1° - Situation. L'hôtel occupe les parcelles n° 2254, correspondant au n° 23 de la rue de l'Aiguillerie, et 2253 du cadastre (n° 23 bis). Il confronte au Nord, l'Hôtel de Planque (n° 25 de la rue de l'Aiguillerie, et parcelle n° 2255 du cadastre) ; au sud, la parcelle n° 2252 (n° 21 de la rue). Il jouxte à l'Est l'Hôtel de Mirman (parcelle n° 2263, 7 place Aristide-Briand), la rue Rosset et l'ancien "cul-de-sac-Montferrier".
2° - Plan. L'édifice actuel est formé de la réunion des n° 23 et 23 bis de la rue de l'Aiguillerie, distincts en plan. La parcelle n° 2254 est de plan grossièrement rectangulaire ; son côté Nord dessine en tracé "un escalier" et à l'Ouest, la partie donnant sur l'impasse Montferrier et la rue Rosset forme un appendice.
La parcelle n° 2253 est de forme rectangulaire allongée.
Les bâtiments du n° 23 s'ordonnent autour d'une cour centrale à laquelle on accède par un porche ouvert sur la rue. L'escalier s'ouvre au Sud. Une courette latérale contigue à l'hôtel de Mirman existe au Nord.
Le n° 23 bis est accolé au numéro précédent, un long couloir, formé par la réduction d'une salle plus vaste, conduit à l'escalier en deroi-hors-oeuvre et à une cour latérale.
3° - Extérieur.
A. Façade antérieure. Cette façade est commune aux n° 23 et 23 bis. Elle présente deux étages et un demi-étage sur rez-de-chaussée. Se succèdent de gauche à droite, au rez-de-chaussée :
1) une boutique moderne à devanture à coffrage.
2) la porte d'entrée du n° 23 bis, au chambranle composé d'un bandeau souligné vers l'intérieur d'un quart-de-rond. Au dessus de la porte est percé un oculus ovale, mouluré d'un simple bandeau, et fermé par une grille de défense.
3) une boutique dont la devanture a été établie en retrait et sous un arc en anse de panier, mouluré en gorge dégagée par deux filets. Un écusson moderne, renfermant un C, timbre l'arc.
4) une boutique moderne à la devanture à coffrage.
5) le portail d'entrée du n° 23. De construction récente, il présente un linteau orné d'une clef en pointe de diamant. Les consoles latérales sont terminées par des gouttes.
6) une boutique dont l'arc en plein cintre possède une clef pendante (mais non saillante) sur le nu du mur. Un bandeau de séparation sert d'appui aux fenêtres de l'étage. Il est mouluré ainsi : quart-de-rond, plate-bande, filet. Le premier étage présente huit fenêtres à crossettes, garnies de chutes de feuilles. L'encadrement de ces fenêtres est formé d'un bandeau et d'un filet. Cette mouluration se retrouve sur toutes les fenêtres des façades sur cour. Les fenêtres 4, 5, 6, en partant de la gauche ont été agrandies vers le bas et transformées en portes-fenêtres. Elles ont été munies de balcons reposant chacun sur deux consoles à rouleau et ont reçu une grille en fonte de fer. De ce fait, le bandeau de séparation s'interrompt à ce niveau. La mouluration de l'encadrement se poursuit entre les fenêtre au niveau des linteaux, reliant les crossettes entre elles. Un larmier court tout au long de la façade (bandeau et cavet) La "frise" ainsi délimitée entre le larmier et le linteau des fenêtres du premier étage ressaute au-dessus de ces dernières. Un deuxième bandeau, identique à celui déjà observé, sert également d'appui aux fenêtres du second étage. Le second étage présente aussi huit fenêtres identiques à celles de l'étage précédent ; un larmier continu court également au dessus des fenêtres, marquant en outre la séparation avec le demi-étage. Le demi-étage possède huit petites baies rectangulaires, situées à l'aplomb des grandes fenêtres. Ces ouvertures, au cadre mouluré en bandeau et filet, ont un appui saillant, en bandeau et filet également. Un bandeau continu, tangent à la corniche, relie entre elles ces baies. La corniche qui termine l'ensemble est formée d'un rang de modillons surmonté d'une doucine.
B. Façade postérieure. Cette façade occupe le fond et la partie Sud de l'impasse Montferrier, et fait retour sur la rue Rosset. La partie Nord de l'impasse Montferrier est constituée par le mur Sud de l'Hôtel de Mirman.
