Introduction au mobilier :
Dans les années 1950-1970, cette église s’est vidée d’un certain nombre d’objets sans valeur patrimoniale avérée, tels que chemin de croix, statues en plâtre, confessionnal, lustres ; il ne reste plus que les statues de saint Joseph et de saint Fulcran en plâtre et la grande Vierge à l’Enfant en terre cuite polychrome.
Il y a deux cloches dont une inaccessible, dans le clocheton (est-ce la cloche datée 1782 par l’abbé Giry ?) et l’autre plus accessible, dans le clocher mais sans que l’on puisse lire la totalité de l’inscription (« … anno 1834 in loco St Jean de la Blanqui… […] Arnoldo patrinus fuit Joannes baptista […] pretrus Rabejac adjunctus . vero Joannes […]. Le fondeur serait Eurdin l’aîné, tel qu’écrit sur le bord de la cloche.
La paroisse n’a plus aucun calice d’orfèvrerie alors que l’abbé Giry avait noté la présence d’un calice à « sujets repoussés ».
En ce qui concerne les ornements liturgiques :
- neuf chasubles (3 or, 3 blanches, 1 verte, 1 violette, 1 noire) ;
- quatre chapes (2 noires, 1 rouge, 1 verte)
Cette sacristie possède tout le mobilier nécessaire pour une bonne conservation ; les chasubles sont à plat sur les étagères du chasublier ; les chapes sont pliées également dans le chasublier pour laisser la penderie aux aubes et ornements actuellement en service. Plier des chapes n’est pas l’idéal mais, dans le cas présent, elles ne s’abîment pas.
Archives départementales de l'Hérault, G 1061 (=2 Mi 206)
Visite pastorale de l'évêque Roger de Harlay le 12 octobre 1659 (extraits)
« Nous avons trouvé sur l’autel une bonne pierre sacrée couverte de trois nappes, un devant d’autel de camelot gris de perle avec un gallon vert, sur ledit autel une petite croix de bois où il y a de petites figures enchâssées avec des vitres, un te igitur, un coussin de cuir doré, deux chandeliers de bois, un grand tableau avec son quadre représentant Jésus Christ en croix n[ot]re Dame et st Jean et la fille d’Herodias.
Les eaux baptismales sont conservées dans un vase de terre en bon estat. Les crémières sont aussi en bon estat
Dans la nef du costé de l’évangile il y a un petit autel dans la muraille sans ornement que ledit sieur de Triguiez a promis de faire accommoder et orner
Il y a deux chapelles, l’une des XI [onze] mille vierges que nous avons donnée à Maistre Pierre Lassalle n[ost]re promoteur
Et l’autre de saint Blaise que nous avons donnée à maistre Denys Chevalier nostre aumosnier et secrétaire ; nous n’avons pu savoir les revenus d’icelles
Il y a encore une autre chapelle de ste Pauline champestre qui a été unie à nostre mense ep[iscop]ale […]
il y a 170 communiants ou environ […]
les ornements
une chasuble de droguet à fleurs blanches avec estole et manipule donnez par le vicaire
une chasuble neufve de camelot rouge avec estole et manipule doublée de treillis noir servant pour les morts
un voile de toile de coton avec une bordure rouge
autre voile vert
une bourse de droguet à fleurs garnie de deux corporaux et autant de purificatoires
une bonne aube avec son amy et cordon, une nappe pour la co[mm]u[n]ion
un calice d’estain avec la patène, une croix de leton pour les processions […]
Ledit vicaire a fait paver l’église à ses dépens […]
il n’y a point de cloche dans le clocher qui menace ruisne
le cimetière est joignant l’église
la maison claustrale est joignant le cimetière […]
la requeste de nostre promoteur
Nous avons ordonné de faire faire un calice et patène d’argent dorez par dedans, lesquels nous payerons
Que l’on mettra un surciel au grand autel
que l'on fera faire une fenestre fermante à clef pour tenir les eaux baptismales
que les habitants feront faire une cloche de deux quintaux et fermeront le cimetière
que les oeuvriers et bassiniers rendront compte tous les ans en présence du vicaire, de nos officiers et consuls »
Saint-Jean-de-la-Blaquière, compte-rendus du conseil paroissial, 1841-1893
avril 1853 : « considérant qu'il était urgent de fixer définitivement avec ses enseignes, c'est-à-dire croix d'argent, chappes, drap d'honneur et torches »
la fabrique manque de ressources et la municipalité ne s'empresse pas pour l'aider. En 1859, une partie du toit du presbytère s'écroule et entraîne la destruction d'une chambre à coucher...
Un nouveau curé, l'abbé Barrière, arrive en 1860.
