• opération ponctuelle, documentation préalable
  • enquête thématique régionale, patrimoine hydraulique meunier du Pays Haut Languedoc et Vignobles
  • enquête thématique régionale, Projet Collectif de Recherche moulins, meules, meulières de l'Aude et de l'Hérault
moulin dit moulin de Grais
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Géoptère Archéologie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc - Saint-Pons-de-Thomières
  • Commune Vieussan
  • Lieu-dit Graïs
  • Cadastre 1831 A 929  ; 2014 AD 112
  • Dénominations
    moulin à blé, moulin à huile
  • Appellations
    moulin de Grais

Historique

Des premières mentions à la Révolution1

Les premières mentions textuelles connues du moulin de Grais remontent au XVIIe siècle. Le 11 septembre 1674, Pierre Tauriac, régent d'école à Vieussan, vend le moulin à Pierre de Lautrec, lieutenant en la justice de la même localité2. L'acte de vente précise qu'il s'agit d'un moulin bladier d'une contenance de 15 cannes (environ 60 m²) alimenté par une chaussée et deux canaux. L'édifice est alors en ruine, sans fermetures, plancher ni mobilier nécessaire à la mouture exceptés les meules, l'arbre de transmission, une rode (grande roue) et un roudet (petite roue). Le bien vendu comprend également un pigeonnier ruiné et un petit four à pain. Le tout est estimé par les experts nommés à hauteur de 725 livres comprenant la lanterne, l'anille, l'arbre vertical et la crapaudine. Un an plus tard, le 13 septembre 1675, Pierre de Lautrec arrente le moulin à Jean Louis Bermond, habitant du hameau de Ceps (commune de Roquebrun) pour une durée de quatre ans3. Le bail pécise que le propriétaire a refait de neuf les portes, y compris la porte de l'écluse du "saut de la rode", et qu'il a équipé le moulin de sorte qu'il soit en état de moudre.

On retrouve le moulin de Grais dans le compoix de la communauté de 1676, sous la rubrique de Pierre de Lautrec4. L'article précise qu'il s'agit d'un moulin à blé équipé d'une paire de meules, d'une superficie de 8 cannes 4 pans (soit environ 33,5 m²). La parcelle contient également deux cazals (petites constructions annexes avec ou sans toiture), champs, vigne, rivage et herme (terre inculte). Il apparaît à nouveau sur le compoix de 16995, cette fois sous la rubrique des héritiers Tauriac - il semblerait que les familles de Lautrec et de Tauriac soient apparentées, Pierre de Lautrec étant le parrain de Pierre Tauriac (registre paroissial de Vieussan, baptême de Pierre Tauriac en 1671, information José Fornells). La contenance du moulin est identique à la précédente (huit cannes quatre pans), de même que les dépendances qui constituent la parcelle : vigne, olivette, champ, rivage et herme dans lequel se trouve un vieux cazal ainsi qu'un pigeonnier en ruines. Le montant de l'impôt dû par le propriétaire pour son bien est dégrévé du tiers de la somme en raison des réparations nécessaires.

Le moulin de Grais change plusieurs fois encore de propriétaires au cours du 18e siècle6. Il passe en 1717 à Guillaume Sabatier, notaire de Roquebrun, puis à Etienne Vidal en 1724, qui le transmet à son fils Pierre, habitant du masage du Pin (commune de Vieussan) et résidant au moulin de Fescau dans la ville de Montpellier. Le bien est désormais formé par deux moulins situés à peu de distance l'un de l'autre. Le 26 février 1745, Pierre Vidal vend à Pierre Moustelon les deux moulins à blé situés sur la rivière d'Orb, l'un appelé le moulin de Grais et l'autre le moulin drapier7. L'acte de vente précise que le moulin drapier, en chaume et entièrement ruiné, a été emporté par les inondations de la rivière, de même que la chaussée. Il ne reste plus que deux meules très usées et plus aucun outil. Le bâtiment est vendu 150 livres. Le moulin de Grais, qui semble en revanche en bon état, est estimé en tout 1050 livres, total décomposé comme suit : le moulin, la chaussée, les terres et le bâtiment neuf construit par Pierre Vidal à côté du moulin pour 700 livres, les terres et bâtiments situés au-dessus du chemin de Vieussan pour 50 livres, "lizarche" du moulin (meules, rode, roudet et autres outils) pour 300 livres. Les deux moulins sont vendus quittes de tailles, usages et autres charges du passé jusqu'aujourd'hui. Vendeur et acquéreur déclarent ne pas savoir de quels seigneurs relève la directe. Le bâtiment neuf construit par Pierre Vidal, évoqué dans la vente, pourrait être la grande maison de maître surplombant le moulin. Toutefois, la tradition orale attribue cette construction aux Moustelon (information José Fornells).