1) Le mur fermant l'impasse, est percé, au rez-de-chaussée. par une grande fenêtre rectangulaire dont le cadre est mouluré d'un bandeau plat et d'un quart-de-rond. Cette fenêtre est fermée par une grille aux barreaux de section carrée. Le larmier qui la surmonte est ainsi profilé : doucine, bandeau, filet, quart-de-rond. Son appui est formé d'un bandeau, d'un filet et d'un tore. A droite de cette fenêtre et au niveau de sa partie supérieure, une autre ouverture, plus petite, présente sous le linteau deux corbelets d'angle, profilés en quart-de-rond. Au premier étage, s'ouvrent deux fenêtres identiques à la grande baie au rez-de-chaussée, mais de dimensions plus réduites. Celle de gauche est presque totalement murée. Trois ouvertures rectangulaires sans intérêt donnent jour au deuxième étage.
2) La partie Sud de l'impasse Montferrier peut elle-même être divisée en deux zones.
a) une cage d'escalier, en hors-oeuvre, présentant un pan coupé.
Au rez-de-chaussée s'ouvrent une fenêtre rectangulaire et une porte très simple précédée d'un degré de trois marches. Au-dessus de ces ouvertures, sont percées, à l'aplomb les unes des autres, trois petites fenêtres à encadrement formé d'un simple bandeau.
b) façade du n° 2,impasse Montferrier. Le rez-de-chaussée présente une porte à pilastre et entablement toscans, flanquée à sa droite d'une petite fenêtre au linteau à arc en segment. Aux étages, deux fenêtres rectangulaires (une par étage) surmontent la porte. Elles sont moulurées d'un simple bandeau.
C. Façade sur la rue Rosset. L'installation au rez-de-chaussée d'un bar, a modifié totalement son ordonnance. Les deux étages présentent chacun deux fenêtres rectangulaires sans aucun intérêt.
D. Façades sur, cour.
Cour centrale
a) Façade Sud : c'est celle de l'escalier principal. Le rez-de-chaussée est entièrement occupé par un ensemble de baies,( la porte d'entrée flanquée de deux ouvertures latérales) auquel on accède par un degré de trois marches. Sur un fond de refends, la porte présente un-arc en plein cintre retombant sur des pilastres toscans à large tailloir. L'arc est profilé ainsi : quart-de-rond, bandeaux, filet. Il est timbré d'une clef saillante et pendante en pointe de diamant. Au dessus des refends, les écoinçons délimités par le cintre sont occupés par un bandeau mouluré (bandeau, tore aminci, bandeau, tore aminci).
Au-dessus du cintre se développe un fronton ouvert semi-circulaire. La corniche en est formée d'un bandeau et d'un tore aminci ; les rampants, de deux bandeaux superposés dégagés par des filets.
Dans l'ouverture des rampants prend place un motif d'amortissement composé de deux C surmontés d'une boule sur piédouche. Des fleurons renversés garnissent les volutes et la partie inférieure de la jonction des C. Enfin des tables triangulaires dont le côté en contact avec le C épouse la forme de ce dernier, sont placées sur les rampants. Cette porte est flanquée de deux autres ouvertures dont les jambages internes viennent mordre sur les refends de la baie principale, les rendant ainsi solidaires de cette dernière.
Chacune de ces ouvertures présentent deux pilastres ornés de longues tables saillantes lobées à leurs extrémités soutenant un linteau droit à clef saillante en pointe de diamant, empiétant sur la frise. De chaque côté, servant de chapiteaux aux pilastres,des consoles dont la forme reprend celle de la clef (à l'exception de la pointe de diamant qui a disparu), sont terminées par des gouttes.
Clef et consoles soutiennent une corniche moulurée ainsi : bandeau et quart-de-rond dégagé par des filets. La "frise" délimitée par le linteau et la corniche est en creux par rapport à eux et simplement divisée en deux par la clef centrale.
Au-dessus de la corniche, une table en adoucissement en quart-de-cercle de forme talutée et terminée par un tore lobé en son milieu, le lobe abritant un motif circulaire en pointe.
A l'aplomb de l'adoucissement, deux courts pilastres nus relient l'entablement des baies latérales au fronton de la porte centrale.
