Au début du XIXe siècle, Saint-Gilles fait partie de la troisième section du consistoire de Vauvert et sa population est en majorité catholique. En 1819, le pasteur Raoux demande au conseil municipal la somme de 10 000 francs pour la construction d’un temple. La commune refuse de financer seule ce projet pour l’ensemble de la section.
En 1838, le culte est toujours pratiqué dans un local privé appartenant à madame Lapierre. Malgré le soutien du maire qui propose de donner un terrain communal et une participation financière de 2 000 francs, le conseil municipal s’oppose au projet. Un arrêté préfectoral du 16 août 1839 ordonne la construction d’un temple à Saint-Gilles et impose à la commune de participer financièrement. Le conseil refuse de voter l’imposition extraordinaire de 1500 francs au budget de 1841. Une souscription volontaire est réunie s’élevant à 5 500 francs.
Madame Suzanne Emilie Lapierre, épouse Bousquet, promet de vendre le terrain pour le projet de construction du temple le 24 avril 1839. Le 12 mars 1840, l’architecte du département estime cette parcelle à 4000 francs (parcelle 206 du cadastre).
La construction du temple est confiée à l’architecte Gaston Bourdon et à l’entrepreneur Jacques Cardenoux (adjudication du 30 mai 1841). Les travaux sont suspendus en février 1843 par manque de fonds disponibles pour les sculptures. Un paiement partiel est effectué le 10 avril 1843. En 1881, le temple sert à titre provisoire mais reste inachevé. Le secours du ministère des Cultes et la participation de la commune permettent de compléter le financement (11 125 francs). L’architecte diocésain Henri Révoil s’oppose aux plans et devis de l’architecte Sanilhac datant du 15 mars 1881. Pour résoudre ce différend, le préfet du Gard se rapproche du comité d’administration des cultes.
Dans un rapport de réparations datant de 1900, il est mentionné que le premier architecte a laissé la façade « inachevée ». Cette mention est sans doute à modérer. Henri Révoil appuie alors le travail d’un nouvel architecte Arnaud dont le plan de façade est approuvé par le préfet en 1902. Les travaux de démolition de l’ancienne façade débutent en février 1903.
Gaston Bourdon est architecte départemental en Lozère jusqu'en 1828 puis est nommé en 1832 dans le Gard. Neveu de Simon Durant, il prend la suite de Charles-Etienne Durand dans la construction de temples néo-classiques dans le Gard.