Dossier d’œuvre architecture IA34000402 | Réalisé par
  • inventaire topographique
village de Saint-André-de-Sangonis
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation

Dépendance monastique avec église paroissiale mentionnée en 1140. Château épiscopal avant 1270. A cette date Saint-André est cité comme castrum. Noyau primitif avec église, cimetière et château enclos. Edifices détruits pendant les guerres de religion. Enceinte villageoise de la fin du 13e siècle ou début 14e. Aménagements classiques : promenade ("quai") , beffroi surélevé. Au 19e siècle, cimetière transféré hors les murs, mairie-halle face au beffroi sur boulevard, amples faubourgs le long de la route nationale et vers la gare.

Saint-André de Sangonis se développe sur une assiettte plane, suivant une forme en ellipse. L'église occupe une place dominante intra muros.

Cependant, cette morphologie résulte de l'ampleur et de la forme des fossés, tels qu'ils apparaissent sur le plan terrier de 1779. Ces fossés ont une douzaine de mètres de large. Peu d'éléments subsistent pour dater l'enceinte, si ce n'est la porte d'entrée fortement remaniée. Les délibérations municipales nous apprennent qu'en 1690, un bail de réparation des murs de la ville a été donné à deux maîtres-maçons afin "d'élever la muraille à la même hauteur que l'ancienne et de même épaisseur". La modénature des arcs surbaissés du passage d'entrée qui comportait un arc diaphragme précédé d'un assommoir et suivi d'une embrasure de feuillure, elle aussi surbaissée, indique une datation de la fin du XIIIe ou du début du XIVe s.

La forme de l'enceinte telle qu'elle apparaît sur le plan terrier est irrégulière et commandée par ce qui semble être un enclos primitif. Il occupe toute la partie nord et comprend l'église, le cimetière attenant, mais aussi le château épiscopal. L'église actuelle, date de 1880. Mais le plan de l'édifice antérieur, reconstruit en 1618-1619, nous est précisément connu. D'après l'analyse de Jean Nougaret, ce plan indique probablement une reconstruction à l'identique, comme c'est souvent le cas après les guerres de religion, (de nombreux prix-fait l'attestent). La nef unique et le chevet correspondent sans doute au plan de l'église romane primitive, mentionnée comme paroissiale en 1140.

Le château, complètement détruit lui-aussi durant les guerres de religion, peut néanmoins être assez précisément localisé au voisinage de l'église. Plusieurs sources entre 1605 et la Révolution en situent les ruines puis sa réutilisation par un particulier comme remise et étable, contigues à l'église paroissiale, au cimetière et aux murailles. Un texte signale la présence d'une tour. En l'absence de tout vestige, un seul indice peut nous aider à proposer une datation pour ce château : en 1270 Saint-André est mentionnée non plus comme une villa mais comme un castrum, ce qui peut indiquer l'implantation du château-fort avant cette date sur le site. Le décrochement de la courtine au niveau de l'ilôt abritant le château peut laisser penser à une enceinte antérieure à la fortification du village. En outre, ainsi localisé, le château commandait l'accès au bourg de la grande route de Montpellier à Lodève, depuis le passage de l'Hérault, par bac. Le chemin de Gignac correspond à cette ancienne voie. Elle a fixée le faubourg le plus important. La croissance du site sous l'impulsion du prélat lodévois, la nécessité de former un avant-poste fortifié sur la route de Montpellier à Lodève, face au puissant castrum de Gignac, situé de l'autre côté du fleuve Hérault, le phénomène général de concentration de l'habitat au Xllle s. justifient l'agrandissement de l'enceinte.

Il faut noter, comme à Saint-Pargoire, la probabilité d'une formation en deux temps : un secteur primitif de forme régulière réunissant les fonctions religieuses et politiques et dont l'habitat villageois semble exclu ; un groupement de cet habitat au sud de ce pôle et l'unification de l'ensemble dans une enceinte commune, ici sûrement d'initiative épiscopale, à la fin du Xllle ou au début du XlVe s. Au vu des vestiges de courtine en place, nous pouvons restituer partiellement le front sud-est de la fortification urbaine, avec la principale entrée défendue par la tour de l'horloge. Le cours Grégoire, la rue Bayard et l'avenue de Lodève donnent les limites de la place au XVIIIe s. Les guerres de religion (l'église et le château épiscopal sont détruits), ainsi que la prospérité de la période classique et contemporaine ont profondément bouleversé la topographie du castrum. L'église occupe l'emplacement de l'ancienne paroissiale et de son cimetière, intra muros encore au début du XIXe siècle. L'évêque François Bosquet conçoit le projet de reconstruire son château démoli par les protestants puis y renonce. Avec la construction à la fin du XVIIIe s. d'un pont sur l'Hérault et la rénovation des routes du diocèse par les Etats du Languedoc, la nouvelle route ignore le castrum, dont elle longe les fossés nord. Le plan de Saint-André levé en 1779 montre les aménagements de la période classique : les fossés sont comblés ; un "quai" s'adosse à la courtine entre les rues du Petit Porche et du Porche ; une vaste place publique ornée d'une fontaine assure la liaison entre la bourgade médiévale et ses faubourgs extrêmement développés (Saint-André-de-Sangonis compte 83 maisons intra muros contre 334 hors les murs à la fin du XVIIIe siècle). La très haute tour de l'horloge est construite ou surélevée au XVIIIe siècle, donnant à la ville son beffroi sur la principale place publique. Au XIXe siècle, le cimetière est transféré hors les murs. La mairie s'implante sur la place publique alors que le village s'étale dans toutes les directions selon un urbanisme éclaté en fonction des nouvelles routes et de la gare amplifiant le rôle de carrefour joué par la ville depuis sa fondation. En 1880, le village totalise 696 maisons (contre 41 7 en 1779) et la croissance continue au XXe siècle portant le nombre des demeures à 804 en 1975.

  • Période(s)
    • Principale : 12e siècle
    • Principale : 13e siècle
    • Principale : 16e siècle
    • Principale : 17e siècle
    • Principale : 18e siècle
    • Principale : 19e siècle
  • Dates
    • 1140, daté par travaux historiques
    • 1270, datation par source

Les très larges boulevards donnent au village une forme en ellipse, sur assiette plane. Les deux structures successives restent nettement visibles avec à l'est le quartier primitif, délimité par la rue Bonnaric (aujourd'hui impasse) et à l'ouest l'habitat villageois.

Les fossés ont été inféodés par des maisons sur leur pourtour est (le long de la route nationale), nord et ouest. Au sud, le fossé a été aménagé en place publique (Cours de la Place).

Les principaux faubourgs se développent d'ailleurs au sud de ce cours et le long de la Nationale.

  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
    propriété de la commune

IMP: 20221109_POP_01 ;

Bibliographie

  • SCHNEIDER, Laurent. Première approche des structures du peuplement dans les campagnes du Lodévois et du Biterrois nord-oriental (Ve-Xllle siècle) : Essai d'archéologie extensive. Mém. : Hist : Montpellier 3, Université Paul Valéry, 1989.

    p. 236-244
Date(s) d'enquête : 1993; Date(s) de rédaction : 1995
(c) Inventaire général Région Occitanie