Dans la seconde moitié du 18e siècle, les Moustelon confient l'exploitation du moulin de Grais au meunier Denis Bonnet, originaire de Lignan-sur-Orb. Ce dernier épouse en 1762 Marianne Miquel du Pin, avec laquelle ils auront cinq enfants nés à Grais ou à Ceps (commune de Roquebrun), autre moulin appartenant également à une branche de la famille Moustelon (information José Fornells).

De la Révolution à la fin du 19e siècle

Les Moustelon restent propriétaires de Grais après la Révolution. Le moulin est visité en l'an IV du calendrier républicain dans le cadre de l'enquête départementale, réalisée par les juges de paix, destinée à déceler les fraudes éventuelles8. Il appartient encore à André Moustelon et ne possède qu'une seule paire de meules. Les matrices cadastrales du 19e siècle indiquent qu'en 1830, le domaine de Graïs s'étend sur près de deux hectares composés de pâtures, vignes, rivages, olivette, potager, maison moulin et aire9. A cette époque s'opère un glissement de toponyme, le nom de Grais étant abandonné au profit de celui de Miravel ou Mirabel, lieu-dit situé sur les hauteurs en direction du hameau du Pin (information José Fornells).

Le plan cadastral napoléonien figure le tracé en pointillés d'un canal alimenté par une prise d'eau située à l'emplacement de la chaussée de l'ancien moulin dit drapier, ce qui indique que ce bief est probablement en cours de construction au moment de la levée du plan (1830)10. Les vestiges de cet aménagement peuvent encore être observés sur certains tronçons. Ce second bief a probablement servi à l'irrigation des parcelles mais aussi à la mise en mouvement d'une meule à triturer les olives, installée dans une extension du moulin à blé construite en 1838 (date portée). Les travaux des années 1830 s'accompagnent probablement d'une modernisation du dispositif destiné à la mouture des céréales, l'une des meules portant la date de 1840. Enfin, le moulin connaît une dernière phase d'agrandissement avec l'exhaussement du moulin primitif ayant entrainé la démolition d'une partie de l'ancienne voûte. Par ailleurs, le domaine s'agrandit avec la construction de plusieurs bâtiments autour du corps de logis représenté sur le plan cadastral napoléonien.

En 1860, André Moustelon baille son moulin à ferme à Lucien Armengaud, meunier de Colombières11. Les termes du contrat donnent un aperçu du moulin et de son environnement en ce milieu du 19e siècle. Le meunier est tenu de participer pour un tiers à l'entretien et réparations de la pompe servant à l'arrosage de son jardin et des trois planches de terrain. Il est également tenu de prêter secours au propriétaire pour l'aider à attacher le bac ou à le retirer en cas d'inondation, en échange de quoi il aura le droit de s'en servir pour le passage des personnes qui porteront du grain au moulin. Le propriétaire se réserve la faculté d'utiliser la chute d'eau qui fait mouvoir la meule à triturer les olives, en laissant au meunier l'usage de la pompe pour servir à l'arrosage de son terrain. Le propriétaire se réserve également six kilogrammes de truite sur la pêcherie attenante au moulin. La clé de l'appartement où se trouve la nasse lui sera remise dès son arrivée chaque fois qu'il séjournera à Grais et les anguilles qui se trouveront dans la nasse seront mises dans le réservoir. Dans le cas où le propriétaire séjournerait plus de huit jours à Grais, le poisson sera partagé par égales proportion avec le meunier.