Toutes ces ouvertures ont été très remaniées à la fin du 19e siècle. Les baies latérales ont été murées à mi-hauteur dans leur pertie inférieure. Ce mur est orné d'une table saillante rectangulaire, supportant elle-même une seconde table échancrée à ses extrémités. Les deux moulures qui l'encadrent sont formées d'un tore, d'une plate-bande et d'un bandeau saillant. Un bandeau de séparation, interrompu par les rampants du fronton, sert également d'appui aux fenêtres du premier étage (mouluration : plate-bande, filet). Aux deux étages et au demi-étage la façade reproduit exactement la disposition observée sur la façade antérieure, mouluration générale des fenêtres et des bandeaux, présence de crossettes à chute de feuilles et poursuite de la mouluration du linteau entre les baies. Le nombre des ouvertures est naturellement plus réduit : il y a trois fenêtres par étage et trois petites baies au demi-étage. Ces dernières ont reçu cependant un appui dont la mouluration est différente de celles de la façade antérieure : quart-de-rond et bandeau. Le linteau de ces fenêtres n'est autre que la corniche qui termine l'ensemble. La partie supérieure des baies du rez-de-chaussée et la totalité des grandes fenêtres ont été fermées par un vitrail à réseau de plomb, vers la fin du XIXe siècle. La corniche (moulurée ainsi : quart-de-rond dégagé par deux filets, talon renversé, et gros quart-de-rond) est ornée de deux mascarons, à l'aplomb des trumeaux.
b) Façade Ouest : fait face au porche d'entrée. Son rez-de-chaussée présente un ensemble de trois ouvertures assez semblables à celui de la façade Sud. Toutefois, l'effet de "contraction" n'y apparait pas.
Deux portes identiques à celles qui flanquent la baie principale sur la façade Sud (mais leurs pilastres ne sont pas ornés de tables à lobes et elles sont dépourvues de tables en adoucissement), encadrent la grande porte principale. Celle-ci, presqu'entièrement refaite à la fin du XIXe siècle, possède un fond de bossages en table alternant avec des bossages en pointe de diamant à table plate, disposés en hauteur. Au-dessus, court une frise de refends. La porte rectangulaire soulignée d'un talon, s'inscrit dans ce cadre et présente à sa partie supérieure une amorce de crossette terminée par une goutte. La clef est les consoles latérales, évasées vers le haut et terminées par des gouttes, sont ornées d'une table saillante lobée à chaque extrémité et qui en épouse la forme. Clef et consoles mordent sur la frise formée par les refends. La frise est ornée alternativement de tables carrées présentant une pointe de diamant, (qui font ressaut à l'aplomb de la clef et des consoles) et de tables rectangulaires allongées et lobées.
Le fronton semi-circulaire en ressaut sur l'ensemble est ouvert et ses rampants se terminent par des volutes. A la base de chaque rampant, une boule sur piédouche sert de motif d'amortissement. Dans l'ouverture des rampants prend place un motif complexe, composé d'un cuir découpé supportant un écu élargi à sa partie supérieure, dépourvu d'armoiries et sommé lui-même d'une boule. Du point de tangence de l'écu avec les volutes terminales des rampants, naissent des volutes. Dans le tympan s'inscrivent deux tables triangulaires échancrées en quart-de-cercle aux angles et épousant la forme cintrée du fronton.
Les deux étages et le demi-étage présentent rigoureusement la même disposition que la façade Sud, tant dans l'ordonnance générale que dans le profil des moulurations et la place des mascarons.
c) Façade Nord : Au rez-de-chaussée un ensemble d'ouvertures procède du même esprit que les "contractions" déjà observées au rez-de-chaussée des façades précédentes sur cour. Toutefois, la porte de gauche est remplacée ici par une fenêtre rectangulaire très simple dont le cadre est mouluré en talon et que divise un meneau également profilé en talon. La porte centrale est identique aux portes latérales de la façade Ouest à deux variantes près cependant : des trois gouttes qui terminent les consoles celle du milieu est très nettement d'un volume plus important et les crossettes, à peine marquées sont dépourvues de chutes de feuilles. La porte latérale, plus petite, de droite, est parfaitement semblable au modèle proposé, à la façade Ouest. Là encore, nous sommes en présence d'une réfection complète (en ce qui concerne les deux portes) de la fin du XIXe siècle. Le premier étage semble avoir subi d'importants remaniements. Il n'y a plus que deux grandes fenêtres décalées par rapport à celle du second étage, la fenêtre de droite, à l'aplomb de celle du rez-de-chaussée étant remplacée par une simple ouverture rectangulaire. Les fenêtres ont été ouvertes à un niveau inférieur à celui observé sur les autres façades de la cour. Cependant, le bandeau, qui, ailleurs, relie les fenêtres entre elles, court ici tout au long de la façade, au-dessus des baies. L'encadrement de celles-ci est mouluré en cavet. La reprise dans la maçonnerie du mur est très nettement perceptible dans le changement d'appareillage et de couleur de la pierre. Au deuxième étage, il n'y a aucune modification dans l'ordonnance ni dans la mouluration. Le demi-étage ne présente plus que deux petites fenêtres au lieu de trois, mais elles sont plus allongées que les précédentes et sont murées sur une partie de leur largeur. La corniche ne possède plus qu'un seul mascaron (à l'exception du mascaron d'angle), placé à l'aplomb du trumeau ou séparant les deux baies du demi-étage.
