Dossier d’œuvre architecture IA34006161 | Réalisé par
  • patrimoine industriel, enquête partielle - Bassin houiller de Graissessac
usine à zinc puis carreau Debay
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Archives départementales de l'Hérault
  • (c) Parc naturel régional du Haut-Languedoc
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton bassin houiller de Graissessac - Clermont-l'Hérault
  • Commune Le Bousquet-d'Orb

Au début des années 1870, Louis de Gée, à la tête de la Société anonyme des Usines à Zinc du Midi, se propose d´installer une usine pour le traitement des minerais de zinc, de cuivre et de plomb au lieu-dit La Borio (connu par la suite sous le nom de carreau Debay). Plusieurs habitants s´opposent à ce projet craignant la pollution dégagée par cette usine. Malgré ces plaintes, le préfet autorise Louis de Gée à construire son établissement en 1873 [Archives départementales de l´Hérault, 5 M 363, Demande d´autorisation et correspondance, 1870-1872.]. A la date d´ouverture, l´usine doit produire annuellement 12 000 t de zinc, 1 500 t de blanc de zinc, 1 200 t de plomb et 800 t de cuivre à partir de minerais importés depuis les mines de l´Hérault, du Gard, de l´Ariège, de l´Afrique, de l´Espagne et de la Sardaigne. Le combustible nécessaire à la chauffe des fours et des chaudières consiste en coke, houille et charbon menu, extraits des mines du bassin de Graissessac. Ainsi, l´implantation de cette importante usine métallurgique au Bousquet d´Orb, au cours du dernier quart du 19e siècle, est en lien avec l´exploitation du bassin houiller de Graissessac, source de combustible, et l´existence du réseau ferré Béziers-Millau qui permet de desservir les marchés régionaux. {« Peu après, à Latour, nous quittons la ligne qui aboutit aux mines de charbon de Graissessac, et nous suivons la voie nouvellement ouverte à la circulation jusqu´à Millau, voie qui fera plus tard, à Rodez et à Neussargues, sa jonction avec le réseau central. Cette nouvelle voie de Latour à Millau marque les grands progrès réalisés depuis quelques années dans la construction des chemins de fer. Les machines, qui à l´origine, semblaient ne pas être destinées à sortir des plaines, peuvent maintenant, grâce aux perfectionnements qu´elles ont reçus, servir dans les pays accidentés, et l´habitant des montagnes jouira désormais des mêmes moyens de rapide locomotion que l´habitant des vallées. A mesure que nous avançons la vallée se resserre, de hautes montagnes commencent à se dresser devant nous ; nous nous arrêtons à une première station, le Bousquet d´Orb. Ce village n´était guère qu´un groupe de quelques maisons. L´industrie s´y développe aujourd´hui rapidement ; une grande société, attirée par la présence de la houille et par la proximité du chemin de fer, y a établi une vaste usine à zinc. On voit en face de la gare des wagonnets descendre et remonter sans cesse par l´effet de leur propre charge sur la forte déclivité d´un plan incliné, et apporter jusque dans la station la houille d´une mine dont la galerie s´entr´ouve au flanc de la montagne. » Adrien Roques et Jules Charton, ingénieurs, Le Tour du Monde, « Roquefort et ses environs », 1874}. L´usine à zinc du Bousquet se composait de 24 fours pour la réduction du zinc, 12 fours à griller les minerais, 12 fours à oxyde ou blanc de zinc, 3 fours à réverbère et 3 demi haut-fourneaux pour le traitement et la réduction des minerais de plomb. Deux machines à vapeur étaient destinées à actionner 4 trains de laminoirs ainsi que des broyeurs pour les minerais et les produits réfractaires. Quatre roues hydrauliques fournissaient également l´énergie nécessaire à la marche de l´usine. Plusieurs bâtiments servant de magasins et un bâtiment abritant les ateliers de réparation et la forge complétaient cet ensemble. Enfin, au sud du site, un bâtiment à usage d´habitation était réservé au logement des employés. L´activité de l´usine à zinc du Bousquet prend fin en 1883 [HBCM - UGSA Hérault, Dossier d´Arrêt Définitif des Travaux, concessions de Boussagues et du Ruffas, mars 1999.]. Ses installations sont peu à peu remplacées par celles des mines de charbon ([puits d'extraction Debay ->art112], lavoirs, usine d'agglomération, centrale thermique, ateliers de réparation, [terrils ->art135], [travers-banc 250 ->art111], [bureaux ->art113]). A partir des années 1930, il ne demeure de l´usine de Mr de Gée que le bâtiment à usage d´habitation et celui à usage de magasin. Ce dernier est remarquable sur les photos anciennes par ses baies successives cintrées, rappelant l´architecture des bâtiments industriels de la Compagnie des Mines implantés à Graissessac à partir des années 1860.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 19e siècle
    • Principale : 1ère moitié 20e siècle
    • Principale : 2e moitié 20e siècle