En 1889, André Moustelon fils vend la propriété de Grais à Joseph Boissezon. Le moulin est encore cité dans l'annuaire départemental de 1891 ainsi que dans la liste des moulins à farine du département de l'Hérault dressée en 1892-189312. Il n'apparaît plus dans le tableau des moulins et minoteries du département daté de 190213.

Les travaux de restauration des années 2000

Le moulin de Grais appartient à différents propriétaires au 20e siècle avant d'être acheté en 1998 par François et Birgit de Boissezon. Ces derniers ce sont employés à restaurer le moulin et le domaine, reconverti en gîte de groupe. Des travaux de restauration ont été entrepris en 2005 sur le moulin avec le concours du Département et du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc. Les sous-sols, abords, meules et biefs ont été recreusés, les pieds de murs ont été consolidés côté rivière, le canal de fuite a été réparé, ainsi que la toiture de lauze.

Description

Contexte géographique

Le moulin de Graïs se situe dans la commune de Vieussan, sur la rive gauche du fleuve Orb. Il est distant d'1,4 km du bourg de Vieussan, d'1,9 km du hameau du Pin et d'1 km du hameau de Boissezon (situé sur la rive opposée de l'Orb mais anciennement accessible via un bac). Il se situe à proximité de la route de Vieussan à Roquebrun qui longe l’Orb.

Le site du moulin s'inscrit dans l'unité géographique des monts de Faugères, dans une zone géologique complexe formées de plusieurs nappes géologiques (Tournaisien supérieur et Viséen moyen / nappe du Mont Peyroux)14. Il fait partie de l’unité fonctionnelle 3 de l’Orb s’étendant de Colombières à Lugné15. Il s’agit d’un secteur en gorges, présentant une pente moyenne de 0,4%, caractérisé par l’absence de chenal rocheux et l’alternance de seuils naturels et de mouilles (zones à faible pente) aux écoulements plus lents. Le fleuve développe également de beaux méandres, à l’intérieur desquels se sont formés des bancs de galets végétalisés. Le moulin tire profit d'un saut naturel offrant une pente plus forte et une accélération du courant. Situé sur à l'extérieur d'une courbe, il est protégé des crues de faible intensité par le banc rocheux sur lequel il est implanté, l’eau excédentaire se déversant sur le banc de galets en rive opposée. Néanmoins, en cas de crues exceptionnelles, le contexte de gorges accélère de manière significative la vitesse d’écoulement et favorise la montée rapide du niveau de l'eau ; les premiers niveaux du moulin se trouvent alors entièrement inondés.

Les aménagements hydrauliques

Le moulin est construit sur la rive gauche du lit mineur du fleuve. La chaussée, partiellement conservée, est située 60 mètres en amont. L’eau empruntait un bief creusé dans le sol dont on peut encore suivre le tracé sur site. Une seconde prise d’eau, située environ 600 mètres en amont du moulin, permettait par l’intermédiaire d’un second bief, d’irriguer plusieurs parcelles et d’actionner un broyeur à olives. Après son passage dans les chambres hydrauliques, l’eau était évacuée par l’intermédiaire de deux canaux de fuite maçonnés se rejoignant une dizaine de mètres en aval du moulin.

Une galerie voûtée, accolée au mur sud-ouest du moulin, a également servi de passage d'eau. Sa fonctionnalité n'a pas pu être clairement identifiée.

