Dossier d’œuvre architecture IA34006110 | Réalisé par
  • patrimoine industriel, enquête partielle - Bassin houiller de Graissessac
puits Durand
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Parc naturel régional du Haut-Languedoc
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton bassin houiller de Graissessac - Clermont-l'Hérault
  • Commune Camplong
  • Dénominations
    mine
  • Précision dénomination
    puits d'extraction
  • Appellations
    Durand

Sur la rive droite de l´Espaze, dans le secteur des Balmes et de Carrassignes, les filons houillers sont attaqués dès le début du 19e siècle par plusieurs galeries (mine Poupon, mine Saint-Etienne et mine Adèle), étagées entre 300 et 350 m d´altitude [Cadastre napoléonien, levée de 1826 et Napoléon Garella, Etude du bassin houiller de Graissessac, 1843, Archives départementales de l´Hérault, 8 S 99, 1845.]. Afin d´accéder aux travaux de fonds dans ce secteur, la Compagnie des Quatres mines réunies décide, en 1873, de foncer un puits à proximité de la mine Saint-Etienne. C´est le deuxième puits du bassin houiller, après celui de Sainte-Barbe foncé entre 1864 et 1867 sur la commune de Graissessac. Le puits Durand a été foncé entre 1873 et 1876. Profond de 110 m, son diamètre atteignait 3 m. A 18 m de profondeur, il communique avec la mine Adèle, puis à 68 m avec le travers-banc Durand et à 92 m avec la recette et la salle des pompes. La couche Giral a été exploitée entre 1883 et 1890, puis la couche Poupon à partir de 1925, et la couche Pilate en 1950. Sur l´ensemble du bassin de Graissessac, c´est le puits qui a connu la plus longue durée d´utilisation pour l´extraction, de 1876 à la fin des années 1950. Une fois les wagons chargés de charbons bruts et remontés au jour, ils partaient via une galerie située au nord du puits qui aboutissait à la mine Saint-Joseph (commune de Graissessac). Ils étaient ensuite acheminés par voie étroite jusqu´aux installations de traitement de Graissessac. En 1884, un plan aérien est mis en service sur les bords de l´Espaze. Il relie les mines de la rive gauche (mine Amélie, mine Vigne-Cave) aux convois en partance pour les usines de traitement de Graissessac. Le puits a généré l´existence d´un carreau qui comprenait plusieurs installations destinées au service du fonds. Parmi ces équipements, la machine d´extraction tient une place centrale. A l´origine, cette machine était mise en mouvement par une machine à vapeur, d´où l´existence d´un bassin de retenue d´eau, pompée de l´Espaze, et de la cheminée de briques visible sur les cartes postales anciennes (détruite au cours des années 1970). Le bâtiment de la machine d´extraction voit le jour au début des années 1870 [Matrices cadastrales.]. Ce bâtiment est remarquable, sur les photos anciennes, par ses hautes fenêtres cintrées et sa toiture à croupes. Son architecture est semblable à celle du bâtiment de la machine du puits Sainte-Barbe (commune de Graissessac), construit quelques années plus tôt et aujourd´hui reconverti en logement. Celui du puits Durand a ensuite abrité des pompes au service de la Découverte, puis a été démoli dans les années 1990 [Témoignage de Guy Chevalier, 2011.]. Au nord du chevalement [Portique au-dessus du puits, soutenant la poulie qui entraîne le câble et la cage destinée à faire monter et descendre le personnel, le matériel et les produits extraits.], un ventilateur est installé en 1883 tandis qu´au sud, c´est une forge qui est construite la même année entre le chevalement et le bâtiment de la machine d´extraction [Matrices cadastrales.]. Deux compresseurs Rateau sont installés, au nord du puits, en 1903. Une nouvelle forge voit le jour en 1916 [Archives départementales de l´Hérault, 8 S 314, Rapports annuels de l´ingénieur en chef.]. A la même époque, le bâtiment des pompes ainsi qu´un déversoir sont construits à l´arrière du bâtiment de la machine d´extraction. La vapeur étant remplacée par l´électricité au cours du premier quart du 20e siècle, de nouvelles installations se développent autour du chevalement, en particulier un poste électrique au début des années 1930. Des bureaux et magasins sont également aménagés à proximité du bâtiment du ventilateur. Le puits Durand est le dernier puits du bassin de Graissessac à être utilisé après l´arrêt des travaux souterrains. Dans un projet initial, lancé en 1947, il est prévu de percer un travers-banc (galerie creusée dans le rocher) pour relier le Bousquet d´Orb, et ses nouvelles installations, au puits des Nières (commune de Saint-Gervais-sur-Mare, concession du Devois). Cette galerie devait passer ainsi à proximité de tous les chantiers d´exploitation. Ce travers-banc, nommé TB 250, s´est en réalité arrêté au puits Durand. A partir de 1960, alors que les travaux aériens ont remplacé les travaux du fonds, le puits Durand permet de relier, par voie souterraine, les concessions du Devois de Graissessac et de Boussagues au carreau Debay, sur la commune du Bousquet. L´utilisation du puits Durand comme voie d´accès au travers-banc 250 induit un réaménagement du site, en surface comme au fonds. Le charbon brut extrait des découvertes était transporté par camions jusqu´au puits. Il était déchargé sur une grille (carré de 30 cm sur 30), installée contre la tête du puits et utilisée pour couper les mottes. Un arrêté en date du 29 août 1985 autorise l´exploitation d´une installation de criblage sur la commune de Camplong [HBCM-UGSA Hérault, Dossier d´arrêt définitif des travaux, concessions de Boussagues et du Ruffas, mars 1999.]. La grille est alors remplacée par des concasseurs, construits en surplomb du puits. Les mottes concassées étaient ensuite acheminées, par un tapis roulant, jusqu´à une trémie en béton située à proximité immédiate du chevalement. Grâce à la trémie, elles étaient dirigées dans un descendeur hélicoïdal constitué d´une hélice métallique de 70 cm de large [Archives départementales de l´Hérault, 3 ETP 213.]. Le descendeur était relié à un plancher incliné, construit 60 m plus bas, et communiquant avec le rampant. Ce plancher était prolongé par une trémie équipée d´une trappe permettant de charger les berlines. Le convoi était formé de 15 wagons de 6 m (contenant 6 m3 de charbon) tractés par une locomotive électrique (la Taupe) de 13 m, le convoi formant un train de 100 m de long. Il effectuait 7 voyages par poste, à raison de deux postes par jour. Le TB 250 débouchait, après avoir parcouru 6500 mètres de galeries souterraines, sur le carreau Debay (commune du Bousquet d´Orb). Sur son parcours, plusieurs descendants permettaient d´accéder au travers-banc dont le descendant de Vigne Cave, situé sur la rive gauche de l´Espaze. Le puits Durand a cessé de fonctionner le 31 juin 1993, avec l´arrêt définitif de l´extraction. Les bâtiments du carreau sont détruits à la fin des années 1990. Dans le cadre de la mise en sécurité des mines, un bouchon béton allant du rampant jusqu´au plancher a été coulé ainsi qu´un bouchon autobloquant afin d´obstruer l´orifice [HBCM-UGSA Hérault, Dossier d´arrêt définitif des travaux, concessions de Boussagues et du Ruffas, mars 1999.]. L´intervention de la commune a permis de sauvegarder le chevalement métallique.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 19e siècle
  • Dates
    • 1873, daté par source

