Village implanté sur une colline (Puech). Plan radioconcentrique. L'église romane domine et commande le village. Autour de l'église, on peut restituer un espace de 60 mètres de diamètre. Hypothèse d'un enclos ecclésial occupé au 15e siècle par un château. Fortification d'agglomération tardive, contemporaine du château. Périodes modernes et contemporaines sans opération d'urbanisme notables.
Nous retrouvons dans Puilacher, qui apparaît dans les textes à la fin du Xle s., le pog, le puech, dérivés du latin podium, la hauteur (de podio lacterio). Le village se localise à proximité du "chemin public de Gignac à Bélarga" et d'une voie plus ancienne, perpendiculaire, qui rejoint Saint-Pargoire. Ces deux chemins semblent s'orienter sur la cadastration antique de Béziers. Le bourg commande ce carrefour routier. Ce rôle et les impératifs du relief donnent à cette concentration d'habitats villageois, l'aspect topographique d'un castrum. Le site présente un plan radioconcentrique qui l'apparente aux grandes fondations laïques de la période, comme Popian. Pourtant l'église paroissiale occupe une position dominante et centrale, délimitant autour d'elle un espace circulaire de 60 m. de diamètre environ, ce qui nous renvoie à la typologie des espaces de sûreté.
Cependant cette église romane (bien que transformée au XIXe siècle) n'apparaît dans les textes avec sa dédicace à la Sainte- Trinité qu'au XVIIe s. Le château moderne, dont les vestiges les plus anciens datent du XVe s., occupe un vaste espace attenant à l'église et rend très aléatoire la compréhension de la morphologie médiévale. Toujours mentionné comme villa, jamais en temps que castrum, Puilacher a peut-être été enclos tardivement, au XlVe s. Un ouvrage d'entrée, au sud, date probablement de cette époque. En outre l'église elle-même est fortifiée au XlVe s. Les périodes modernes et contemporaines n'ont guère modifié ce village, le plus petit du canton.