Le moulin à blé

Le bâtiment présente un plan à éperon plein asymétrique pouvant être rapproché d’autres moulins sur l’Orb (moulin de Ceps et moulins du village à Roquebrun, moulin de Carlet à Lignan-sur-Orb). L’avant-bec présente un angle obtus (105°) atypique. Les murs sud-est et sud-ouest de ce corps de bâtiment central ont une épaisseur importante (entre 1m et 1,20m à leur base). La chambre hydraulique est accessible par une porte plein-cintre, située sous le perron du premier étage. Elle est aérée par un jour rectangulaire fortement ébrasé percé dans le mur sud-ouest. Un passage permet également d'accéder à une galerie voûtée en rez-de-chaussée, accolée au mur sud-ouest. La chambre hydraulique est voûtée en berceau, dans une orientation perpendiculaire au sens de l'eau. Elle accueille une cuve circulaire en pierre de taille actuellement ensablée, alimentée par une conduite oblique, également en pierre de taille, l'ensemble conduite/cuve adoptant la forme d'un sifflet. L'eau pénètre à l'intérieur du bâtiment par le biais d'un coursier fermé maçonné traversant le pan sud-ouest de l'éperon.

La salle de mouture se situe au niveau supérieur. Elle est accessible par le perron accolé à la façade sud-est. La pièce conserve une partie d'une voûte éventrée, dont l'orientation du berceau est opposée à celle de la chambre hydraulique. La partie éventrée, qui a été surélevée, est couverte à moitié par une charpente et à moitié par une voûte en berceau. Le mur ouest (côté éperon) conserve une partie de son enduit, sur lequel se devine la gravure d'une rosace à six pétales. Ce motif géométrique, identique à celui du moulin du village de la commune voisine de Roquebrun, pourrait être un schéma technique destiné à la réalisation d'une roue horizontale.

Le moulin à huile

L'appellation de "moulin à huile" est quelque peu abusive, puisque ce corps de bâtiment n'a semble-t-il servi qu'au broyage des olives. La pâte obtenue était ensuite transférée dans un autre corps de bâtiment jouxtant la maison de maître - qui apparaît quant à elle dans les textes au 19e siècle sous la dénomination de moulin à huile - dans lequel étaient effectuées les opérations de pressurage et de décantation. L'extension accueillant le broyeur est construite dans la première moitié du 19e siècle. Elle se compose de quatre niveaux :

    • le niveau inférieur, en sous-sol, accueille une cuve ;
    • le deuxième niveau, en soubassement, est ouvert par une porte plein-cintre portant le chronogramme "1838", on y trouve la roue horizontale volante aujourd'hui ensevelie par les limons ;
    • le troisième niveau, accessible depuis une porte percée dans l'élévation nord-est, reçoit le broyeur à olives ;
    • le niveau supérieur, éclairé par une fenêtre rectangulaire, a probablement servi d'espace de stockage.

La fonction de la salle inférieure n'est pas aisément identifiable. Il est possible qu'il s'agisse d'une ancienne chambre hydraulique, équipée d'une roue à cuve similaire à celle du moulin à grain.

Synthèse

Les différentes phases de construction de l'édifice

Le moulin de Grais est un ensemble complexe, résultant de campagnes de construction (ou de reconstructions) successives échelonnées sur plusieurs siècles. Les relevés réalisés révèlent la conservation d'un bâtiment primitif, fossilisé dans les constructions ultérieures. Celui-ci présente un plan à éperon plein, des murs d'une épaisseur importante (supérieures à 1 mètre à leur base) et un jour à fort ébrasement aménagé dans le mur sud-est. Ces éléments architecturaux situent cette première phase de construction à la fin du Moyen Âge, datation qui pourrait être confirmée par la mention du moulin de Grais dans les registres paroissiaux de Vieussan de la fin du XVe siècle, citée dans le dossier documentaire réuni par M. de Boissezon dans les années 2000. Toutefois, les registres actuellement conservés par la commune et les Archives départementales de l'Hérault ne sont pas antérieurs à l'année 1617, ce qui ne permet pas de confirmer cette information.