d) La façade Est est celle du corps de bâtiment donnant sur la rue de l'Aiguillerie. Au rez-de-chaussée s'ouvre, au centre, le porche d'entrée. Le cintre de l'arc, mouluré d'une gorge dégagée par des filets, et d'une large plate-bande, retombe sur des piédroits par l'intermédiaire d'impostes. Ces dernières présentent un bandeau dégagé par des filets èt un second bandeau dépourvu de décoration sur le tailloir.
A gauche, une porte semblable en tous points à celles des façades Ouest et Nord est surmontée d'un oculus circulaire, mouluré d'un talon dégagé par des filets et d'un bandeau. A droite, est percéë une fenêtre à meneau identique à celle qui flanque à gauche la porte centrale de la façade Nord. Elle a été agrandie dans sa partie inférieure.
Les étages et le demi-étage reproduisent l'ordonnance observée sur les façades Sud et Ouest. Cour latérale Sud (n° 23 bis). On y accède par le couloir du n° 23 bis. Cette cour est fermée du côté du couloir par un mur-bahut portant une grille.
a) Façade Est. Cette façade est ajourée au rez-de-chaussée par un grand arc en plein cintre dépourvu de décoration, retombant sur des impostes très simples. La partie gauche de l'arc est engagée sur la façade Sud. La tranche de mur épais bâti postérieurement apparait au niveau de l'encorbellement de la façade Sud. A chaque étage s'ouvre une fenêtre rectangulaire ; celle du premier est moulurée d'une plate-bande et d'un filet saillant. A droite de la fenêtre du second étage sont visibles les traces d'une fenêtre à linteau droit sous arc brisé, maintenant murée.
b) La façade Nord est complètement aveugle.
c) La façade Ouest présente au rez-de-chaussée une fenêtre au linteau à arc en segment, et une porte, dissimulée par un coffrage moderne donnant accès à une salle voûtée d'ogives. Au -premier étage, une grande fenêtre rectangulaire est flanquée à sa gauche des restes d'une arcature au tracé en anse de panier, la seconde arcade ayant été coupée par la fenêtre. Au-dessous, les traces d'une autre fenêtre, murée, apparaissent. Son linteau est en anse de panier.
Le second étage prend jour par deux fenêtres rectangulaires moulurées d'un bandeau. Une ouverture rectangulaire éclaire les combles.
d) La façade Sud présente deux parties, celle correspondant à l'extrémité du couloir et la façade latérale de l'escalier du n° 23 bis. La façade sur cour est en encorbellement, soutenue à la fois par la retombée du grand arc de la façade Est et par un corbeau de pierre profilé, de bas en haut, en doucine, quart-de-rond et cavet. Sur deux étages, elle est percée d'ouvertures grillagées disposées irrégulièrement. Au demi-étage règne une galerie ouverte bordée, du côté de la cour par une balustrade de fer. La façade de l'escalier est également percée d'ouvertures, irrégulièrement placées, et grillagées.
Cour latérale Nord.
a) Les façades Nord et Ouest de cette cour correspondent respectivement à la façade latérale et à la façade postérieure des Hôtels de Planque (Nord) et de Mirman (Ouest).
b) La façade Sud possède, au rez-de-chaussée, une porte à arrière voussure donnant accès à la salle voûtée d'arêtes située à l'Ouest de la cour centrale. Au premier étage, une fenêtre à meneau occupe le centre, flanquée à sa droite d'une ouverture plus petite, rectangulaire. Cette disposition se répète au deuxième étage.
