Chercheur en inventaire du patrimoine pour le Département du Lot depuis 2019.
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Chercheur en inventaire du patrimoine au Département du Lot entre 2012 et 2018.
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Lot - Cère et Ségala
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Commune
Sousceyrac-en-Quercy
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Lieu-dit
le Theil
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Cadastre
1826
D
331, 332, 334, 335
1826 D ;
2015
AW
46, 48, 50, 51, 52, 82, 83, 84
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Précisions
commune fusionnée après inventaire ;
autrefois sur commune de Calviac
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Dénominationsdemeure, ferme
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Autres parties constituantesgrange, étable à vaches, logement, fournil, séchoir, toit à porcs
Implantée au 16e siècle, la ferme du Theil se compose d'une maison de maître, à l'allure de manoir, d'un logement à un étage, et de deux granges-étables. Le logement offre l'intérêt d'avoir conservé une partie de ses dispositions du 18e siècle : plafond à la française, souillarde voûtée en anse-de-panier, potager.
Plusieurs baies moulurées, dont certaines à accolade, suggèrent une occupation du lieu à l'extrême fin du Moyen Age ou, plus probablement, au 16e siècle. Observées au niveau des deux logis, elles semblent pour la plupart résulter d'un réemploi tardif. En revanche, la présence d'une petite fenêtre à coussiège dans la tour nord de la maison de maître confirme l'ancienneté de cette dernière. L'ensemble des vestiges permet d'identifier une demeure de notable ou une maison forte du 16e siècle, dont pourrait provenir l'ensemble des remplois repérés.
Aux 17e et 18e siècles, les sources textuelles mentionnent plusieurs familles dans le hameau (Aquioupou 2002, 33). D'après un terrier de 1765, deux tenanciers versaient des redevances au prieur d'Escalmels, seigneur de Calviac, pour leur domaine du Theil. Les propriétés ont été réduites au nombre d'une seule au début du 19e siècle : en 1826, l'ensemble du hameau appartient à Jean-Baptiste Dilhac, l'un des plus importants propriétaires terriens de la commune qui possédaient également le moulin du Theil, sur le ruisseau d'Escalmels. Il disposait au domaine du Theil de deux maisons, dont une maison de maître et un logement certainement affecté à un métayer, et de deux granges-étables (cadastre de Calviac, 1826). Ces bâtiments ont tous conservé des vestiges antérieurs au 19e siècle qui proviennent sans doute de deux fermes préexistantes (nord et sud).
Une importante campagne de construction réalisée au 18e siècle a donné à la maison de maître son aspect actuel. Les élévations et les aménagements du corps de logis datent de cette époque, de même que, probablement, l'ancienne tour-pigeonnier qui cantonne la façade principale. Transformée en souillarde, la tour postérieure (nord) a été flanquée d'un corps de bâtiment annexe qui a été remanié et agrandi par la suite. L'aile sud-ouest est une adjonction du début du 20e siècle, elle-même prolongée par une petite dépendance plus récente.
Malgré la présence de baies moulurées du 16e siècle, très vraisemblablement remployées, le deuxième logis se présente comme un ensemble assez homogène datable du 18e siècle. Les élévations et les différents aménagements domestiques qui subsistent à l'intérieur semblent issus d'une même campagne de construction probablement réalisée autour de 1765, si l'on en croît le millésime porté sur l'arc de la souillarde. Cependant, les traces de reprise des chaînes d'angle et la disposition des souches de cheminée indiquent que la structure a été ultérieurement rehaussée et dotée d'une nouvelle toiture.
La grange-étable nord-est peut être également datée du 18e siècle, au regard de la forme des fentes d'éclairages et des portes percées au premier niveau. D'après des témoignages, la date de « 1740 » était inscrite sur l'arc de la porte d'étable (actuellement illisible). Une poutre remployée est par ailleurs gravée du millésime « 1613 », mais sa provenance reste inconnue. Le bâtiment a fait l'objet de transformations ultérieures qui ont principalement concerné le comble à surcroît, dont la charpente relève d'une typologie plus tardive. Une première phase de travaux s'est traduite par l'adjonction d'un porche sur la façade sud-est, sans doute dès le début du 19e siècle (figure sur le plan de 1826). Les traces de reprise des murs gouttereaux et des chaînes d'angle attestent d'une nouvelle campagne de construction réalisée peu après cette date : le bâtiment a été agrandi vers le sud-est, donnant lieu à une réfection complète de la charpente qui se présente aujourd'hui comme une structure homogène datable du deuxième quart du 19e siècle (charpente identique observé à L'Herm, dans une grange datée de 1825). Ces travaux ont nécessité une reprise de l'arase des maçonneries du 18e siècle et la reconstruction du mur-pignon nord-ouest. La transformation de la charpente a peut-être été justifiée par une volonté de remplacer une probable toiture en paille de seigle par une couverture en lauzes de schiste, dont témoigne encore le voligeage percé de trous de chevilles. Les portes d'étable et charretière ménagées dans les deux murs-pignon au 19e siècle ont elles-mêmes été transformées au siècle suivant et la toiture a été refaite en tuiles plates mécaniques.