Les sources manuscrites du 17e siècle témoignent de plusieurs épisodes de destructions/reconstructions (l'acte de vente de 1674 décrit le moulin comme étant ruiné, malgré les réparations effectuées, le compoix de 1699 indique que des réparations sont à nouveau nécessaires). Ces dégradations provoquées par les crues pourraient avoir causé la destruction d'un corps de bâtiment annexe, expliquant la différence notable de superficie entre l'acte de vente de 1674 (15 cannes carrées) et la levée du compoix en 1676 (8 cannes quatre pans). Néanmoins, cette discordance pourrait également découler d'une variation du mode de calcul de la superficie entre les deux documents (superficie totale / superficie utile).

Plusieurs constructions ont été accolées au moulin primitif : le passage d'eau voûté au sud côté rivière, le perron à l'est et enfin l'extension au nord abritant le broyeur avec sa roue horizontale. Ce dernier corps de bâtiment, qui porte la date de 1838, prend appui sur le mur nord du moulin primitif et communique avec ce dernier au niveau de la salle de mouture par le biais d'une large ouverture. Le moulin à blé a ensuite été surélevé, exhaussement qui pourrait avoir été rendu nécessaire par le transfert de la salle de mouture à l'étage supérieur (ce cas de figure s'observe notamment au moulin de Tarassac, situé quelques kilomètres en amont sur l'Orb). Ce rehaussement d'un étage pourrait également avoir concerné le moulin à huile, qui dispose d'une salle souterraine équipée d'une cuve sous la chambre hydraulique actuelle. Toutefois, cette salle basse a également pu servir de réserve d'eau, ce que corrobore la présence de tuyaux en fonte, vestiges d'une ancienne pompe mentionnée dans le bail à ferme de 1860.

Une étude archéologique du bâti serait nécessaire pour préciser ces différentes phases de construction et apporter un éclairage sur l'emplacement des anciens mécanismes.

Mécanismes : vocabulaire et variété des techniques hydrauliques

Les actes notariés des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles s'avèrent particulièrement riches concernant le vocabulaire dédié aux éléments techniques du moulin. On y retrouve notamment en 1674 les termes de cadalure (il s'agit probablement de la candela, l'arbre de transmission), lanterne, nadilhe (anille), palfer (fer du moulin assurant la jonction entre l'arbre et l'anille) et granouele (crapaudine). Un arrentement de 1675 cite également l'enclastre (archure, coffre en bois autour des meules), les saumayrous, courails et padenal (ces trois termes renvoient au système de la trempure, grâce auquel le meunier ajuste l'écartement des meules), la rode (roue verticale), le roudet (roue horizontale ou rouet, voir infra), le palfer (voir supra), le rajol (dent de la lanterne) et la nadilhe (anille). On trouve également à plusieurs reprises le terme de lizarge ou izarse, localement usité, qui renvoie à l'ensemble du matériel nécessaire au fonctionnement du moulin.

A l'heure actuelle, les vestiges d'une roue horizontale volante (pour le broyeur à olives) et d'une roue horizontale à cuve16 (pour les meules à céréales) peuvent être observés, chaque mécanisme fonctionnant avec son propre système hydraulique. Si la première équipe de façon majoritaire les moulins du secteur, la seconde se rencontre rarement dans le Languedoc méditerranéen, alors qu'elle est fréquente dans le Tarn ou l'Aveyron.

Dans le cas du moulin de Grais, la roue à cuve a probablement remplacé une ancienne roue verticale, dont l'existence à la fin du XVIIe siècle est attestée par les sources manuscrites grâce aux éléments de vocabulaire précités (rode, lanterne, rajol). L'observation des vestiges en place ne permet pas, en l'absence d'une étude archéologique plus poussée du bâti, de déterminer l'emplacement de cette rode. Toutefois, considérant le profil de l'avant-bec, nous pouvons en déduire que celle-ci se trouvait côté rivière, donc contre l'élévation sud-ouest. La galerie voûtée, accolée au moulin et équipée d'une vanne, pourrait avoir servi de logement à cette roue, mais l'absence apparente du passage d'un axe ne permet pas de s'en assurer. Les sources d'archives sont plus ambiguës concernant la présence potentielle d'une roue horizontale à la même époque. En effet, le terme de roudet, cité dans les textes de 1674 et 1675, peut qualifier une roue horizontale comme un rouet, c'est à dire le grand engrenage de transmission de la roue verticale.

