Dossier d’œuvre architecture IA00028693 | Réalisé par
  • inventaire topographique
Demeure
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Gignac
  • Commune Saint-Bauzille-de-la-Sylve
  • Adresse rue Rochier
  • Cadastre 1934 A 489, 490

Construction probable vers 1660, lors de l'installation à Saint-Bauzille de la famille Rochier : cette maison est remarquable par son décor intérieur.

Nous ne possédons, jusqu'à maintenant, aucun document se rapportant à la construction de cette demeure et à ses transformations éventuelles. Le seul renseignement qui la concerne est qu'elle appartenait, avant son achat par la mère du propriétaire actuel, à la famille Rochier, deuxième famille du village de Saint-Bauzille.

Cette famille, qui s'appelait de Rochy ou de Rochier avant la Révolution, et dont un membre fut avocat au Parlement de Toulouse, était venue s'installer à Saint-Bauzille vers 1660.

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  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 17e siècle

Situation. La maison est bâtie à l'intérieur du village, dans les murs de l'ancienne fortification, du côté Sud. Son élévation principale donne sur une petite rue dont elle suit le tracé courbe ; au Sud-Ouest, elle est bordée par une ruelle qui ouvre sur un jardin (propriété différente).

Matériaux et leur mise en oeuvre : Construction en calcaire et calcaire gréseux d'extraction locale. Matériaux modernes (briques, ciment, granito) utilisés dans la p.c. 489, à l'étage. Rampe d'escalier en "pierre froide" (roche) ; voûte de l'étage maçonnée (briques ?) ; bois pour les plafonds de l'étage et la charpente du toit ; couverture de tuiles creuses. Eléments du décor en stuc (voûte de l'étage, hottes de cheminée) ; manteaux de cheminées en marbre.

Parti général, plan, coupes : La maison actuelle est formée de la réunion de deux parcelles, les p.c. 490, la partie la plus intéressante, et 489. La parcelle 490 est triangulaire, avec deux côtés en façade ; la parcelle 489 est rectangulaire, avec petit côté en façade. De leur assemblage, tout à fait artificiel, résulte un plan en forme d'L à angle extérieur coupé. La partie Nord (p.c. 489) est à un étage sur rez-de-chaussée et un comble à surcroît. La partie Sud-Ouest (p.c. 490) comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage noble et un étage-attique ; dans l'angle Ouest de cette partie est ménagé l'escalier en vis, à l'intérieur d'une cage demi-hors-oeuvre. Dans les deux parties, le rez-de-chaussée est couvert de voûtes d'arêtes. Le sous-sol est partie plafonné (ancienne voûte effondrée), partie voûté. L'étage est séparé du comble par des plafonds, sauf le vestibule (appelé "Salon de Ganymède") dans lequel débouche l'escalier, qui est couvert d'une voûte déprimée avec plafond central. Les pièces du niveau de comble sont directement couvertes par les versants de la toiture (voir croquis n° 1 ).

4. Elévations extérieures : a - Elévation principale sur la rue

- partie Nord-Est : La façade de la p.c. 489, à part une petite porte en plein cintre murée, au rez-de-chaussée, offre peu d'intérêt ; baie moderne à l'étage ; façade crépie.

- partie Est : C'est la moitié de la p.c. 490 dont l'élévation est en pan-coupé. Elle est à deux travées de fenêtres et comporte deux baies jumelées dans le comble à surcroît.

- partie Sud-Est : Cette élévation (photos nos 2 et 3), légèrement plus haute que la partie voisine, est ordonnancée, bien que ne présentant qu'une seule travée. Au rez-de-chaussée, la porte, au centre et précédée d'un degré de deux marches, est accostée d'une fenêtre de part et d'autre ; à l'aplomb des fenêtres, deux petites ouvertures, percées dans la plinthe, éclairent le soussol. L'encadrement de la porte est appareillé à refends, avec plate-bande à crossettes en escalier. Celle-ci est surmontée d'un fronton cintré dont le tympan est orné d'un cartouche (bûché ?) encadré de volutes et de chutes de fruits en demi-relief. L'étage, dont la surface est décorée d'un appareil à joints refendus, est percé, au centre, d'une porte-fenêtre encadrée d'un bandeau plat ; cette baie ouvre sur un balcon. L'étage-attique est souligné d'une corniche à modillons et denticules. Dans l'axe de la porte-fenêtre s'ouvrent deux baies jumelées dont l'encadrement, en bandeau plat, se prolonge verticalement jusqu'à la génoise.

b - Elévation latérale sur la ruelle. Façade crépie. Elle comporte à son extrémité Ouest une tour demi-hors-oeuvre, en encorbellement au-dessus de la porte d'entrée (cette dernière étant étroite et basse). La tour donne moitié sur la ruelle, moitié sur le jardin de la p.c. 494 ; elle est ajourée de petites fenêtres carrées, dont certaines ont un encadrement chanfreiné. Le reste de cette élévation latérale est pratiquement aveugle, mais dans la partie haute du rez-de-chaussée surélevé (presque au niveau du sol de l'étage) on décèle une fenêtre à meneau murée.

