Dossier d’œuvre architecture IA34006131 | Réalisé par
  • patrimoine industriel, enquête partielle - Bassin houiller de Graissessac
usine d'agglomération et centrale thermique de Graissessac
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Parc naturel régional du Haut-Languedoc
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton bassin houiller de Graissessac - Clermont-l'Hérault
  • Commune Graissessac

Sur la rive droite, dans un bras du Clédou laissant un espace suffisant, la Compagnie des Quatre Mines Réunies de Graissessac a implanté ses usines de transformation du minerai ainsi que les voies ferrées nécessaires à la distribution des chargements via le chemin de fer Graissessac-Béziers. D´après les documents comptables de la Compagnie des Quatre Mines Réunies de Graissessac, la production qui transite par les installations de Padène et de La Prade est constituée essentiellement de menus, et en moindres quantités « de gros, de cascal, d´anthracite et de charbon de forge [Archives départementales de l´Hérault, 8 S 87.] ». En effet, les charbons de Graissessac sont « en général très friables, les menus entrant pour près de 70% dans le chiffre d´extraction [M. Savy, « Mémoire sur la fabrication des agglomérés de houilles à la Compagnie des mines de Graissessac », Mémoires et compte-rendu des travaux de la Société des Ingénieurs civils, 1876.] ». Une partie de la production est consommée sur place par l´usine à gaz, par les forges de l´atelier, par la chauffe de l´usine à briquettes et par les ouvriers (livraison à bas prix aux ouvriers). Mais la plus grande part de la production est destinée à l´usine d´agglomération, également appelée usine à briquettes, puis usine à ovoïdes. Cette opération vise à obtenir briquettes ou des boulets en comprimant, dans un moule, les menus et poussières de charbon mélangées à une matière agglomérante. A Graissessac, on utilisait du brai extrait du goudron par distillation et importé d´Angleterre. Dès les années 1850, « les essais se firent avec un outillage tout à fait primitif : quelques caisses de bois dur et quelques chaudières pour amener le goudron à une consistance suffisante constituèrent le matériel. La compression était obtenue par un damage à la main aussi énergique que possible, exécuté par des ouvriers exercés [M. Savy, « Mémoire sur la fabrication des agglomérés de houilles à la Compagnie des mines de Graissessac », Mémoires et compte-rendu des travaux de la Société des Ingénieurs civils, 1876.] ». Puis en 1852, la Compagnie formule auprès du préfet une demande pour l´installation d´une usine d´agglomération qu´elle souhaiterait établir à Béziers [Archives départementales de l´Hérault, 5 M 391.]. Ce projet est abandonné et l´usine voit finalement le jour au début des années 1860 sur le plateau Sainte-Barbe. Elle doit abriter une machine Evrard : « aussitôt que la machine Evrard fut connue, la Compagnie en acheta une et abandonna le mode primitif d´agglomération qui, du reste, ne donnait pas de bons résultas. Malheureusement, l´installation de la machine Evrard fut confiée à un employé inexpérimenté, et par une manoeuvre maladroite qu´il fit exécuter, il en cassa la plaque de fondation, en la faisant décharger. Néanmoins, on la répare, et l´installation s´acheva ; mais la machine ne donna pas les mêmes résultats qu´ailleurs. Mise aux riblons et à la vieille fonte, elle fut remplacée par des machines du système David, et la Compagnie profita de cette circonstance pour rapprocher l´usine de la gare du chemin de fer [M. Savy, « Mémoire sur la fabrication des agglomérés de houilles à la Compagnie des mines de Graissessac », Mémoires et compte-rendu des travaux de la Société des Ingénieurs civils, 1876.] ». Ainsi, en 1864, une nouvelle usine d´agglomération est établie au lieu-dit La Prade. Elle est identifiable sur les cartes postales anciennes par son vaisseau rectangulaire et ces trois larges ouvertures en plein cintre en façade. A son ouverture, l´usine abrite deux machines à agglomérer selon le système Mazeline, couplées à quatre chaudières à vapeur situées à l´arrière du bâtiment [Archives départementales de l´Hérault, 5 M 391.]