1L'historique du moulin de Grais à Vieussan a été réalisé avec la contribution de plusieurs bénévoles actifs dans la recherche sur les moulins de la vallée de l'Orb et des hauts cantons de l'Hérault. Ce groupe de travail se compose de José Fornells, Christine Vézian, Michel Scanzi, Jacqueline Fabre, Pierre-Marie Libes et Michel Paillès, membres de la Société Archéologique et Historique des Hauts Cantons de l'Hérault.2 AD Hérault. Minutes notariales de Me Jean de Lasubertaries (Béziers), 1671-1677, 2 E 14/211.3AD Hérault. Minutes notariales de Me Guillaume Sabatier I (Roquebrun), 1673-1675, 2 E 66/3044AD Hérault. Vieussan. Matrice du compoix de 1676-1679. Table. Rubrique. 1B11097.5Vieussan. Matrice du compoix de 1698-1699 et cahier des augmentations de 1754 [copie de 1778]. Table. Rubrique.6AD Hérault.Vieussan. Matrice du compoix de 1698-1699 et cahier des augmentations de 1754 [copie de 1778]. Table. Rubrique. 1B11098.7AD Hérault. Minutes notariales de Me Guillaume Sabatier II (Roquebrun), 1745-1747, 2 E 66/530.8David Pierre. "Les moulins du département de l'Hérault, inventaire communal". Cahier des Arts et Traditions rurales, supplément hors série Les moulins de l'Hérault, dossier n°8, 1987. 9AD Hérault, Matrice des propriétés foncières de Vieussan, 3P3072-3074.10AD Hérault. Vieussan, Plan cadastral napoléonien, 1832. 3P3761.11AD Hérault. Minutes notariales de Me Eugène André Lau (Le Poujol-sur-Orb), 1860, 2 E 72/361. Acte 16.12"Les moulins du département de l'Hérault, inventaire communal". Cahier des Arts et Traditions rurales, supplément hors série Les moulins de l'Hérault, dossier n°8.13Ibidem.14Source : BRGM, fiche infoterre n°1014N, feuille de Saint-Chinian.15Syndicat Mixte des vallées de l'Orb et du Libron, Bassin versant de l'Orb, diagnostic du fonctionnement hydro-morphologique du bassin versant de l'Orb, phase 1, 2013.16Les moulins équipées de roues à cuve fonctionnent avec une roue horizontale à cuiller (roudet), placée au fond d'une cuve en pierre, bois ou métal ajustée à son diamètre. L'eau, en pénétrant dans la cuve, communique son mouvement circulaire à la roue et donc à l'arbre vertical.

Un permier moulin à éperon, aujourd'hui englobé dans les constructions postérieures, semble dater de la fin du Moyen Âge. Les premières mentions textuelles connues du moulin de Grais remontent cependant au XVIIe siècle. Il a notamment été partiellement reconstruit vers 1675. La métairie, plus tardive, pourrait avoir été construite au 18e siècle. En 1745, la propriété est achetée par la famille Moustelon, propriétaires de plusieurs moulins dans le terroir de Roquebrun. Dans les années 1830, le moulin est agrandi avec la construction d'un petit corps de bâtiment au nord-est du moulin primitif. Cette extension accueille un broyeur à olives, dont la roue est actionnée par un bief prenant l'eau de la chaussée d'un ancien moulin drapier emporté par les inondations au 18e siècle. Le moulin de Grais cesse de fonctionner vers 1900. Il a été restauré dans les années 2000.