5. Combles et couvertures. Le comble est divisé en plusieurs parties de hauteur différente : le niveau du surcroît de la p.c. 489 est plus bas que le côté S.E. de la p.c. 490 ; il est couvert d'un versant de toit en pente vers la rue, auquel correspond un versant, en pente vers le jardin, qui abrite l'escalier et son prolongement intérieur. La partie S.E. de la p.c. 490 est couverte de deux croupes, de pente légèrement différente vers la rue, qui prennent appui sur un mur de refend longitudinal (= mur mitoyen avec la p.c. 489) et un mur de refend transversal entr'elles. La charpente est constituée de pannes et chevrons du côté du pan-coupé, et de chevrons-arbalétriers du côté de l'angle de la rue avec la ruelle ; l'étage-attique, aménagé en appartement, est directement couvert par cette charpente (isolation moderne, mais chevrons-arbalétriers apparents). La toiture est en tuiles creuses ; les deux croupes sont bordées d'une génoise à un et deux rangs.

6. Distribution intérieure. A. Sous-sol. Le sous-sol, double en profondeur, ne s'étend que sous la partie Sud de la p.c. 490. On y accède par le rez-de-chaussée de la partie en pan-coupé au moyen d'un degré de quelques marches qui débouche sur deux caves en enfilade. La première, ajourée sur la rue, est couverte d'un plafond sur poutres (elle était voûtée à l'origine) ; le seconde, plus petite, d'un berceau irrégulier à lunette. Dans le mur de refend qui sépare les deux caves est percée une porte en plein cintre en calcaire coquiller. Au fond de la deuxième cave, dans l'angle, départ d'un escalier (aujourd'hui fermé) qui correspondait avec la parcelle voisine (p.c. 494).

B. Rez-de-chaussée (voir croquis n° 2). Le rez-de-chaussée est divisé en trois parties :

- Au Nord, la p.c. 439, double en profondeur

- Au centre, une partie de forme triangulaire

- Au Sud, la partie de parcelle 490 en retour d'angle avec la ruelle : ce n'est que dans cette partie que le rez-de-chaussée, situé au-dessus du sous-sol, est surélevé.

Les trois parties n'ont pas de communication entre elles : elles sont séparées par deux murs de refend qui forment les côtés du triangle de la partie intermédiaire. La première pièce de la partie Nord, couverte d'un berceau surbaissé à pénétrations, est divisée en deux par un mur de refend longitudinal ; un escalier droit (condamné) prend appui contre le mur mitoyen avec la partie intermédiaire. La seconde pièce, de plan rectangulaire, est couverte d'une voûte d'arêtes ; elle ne comporte pas d'autre ouverture que la porte de communication percée dans le mur de refend entre les deux "caves". La partie intermédiaire est formée d'une seule pièce. Elle est ajourée sur la rue par une fenêtre étroite couverte d'une lunette brisée en pénétration dans la voûte ; une autre lunette surmonte l'escalier qui descend au sous-sol : la forme irrégulière et gauchie de ces pénétrations s'explique par le plan triangulaire de la pièce et la difficulté de couvrir d'une voûte un tel plan.

La partie Sud est double en profondeur. La première pièce, de plan trapézoïdale, est couverte d'une voûte d'arêtes : celles-ci. sont moulurées en stuc en fausses ogives avec, à leur croisée, une clef ronde ornée d'un décor stuqué. On accède à la partie postérieure - légèrement surélevée - par un large arc surbaissé. Le côté droit de la pièce, de plan carré, est couvert d'une voûtes d'arêtes ; le côté gauche est occupé par le départ de l'escalier. Ces deux côtés sont séparés par un arc en anse de panier chanfreiné.