. Les chaudières fournissent à la fois l´énergie nécessaire à la mise en mouvement des machines et la chaleur pour la fusion du mélange. Au début des années 1870, l´usine est agrandie, à l´ouest par une nouvelle travée, et côté Clédou, par un nouveau bâtiment surmonté d´un toit à quatre pans et identifiable par ces trois petites baies en plein cintre. L´usine contient alors trois machines selon le système David, une Mazeline et une machine hydraulique selon le système Revollier. A l´arrière du bâtiment sont également ajoutées deux chambres à charbon, approvisionnées en charbon trié et lavé, via un réseau de voies étroites, ainsi qu´un bassin pour le stockage du brai. Une fois les briquettes fabriquées, ces dernières étaient transportées à l´avant du bâtiment, par un système de « chaîne sans fin », jusqu´aux fosses communiquant avec un quai de chargement. En 1876, l´usine produisait une moyenne de 500t d´agglomérés de divers formats par 24 heures, une briquette pesant alors 4,5 kg. Les ouvriers étaient payés de 2f.75 à 3f.25 pour ceux qui travaillaient sur la machine hydraulique alors que les femmes et enfants gagnaient un salaire journalier de 1f.50 [M. Savy, « Mémoire sur la fabrication des agglomérés de houilles à la Compagnie des mines de Graissessac », Mémoires et compte-rendu des travaux de la Société des Ingénieurs civils, 1876.]. Durant l´entre-deux-guerres, de nouvelles machines sont installées dans l´usine d´agglomération, notamment un four Huillard ainsi qu´un four sécheur selon le système Couffinhal [Archives départementales de l´Hérault, 109 J.]. Au début des années 1920, le pavillon abritant la machine Revollier est transformé en centrale électrique. Cette centrale thermique fournit un nouveau débouché au minerai du bassin ainsi que l´électricité nécessaire à l´éclairage et au fonctionnement des équipements miniers, en particulier ceux de l´usine d´agglomération. L´énergie est fournie par quatre groupes de chaudières installés entre 1925 et 1926 à l´emplacement des premières batteries. C´est de cette époque que date la haute cheminée en briques encore visible à l´entrée du village. De même, de l´autre côté du Clédou, le réfrigérant en bois, visible sur les cartes postales anciennes, fait partie des installations de cette centrale thermique. Cet ensemble, exceptée la cheminée, a été détruit au début des années 2000.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 19e siècle
    • Principale : 1ère moitié 20e siècle
  • Dates
    • 1864, daté par source
  • État de conservation
    vestiges
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Éléments remarquables
    cheminée

Documents d'archives

  • AD Hérault. Série S ; sous-série 8 S : 8 S 87. Mines de Graissessac, renseignements statistiques (1860-1876 ; 1894-1895).

  • AD Hérault. Série M ; sous-série 5 M : 5 M 391. Établissements classés, 1857-1936.

  • AD Hérault. Série J ; sous-série 109 J. Compagnie des Mines de Graissessac.

  • AD Hérault. Série W ; sous-série 1850 W : 1850 W 774.

    AD Hérault : 1850 W 774
  • AD Hérault. Série W ; sous-série 1850 W : 1850 W 191.

    AD Hérault : 1850 W 191

Périodiques

  • SAVY, M. Mémoire sur la fabrication des agglomérés de houilles à la Compagnie des mines de Graissessac. Mémoires et compte-rendu des travaux de la Société des Ingénieurs civils. Paris : Société des ingénieurs civils, 1876, p.925-986.

Date(s) d'enquête : 2011; Date(s) de rédaction : 2011
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Parc naturel régional du Haut-Languedoc
(c) Pays d'art et d'histoire Haut Languedoc et Vignobles
Articulation des dossiers
Dossier d’ensemble