L'ensemble bâti du carreau Durand, qui a vu le jour du dernier quart du 19e siècle au début du 20e siècle, a été démoli. Seul demeure le chevalement métallique, unique témoignage du travail de fond dans cette région. Le bassin de retenu, utilisé comme réserve d´eau notamment pour la découverte, est encore visible au sud du puits.

  • État de conservation
    vestiges
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Éléments remarquables
    chevalement

dernier chevalement du bassin houiller

Documents d'archives

  • AD Hérault. Série S ; sous-série 8 S : 8 S 99, 1845.

    AD Hérault : 8 S 99
  • AD Hérault. Série S ; sous-série 8 S : 8 S 314. Mines de Graissessac, 1906-1929.

  • AD Hérault. Série ETP ; sous-série 3 ETP : 3 ETP 213. Charbonnages de France.

  • AD Hérault. Série S ; sous-série 8 S : 8 S 106. Mines de Graissessac (1901-1936).

    AD Hérault : 8 S106

Périodiques

  • Georges Pile, « La catastrophe du puits Sainte-Barbe à Graissessac, le 14 février 1877 », Bulletin de la société archéologique et historique des Hauts Cantons de l'Hérault, n°29, 2006

Documents figurés

  • AD Hérault. Série W ; sous-série 1850 W : 1850 W 233. Diapothèque ODAC, 1977.

    AD Hérault : 1850 W 233
  • AD Hérault. Série W ; sous-série 1850 W : 1850 W 223, déb. 20e siècle.

    AD Hérault : 1850 W 223
Date(s) d'enquête : 2011; Date(s) de rédaction : 2011
(c) Parc naturel régional du Haut-Languedoc
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Pays d'art et d'histoire Haut Languedoc et Vignobles