Située au pied des premiers contreforts du causse d'Aumelas, à la frontière de deux paysages, la plaine viticole et la garrigue, cette villa conserve probablement un habitat pionnier, relativement dispersé, correspondant à la mise en culture des terres arrosées par le ruisseau de Rouvièges et à une économie pastorale et forestière. En 1129, Guillaume d'Aumelas achète des terres dans la paroisse Saint-Marcellin de Vindimiano, citée à nouveau avec le double vocable de Saint-Marcellin et Saint-Pierre en 1155.
La tour-clocher de l'actuelle paroissiale Saint-Pierre et Saint-Marcelin serait d'après Robert Bourrier, la tour d'une enceinte primitive d'époque romane. Or Vendémian n'est jamais désignée comme un castrum. Une autre hypothèse sur la disposition singulière de ce clocher, isolé de l'église par un étroit passage, serait de considérer qu'à l'apogée de la période castrale, ce prieuré (bénédictin) aît été fortifié avec ses dépendances selon le plan quadrangulaire adopté par ce type d'établissement.
En 1389, Arnaud de Roquefeuil, reçoit en fief la seigneurie de Vendémian. A la demande des habitants, il autorise la construction d'une enceinte. Encore parfaitement lisible sur le cadastre napoléonien, cette fortification d'agglomération du XlVe siècle répond aux plans réguliers et aux principes urbains élaborés par les ingénieurs de Louis IX ou des rois de Majorque, dont les Roquefeuil étaient les vassaux.
A partir du noyau carré dans lequel nous sommes tentés de voir une dépendance monastique fortifiée, l'enceinte trace un quadrilatère plus ou moins régulier prenant en compte des habitats antérieurs.
Les fronts nord-ouest et nord-est sont bien conservés, de même que l'ouvrage d'entrée dit "porte Notre-Dame". A l'autre extrémité du bourg, un ouvrage de même nature, dit "porte Saint-Anthoine" défendait l'accès est. Des tours carrés flanquent les quatre angles de la place ainsi que les fronts nord-ouest et sud-ouest démunis de portes.
De vastes fossés enfin ceinturent la ville forte.
L'urbanisme villageois s'applique également au tissu urbain intra muros : une vaste place publique est ménagée entre le secteur primitif loti de façon très homogène et les autres îlots plus ou moins réguliers qui composent la trame bâtie. Le plan cadastral de 1824 signale un aménagement probablement du XVIIIe s. : un jeu de ballon créé sur le fossé sud est de la place.
En 1824, les fossés sont partiellement inféodés par des constructions privées ; le cimetière se trouve à proximité du fossé sud-ouest, boulevard prolongeant le Jeu de ballon.
A cette date, la courtine, les ouvrages de flanquement et les deux portes Notre-Dame et Saint-Antoine sont conservés. Actuellement seuls subsistent les fronts nord-ouest et nord est et l'ouvrage d'entrée dit "porte Notre-Dame". Les fossés sont entièrement lotis.
De maigres faubourgs se sont installés parallèlement aux fronts sud et nord de l'enceinte ainsi que le long des routes vers Saint-bauzille, au nord-ouest et le long du chemin d'intérêt commun n° 14 au sud-est.
Note de synthèse : Dépendance monastique particulièrement représentative de cette typologie, à une date assez haute, Xle s. (cf. thèse L. Schneider)
Fortification et lotissement intra muros du XlVe s.