  • Période(s)
    • Principale : Fin du Moyen Age , (incertitude)
    • Principale : 17e siècle
    • Principale : 19e siècle
  • Dates
    • 1838, date portée

Situé au bord de l'Orb, le moulin est construit sur trois niveaux, à base de moellons calcaires, de chaux et de lauzes. Il dispose de canaux d'amenée et de décharge.

  • Murs
    • moellon
  • Toits
    schiste en couverture
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • État de conservation
    restauré

Champs annexes au dossier - Architecture

  • NOTB_G
  • NOTB_S
  • APPA
  • APRO
  • ARCHEO
  • AVIS
  • CCOM
  • CHARP
  • CHARPP
  • COORLB93
  • COORMLB93
  • COORMWGS84
  • COORWGS84
  • ENCA
  • EPID
  • ESSENT
  • ETACT
  • FEN
  • FEN2
  • FENP
  • INTER
  • MHPP
  • NOPC
  • OBSV
  • PAVIS
  • PETA_MA
  • PLU
  • PSAV_FA
  • SAV_FA
  • SELECT oeuvre rep�r�e
  • TAILL
  • TAILLP
  • TOITU
  • USER IVR73_RCHABBERT
  • VALID accessible au grand public
  • VISI
  • VISIB
  • VOIR_AUSSI
  • WCOM
  • IMP 02072024_R_01

F_Orengo_moulinshydrauliques2PHLV

  • Longueur de la chaussée 25
  • Mise en oeuvre de la chaussée maçonnerie
  • Tracé de la chaussée rectiligne
  • Type de chaussée chaussée droite
  • Etat de conservation de la chaussée vestiges
  • Longueur du canal d'amenée 65
  • Hauteur de chute du canal d'amenée 1
  • Type du canal d'amenée creusé dans le sol
  • Mode de construction du canal d'amenée remblais
  • Type du canal de fuite posé sur le sol
  • Système d'irrigation associé au bief de dérivation non
  • Etat de conservation du bief de dérivation vestiges
  • Réservoir non applicable
  • Superficie du réservoir non applicable
  • Bassin de retenue non applicable
  • Superficie du bassin de retenue non applicable
  • Cuve de charge non applicable
  • Hauteur de la cuve de charge non applicable
  • Diamètre de la cuve de charge non applicable
  • Surface au sol (moulin) 55
  • Nombre de niveaux (moulin) 4
  • Type de plan (moulin) à éperon
  • Logement non
  • Four oui
  • Distance entre le moulin et le bourg 1400
  • Nombre de roues 1
  • Précision nombre de roues observé sur site
  • Type de roue roue à cuve
  • Nombre de paire de meules 1
  • Précision nombre de paire de meules observé sur site
  • Autre machine liée à la production industrielle ou agricole
  • Equipement de meunerie
  • Etat de conservation du mécanisme détruit

F_Orengo_moulinshydrauliques2PHLV

  • Longueur de la chaussée non applicable
  • Mise en oeuvre de la chaussée non applicable
  • Tracé de la chaussée non applicable
  • Type de chaussée non applicable
  • Etat de conservation de la chaussée détruit
  • Longueur du canal d'amenée 400
  • Hauteur de chute du canal d'amenée 2.5
  • Type du canal d'amenée aérien
  • Mode de construction du canal d'amenée maçonné
  • Type du canal de fuite posé sur le sol
  • Système d'irrigation associé au bief de dérivation oui
  • Etat de conservation du bief de dérivation vestiges
  • Réservoir non applicable
  • Superficie du réservoir non applicable
  • Bassin de retenue non applicable
  • Superficie du bassin de retenue non applicable
  • Cuve de charge non applicable
  • Hauteur de la cuve de charge non applicable
  • Diamètre de la cuve de charge non applicable
  • Surface au sol (moulin) 20
  • Nombre de niveaux (moulin) 4
  • Type de plan (moulin) rectangulaire
  • Logement non applicable
  • Four non applicable
  • Distance entre le moulin et le bourg 1400
  • Nombre de roues 1
  • Précision nombre de roues observé sur site
  • Type de roue roue horizontale volante
  • Nombre de paire de meules non applicable
  • Précision nombre de paire de meules non applicable
  • Autre machine liée à la production industrielle ou agricole Broyeur à olives
  • Equipement de meunerie
  • Etat de conservation du mécanisme vestiges
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • AD Hérault. Vieussan. Matrice du compoix de 1676-1679. Table. Rubrique. 1B11097.