Au troisième étage, une fenêtre à meneau occupe le centre, flanquée à sa droite d'une ouverture plus petite rectangulaire. La façade Est s'ouvre au rez-de-chaussée par une porte en plein cintre donnant sur une pièce voûtée. Au-dessus, sont percées trois petites ouvertures rectangulaires, une par étage, la première a son appui mouluré d'un quart-de-rond.
Intérieur.
A. Accès. L'accès à la cour centrale se fait par un porche voûté en berceau, décoré à la fin du XIXe siècle de grandes tables lobées en stuc, alternant avec des tables rectangulaires.
B. Escalier. L'escalier principal se développe au Sud de la cour centrale et occupe à l'intérieur, toute l'aile Sud du bâtiment. Il dessert les appartements situés autour de la cour centrale et sur la rue de l'Aiguillerie. On pénètre directement de la cour dans la cage. Celle-ci, de plan rectangulaire, est éclairée par les six fenêtres (trois par palier) ouvrant sur la cour centrale, garnies actuellement d'un vitrail, et, au rez-de-chaussée, par les impostes, également fermées par un vitrail, ménagés dans la partie supérieure des portes latérales. La cage est couverte par un plafond à caissons peint, de la fin du XLXe siècle. Elle est surmontée par le demi-étage.
Au rez-de-chaussée, à gauche, est visible un groupe de deux portes identiques à celles observées sur les façades sur la cour centrale, mais dont les consoles présentent une table lobée, dégagée par une rainure, et épousent, la forme de la console. Les portes sont placées en équerre l'une par rapport à l'autre et ont un larmier commun faisant retour à angle droit. De même, les deux consoles extrêmes sont tangentes. L'une de ces portes donne accès au corps de bâtiment Est, l'autre s'ouvre sous la troisième volée de l'escalier. Une troisième porte de ce type s'ouvre à droite, sur le corps de bâtiment Ouest, au niveau de la volée de départ. L'escalier est tournant, à gauche, à retours et volées droites, d'une largeur de 1,80 m. Les deux paliers d'étages sont parallèles à la cour centrale sur laquelle ils prennent jour par des baies vitrées. Les retours sont constitués par des repos carrés, au nombre de deux entre chaque étage. Il y a donc six volées par révolution. Les trois premières volées sont portées par un mur d'échiffre plein, les trois dernières par un mur d'échiffre ajouré d'arcs rampants. Ces arcs, moulurés, retombent sur des pilastres nus dont les chapiteaux sont formés de la superposition de deux moulures ainsi définies ; bandeau - filet - biseau, la tangence s'opérant par les biseaux. Les arcs sont pourvus de clefs non saillantes mais pendantes. Les trois dernières volées ne possèdent pas d'arcs ; toutefois, au niveau de la quatrième volée, le pilastre se prolonge normalement jusque au palier final, comme dans l'attente de la retombée d'un arc.
Des boules de marbre violacé affirment le départ des deux dernières volées et l'arrivée au palier terminal. Le nombre des marches par volée est irrégulier.
1ère volée : 7 marches.
2ème volée : 9 marches.
3ème volée : 7 marches.
4ème volée : 8 marches. v
5ème volée : 10 marches.
6ème volée : 8 marches.
Elles sont engagées dans le mur de la cage et dans le mur d'échiffre (dimensions : L : 1,75 m - 1 : 0,40 m-H : 0,14 m) et présentent une astragale. Leur plafond est délardé. Le limon, souligné d'un mince quart-de-rond, supporte une balustrade. Les baiustres qui la composent, sont quadrangulaires, à double panse séparée par une baguette. Le pied est formé d'une scotie entre deux listels tandis que la panse est amorcée par une scotie. Le chapiteau n'est autre que la reproduction inversée du pied. La main courante est moulurée ainsi : deux filets en retrait de l'un à l'autre précèdent un large bandeau suivi d'un filet et d'un quart-de-rond.
4° - Distribution intérieure.