7 avril 1861 : « le conseil […] s'est cru obligé, sur la demande de monsieur le curé, de constater l'état de saleté et d'indignité dans lequel se trouvent la plupart des objets destinés au culte, comme plusieurs ornements, aubes, confessionnal et catafalque, tous vermoulus et tombant de vétusté, croix, linges d'autel, chandeliers, flûtes, lampes, encensoirs, vases pour les saintes huiles, presque tout hors d'usage vu son état de ruine et saleté, ostensoir et ciboire qui ont aussi besoin de réparation » on décide de dépenser 286 francs aux urgences, comme « pour une chappe violette, 35 francs, pour dorer ou vernir les grands chandeliers avec la croix, argenter ou dorer la croix processionnelle, lampe et bénitier », 80 francs
7 juillet 1861 : Monsieur le curé a réussi à se procurer plusieurs choses, dont
1° un ornement violet velours de soie galon or faux et une chappe violette
3° 3 crémières en argent avec boîtes rondes en fer blanc en remplacement de vieilles crémières en plomb hors d'usage
8° fait argenter deux croix, six chandeliers, le bénitier remonté à neuf, un encensoir argenté et une navette
9° le ciboire dont le pied et la tige étaient en fer a été échangé contre un autre tout argent doré
Il est question d'un autre nouveau ciboire en 1862, en « argent vermeillé »
9 août 1863 : présentation des plan et devis des chapelles et sacristie à construire à l’église
3 avril 1864 : au budget, dépense pour un drap d’honneur pour la confrérie du Saint-Sacrement, 40 francs, et 80 francs pour « l’agrandissement de la sacristie »
23 avril 1865 : achat d’une chasuble et d’une chape rouges, 140 francs
1866 : don d’une dame « d’un autel de 400 francs pour la chapelle de saint Fulcran dont elle est restauratrice » ; « Mr Louis Bousquel, ancien soldat du premier Empire, aujourd’hui membre du conseil de fabrique, voulut bien en offrir un second, de la somme de mille francs pour le sanctuaire de l’église paroissiale ». Du coup, la fabrique a pensé qu’il était bon de refaire le pavage du sanctuaire et de rouvrir et restaurer les anciennes baies du chœur
en 1868, on consacre 106 francs à l’achat de vitraux
au budget de 1869, on prévoit aussi 156 francs pour vitraux
2 décembre 1868 : « le conseil n’ayant pu s’entendre avec la maison Mauvernay, de Saint-Galmier, qui demandait la somme de 750 francs pour garnir de personnages les trois petites fenêtres du sanctuaire s’est adressée à la maison Maréchal et Cie de Metz qui, moyennant la somme de 300 francs, remplira ce but, le port, la pose et les ferrures […] il est entendu avec la maison Maréchal et Cie que son ouvrage supportera tout à fait la comparaison avec celui d’autres maisons qui ont fourni à côté de nous, en particulier de celle de M. Mauvernay. Les sujets choisis pour orner les vitraux sont Notre Seigneur, la Sainte Vierge et saint Jean-Baptiste. »
Budget 1874 : prévision d’achat de « chandeliers pour le maître-autel (genre roman) », 600 francs
20 avril 1879 : il est temps de placer la « nouvelle vierge »
don de Melle Azémar, par testament, de 4 500 francs !
1er décembre 1880 : Marius Saudadier, nouveau curé
Archives départementales de l'Hérault, 8 V 41, Inventaire de 1906
Fait le 1er mars 1906, en présence du curé Blavet
« un confessionnal en bois, sans sculpture, mobile
14 tableaux chemin de croix, assez délabré
2 lustres à 5 branches à 3 lumières chaque
6 statues en plâtre (st Fulcrand, st Roch, st Antoine, st J[ean-]B[aptiste], Jésus, madone)
1 Madone dorée, hauteur 1,50 m.
2 anges aux extrémités de l’autel, en plâtre
un christ sur l’autel, en bronze
un tapis devant l’autel, assez détérioré
12 chandeliers sur l’autel en bronze doré
Dans la sacristie
Cinq armoires en bois avec tiroirs
Ornements du prêtre pour les cérémonies (aubes, cordons…)
6 bouquets de fleurs artificielles
1 saint sacrement argent avec son étui
1 saint ciboire doré
1 calice doré
linges divers pour le service de la messe
un drap mortuaire avec franges en argent
une croix en fer avec manche en bois
un encensoir en fer avec chaîne
trois lanternes dorées pour procession
1 christ à baiser pour cérémonies
1 sonnette en bronze
Immeubles
Fonds baptismaux, en bois noyer, 2 anges avec candélabres
Chaire à prêcher avec dôme, en noyer, assez mauvais état
Boiseries et bancs des chantres au chœur
Autel en marbre blanc avec tabernacle
Deux autels à chaque chapelle (st Fulcrand et Madone)
Grille du chœur
Grille de la tribune
Eglise de 20 mètres de longueur sur 8 m. de large … construction en assez mauvais état
Presbytère en assez mauvais état
Une cloche avec la mention Girard Amélie marraine et Blaquière parrain »
Bibliographie :
Commune de Saint-Jean-de-la-Blaquière, éléments d’inventaire, volumes 1 et 2, Cahier du Lodévois-Larzac, n°2, 2002
La Semaine religieuse du diocèse indique le don d'un ciboire et d'une « écharpe » en 1886, le don d'une aube en 1887, celui d'une chape en 1888, et d'autres dons non précisés en 1891, 1893, 1900, 1901, 1902, 1914 et 1921.
Josiane Pagnon
Département économie et emploi
Direction de la culture et du patrimoine
Service du patrimoine régional
Secteur Inventaire général
Conseil régional de Languedoc-Roussillon
Février 2011