Fondé grâce à un leg privé, cet institut de recherche antirabique fut construit par l'architecte Edmond Leenhardt entre 1913 et 1917.
Note de synthèse. Cet édifice homogène, construit a novo sur un terrain vierge de bâtiments, constitue un curieux exemple de l'attachement anachronique d'Edmond Leenhardt à l'éclectisme en vogue au XIXe siècle. Il adopte en effet pour cette commande officielle, élevée entre 1913 et 1917, un style néo-gothique s'inspirant du répertoire décoratif en faveur au XVe siècle, époque non représentée par ailleurs dans l'architecture montpelliéraine. Les difficultés du chantier, l'interruption liée à la guerre, expliquent sans doute l'absence de traitement décoratif sur la façade postérieure ainsi que la dissemblance et l'irrégularité des façades latérales.
Historique. L'institut de recherches "Bouisson-Bertrand" avait à l'origine une triple mission scientifique : sérothérapie antidiphtérique, vaccination antirabique, analyse chimique et bactériologique des eaux d'alimentation. Il doit son existence au legs fait en 1895 par Mme Bouisson-Bertrand, veuve du professeur de médecine E.F. Bouisson. Par son testament, elle cédait à la Faculté de Médecine, son domaine de Vammont ainsi qu'une somme de 300 000 francs. Suivant ses volontés, le Conseil de la Faculté décida d'affecter ce legs "à la création d'un institut ayant pour objet les recherches biologiques appliquées à l'hygiène et à la thérapeutique et à l'hospitalisation des malades dont l'Institut poursuit la guérison ou l'étude". Parallèlement à l'organisation du domaine de Grammont, l'institut de recherches s'installa dans des locaux annexes de la Faculté, aménagés dans ce but par l'architecte Pierre Arribat (voir dossier Etablissement d'enseignement dit Institut de Physique et chimie). Le succès de l'Institut fut tel que l'on dut très tôt envisager son agrandissement. La donation de Mme Bouisson-Bertrand n'y suffisant pas, la Faculté organisa, par l'intermédiaire de la Société des Amis de l'Université, une souscription publique étendue à l'ensemble de la région. Elle rapporta plus de 180 000 francs. Ajoutés à cette somme, les bénéfices de l'exploitation agricole de Grammont permirent, en 1913, l'achat d'un terrain vis à vis la Faculté, un jardin appartenant à Mme de Mûries. La construction de l'Institut actuel, commencée en 1913, suivant les plans et devis dressés par l'architecte du Gouvernement, E. Leenhardt, fut interrompue par la guerre. Le chantier reprit en avril 1916 jusqu'à l'achèvement des travaux en octobre 1917.