Le lavoir (détruit). Un premier lavoir est construit sur le carreau Debay en 1930. Il reçoit le minerai extrait de la mine Balayé via un réseau de voies étroites. Afin d´enjamber la voie ferrée pour Millau ainsi que la route départementale, un pont en béton armé dit de La Libération (détruit au cours des années 1990) est prévu dans ce projet. Il débouche directement dans le bâtiment des recettes. Après avoir été déchargé, le minerai était ensuite dirigé vers les ateliers de criblage et lavage attenants. Contrairement au lavoir construit à Graissessac quelques années plus tôt, celui du Bousquet n´est pas installé à flanc de coteau, ce qui entraîne une architecture différente, marquée par l´empilement vertical des opérations. A l´étage le plus haut, les appareils de lavage sont des rhéolaveurs, système France. Situées sous les ateliers, les trémies permettent le chargement des wagonnets par calibres de charbon. Ils étaient ensuite expédiés vers la gare du Bousquet ou vers les différentes usines de transformation, dont l´usine d´agglomération qui voit le jour à la même époque. 

L´usine d´agglomération (détruite). En 1932, la Compagnie des Mines de Graissessac demande l´autorisation d´établir une nouvelle « fabrique d´agglomérés en briquettes de houille au moyen de brai [Archives départementales de l´Hérault, 5 M 363.] ». Cette usine prend le relais de l´ancienne fabrique de briquettes située sur le carreau Castagnou, à proximité de la mine n°5, en activité depuis 1880. La nouvelle usine d´agglomération est installée sur la partie sud du carreau Debay. Elle contient deux presses à briquettes, selon le système Couffinhal, machines que l´on retrouve à la même époque dans l´usine d´agglomération de Graissessac. L´une des presses produit des briquettes de 5 kg, l´autre des briquettes de 9 kg. Les installations de cette usine sont électriques, l´électricité étant fournie par la centrale thermique voisine. Au milieu du 20e siècle, la production de boulets vient compléter celle des briquettes. 

La centrale thermique (détruite). Un projet de 1925 prévoit « la création d´un nouveau siège d´exploitation, au point le plus bas encore accessible à flanc de coteau avec ateliers de criblage, lavage et chargement. [...] Il lui sera adjoint ensuite une station centrale électrique consommant les bas produits, tant de l´extraction que de la récupération [L´écho des mines et de la métallurgie, 10 septembre 1925, 53e année.] ». Ces « bas-produits » sont des poussières de charbon (la sourre) et des limons constitués de morceaux de charbon et de schiste (les schlamms). Pauvres en charbon, ils provenaient essentiellement du lavoir et des bassins de décantation, situés au sud-est du carreau, qui récupéraient les bains de lavage du charbon. La centrale électrique est mise en service à partir de 1932 [Archives privées, Exposé sur la situation du groupe de Graissessac, 9 septembre 1954.]. Les résidus de charbon étaient consommés, à l´origine, par trois chaudières dont un foyer « Sten » à charbon pulvérisé et deux foyers « Martin » à grilles mécaniques [Jean Tuffou, Vivre en pays minier de 1940 à nos jours, Société Archéologique et Historique des Hauts Cantons de l´Hérault, 1992, p. 153.]. Elles alimentent deux groupes turbo-alternateurs « Alsthom » pouvant fournir jusqu´à 6400 kwh chacun en courant alternatif à 5000 volts. La centrale est agrandie en 1947 avec l´ajout d´une quatrième chaudière, « Babcock » [Archives municipales du Bousquet, Registre de déclaration des constructions nouvelles, reconstructions et additions de construction.], puis une cinquième dans les années 1950. A cette époque, un troisième groupe produisant 21 600 mégawatts/heure à 10 500 volts complète ces installations. La production électrique permettait d´alimenter notamment les voies ferrées des mines de Plaisance, Camplong, Graissessac et du Bousquet d´Orb. Elle alimentait également les lignes du Midi, depuis Faugères jusqu´à Saint-Affrique et du Rouergue depuis Béziers jusqu´à Lunas [Jean Tuffou, Vivre en pays minier de 1940 à nos jours, Société Archéologique et Historique des Hauts Cantons de l´Hérault, 1992, p. 153.]. La centrale thermique du Bousquet fonctionne à pleine puissance jusqu´en 1972. Mais dès 1975, « la centrale électrique thermique du Bousquet d´Orb, dans l´Hérault, arrêtée depuis plusieurs mois, n´a fonctionné que 4 jours en novembre faute de commande de l´EDF [Rapport de M. Blamigère à l´Assemblée nationale, 15 mars 1975.] ». A cette époque, il est déjà prévu de la fermer en 1981 [Rapport de M. Blamigère à l´Assemblée nationale, 12 janvier 1974.]. Elle est dynamitée en 1989 [Archives départementales de l´Hérault, 10 NUM 1848.]. Construite au début des années 1930 et agrandie entre les années 1940 et 1950, l´architecture de la centrale thermique était marquée par des voûtes en berceau en béton armé, caractéristiques des bâtiments industriels de cette période. A partir de 1947, un projet de modernisation entraîne la concentration de la production vers le carreau du Bousquet. Un [travers-banc (TB 250) ->art111] est creusé, reliant le Bousquet d´Orb au puits Durand (concession de Boussagues). Un nouveau lavoir est installé en centre du carreau. Ces équipements modernes ont favorisé l´extraction dans les zones les plus proches du Bousquet d´Orb.