La grange-étable sud-est a été largement reconstruite en 1913 (date portée) puis remaniée au milieu du 20e siècle, tout en conservant son emprise visible sur le cadastre de 1826. Sur sa façade nord-ouest sont visibles les vestiges de deux murs-pignons successivement repris. Au premier correspondait un bâtiment moins élevé dont la fonction reste indéterminée. Le deuxième appartenait à la grange-étable qui figure sur le plan de 1826. L'arase des maçonneries permet de restituer un toit en pente raide, probablement conçu pour recevoir une couverture en paille de seigle.
Les autres dépendances de la ferme (fournil, loges à cochon et séchoir) ont été implantées après la restructuration du domaine, dans le courant du 19e siècle. Une remise-atelier a été aménagée au 20e siècle à l'emplacement probable d'une étable ou porcherie.
La ferme a été choisie en pour fournir des échantillons dans le cadre d'une campagne de datations par dendrochronologie. Réalisés sur la charpente de la grange-étable nord-est, les prélèvements n'ont pas donné lieu à des hypothèses satisfaisantes, les séries ne pouvant pour l'heure être rattachées à des références connues.
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Période(s)
- Principale : 16e siècle
- Principale : 18e siècle
- Principale : 2e quart 19e siècle
- Principale : 2e moitié 19e siècle
- Principale : 1ère moitié 20e siècle
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Dates
- 1613, porte la date
- 1765, porte la date
- 1913, porte la date
Probablement constituée à partir de deux anciennes propriétés, la ferme se compose d'une maison de maître, à l'allure de manoir, d'une maison plus modeste et de deux granges-étables. Le bâti se répartit de part et d'autre d'un chemin de service qui sépare les logis des bâtiments d'exploitation. A proximité des deux maisons sont situées les dépendances liées à l'activité quotidienne et vivrière de la ferme : un fournil au sud, servant également de séchoir à châtaignes (comble à surcroît couvert de longs pans en tuile creuse) ; une ancienne étable (à cochons ?) construite contre le fournil et transformée en remise et atelier (longs pans en fibrociment) ; un séchoir sur étable et remise à l'ouest de la maison de maître (comble à surcroît fermé d'un pan de bois avec essentage de planches, longs pans refaits en tuiles creuses).
La maison de maître est une demeure imposante formée d'un corps de logis à un étage carré et d'une aile latérale en retour d'équerre. Elle comporte deux tours hors-œuvre sur les façades antérieure et postérieure, qui servent d'appui à des extensions plus récentes. Le corps de logis présente une façade principale à quatre travées, revêtue d'un enduit à la chaux et d'un badigeon blanc autour des baies. Les fenêtres sont à encadrement rectangulaire, sans feuillure externe ; plusieurs ont été transformées en portes-fenêtres. La porte de la cave se démarque par un encadrement chanfreiné à arc déprimé monolithe. Deux vastes pièces avec cheminée engagée à arc en anse-de-panier occupent le rez-de-chaussée. Une souillarde voûtée en berceau a été installée dans un second temps au premier niveau de la tour nord ; elle ouvre sur l'arrière par une porte chanfreinée à accolade qui a probablement été remontée ou remployée. Au deuxième étage de la tour sont conservées une porte chanfreinée ouvrant sur le comble et une petite fenêtre à coussiège (partiellement dissimulé par un bouchage et un enduit). Une deuxième porte ornée d'un chanfrein et d'une accolade donne accès à la tour sud-ouest (remploi ?). Celle-ci abrite un pigeonnier de comble. La charpente du corps de logis est à chevrons formant fermes ; la toiture à longs pans et croupes est couverte en lauzes de schiste. Les corps de bâtiment latéraux et postérieurs sont couverts d'ardoises.
