Synthèse : dépendance monastique liée à la construction du pont du diable en 1131. église Saint-Jean et sa villa encloses dès 1155. Seconde enceinte construite à partir de 1162. Faubourg sud : lotissement régulier du 13e ou 14e siècle. Faubourg est dit de l'hôpital. Porte de l'horloge, beffroi communal restauré en 1747 ouvre sur place publique ou implantation ; mairie au 19e siècle. Cimetière déplacé en 1816.
I - HISTORIQUE. Les moines de Gellone aménagent entre 1031-1060, "le lieu que l'on appelle du Gouffre Noir" cité vers 1029. Il faut sans doute voir là, une conséquence directe de la construction du pont du Diable entre 1025 et 1031. Saint-Jean-de-Fos constitue dès lors un relais important sur la route de Gellone à Montpeyroux. Dès 1155, l'église Saint-Jean et sa villa possèdent des munitiones (fortifications). Cette première clôture, probablement rudimentaire, reste partiellement présente dans la topographie : un enclos délimité par l'église au nord, la rue de l'Ancienne Ville à l'est, la rue de l'Horloge à l'ouest. Le front sud est plus difficile à restituer ; deux solutions peuvent être avancées : l'une s'appuyant sur la rue de la Roque, ce qui confère à ce noyau un plan vaguement trapézoïdal ; l'autre, plus vraissemblable, assise sur l'actuelle place de la Mairie, donnant alors à l'agglomération primitive un plan en quadrilatère très régulier.
Nous savons que dès 1162, cette protection jugée insuffisante, entraîne, à la fin du Xlle s., l'édification de nouvelles fortifications, qui donneront au village son nom actuel de Saint- Jean-de-Fors (de fortia, la forteresse). La courtine est aujourd'hui englobée au sein du parcellaire, des îlots s'étant établis sur les fossés entre la muraille et les rues actuelles de l'Ancien hôpital, du Monument, Avenue Gaston Brés et place de la Mairie. Le fossé de la première enceinte, les munitiones du début Xlle, devenu l'actuelle rue de l'Horloge, d'orientation sud-nord, donne l'un des axes du nouveau plan urbain. La porte de l'Horloge sur la place de la Mairie constituait peutêtre le seul accès au village.
Deux faubourgs existent dès le XlVe s. peut-être avant. Par le plan régulier de sa voirie orthogonale, le faubourg du Barry, au sud, semble répondre à un lotissement concerté du XlVe s., période de grands travaux (fortification de l'église, consolidation des murailles, transfert hors les murs du cimetière jusqu'alors auprès de l'église...). Sans doute faut-il voir là un quartier industriel lié à hospitalière et commerciale, puisqu'il se situe sur la route d'Aniane à Montpeyroux. Les deux faubourgs étaient protégés par des ouvrages d'entrée mentionnés au XVIIe : les "portais du Caminol" et "Cabanis" fermaient probablement les deux rues qui enserrent le faubourg ouest ; ceux "de la Font" et "des Garrigues" protégeaient les accès au Barry sur les deux chemins menant, l'un à la Font des Horts et à Saint-Geniès (paroisse Saint-Geniès de Litenis connue dèsl 162), l'autre vers Notre-Dame des Garrigues.
Au XVIIe s., l'habitat se densifie autour de la courtine, à laquelle les demeures s'adossent, excepté au sud, où se crée le nouveau centre urbain. Les édiles aménagent un jeu de ballon et une place publique, entre la vieille ville et le faubourg du Barry. Sur la place on construit une fontaine couverte. Au XVIIIe s., une maison de ville-boucherie, à proximité de la tour sur laquelle se dresse l'horloge communale, remplace l'ancien consulat situé rue de l'Eglise . A cette occasion la place publique est agrandie et complantée d'ormeaux. En 1747, la tour de l'horloge et une partie de la courtine s'effondrent. La porte fait alors l'objet de reprises importantes.
Le XIXe s. poursuit l'aménagement de la place avec la construction, d'une mairie-halle, d'un alignement régulier de façades en bordure nord de la promenade et, au sud, le lotissement du cimetière désaffecté en 1816. Le mur peint de cette demeure à baie d'angle, donnant sur la place, porte le souvenir des premières "réclames" du début du XIXe s.