L’inventaire du patrimoine industriel du Gard a commencé en 1984 sous la forme d’une étude de repérage, constituant l’une des plus anciennes enquêtes de ce type en France, et s’est terminé en 1994 avec la ville de Nîmes. Cette opération est le résultat de plusieurs enquêtes menées par divers acteurs et structures.
Cette enquête a tout d’abord commencé sous la houlette d’Odette Teissier du Cros pour le compte du musée cévenol du Vigan. Gérard Mérian s’est ainsi chargé d’un repérage thématique des filatures et des usines de soie du Viganais, et sur une partie du canton de Ganges.
En parallèle, en vertu d’un contrat entre le Centre de Culture Scientifique et Technique d’Alès (sous la responsabilité de Roland Jacques, adjoint municipal à la culture), et Francine Arnal, conservatrice au service du Patrimoine de la Direction régionale des Affaires culturelles du Languedoc-Roussilon ; Michel Wiénin est chargé de faire l’inventaire du patrimoine minier du canton de la Grand-Combe puis de l’ensemble du Bassin houiller des Cévennes. Dans un second temps, les données recueillies par Gérard Mérian ont pu être complétées en élargissant l’enquête à l’ensemble de la zone séricicole cévenole de l’ancienne région du Languedoc-Roussillon. Enfin, Michel Wiénin, employé par l’Association pour la Connaissance du Patrimoine en Languedoc-Roussillon, est amené à ouvrir une enquête sur tout le patrimoine industriel du Gard. Il s’agissait de collecter les archives en lien avec ces sites (matrices cadastrales, séries P et S des archives départementales par exemple pour les machines à vapeur, …), et de mener un repérage sur le terrain afin de recueillir, d’abord des observations aidant à l’étude du site, mais aussi des données photographiques et orales (témoignages d’habitants).
À partir des années 1980, l’inventaire du patrimoine industriel devient une composante à part entière de l’Inventaire général du patrimoine culturel. Les chercheurs y ont une approche géographique systématique : il y a donc une cellule dans presque toutes les régions, et une cellule centrale à Paris. C’est dans ce cadre qu’en 1986 Paul Smith et Catherine Chaplain mettent au point les outils méthodologiques pour le repérage du patrimoine industriel (bordereau de repérage, dénominations, lexique, …). À cette occasion, durant l’été 1987, Paul Smith reprend également les dossiers réalisés par Gérard Mérian (soit 44 dossiers), afin cette fois de les saisir sur une base de données TEXTO, et de terminer la méthodologie du repérage du patrimoine industriel (Livret de prescriptions techniques Repérage du patrimoine industriel en octobre 1987).
Depuis les années 2010, certaines régions, dont l’Occitanie (ex Languedoc-Roussilon), utilisent la base de données Gertrude, ce qui a nécessité le basculement des dossiers sur celle-ci. Lors d’une action de valorisation menée par le service régional de la Connaissance et de l’Inventaire des patrimoines (Direction de la Culture et du Patrimoine de la région Occitanie), il a été constaté que les dossiers n’étaient alors pas accessibles au public (voir le récit Voyage d’un bas de soie) et n’avaient pas d’illustrations liées. Une reprise d’antériorité a donc été effectuée au cours des mois de février et mars 2026 par Emma Boso-Prodel (stagiaire et étudiante du master Patrimoine et musées, parcours Collections et musées d’art et d’histoire de Montpellier Paul-Valéry). Ce sont 686 notices qui ont été mises en ligne. Seules les prises de vues des photographes professionnels (Michel Descossy et Jean-Michel Périn) ont été liées aux dossiers, soit 1326 photographies pour 227 dossiers. Ces photographies, réalisées entre 1967 et 1992 ont majoritairement été prises dans l’optique de publications, elles ont donc une haute valeur esthétique. Quant aux photographies argentiques des chercheurs, qui relèvent plutôt de la donnée de recherche, et les références documentaires, elles restent à numériser et à lier aux dossiers.
L’étude a permis la publication de l’ouvrage « Au fil de la soie : architectures d’une industrie en Cévennes : Gard-Hérault-Lozère » en 1991 par l’Association pour la Connaissance du Patrimoine en Languedoc Roussillon. Cet ouvrage de 94 pages respecte la maquette de la collection nationale « Images du patrimoine » et rassemble les textes de Geneviève Durand et Michel Wiénin, avec la participation de Gérard Mérian, mais aussi les photographies de Michel Descossy.
De plus, le 23 décembre 2020, plusieurs objets mobiliers de l’ancienne filature de soie Baumes, devenue cartonnerie Massal, à Sumène, sont classés au titre des monuments historiques avec servitude de maintien dans les lieux : valise de T.M.W. contenant des grains (PM30002226) ; tool box (la boîte à outils) (PM30002225) ; classeur de fiches destiné aux monteurs (PM30002224) ; métier rectiligne Reading de jauge 51 à 24 têtes (PM30002223) ; métier rectiligne Reading de jauge 60 à 30 têtes (PM30002222).