• étude d'inventaire
hôtel de Fizes
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Montpellier centre - Montpellier
  • Commune Montpellier
  • Adresse 6 rue du Puits du Temple
  • Cadastre 1977 HT 3
  • Dénominations
    demeure
  • Appellations
    Hôtel de Fizes

Début des rénovations en 1643 par Simon Levesville pour David Fizes, trésorier payeur à la cour des comptes-aides-finances. Nouvelle campagne en 1661, par Masse Sebron, pour Pierre Fizes, fils du précédent : le parti d'ensemble de la demeure, avec son passage, sa cour et le grand escalier résulte de cette campagne. Retouches en façade en 1718 (permission de voirie).

Parcelle faisant coin, remembrant plusieurs petites unités (comme peuvent en témoigner divers indices de discontinuité dans la maçonnerie). Le 19 février 1643, achat par David Fizes, receveur et payeur des gages de messieurs les officiers de la cour des Comptes, Aides et Finances (A. C. Montpellier, compoix de Saint-Paul de 1614 [323], f°140 et f°146). Le 01 juin 1643, bail à Simon Levesville des travaux de réparations à faire sur cour (A. D. 34, IIE57/210 f°258v°). Le 09 février 1661, prix-fait la porte et d'une partie de la façade baillé à Massé Sébron par Pierre de Fizes, receveur des tailles au diocèse de Montpellier (A. D. 34, IIE56/340 f°71). En 1718 (A. D. 34, C 6356) et 1781 (A. D. 34, C 6351), permissions de voirie dont une pour munir plusieurs fenêtres de demi-balcons en effet réalisés. Dans l'état actuel s'identifient clairement les parties dues aux campagnes de 1643 et 1661, ainsi que les retouches du XVIIle siècle.

Quadrilatère sur cour avec grand escalier et petite vis pour le service.

Situation : Ensemble faisant coin, la porte ouvrant vers la rue forte (rue du Puits du Temple). Composition d'ensemble : L'ensemble n'a que trois corps, un mitoyen formant l'un des quatre côtés de la cour. La cage à claire voie occupe un côté entier de la cour. Structures : Le corps d'entrée est le seul à posséder un demi-étage au dessus des deux étages carrés.

L'hôtel est centré sur une cour carrée, l'un des côtés de cette cour étant formé par un mur mitoyen. De la rue on accède à la cour par un spacieux passage voûté en anse de panier (brique), l'escalier ouvert prenant place dans le corps de gauche en entrant : sa façade occupe tout le côté gauche de la cour et l'espace de la cage semble prolonger celui de la cour sans solution de continuité. La clarté du parti l'homogénéité du décor, font de prime abord penser à une réalisation créée en une seule campagne. Mais les sources attestent une réalisation échelonnée sur une assez longue période. Le prix-fait de 1643 concerne l'aménagement de la cour : Levesville doit entre autres choses y ouvrir des fenêtres qui existent encore, chacune ayant appui et entablement.

Lorsque Massé Sébron prend la suite du chantier, dix huit ans plus tard, il s'astreint à reproduire scrupuleusement les modénatures et les profils de Levesville, les fenêtres sur rue reprenant trait pour trait le modèle de celles sur cour. Le prix-fait de 1661 fait allusion à des travaux déjà réalisés par Sébron dans la maison en 1660, le maître de l'ouvrage, satisfait de la besogne payant au maçon 716 livres. Ce prix-fait concernant essentiellement la réfection de la façade d'entrée et divers travaux d'intérieur de ce même corps, on peut penser que le chantier antérieur a concerné la construction de l'escalier en même temps que tout le corps de maison auquel il se rattache et que le prix-fait désigne comme le cartier neuf. En tous cas le style de cet escalier, ses profils d'accompagnement et l'esthétique de la rampe de fer forgé sont exactement conformes aux ouvrages mieux documentés de cette période -fin de la décennie 1650, début des années 1660. Cet escalier représente l'un des spécimens les plus parfaits d'un modèle dont la fortune ne se démentira pas jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Probablement on tient ici un des prototypes de la série. L'escalier est à quatre noyaux, donc à jour central ; il distribue deux étages et s'éclaire sur cour à tous les niveaux par de larges arcs en anse de panier timbrés de chlefs en pointe de diamant. Les paliers avaient côté cour des gardes corps de ferronnerie (dont l'un remployé sur la façade opposée comme garde corps d'une coursière) mais ces garde-corps ont été remplacés récemment par de très laides balustrades à balustres tournés. Avec les arcs surtendus des deux loges superposées, les quatre noyaux très amincis de l'escalier, l'ensemble donne un sentiment d'extrême légèreté auquel concourt la rampe en fer forgé, sans nul doute une des toutes premières de Montpellier. Le prix-fait du 9 février 1661 est une pièce d'une lisibilité exemplaire, presque chacun de ses articles pouvant en être aisément identifié in situ. Le document détaille en effet le programme entier de la façade, avec sa grande porte et ses fenêtres, qu'il dispose dans l'ordre canonique : bâtardes en bas pour éclairer la cuisine et un magasin, trois travées de croisières aux deux étages supérieurs, bâtardes à nouveau pour esclairer les greniers qui sont au troisiesme estage, enfin un entablement pour couronner le tout. Les baies citées par ce texte, toujours en place, ont subi les retouches habituelles, mais particulièrement lisible ici. Elles ont été converties en italiennes (au XVIIle siècle vraisemblablement) par enlèvement des meneaux et traverses et déplacement d'un de leur montants afin de rétrécir l'ouverture. Mais deux indices trahissent la reprise : le joint médian du linteau, toujours visible, et les appuis des fenêtres primitives demeurés dans leur largeur initiale. L'article principal du devis, le seul au sujet duquel celui-ci fasse mention d'un desseing qui en a esté balhé par ledit entrepreneur, est la grande porte de l'entrée avec son ornement de frise, particulièrement développé et d'une grande verve, motif de cuirs anthropomorphes cloués. Remarquable est aussi la menuiserie d'imposte, aux deux captifs adossés.

  • Murs
    • calcaire
    • moyen appareil
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    3 étages carrés
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
  • Techniques
    • sculpture
    • menuiserie
    • ferronnerie
  • Représentations
    • cuir découpé
    • rinceau
    • homme
  • Précision représentations

    cuir sculpté en frontispice de la grande porte, boiseries sculptées (rinceaux et captifs enchaînés);garde corps fer forgé l'un des plus anciens de la ville

  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Protections
    inscrit MH, 1944/10/18
  • Référence MH

IMP: 20221109_POP_01 ;

Bibliographie

  • LEENHARDT (Albert) . Vieux hôtels montpelliérains. Béllegarde : Sadag, 1935.

    p. 249-251
  • SOURNIA, Bernard et VAYSSETTES, Jean-Louis. Montpellier : la demeure classique. Paris : Imprimerie nationale, 1994.

    p. 101, 108, 109, 110, 111, 112, 113, 119, 198, 222, 261, 269, 274
Date(s) d'enquête : 1987; Date(s) de rédaction : 1994
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Montpellier Méditerranée Métropole