Le second lavoir (détruit). Un nouveau lavoir est construit au début des années 1950 par la Société Méridionale d´Entreprise de Béziers, et mis en service en mars 1953. Le charbon arrivait par le TB 250 dont la voie étroite se prolongeait jusqu´au départ d´un tapis roulant, situé au nord du carreau. Ce transporteur montait le tout-venant jusqu´aux étages supérieurs du lavoir où se trouvait un culbuteur ainsi que l´atelier de criblage. Une fois les charbons triés et lavés, ils étaient dirigés, suivant leur taille, vers la centrale électrique via un second tapis roulant situé en bas du lavoir, ou vers les trémies de chargement occupant sa partie basse. A partir de ces trémies étaient chargés des wagons qui partaient ensuite vers la ligne Béziers-Neussargues grâce à un embranchement particulier situé au nord du carreau. Les déchets étaient, quant à eux, amenés via un transporteur aérien jusqu´au [terril de Lunas -> art135]. Ce transporteur est rapidement abandonné au profit des trajets par camion. A sa date de mise en service, ce lavoir avait une capacité de production de 100t/h pour le traitement mécanique du charbon (criblage, lavage). Le lavoir central du Bousquet est le dernier à fonctionner sur le bassin de Graissessac. Il ferme avec l´arrêt définitif de la production en 1993. Il est démantelé et détruit en 1995.

Les ateliers (détruits). La mise en service du nouveau lavoir entraîne la construction d´ateliers de réparation mécaniques et électriques construits au cours de la première moitié des années 1950, dans la partie nord du carreau Debay. Un parc de ventes équipé, notamment d´une bascule, pour les expéditions par route et par fer voit également le jour. A proximité se trouvait un parc pour le stockage du charbon destiné à la chauffe du personnel. De nouveaux ateliers, sous sheds, sont construits dans les années 1970 pour traiter le minerai extrait de la découverte de Graissessac.  

  • État de conservation
    vestiges
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Éléments remarquables
    archives
  • AD Hérault. Série ETP ; sous-série 3 ETP : 3 ETP 202. Charbonnages de France.

Documents d'archives

  • AD Hérault. Série M ; sous-série 5 M : 5 M 363. Etablissements classés, 1864-1933.

  • AD Hérault. Série Fi ; sous-série 1 Fi : 1 Fi 1174.

    AD Hérault : 1 Fi 1174
  • AD Hérault. Série W ; sous-série 1850 W : 1850 W 723.

    AD Hérault : 1850 W 723
  • AD Hérault. Série J ; sous-série 109 J. Compagnie des Mines de Graissessac.

  • AD Hérault. Série W ; sous-série 1850 W : 1850 W 943.

    AD Hérault : 1850 W 943

Bibliographie

  • TUFFOU, Jean, Vivre en pays minier de 1940 à nos jours, Nissergues : Société archéologique et historique des hauts cantons de l'Hérault, 1992.

    p. 153

Périodiques

  • CHARTON, Jules, ROQUES, Adrien, Roquefort et ses environs, Le Tour du Monde, 1874.

Date(s) d'enquête : 2011; Date(s) de rédaction : 2011
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Parc naturel régional du Haut-Languedoc
(c) Pays d'art et d'histoire Haut Languedoc et Vignobles
Articulation des dossiers