La ferme de La Prade, énorme bâtisse de plan en U ( croquis n° 1 ), est construite sur un terrain incliné dont le niveau s'élève du Sud au Nord.
La cour, autour de laquelle s'ordonnent les trois corps de bâtiments, présente elle-même une légère pente jusqu'à l'entrée située au Sud-Est.
L'aile gauche comprend des locaux pour le matériel agricole au rez-de-chaussée et les appartements du propriétaire au premier étage.
L'aile droite est entièrement affectée à l'élevage : bergeries, étable, pailler.
Le corps central est composé de deux parties : dans la partie antérieure est ménagé le logement du fermier, dans la partie postérieure deux bergeries sont superposées.
Aile gauche. Elle est à trois niveaux : rez-de-chaussée, étage et comble en surcroît.
Le rez-de-chaussée est presqu'entièrement occupé par une très grande remise dans laquelle prenaient place charrettes et matériel agricole. Cette remise est couverte de voûtes d'arêtes.
Le premier étage, occupé par le logement du propriétaire ( non visité ) est bordé sur toute sa longueur, du côté cour, par une terrasse couverte d'un toit en appentis. La terrasse est portée par une succession de voûtes en berceau surbaissé qui constitue un ensemble de petites pièces sans affectation particulière, ayant servi tour à tour de porcherie, poulailler, entrepôt etc.. ( croquis n° 5 ).
Dans l'étage de comble, une charpente, à fermes dans la partie nord et à pannes et chevrons-arbalétriers dans la partie sud, supporte le toit à deux versants. En retour d'équerre avec ce corps de bâtiment, du côté sud-est, une petite construction indépendante abrite le four.
Corps central. ( Croquis n° 2 ). La partie antérieure est à un étage sur rez-de-chaussée et un étage de comble. Le rez-de-chaussée est occupé par un ensemble de petites remises voûtées et une écurie. Le premier étage et l'étage de comble correspondent aux locaux d'habitation des fermiers, il s'agit de pièces en enfilade.
Cette partie postérieure, beaucoup plus large, est occupée par deux bergeries superposées, accessibles toutes deux naturellement, en raison de la déclivité du sol.
Cette partie du bâtiment présente une structure assez complexe : la toiture à deux versants est soutenue par un ensemble de 10 arcs brisés portés alternativement par des piliers montant de fond et par des piliers de la voûte d'arêtes du rez-de-chaussée. Cette structure crée, au rez-de-chaussée, au niveau des piliers, une alternance de temps forts et de temps faibles (croquis n° 2,3,4), tous contrebutés par des contreforts.
Aile droite. Elle est à deux niveaux du côté de la cour, un seul du côté des prairies ( croquis n° 8 ). Le rez-de-chaussée côté cour est composé de deux bergeries longitudinales dans l'axe l'une de d'autre, couvertes de voûtes d'arêtes sur plan barlong, quartiers transversaux en plein cintre, quartiers longitudinaux en anse de panier. Le niveau du sol étant plus élevé vers le Nord, la ligne de faîte de la voûte de la première bergerie est plus haute que celle de la seconde. Une petite pièce, qui semble avoir été la dernière travée de la seconde bergerie, sépare celle-ci de l'étable. L'étable occupe toute la partie sud de l'aile, sur toute sa largeur antérieure. De plan presque carré, elle est couverte de voûtes d'arêtes en trois travées doubles, voûtes à quartiers surbaissés en anse de panier. Au Nord et au Sud, les travées sont séparées par un mur de refend parallèle au mur de façade ; les deux travées centrales communiquent par un passage dans l'axe de la porte ouverte sur la cour. Des jours en archère sont ouverts au centre de chaque travée au Sud et à l'Est.
Les bergeries sont également éclairées par des jours en archère, ouverts sur la cour pour la seconde bergerie, mais pour la première, percés dans le mur Est, ils ouvrent dans le pailler situé derrière, au niveau du sol. Les voûtes des bergeries sont en moyen appareil de tuf ; les sols sont faits de dalles de calcaire irrégulières. En rez-de-chaussée du côté Est, une longue pièce rectangulaire longe les deux bergeries. Des contreforts de 1,50 m de haut environ s'appuient au mur de refend et contrebutent les cinq arcs situés au-dessus de la seconde bergerie (croquis n° 7,8). Cette pièce ( ancien pailler ou remise ) est couverte par l'une des deux pentes du toit, par l'intermédiaire de chevrons arbalétriers qui s'appuient sur le mur de refend et le mur goutterot, de chevrons et voliges. Les couvrements sont différents pour les trois autres parties qui correspondent à l'étage : de l'autre côté du mur de refend, le sol est surélevé d'environ 1 m. Dans l'axe des piliers de la seconde bergerie, cinq arc brisés prolongés, de la clef au mur de refend, par des demi-arbalétriers jumelés, soutiennent l'autre versant du toit. Au-dessus de la première bergerie, où le niveau du sol est encore légèrement supérieur, le comble est couvert d'un toit à double pente (dont le versant Est se prolonge au-dessus du pailler) supporté par une charpente à cinq fermes simples. Le mur de refend ne se prolonge pas du côté sud au-dessus de l'étable.
Deux piliers carrés, en moëllons de calcaire, soutiennent la panne faîtière située dans le prolongement du mur de refend. Chaque versant du toit est supporté par cinq chevrons arbalétriers, pannes et voliges.
Cette aile de la ferme de la Prade semble avoir été bâtie en deux étapes différentes, si ce n'est trois : d'abord les deux bergeries, qui devaient être couvertes par un seul toit à double pente supporté par les arcs de la seconde bergerie, puis surélevé par la suite au-dessus de la première ; ensuite l'étable, puisque le mur de refend ne se prolonge pas au-dessus de celle-ci et qu'elle a un système de charpente indépendant ; le grand grenier fut alors ajouté et la toiture transformée. L'ensemble fut couvert d'un grand toit à deux versants dont le faîte, pour toute la partie centrale, se situe au-dessus du mur de refend actuel. Ce dernier est donc un ancien mur goutterot puisque, par ailleurs, dans la première bergerie et dans le comble qui la surmonte, il est percé de jours en archère donnant dans le grenier, et donc sans intérêt.
On note que tout à fait à l'extérieur de l'ensemble des bâtiments de la Prade, derrière le corps central, côté Ouest, a été isolé un petit bâtiment : la porcherie.
Les systèmes de voûtes utilisés à la Prade pour porter les étages ou tout simplement pour couvrir certains bâtimentts sont assez variés :
- voûtes en berceau plein cintre ( four et ancienne bergerie )
- voûtes en berceau surbaissé ou segmentaire ( sous la terrasse et le logis du fermier )
- voûtes d'arêtes à quartiers en anse de panier ( bergerie centrale et aile droite )
- voûte d'arêtes déprimée ( grande remise aile gauche ).