• enquête thématique départementale, inventaire préliminaire de l'architecture civile médiévale
maison dite Maison des Consuls, actuellement Office du tourisme et musée Armand-Viré
Œuvre étudiée

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Luzech
  • Commune Luzech
  • Adresse place des Consuls , rue des Pénitents , rue Rebelin
  • Cadastre 1812 E1 129  ; 2018 AY 34
  • Dénominations
    maison
  • Appellations
    Maison des consuls
  • Destinations
    Office du tourisme, musée
  • Autres parties constituantes
    boutique

La maison est connue aujourd'hui sous l'appellation de Maison des consuls, appellation déjà utilisée en 1930 par H. Pélissié (p. 51, 52, 189), qui mentionne le lieu appelé le Coussoulat, au croisement de la Grand-rue et des rues Rebelin et des Consuls, mais sans citer de source : est-ce le cadastre de 1678 (H. Pélissié, 1930, p. 251) ? Si l'appellation est certainement ancienne et signale la présence à cet endroit de la maison consulaire, elle ne permet pas d'identifier le bâtiment qui en était le siège et moins encore à quelle époque il l'était devenu.

En l'absence d'une véritable analyse archéologique, d'ailleurs rendue difficile par les travaux des années 1980, deux interprétations très différentes peuvent être proposées.

Des constructions superposant des niveaux en brique à des niveaux en pierre sont bien connues dans la proche région. Si l'on conclut que rien ne permet réellement de distinguer deux grandes phases de travaux et que l'ensemble de l'édifice appartient à une unique campagne de construction, alors celle-ci doit être située dans le troisième quart du 13e siècle, datation donnée par la forme des chapiteaux des fenêtres de la façade. Dans cette hypothèse, la colonnette trapue et son chapiteau de tradition romane constitueraient un archaïsme volontaire comme cela semble être le cas à Cahors, au début du 14e siècle, pour une fenêtre du pont Valentré.

La seconde hypothèse distingue une première construction en pierre de taille, datable du 12e siècle ou du début du 13e siècle, et l'ajout de l'étage en brique dans le troisième quart du 13e siècle. Dans son premier état, ce long bâtiment ne semble pas correspondre à une maison ou une série de maisons mitoyennes. Or plusieurs auteurs ont proposé de placer là le premier hôpital, en raison de la proximité de la chapelle Saint-Jacques qui a servi d'église paroissiale jusqu'à la construction de l'église Saint-Pierre, puis est devenue au 16e siècle la chapelle des Pénitents bleus (cf. notice IA46101334). Il est intéressant de pousser plus avant l'hypothèse : l'ancien hôpital serait devenu maison consulaire et l'étage sur la Grand-rue lui aurait été ajouté peu après la création des consuls par la charte de 1270, l'établissement charitable ayant été transféré dans le faubourg (H. Pélissié, 1930, p. 214), où il n'est, il est vrai, attesté qu'au 14e siècle. C'est grâce à des fouilles et à la surveillance archéologique de tous les travaux de voirie effectués entre la maison et la chapelle Saint-Jacques que l'existence à cet emplacement d'un premier hôpital pourrait être vérifiée.

C'est peut-être dès le 14e siècle que la salle de l'étage a été équipée d'une grande cheminée implantée dans la fenêtre géminée de l'élévation sud. Le voûtement du premier niveau et les jours bas qui lui correspondent, les demi croisées des élévations latérales et les jours hauts de la façade sur la Grand-rue, imposés par la création d'un niveau intermédiaire, appartiennent à une campagne de travaux qu'il faut sans doute placer au 15e siècle, tandis que l'ajout d'un étage à l'arrière de l'étage médiéval n'est peut-être pas antérieur au 18e siècle.

  • Période(s)
    • Principale : 12e siècle , (incertitude)
    • Principale : 3e quart 13e siècle
    • Secondaire : 15e siècle

L'édifice est un long bâtiment, de 24,20 m sur 6,10 m hors-œuvre, situé entre la rue Rebelin et la rue des Pénitents (qui ne figure pas en tant que rue sur le plan cadastral de 1812), et dont la façade se trouve sur la Grand-rue. Il comporte aujourd'hui quatre niveaux : un rez-de-chaussée établi sur un étage de soubassement partiellement enterré, un étage que signalent des jours hauts en façade et qui résulte d'une reconstruction moderne sur les trois-quarts ouest, et un deuxième étage sur sa seule extrémité orientale où deux fenêtres géminées ouvrent sur la Grand-rue.