    AD Hérault : 1B11097
    vue 223
  • AD Hérault.Vieussan. Matrice du compoix de 1698-1699 et cahier des augmentations de 1754 [copie de 1778]. Table. Rubrique. 1B11098.

    AD Hérault : 1B11098
    f°10 r° vue 22
  • AD Hérault. Minutes notariales de Me Jean de Lasubertaries (Béziers), 1671-1677, 2 E 14/211.

    AD Hérault : 2 E 14/211
    Vente Graïs Tauriac/Lautrec, 1674, F°258-260
  • AD Hérault. Minutes notariales de Me Guillaume Sabatier I (Roquebrun), 1673-1675, 2 E 66/304.

    AD Hérault : 2 E 66/304
    Arrentement du moulin de Graïs pour Mr Lautrec c/ Bermond. Le 13 septembre 1675, vue 442 et s. (p.437 v°)
  • AD Hérault. Minutes notariales de Me Guillaume Sabatier II (Roquebrun), 1745-1747, 2 E 66/530.

    AD Hérault : 2 E 66/530
    Acte de vente du moulin de Graïs et du moulin drapier à Moustelon 1745, p.18 et suivantes
  • AD Hérault. Minutes notariales de Me Eugène André Lau (Le Poujol-sur-Orb), 1860, 2 E 72/361.

    AD Hérault : 2 E 72 / 361
    Acte n°15, Vente Moustelon - Marty, 11 mars 1860 ; Acte n°16, Bail à ferme Moustelon - Armingaud, 11 mars 1860.

Périodiques

  • David Pierre. "Les moulins du département de l'Hérault, inventaire communal". Cahier des Arts et Traditions rurales, supplément hors série Les moulins de l'Hérault, dossier n°8, 1987.

    CDPR Région Occitanie - site de Montpellier

Documents figurés

  • AD Hérault. Carte de la rivière d'Orb, feuille n° 2. 1787. 1 Fi 111/2.

    AD Hérault : 1 Fi 111/2
  • AD Hérault. Vieussan, Plan cadastral napoléonien, 1832. 3P3761.

    AD Hérault : 3P3761
    section A, deuxième feuille

Annexes

  • AD Hérault, 2 E 14-211 Vente Graïs Tauriac/Lautrec, 1674, F°258-260 (transcription K Orengo, mars 2025)
  • AD Hérault, 2 E 66/304, vue 442 et s. (p.437 v°) Arrentement du moulin de Graïs pour Mr Lautrec c/ Bermond. Le 13 septembre 1675 (transcription Christine Portefaix-Vézian, mars 2025)
  • AD Hérault, 2 E 66-530 vente Graïs +M drapier à Moustelon 1745, p.18 et suivantes, transcription Christine Portefaix-Vézian, mars 2025
  • AD Hérault, 2 E 72 / 361. Acte n°15, Vente Moustelon - Marty, 11 mars 1860 (transcription K Orengo, mars 2025).
  • AD Hérault, 2 E 72 / 361. Acte n°16, Bail à ferme Moustelon - Armingaud, 11 mars 1860 (transcription K Orengo, mars 2025)
Date(s) d'enquête : 2014; Date(s) de rédaction : 2014, 2025
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Parc naturel régional du Haut-Languedoc
(c) Pays d'art et d'histoire Haut Languedoc et Vignobles