A; Rez-de-chaussée.
a) sur rue : les quatre boutiques bordant à l'Est la rue de l'Aiguillerie sont toutes voûtées d'arêtes. Celle située le plus à gauche est fermée au Nord par le mur de séparation qui, d'une salle primitivement unique, a fait une boutique et un couloir, celui du n° 23 bis. Les arêtes visibles dans ce couloir se retrouvent dans la boutique, au-delà du mur.
b) sur la cour centrale :
- Salle Nord :
Elle est formée de deux travées de voûtes d'ogives, primitivement séparées par un doubleau, mais cloisonnées actuellement par un mur moderne. Les nervures (bandeau, tore, gorge, tore aminci) retombent sur des culots polygonaux (tore aminci, filet, gorge, tore aminci), disparus au Nord. Les clefs sont sculptées. La première travée présente une longue rosace où vient s'inscrire un disque ; la seconde également ornée d'une rosace, offre un écusson dépourvu de tout, mobilier héraldique. Un berceau transversal sépare ces travées de la salle Ouest.
- Salle Ouest : Le voûtement de cette salle est formé d'une série de trois travées de voûtes d'ogives à grosses nervures de section carrée, séparées par des doubleaux. Les nervures retombent sur des piliers carrés à tailloir chanfreiné. Les voûtains sont en appareil régulier allongé. Les deux travées situées les plus au Nord sont de plain-pied avec le sol de la cour. Le niveau de la troisième est plus bas que celui des précédentes. On y accède par un court degré en équerre de six marches séparées trois par trois par un palier de repos.
Dans le mur Ouest s'ouvre une sorte d' "enfeu" peu profond, au tracé brisé. A l'Est, un escalier droit a été appliqué postérieurement contre le mur. Soutenu du côté de salle par un grand arc rampant, il pénètre dans le voûtain, pour aboutir, au moyen d'une volée tournante, à une porte maintenant murée. Sous l'escalier, une porte au linteau à arc en segment conduit au sous-sol.
b) sur la cour latérale Sud (n° 23 bis). A l'Ouest de cette cour s'ouvre une salle formée de deux travées de voûtes d'ogives, dont la première est de dimensions plus réduites. Les nervures sont à cinq pans, et retombent par faisceaux de trois éléments jusqu'au sol, sans l'intermédiaire de supports. La première travée présente une clef sculptée où dans une rosace au mouvement tournoyant, est inscrit un écusson. La rosace de la clef de la seconde travée est simple et renferme également un écusson de type médiéval traditionnel dans le Midi.
c) sur la cour latérale nord. S'ouvrant sur cette cour et située derrière la salle Nord donnant sur la cour centrale, existe une salle peu profonde voûtée en berceau plein cintre. Sur les côtés, en partie noyée dans une maçonnerie postérieure, apparaissent des corbeaux de pierre identiques à celui déjà observé sur la façade Nord de la cour latérale Sud. Il y en a trois au Sud, un seul au Nord.
B. Etages. Les appartements se développent sur la cour centrale et la rue de l'Aiguillerie. La décoration intérieure a été remaniée dans le goût du 17e siècle dans le courant du siècle, antérieurement à l'achat par Jules Temple en 1897. (Renseignement oral communiqué par le propriétaire actuel). On note la présence de plafonds de bois à la française au premier étage (salon sur la rue de l'Aiguillerie ; salle à manger, et salon sur la cour centrale). Une pièce du second étage conserve des gypseries de la fin du 18e siècle (Cf. sous-dossier "gypseries"). Le salon sur la rue de l'Aiguillerie comportait autrefois des groupes enfantins peints par-Joseph-Dominique van der Bruch.
C. Sous-sol. On y accède par la troisième travée de la salle Ouest sur la cour centrale. Un' couloir central relie les différentes salles. A sa gauche,s'ouvre un puits à margelle semi-circulaire, dépourvue de décoration, prolongée dans l'épaisseur du mur par une niche et surmonté d'une potence en fer. Le couloir est ensuite voûté d'arêtes en briques retombant sur des piliers de pierre de taille par l'intermédiaire d'un sommier également de pierre. A gauche, un caveau voûté en berceau plein cintre présente dans ses murs et son voûtement un appareil régulier et allongé.
A la voûte d'arêtes du couloir succède un berceau transversal en plein cintre sur doubleau. Toutefois, le sommier du dernier pilier a été taillé, comme le précédent, pour recevoir une voûte d'arêtes. La construction d'un escalier dont on aperçoit le plafond des marches a pu modifier l'état primitif. Au bout du couloir s'ouvre une cave dont la voûte en plein cintre est formée de briques sur les côtés et de pierre en son milieu. Cette cave est cloisonnée et chaque cloison présente une ouverture fermée par une grille.
5° - Combles et couvertures. Les toits sont couverts de tuiles-canal.
6° - Appareil et matériaux. Appareil très régulier dans un matériau d'extraction locale.