Dossier d’œuvre architecture IA34006216 | Réalisé par
  • patrimoine industriel
Distillerie, puis usine de produits chimiques des établissements Martignier, puis Mante et Cie, puis La Méditerranéenne
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Hérault
  • Commune Agde
  • Adresse rue de la Méditerranéenne
  • Cadastre 1826 G 52 ; 86
  • Dénominations
    distillerie, usine de produits chimiques
  • Appellations
    Martignier, Mante et Cie, La Méditerranéenne

En 1880, la société anonyme de la distillerie de l’Hérault, aux mains de C. Leenhardt et Ch. Blanquier, dépose une demande pour établir une « distillerie de grains et de toutes matières alcoolisables, avec le traitement de leurs produits et sous-produits » (5 M 339). Elle souhaite établir cette usine sur les terrains qu’elle détient (parcelle G 52) situés au nord de l’agglomération d’Agde, au tènement de la Devèze, entre les voies de chemin de fer, à proximité de la gare d’Agde (mise en service par la Compagnie des chemins de fer du Midi en 1857), le canalet et le canal du Midi, à proximité de l’écluse ronde. L’autorisation lui est accordée en 1881. La nouvelle usine est construite le long de l’avenue de Bessan (actuelle avenue Raymond Pitet). Elle comprend un atelier de fermentation, une distillerie (équipée de 2 colonnes à distiller et 3 colonnes à rectifier) avec sa haute cheminée, une fabrique de tourteaux, des bureaux, écuries et logements. Loué par la société Barbet Cie (1886), l’ensemble est partiellement démoli en 1887, exceptés les bureaux et la fabrique de tourteaux, dont la démolition n’intervient qu’en 1902. Le site est desservi par voie étroite dès les années 1890 et, vraisemblablement dès cette époque, par un embranchement particulier. Une nouvelle campagne de construction intervient en 1896 pour répondre aux besoins de la fabrication d’engrais organiques et chimiques : atelier équipé d’une machine à vapeur, forge, fabrique de crème de tartre et hangar sont nouvellement édifiés.

En 1898, le site est racheté par l’industriel montpelliérain Auguste Martignier qui crée en 1910 la société anonyme des établissements Martignier. C’est sous son impulsion qu’il est largement agrandi entre 1900 et 1904, en particulier la fabrique de tartre à laquelle est adjointe une fabrique d’acide tartrique, de crème de tartre (équipée de 6 fours) et d’acide citrique. La fabrication est essentiellement réalisée par séchage, mélanges et broyage à partir des résidus de raisins (lies et marcs). Les ateliers sont électrifiés dès le début des années 1900 grâce à l’installation de dynamos dans un bâtiment dédié. A partir de 1905, un atelier avec « 53 filtres, presse et 4 monte gaz » (matrice cadastrale), plusieurs magasins et hangars complètent les installations, à proximité des voies ferrées. En 1907, alors que près de 300 ouvriers travaillent dans l’usine, cette dernière est touchée par les inondations et les débordements de l’Hérault. Au début des années 1910, de nouvelles constructions prennent place à l’ouest du noyau historique (G 86) : des magasins, un atelier dédié au séchage et au broyage des tourteaux, une nouvelle machine à vapeur et 2 chaudières agrandissent les installations au plus près de la voie de chemin de fer.

En 1914, l’usine est rachetée par la société marseillaise Mante et Compagnie, devenue Société anonyme des établissements Mante et Cie en 1934. Une nouvelle pompe centrifuge avec dynamo est installée. Entre 1925 et 1936, une série de démolitions affecte le noyau ancien (G 52) alors que la partie occidentale du site (G 86) est rachetée en 1923 par Auguste Raynaud, industriel Montpellier. Ce dernier détient les bâtiments situés à l’ouest de l’embranchement particulier, essentiellement des magasins, un atelier de séchage et broyage ainsi qu’une salle des machines. Un nouveau hangar avec séchoir est construit à la fin des années 1920. En 1930, lui succède la Compagnie Méditerranéenne de Produits Chimiques (CMPA) dont le siège est à Montpellier, 9 boulevard Victor Hugo.

Un projet de construction d’une usine à gaz entre le canal du Midi et les « anciens établissements Mante et Cie » est déposé en 1938 (5 M 340). Construite au nord du site, elle est exploitée jusqu'en 1957 par la Société d’Entreprises Gazière et de Distribution (SEGAD). Électricité de France occupe cet espace jusque dans les années 1980 (siège du district EDF-GDF jusqu’en 1988).

