur : escalier droit escalier en maçonnerie
  • Jardins
    groupe d'arbres
  • Typologies
    type D : maison bourgeoise, de notable, ou de maître
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée

Bibliographie

  • Didon (Catherine), Châteaux, manoirs et logis. Le Lot, Chauray, Ed. Patrimoine medias, 1996.

    p. 98
  • Albe (Edmond), Monographies des paroisses autour de Thémines (entre Causse et Limargue), Transcription de Gérard Peyrot, Alvignac, Association Racine - Brive-la-Gaillarde, Editions du Ver luisant, 2005.

    p. 267-269
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Conseil départemental du Lot
(c) Inventaire général Région Occitanie
Cadot Fabien
Cadot Fabien

Chercheur en inventaire du patrimoine pour le Département du Lot depuis 2019.

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