Dossier d’œuvre architecture IA30003472 | Réalisé par
  • pré-inventaire, PETR Garrigues et Costières de Nîmes
Maison dite "hôtel Drujon" ; école de filles ; atelier de vannerie
Œuvre recensée
Auteur
Copyright
  • (c) PETR Garrigues et Costières de Nîmes

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Garrigues et Costières de Nîmes
  • Commune Vallabrègues
  • Adresse 21 rue Nationale
  • Cadastre 2026 AE 152  ; 2026 AE 153  ; 2026 AE 154  ; 2026 AE 155  ; 2026 AE 156  ; 2026 AE 157  ; 2026 AE 158  ; 2026 AE 159  ; 2026 AE 160  ; 1812 B 596

Cette demeure est construite par une famille de notables en 1730. À cette époque, elle donne à l’ouest sur le Rhône et à l’est sur l’actuelle rue nationale. Au cours du XIXe siècle, elle a appartenu à Auguste Adolphe Drujon, avocat domicilié à Tarascon, prenant ainsi le nom « d’hôtel Drujon ». Cette demeure est alors louée par la commune pour y accueillir l’école des filles et les sœurs qui y exercent. La commune n’a qu’une jouissance précaire du local. Le bail est en 1860 sur le point d’expirer et la commune peut en perdre le bénéfice. Selon une délibération du 14 mai 1860, le conseil communal cherche alors une solution et n’opte pas pour la construction d’une école, car la commune vient à peine de finir de payer la construction de l’école des garçons et ne peut donc investir dans un nouveau projet coûteux, mais aussi par le manque d’espace libre. Le conseil fait le choix d’acheter la demeure d’Auguste Adolphe Drujon pour 8 000 frs payables en quatre années à partir de 1861. Pour un membre du conseil, M. Grand, le presbytère représente un meilleur choix, car il peut accueillir l’école des filles, le logement des sœurs et du curé pour seulement 4 000 frs. De plus, il considère que le lieu est plus sain pour les jeunes filles.

Le conseil considère qu’il s’agit d’une acquisition d’utilité communale, et fait le choix d’imposer la commune sur quatre ans devant rapporter 3 281,79 frs. Cependant, le conseil départemental ne veut pas donner suite à ce projet, car selon l’inspection académique, la demeure de Drujon présente plusieurs inconvénients. La maison se compose de si peu d’étendue que la multiplication des classes est obligatoire (quatre classes sur deux niveaux d’après un plan de Jh. Girard, conducteur des Ponts et Chaussées datant de 1860). Ces classes sont complètement isolées, ce qui nécessite la présence de quatre sœurs et les lieux d’aisances sont privés de surveillance. Enfin, pour se rendre dans la première classe au rez-de-chaussée, les filles doivent traverser les cuisines des sœurs. L’achat de la demeure ne se réalise pas et la commune continue de louer les locaux pour l’école des filles jusqu’en 1878, date à laquelle la maison est vendue à un à la famille Boyer pour un montant de 6 000 frs, et qui n’accueille plus les sœurs et l’école des filles. En 1881, la commune inaugure un bâtiment qui sert à la fois de mairie et d’école pour les deux sexes. Il s’agit de la mairie actuelle située sur la place à côté de l’église.

En 1878, c’est donc un atelier de vannerie qui s‘installe dans l’hôtel Drujon. Il prend par la suite le nom d’atelier Vime, il s’agit d’une référence au latin Vimen qui a trois significations : baguette flexible, bois flexible ou osier. Aujourd’hui, l’Atelier Vime est aujourd'hui un atelier de designer toujours présent dans cette demeure, qui propose une sélection d’objets et de mobiliers « vintage » en osier, rotin ou corde.

L'édifice occupe une vaste parcelle comprise entre la rue Nationale à l'est et le quai du Rhône à l'ouest. L'accès au niveau du quai du Rhône s'effectue par un large passage charretier ouvrant sur une cour intérieure autour de laquelle s'organisent les différents corps de bâtiment.

Le gros œuvre est constitué de maçonneries recouvertes d'un enduit. Les encadrements des ouvertures, les chaînes d'angle, les piédroits des passages sont exécutés en pierre de taille calcaire. Le bâtiment principal se compose d’un rez-de-chaussée et de deux étages. Les ailes secondaires sont plus modestes et présentes généralement qu’un rez-de-chaussée et  d’un étage. Les différents bâtiments s’articulent autour d’une cour centrale. Un tronçon de l'ancienne enceinte de Vallabrègues est réemployé et intégré aux bâtis.

Le bâtiment principal est couvert d'un toit à longs pans à faible pente couvert de tuiles creuses. Les différents corps secondaires présentent également des toitures à longs pans. La façade donnant sur la cour intérieure est ordonnancée de façon irrégulière et les ouvertures sont de dimensions variables selon les espaces desservis. Sur les arcades on retrouve un enduit bleu datant du XIXe siècle. Les fenêtres avec carreaux à verre bullé datent du XVIIIe siècle, et les volets du rez-de-chaussée et du second étage sont du XVIIIe siècle.

Dans la cour intérieure subsistent plusieurs éléments liés à l'histoire fonctionnelle de l'édifice, comme une pompe en fonte, des bassins de ramier destiné au trempage de l'osier, ainsi que l'atelier d'hiver.

Le bâtiment principal adopte un plan allongé distribué verticalement par un escalier intérieur dont la rampe en fer forgé datant du XVIIIe siècle est constituée d'un seul tenant. Au rez-de-chaussée, on retrouve la cuisine qui donne sur la cour intérieure, couverte d'un plafond à solives de type plafond à la française, le gros œuvre est en pierre de Beaucaire. On retrouve dans l'angle d'une pièce de vie adjacente un bassin surmonté d'une coquille. Pour faire face aux crues, des espaces d'habitations sont aménagés au second niveau au XVIIIe siècle. Ces espaces de vie sont couverts de plafonds à la française et ornés de cheminées de style. Un témoignage d'une crue de 1935 est présent sur une des portes du rez-de-chaussée. Les pièces de vie conservent des éléments de décors remarquables comme des hauts de portes.

Le troisième niveau est une partie d'abord réservée au domestique puis aux jeunes filles de l'école, le système de cloche est encore visible. Dans une des pièces, on retrouve une partie de l'arbalétrier, de l'entrait et du poinçon de la charpente. Ce niveau donne également accès à un pigeonnier.

  • Murs
    • calcaire maçonnerie enduit
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    2 étages carrés
  • Couvrements
    • voûte en berceau segmentaire
  • Couvertures
    • terrasse toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours escalier en maçonnerie
  • État de conservation
    bon état
  • Techniques
    • ferronnerie
    • mosaïque
    • décor stuqué
    • papier peint
    • peinture
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    maison

Documents d'archives

  • AD Gard 2 O 2046

    AD Gard : 2 O 2046

Bibliographie

  • Brigitte FRANSCESH, Jean-Paul FRANSCESH, Beaucaire Terre d'Argence, Histoire des 2 villes et des 3 villages qui constituent la Communauté de Communes, Brignon, Édition de la Fenestrelle, 2019.

    AD Gard : BH 4197
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) PETR Garrigues et Costières de Nîmes