Aux deux premiers niveaux, les élévations extérieures présentent des parements homogènes en pierres de taille, disposées en assises continues très régulières qui n'excluent pas quelques ruptures, de hauteur variable, dans lesquelles interviennent quelques étroites pierres verticales. Quatre portes donnaient accès à l'étage de soubassement, dont trois dans chacune des élévations de l'extrémité ouest, et une disposée au nord contre le corps oriental. Dans son premier état, le rez-de-chaussée avait deux fenêtres simples au sud, une fenêtre géminée dont subsiste la colonnette dans l'élévation nord, et une seule porte, sur la rue des Pénitents, donnant accès au premier niveau de la partie orientale. Les encadrements des portes et ceux des fenêtres sud étaient tous à arêtes vives (mais refait avec chanfrein au sud-ouest et avec des arêtes grossièrement abattues en chanfrein sur la porte nord-ouest) et à arcs brisés à claveaux longs et étroits non extradossés (disparu pour l'une des fenêtres sud). La baie géminée a vu son encadrement entièrement détruit par des modifications successives (dont une fenêtre du 15e siècle dont ne subsiste qu'un piédroit), mais son chapiteau, sa colonne trapue et sa base sont en connexion et reposent sur des pierres de taille appartenant à des assises du premier état auquel il faut donc l'attribuer.

La partie orientale de l'édifice, en forme de pavillon, ne comptait à l'origine que deux niveaux : un rez-de-chaussée très haut éventuellement entresolé et un étage. Contrairement aux autres élévations entièrement bâties en calcaire froid, le premier niveau de la façade sur la Grand-rue mêle calcaire froid et calcaire gréseux. La restauration des années 1980 a gommé les éventuelles traces de reprise qui semblent accompagner l'extrados de la grande arcade mais peut-être aussi les jours hauts à large chanfrein qui rappellent les jours chanfreinés des élévations latérales qui sont tous des modifications apportées au premier état et probablement pas antérieurs au 15e siècle ; la position de ces jours est en outre incompatible avec le niveau de plancher de l'étage, sauf s'ils étaient en abat-jour afin d'éclairer le rez-de-chaussée. L'étage est entièrement bâti en brique, sans rien d'apparent qui permette de déterminer des campagnes de construction distinctes, à l'exception du mur de refend où les maçonneries de pierre esquissent un profil de pignon sur lequel serait venue s'appuyer la maçonnerie de brique.

  • Murs
    • calcaire
    • brique
    • pierre de taille
  • Étages
    étage de soubassement, 1 étage carré
  • Couvrements
    • voûte en berceau plein-cintre
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit en pavillon
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • feuille
  • Précision représentations

    Les deux chapiteaux des fenêtres géminées conservées portent des crochets feuillagés sur une corbeille à disque d'échine.

Champs annexes au dossier - Architecture

  • NOTB_G Pélissié (Henri), De la Barbacane au Pont du Diable : Guide illlustré du Touriste et de l'Archéologue à Luzech, Cahors, A. Bergon, 1930, p. 51, 52, 189, 214.
  • NOTB_S
  • APPA
  • APRO
  • ARCHEO
  • AVIS
  • CCOM
  • CHARP
  • CHARPP
  • COORLB93
  • COORMLB93
  • COORMWGS84
  • COORWGS84
  • ENCA
  • EPID
  • ESSENT
  • ETACT
  • FEN
  • FEN2
  • FENP
  • INTER
  • MHPP
  • NOPC
  • OBSV
  • PAVIS
  • PETA_MA
  • PLU
  • PSAV_FA
  • SAV_FA
  • SELECT oeuvre sélectionnée
  • TAILL
  • TAILLP
  • TOITU
  • USER IVD46_SPLOT
  • VALID accessible au grand public
  • VISI
  • VISIB
  • VOIR_AUSSI
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH partiellement, 1974/05/03
  • Précisions sur la protection

    Façades et toitures (cad. AY 34) : inscription par arrêté du 3 mai 1974

  • Référence MH

Documents figurés

  • Fonds graphique du SDAP du Lot 1973

    Fonds graphique du SDAP du Lot
Date(s) d'enquête : 2007; Date(s) de rédaction : 2018