Cette demeure est construite par une famille de notables en 1730. À cette époque, elle donne à l’ouest sur le Rhône et à l’est sur l’actuelle rue nationale. Au cours du XIXe siècle, elle a appartenu à Auguste Adolphe Drujon, avocat domicilié à Tarascon, prenant ainsi le nom « d’hôtel Drujon ». Cette demeure est alors louée par la commune pour y accueillir l’école des filles et les sœurs qui y exercent. La commune n’a qu’une jouissance précaire du local. Le bail est en 1860 sur le point d’expirer et la commune peut en perdre le bénéfice. Selon une délibération du 14 mai 1860, le conseil communal cherche alors une solution et n’opte pas pour la construction d’une école, car la commune vient à peine de finir de payer la construction de l’école des garçons et ne peut donc investir dans un nouveau projet coûteux, mais aussi par le manque d’espace libre. Le conseil fait le choix d’acheter la demeure d’Auguste Adolphe Drujon pour 8 000 frs payables en quatre années à partir de 1861. Pour un membre du conseil, M. Grand, le presbytère représente un meilleur choix, car il peut accueillir l’école des filles, le logement des sœurs et du curé pour seulement 4 000 frs. De plus, il considère que le lieu est plus sain pour les jeunes filles.
Le conseil considère qu’il s’agit d’une acquisition d’utilité communale, et fait le choix d’imposer la commune sur quatre ans devant rapporter 3 281,79 frs. Cependant, le conseil départemental ne veut pas donner suite à ce projet, car selon l’inspection académique, la demeure de Drujon présente plusieurs inconvénients. La maison se compose de si peu d’étendue que la multiplication des classes est obligatoire (quatre classes sur deux niveaux d’après un plan de Jh. Girard, conducteur des Ponts et Chaussées datant de 1860). Ces classes sont complètement isolées, ce qui nécessite la présence de quatre sœurs et les lieux d’aisances sont privés de surveillance. Enfin, pour se rendre dans la première classe au rez-de-chaussée, les filles doivent traverser les cuisines des sœurs. L’achat de la demeure ne se réalise pas et la commune continue de louer les locaux pour l’école des filles jusqu’en 1878, date à laquelle la maison est vendue à un à la famille Boyer pour un montant de 6 000 frs, et qui n’accueille plus les sœurs et l’école des filles. En 1881, la commune inaugure un bâtiment qui sert à la fois de mairie et d’école pour les deux sexes. Il s’agit de la mairie actuelle située sur la place à côté de l’église.
En 1878, c’est donc un atelier de vannerie qui s‘installe dans l’hôtel Drujon. Il prend par la suite le nom d’atelier Vime, il s’agit d’une référence au latin Vimen qui a trois significations : baguette flexible, bois flexible ou osier. Aujourd’hui, l’Atelier Vime est aujourd'hui un atelier de designer toujours présent dans cette demeure, qui propose une sélection d’objets et de mobiliers « vintage » en osier, rotin ou corde.
Assistante à la mission patrimoine du PETR Garrigues et Costières de Nîmes