Après la seconde guerre mondiale, l’usine d’engrais (G 52 et G 86) est aux mains de la Compagnie Méditerranéenne de Produits Chimiques. Au cours des années 1960, une partie du site est occupée par les établissements Béchard. De même que Midi Béton s’y installe au début des années 1970. Reprise par la SEDAGRI (Société d’Etudes et de Développement Agricole) vers 1975, l’usine d’engrais dépend encore de la Compagnie Méditerranéenne des Produits agricoles, détenue par le groupe Pechiney-Ugine-Kuhlmann puis Rhône Poulenc Agrochimie (1982). En 1987, le groupe Rhône Poulenc se défait de son activité d’agrochimie au profit de la Société « La Méditerranéenne ». Le foncier est racheté par le GEC (Groupe Européen de Conditionnement) le 1er janvier 1990, La Méditerranéenne devenant alors locataire du site. Ce dernier appartient aujourd’hui à la Communauté d’Agglomération Hérault Méditerranée. Il a subi une série de démolitions qui se sont accélérées au début des années 2020 dans le cadre d’un projet de nouveau quartier urbain porté par la communauté de communes.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 19e siècle
    • Principale : 1ère moitié 20e siècle

La "Méditerranéenne" est située au nord de l’agglomération d’Agde, entre les voies de chemin de fer (faisant face à la gare d’Agde), le canalet et le canal du Midi. De l'ensemble de bâtiments qui composait l'usine de produits chimiques ne demeure plus qu'une vaste halle au sud-ouest du site, une cheminée en brique avec son couronnement, une digue en moellons de basalte et plusieurs corps de bâtiments accolés à l'état de vestiges (noyau ancien), à l'est du site. Ces derniers, en rez-de-chaussée avec sous-sol (plancher sur voutains en brique) présentent des ouvertures en plein-cintre avec clé saillante. Les deux travées principales sont surmontées d'un fronton triangulaire comportant en son centre un faux oculus. Au sud de cet ensemble, un autre bâtiment de plan rectangulaire présente des ouvertures en plein-cintre, dont les encadrements sont soulignés par l'usage de la brique laissée apparente. Aucun de ces édifices ne conserve de toiture. La vaste halle (environ 2500 m²), à l'ouest du site, est construite en moellons de basalte, les premières assises comme les chaînages d'angle, en pierre de taille basaltique. Sa façade est ryhtmée par 10 hautes ouvertures également en plein-cintre (arc maçonné en brique), séparées par des pilastres en basalte (ouvertures actuellement murées). L'effet de symétrie, côté voie ferrée, est accentué par la plus grande hauteur de l'ouverture centrale, réunie aux travées adjacentes par un cartouche. La façade nord, comme le pignon oriental, présente les négatifs des toitures des bâtiments qui leur étaient accolés et qui ont été récemment démolis. Contrairement aux façades extérieures, les murs intérieurs sont couverts d'un enduit. La charpente, à plus de 10 m, est composée de 9 fermes métalliques. Elle est couverte de tôles et de tuiles mécaniques. La partie orientale de cette halle comporte un sous-sol (plancher porté par des colonnes en fonte). Plusieurs socles (en brique et en béton) ainsi qu'une trémie en béton occupent une partie du sous-sol. Une convoyeur à bande est également conservé, installé contre le mur nord, à plus de 9 m de hauteur.

  • Murs
    • basalte moellon enduit partiel
    • basalte pierre de taille
  • Toits
    tuile mécanique, tôle ondulée
  • Étages
    sous-sol, en rez-de-chaussée
  • Couvrements
    • charpente métallique apparente
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à deux pans
  • État de conservation
    vestiges
  • Statut de la propriété
    propriété d'un établissement public

Documents d'archives

  • AD Hérault. Série M ; sous-série 5 M : 5 M 339. Établissements classés, 1821-1857.

    AD Hérault : 5 M 339
  • AD Hérault. Série M ; sous-série 5 M : 5 M 340. Établissements classés, 1861-1938.

    AD Hérault : 5 M 340

Bibliographie

  • BOIN Jeanne, BONAFOS Gérard, CALMES Roland et al. Le gaz dans l'Hérault 1838-1975. Villes et villages ayant eu une usine à gaz ou ayant été éclairés par différents gaz. Montpellier : Association Mémoire pour l'Avenir, 2025.

  • DAUPHIN, Irène. "La Méditerranéenne", doc. dact., 2024, 9 p.

Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2025, 2026
(c) Inventaire général Région Occitanie