De même que le manoir, la deuxième maison offre l'intérêt d'avoir conservé une grande partie de ses dispositions du 18e siècle. La structure à un étage carrée a toutefois été rehaussée d'un comble à surcroît et coiffée de longs pans en pente douce (tuiles creuses sur fibrociment). Elle est percée sur deux niveaux de petites fenêtres à encadrement rectangulaire (façade antérieure) ou à arc segmentaire monolithe (façade latérale). La porte d'entrée, qui présente des piédroits chanfreinés et un linteau à accolade, semble remontée à partir de remplois. Des éléments moulurés sont également remployés en façade postérieure. La pièce principale, installée au rez-de-chaussée, est équipée d'une cheminée à manteau droit et linteau massif en gneiss ; elle ouvre au nord sur une vaste souillarde hors-œuvre voûtée en anse-de-panier. D'autres équipements domestiques sont conservés : placard à deux étagères ; potager dans l'embrasure d'une fenêtre. Moins imposant que la maison de maître, l'édifice se distingue tout autant des modestes maisons paysannes repérées dans la commune. La présence de plusieurs pièces de vie au rez-de-chaussée et à l'étage suggère une fonction initiale de logis principal, appartenant à un propriétaire assez aisé, avant d'être probablement transformée en maison de métayer.
La grange-étable nord-est est un vaste bâtiment de 35,50 m sur 7 m dans-œuvre, comprenant un étage de soubassement à usage d'étable à vaches et un comble à surcroît servant de grange-fenil. Rallongée vers le sud-est dans un second temps, la structure maçonnée d'origine est percée de fentes d'éclairage chanfreinées et délardées en plein cintre. L'étable à vaches ouvre en mur gouttereau par une porte bâtarde à arc en anse-de-panier et par une porte piétonne à arc segmentaire monolithe (actuellement bouchée). Au deuxième niveau est disposée une porte charretière passante précédée d'un porche plus récent. Les travaux entrepris au 19e siècle ont modifié les dispositifs d'accès en ménageant une porte charretière dans le mur-pignon sud-est (arc remplacé par un linteau en bois en 1950), plusieurs baies fenières dans les surcroîts du comble et une porte d'étable dans le mur-pignon nord-ouest (transformée). L'édifice ainsi remanié présente une charpente homogène à chevrons formant fermes, triangulés par des faux-entraits. Choisis courbes ou retaillés, les chevrons-arbalétriers reposent en pied sur des blochets posés sur des sablières prises dans la maçonnerie, la rive extérieure recevant les coyaux. Des potelets engagés dans les murs gouttereaux et assemblés aux solives renforcent le système de répartition des charges. Le voligeage parsemé de chevilles témoigne de l'existence d'une ancienne couverture en lauzes de schiste, laquelle a été remplacée par des tuiles mécaniques.
La grange-étable sud-est possède un comble à surcroît très élevé, couvert de longs pans en ardoise. Des états antérieurs au début du 20e siècle ne semblent subsister que les vestiges des pignons nord-ouest successifs. Deux portes en anse-de-panier, disposées en mur-pignon et en mur gouttereau, donnent accès à l'étable. La porte charretière de la grange-fenil est également pourvue d'un arc en anse-de-panier ; elle ouvre en mur-pignon sur un terre-plein servant de rampe d'accès. Des percements plus récents se signalent par un encadrement en béton.
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Murs
- granite moellon
- gneiss moellon
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Toitsardoise, schiste en couverture, tuile mécanique
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Étages1 étage carré, comble à surcroît
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Couvrements
- voûte en berceau en anse-de-panier
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Couvertures
- toit à longs pans
- toit en pavillon
- croupe
- demi-croupe
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Typologiesferme à éléments dissociés ; logis de type E : manoir ou demeure avec plusieurs corps de bâtiment ; tourelle-pigeonnier en façade principale ; tour hors-œuvre avec souillarde en façade postérieure ; Logis de type D1 : maison à étage carré avec pièce à feu au rez-de-chaussée (maison modeste, 1 à 2 travées en façade) ; souillarde hors-oeuvre ; potager ; cheminée à manteau droit et linteau monolithe ; charpente à chevrons formant fermes ; grange-étable en superposition (type auvergnat) ; à porte d'étable et porte de grange en mur gouttereau ; à porte de grange en mur-pignon et porte d'étable en mur gouttereau ; grange à porte charretière passante puis grange à porche ; charpente à chevrons formant fermes, à chevrons-arbalétriers courbes, faux-entraits et blochets sur sablières
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Techniques
- sculpture
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Représentations
- accolade
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Précision représentations
linteaux à accolade
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Statut de la propriétépropriété privée
- (c) Inventaire général Région Occitanie
- (c) Conseil départemental du Lot
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Bibliographie
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Aquioupou (Yvette), La mémoire des chemins, L'histoire et la vie des villages du canton de Sousceyrac le long de cinq itinéraires millénaires, Association Sousceyrac d'hier à aujourd'hui, 2002.
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Cadot (Fabien), Etude méthodologique pour la connaissance et la conservation du patrimoine rural lotois, Département du Lot/Région Occitanie, dactylographié, 2020.
Chercheur en inventaire du patrimoine au Département du Lot entre 2012 et 2018.
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