L’ensemble est construit au 11 rue du Lavoir (parcelle AT 107 du cadastre actuel) au nord du centre ancien. Cet édicule est composé d’un puits, d’un réservoir, d’une éolienne et d’un lavoir couvert.
Les lavandières de Bernis font leur lessive au bord du Vistre jusqu’à la construction du lavoir. En 1885, la malpropreté de ces eaux conduit la municipalité à la réalisation d’un lavoir alimenté en eau par un forage.
Le projet de construction d’un lavoir couvert avec réservoir et pompe élévatrice est approuvé par le conseil municipal le 19 avril 1895. Le chantier, financé par un emprunt au crédit foncier de France sur 30 ans et une imposition extraordinaire, s’élève à 17 329,04 francs, dont 15 829,04 francs de réalisation. Le terrain situé à la parcelle 217 de la section D du cadastre est acquis pour 1 500 francs à madame Gilly.
Le projet proposé par l’architecte Raphel (devis du 5 mars 1895) est soumis pour avis à l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Salles le 20 mai puis est approuvé par le préfet le 4 juin.
Un puits de deux mètres de diamètre foré à 8 mètres de profondeur alimente en eau le lavoir à l’aide d’une pompe élévatrice actionnée par une éolienne. Il puise l’eau dans une nappe située à 5 ou 6 mètres de profondeur. Cette nappe semble correspondre à des eaux souterraines des alluvions anciennes de la Vistrenque et des Costières (code aquifère 150a du rapport de BRGM).
L’adjudication est passée (de gré à gré) en faveur de l’entrepreneur Jules Charbonnier le 6 août 1895. Les matériaux employés sont la pierre de taille de Calvisson. Il est inauguré en même temps que la tour de l’horloge le 19 avril 1896.
Le 21 février 1904, le Conseil municipal sous le mandat du maire Jacques Challier s’exprime favorablement à l’ajout d’un moteur à pétrole pour compléter l’éolienne en cas d’absence de vent : « le moteur à vent du lavoir ne donne pas une quantité d’eau suffisante, nécessaire aux habitants de la commune pour laver convenablement leur linge ; qu’il arrive très souvent que par suite de ce manque d’eau, les laveuses sont obligées de le laver dans une eau qui n’est pas assez limpide ».
L’entreprise A. Bompard établit un devis pour la fourniture à Bernis d’un nouveau moteur à vent avec roue de 4,25 mètres de diamètre (dénommé moulin) et à pétrole. La roue est entièrement métallique et s’oriente seule par un système de roulement : aubes et gouvernail en acier galvanisé, bras et cercle de la roue en cornière d’acier, le mécanisme en acier coulé. Le moulin est capable d’élever « 50 hectolitres d’eau à l’heure par un vent de 6 mètres à la seconde ». Le 9 décembre, l’éolienne est endommagée à la suite d’une tempête, elle est remplacée par l’entreprise pour 3 400 francs. Le moteur à pétrole est devenu trop coûteux pour la commune qui demande à l’entreprise son retrait.