C. Escalier. L'escalier est ménagé dans une cage de plan carré, mais avec un côté hémicirculaire en encorbellement sur la ruelle (départ de l'encorbellement : 2 m. environ au-dessus de la chaussée). Escalier en vis tournant à gauche, marches portant noyau, dessous des marches délardé ; marches en pierre froide (roche), dessus restauré au ciment ; seize marches par volée (deux volées) et cinq marches supplémentaires dans le lanterneau qui surmonte la cage. Le noyau est décentré par rapport à l'axe de la cage, de sorte que les marches rayonnantes du côté hémicirculaire sont moins longues que les marches gironnées du côté carré. Le départ de l'escalier est bordé d'une rampe à balustres.

D. Etage noble (voir croquis n° 3). Comme au rez-de-chaussée, la partie Sud est la plus intéressante. Dans le prolongement de l'escalier, un vestibule de plan carré distribue les trois parties disposées en éventail autour de cet axe : Au Nord (p.c. 489), une seule grande pièce remise à neuf, dont le niveau du sol est abaissé d'un mètre environ par rapport au reste de l'étage. Au centre, la partie triangulaire est occupée par une chambre séparée d'une petite salle d'eau par un mur de refend. Cette partie est couverte d'un plafond sur poutres stuquées et bordées de moulures du XIXe siècle ; dans la chambre, une cheminée de style Louis-Philippe est ornée, de chaque côté de sa hotte, de pilastres cannelés surmontés de chapiteaux corinthiens en stuc.

Au Sud, une seule grande pièce, couverte d'un plafond à la française à solives apparentes ( deux solives de rive et deux solives intermédiaires). Une imposante cheminée, décorée de gypseries, occupe le centre du mur Nord et un panier de fruits en bas-relief stuqué orne le dessus de porte communiquant avec le palier. Le vestibule d'entrée, séparé du palier par un arc en anse de panier chanfreiné, est couvert d'une voûte d'arêtes déprimée à plafond central dont le décor de gypseries a pour thème l'enlèvement de Ganymède.

E. Etage attique. Seule la partie Sud est aménagée en pièces d'habitation : elle est divisée par un mur de refend trans-sersal et subdivisée par des cloisons.

Décor. Cette maison présente un décor d'architecture soigné et assez homogène, dans la partie Sud essentiellement. La partie Nord (p.c. 489) ne montre aucune ornementation. Dans la partie centrale, on a fait un effort de décoration au XIXe siècle, en particulier dans la chambre du premier étage et la petite fenêtre de l'étage-attique. Nous avons déjà vu que le côté Sud-Est de l'élévation sur rue (qui correspond à la partie Sud) présentait une composition régulière, quoique simple, et des ornements de goût classique (corniche, tympan de la porte).

A l'intérieur, on a porté l'accent décoratif sur la rampe d'escalier, les voûtes et les cheminées, en particulier celle de la salle à manger de l'étage noble.

A. Rampe d'appui

Elle borde seulement le départ d'escalier sur environ 2 mètres de long et vient s'appuyer contre le mur N.O. de la cage. Au départ de rampe, un pilier carré orné sur trois de ses faces d'un motif en creux (rectangle à petits côtés lobés) ; le limon débordant est bordé d'un tore ; la main-courante, large d'une trentaine de centimètres, présente, dans son épaisseur, une mouluration creusée en gorge entre filets. Le garde-corps est formé de deux demi-balustres engagés l'un dans le pilier de départ, l'autre dans le mur, et de deux balustres intermédiaires ; ceux-ci sont de section carrée, taillés en double-poire. Le départ de rampe est surmonté d'un lion assis, en ronde-bosse, posant une patte sur un cartouche composé d'un écusson nu entouré de cuirs. La hauteur du lion est de 60 cm environ. La rampe et le lion, en pierre, ont été peints.

B. Voûtes décorées

Au rez-de-chaussée, le porte d'entrée ouvre sur une pièce couverte d'une voûte d'arêtes : ces arêtes ont été transformées, vraisemblablement au XIXe siècle, par une mouluration au plâtre, en fausses-ogives avec clef centrale annulaire.

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  • Murs
    • calcaire
    • pierre de taille
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    1 étage carré, étage en surcroît
  • Couvrements
    • voûte d'arêtes
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, escalier en vis sans jour
  • Techniques
    • décor stuqué
  • Représentations
    • sujet mythologique
  • Précision représentations

    enlèvement de Ganymède

  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

IMP: 20221109_POP_01 ;

Date(s) d'enquête : 1976; Date(s) de rédaction : 1980
(c) Inventaire général Région Occitanie