Dossier d’œuvre architecture IA34006123 | Réalisé par
  • patrimoine industriel, enquête partielle - Bassin houiller de Graissessac
puits Padène
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Parc naturel régional du Haut-Languedoc
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton bassin houiller de Graissessac - Clermont-l'Hérault
  • Commune Graissessac

Au début du 20e siècle, les couches de la rive gauche du Clédou (couches Giral et Moulinier, Poupon, Loubat) sont exploitées grâce à la mine Joséphine, la galerie de la Gare et le Puits Kuhnholtz. Entre 1925 et 1926 est foncé le puits Padène qui permet d´exploiter ces mêmes couches ainsi que les couches Burelle, Brochin et Saint-Etienne. Ce puits a été creusé dans les schistes et les grès massifs. C´est le puits le plus récent de la concession de Boussagues. Le bâtiment de la machine d´extraction et celui des compresseurs voient le jour en 1926. Un ventilateur Simon complète ces installations car c´est une mine très grisouteuse. En 1950, cette machine est remplacée par un ventilateur Aerex et un ventilateur Monet et Moyne, installés le long de la route départementale n°23 [Archives départementales de l´Hérault, 3 ETP 213.]. Au début des années 1950, les travaux souterrains sont équipés d´un skip installé entre le puits Padène et le puits Durand [Témoignage Adam Wierzbicki, 2011]. Les premiers horizons houillers importants (couches Loubat et Poupon) sont atteints entre 40 et 50 m de profondeur. Les terrains encaissants étaient attaqués à la dynamite tandis que les couches de charbon étaient abattues au marteau piqueur. Dans les galeries, bois et montants métalliques permettaient de progresser en maintenant les parois et le toit. Le charbon extrait du puits Padène était du charbon demi-gras (dur) de qualité assez moyenne du fait d´un taux de cendres et de mâchefer assez élevé. Une fois abattu et remonté au niveau de la recette du jour, le minerai était envoyé aux cribles via un plan incliné ou à Sainte-Barbe, sous forme de mottes, via le Papin. Autour du puits Padène et de sa machinerie se développait un réseau de voies ferrées pour l´exploitation de ce gisement houiller. Deux voies ferrées desservaient l´orifice du puits et se dédoublaient à hauteur du bâtiment de la machine d´extraction. Celle qui venait du fonds se dédoublait en une voie réservé aux ruines (déchets) en partance vers le terril de Padène et l´autre aux bennes pleines qui rejoignaient la tête du plan incliné appelée « Plan d´Estrechoux ». La voie qui entrait au puits était réservée aux bennes vides et aux bennes apportant le bois nécessaire au boisage. Dernier site d´extraction en fonctionnement sur la commune de Graissessac, les derniers charbons y sont extraits à la fin des années 1950. Le puits Padène demeure ouvert au cours des années 1960 afin de permettre l´entretien des pompes. L´arrêt du pompage à la recette 70, le 30 avril 1967, provoque la remontée des eaux. Le puits Padène est aujourd´hui complètement ennoyé et comblé.

  • Période(s)
    • Principale : 1ère moitié 20e siècle
  • Dates
    • 1925, daté par source, daté par travaux historiques

Il est encore possible de voir le bâtiment de la tête du puits, celui de la machine d´extraction et celui des compresseurs ainsi que le terril. Le chevalement métallique a été démonté. La tête du puits, support du chevalement métallique, est un bâtiment en béton et briques creuses dont la partie supérieure se terminant à l´origine par un toit deux pans a été détruite. Ce bâtiment abritait la recette du jour et surmontait le puits Padène, puits cylindrique de 4,5 m de diamètre et de 234 m de profondeur, maçonné avec une épaisseur voisine de 50 cm. A l´arrière de la tête de puits, en surplomb, le bâtiment de la machine d´extraction se développe dans l´axe du chevalement. Le bâtiment des compresseurs a été construit contre sa façade orientale. Tous deux sont en pan de fer et remplissage en briques creuses, recouvertes de ciment. L´ossature métallique est laissée apparente. Cette architecture employant pour le gros oeuvre, le fer, le béton et la brique, rompt avec les constructions antérieures, que ce soit celles du Plateau Sainte-Barbe ou du puits Kuhnholtz, en moellons et pierre de taille. En mettant en évidence ces matériaux industriels nouveaux, la Compagnie des Mines de Graissessac affirme la modernité de ses installations. L´espace intérieur au sein de ces deux bâtiments était éclairé et aéré grâce à des ouvertures latérales ainsi que des lanterneaux percés dans la toiture. Seul le lanterneau du bâtiment des compresseurs a été conservé. La machine d´extraction comme les compresseurs ont été ferraillés. Contre la façade occidentale du bâtiment de la machine d´extraction, un appentis pour l´outillage, un magasin et un abri pour les ouvriers (détruits) avaient été aménagés au début des années 1930 [ Archives départementales de l´Hérault, 3 ETP 213.]. La tête du plan incliné appelée « Plan d´Estrechoux » marquait à la fois la fin de la voie étroite dite du Papin, le départ de la voie accédant aux cribles et au lavoir (appelée plan Velas [Témoignage Adam Wierzbicki, 2011.]) ainsi que le départ du plan qui descendait jusqu´aux entrepôts de la vallée. Ce bâtiment en moellons et pierres de taille a été reconverti en logement. Les arches en plein cintre des départs des voies sont encore visibles. Le terril de Padène recevait les ruines de l´extraction du puits de la Padène mais également les déchets qui provenaient des cribles et du lavoir. Constitué de stériles de mine et de schistes de lavoir, il couvre un volume de 1 200 000 m3. Son exploitation a cessé en 1959. Le terril a été réaménagé suivant les principes définis par le cabinet d´études INERIS et MICA qui préconisaient notamment la revégétalisation de sa partie sommitale.

  • Murs
    • brique
    • béton
    • grès
    • pan de fer
    • moellon
  • Étages
    en rez-de-chaussée
  • Couvertures
    • lanterneau
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • AD Hérault. Série ETP ; sous-série 3 ETP : 3 ETP 213. Charbonnages de France.

  • AD Hérault. Série Fi ; sous-série 1 Fi : 1 Fi 1173.

    AD Hérault : 1 Fi 1173
Date(s) d'enquête : 2011; Date(s) de rédaction : 2011
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Parc naturel régional du Haut-Languedoc
(c) Pays d'art et d'histoire Haut Languedoc et Vignobles