I - HISTORIQUE
L'église de Saint Pargoire est mentionnée dans le cartulaire de l'abbaye de Gellone (fol. 90 Ve), dans un diplôme de Louis le Débonnaire du 28 Décembre 807 : "ecclesia sancti Paragortî".
Pendant près de mille ans, Saint Pargoire appartient à l'Abbaye de Saint Guilhem (Gellone) fondée par le Comte Guillaume. Cette première église, détruite, fut remplacée par l'édifice actuel construit vraisemblablement à la fin du XlIIe siècle et au XlVe siècle. D'après R. Hyvert le clocher fut élevé entre 1301 et 1314.
Seule une partie de la façade occidentale, l'abside et la travée de choeur datent de la fin du XlIIe siècle. Par la suite l'église fit l'objet de nombreuses réparations jusqu'à nos jours. Les plus importantes concernent les voûtes de la nef qui furent restaurées sinon entièrement refaites au début du XVTIe comme en témoigne la date 1610 inscrite sur la clé de voûte de la première travée.
II - DESCRIPTION
1 - SITUATION.
Intra-muros, l'église s'élève au coeur du village qui s'organise autour d'elle suivant un plan concentrique.
2 - PARTI GENERAL. PIAN. COUPES.
Eglise à nef unique de six travées barlongues et abside polygonale à sept pans. De part et d'autre des deux premières travées s'ouvrent deux chapelles ménagées entre les contreforts. La nef est couverte de voûtes sur croisées d'ogives séparées par les arcs doubleaux. Les chapelles sont également couvertes de croisées d'ogives. Les voûtes du choeur sont portées par des branches d'ogives. Le choeur est légèrement surélevé par rapport à la nef.
3 - ELEVATIONS INTERIEURES.
Murs goutterots de la nef : divisés en six travées par des piliers engagés, de section pentagonale. Ces piliers reçoivent les retombées des ogives et des arcs doubleaux. Ces derniers, à double rouleau sont chanfreinés comme les arcs diagonaux. Les retombées des arcs s'effectuent sur des chapiteaux épannelés très sobres présentant une baguette à leur base, une dans leur centre et une à leur sommet. Les voûtins transversaux sont renforcés, contre les murs goutterots, par des arcs formerets chanfreinés dont les naissances s'effectuent sur des culots.
Ouvertures : chaque travée est éclairée au Nord par un oculus dont le remplage offre deux variantes : trilobé et quadrilobe en alternance.
Au Sud, les oculi font place à des baies en arc brisé d'inégales dimensions : fenêtres hautes et étroites à double ébrasement au niveau des 6e, 5e, et 3e travées ; fenêtre moins haute mais deux fois plus large avec meneau dans la 4e travée, au-dessus de la porte ; ouvertures plus petites mais placées plus hautes que leurs voisines. Au-dessus des chapelles latérales. Toutes ces ouvertures ont un remplage trilobé. Au niveau des deux premières travées, près du choeur, les chapelles latérales s'ouvrent sur la nef par des arcs en tiers-point, à double rouleau. Chacune d'elle est éclairée par un oculus à double ébrasement dont le remplage est identique à celui des oculi de la nef. Les arcs diagonaux des chapelles reposent sur de simples culots. L'entrée de l'église est au Sud au niveau de la 4e travée. La nef est séparée du choeur par l'arc triomphal, il s'agit d'un arc diaphragme puisque la voûte du choeur est plus basse que celle de la nef. Cet arc est ajouré d'un oculus.
Le choeur : Il est composé d'une travée de choeur couverte d'une croisée d'ogives et éclairée par deux baies, l'une au Nord l'autre au Sud. Un arc doubleau sépare cette travée de l'abside à sept pans. L'abside est ajourée de trois fenêtres à meneau ; ses quartiers de voûte sont portés par huit branches d'ogives qui prennent appui sur de minces colonnettes. Sous les verrières court un bandeau chanfreiné.
Mur de fond : (revers de la façade occidentale) : Dans l'axe de la façade : portail à arc brisé qui ouvre sous le narthex de l'église. A mi-hauteur de la paroi, au niveau de l'ancienne tribune (néo-gothique détruite récemment) une porte en arc brisé et encadrement chanfreiné permettait l'accès au clocher. Sur ce mur, les arcs diagonaux de la dernière travée et l'arc formeret correspondant ne reposent pas sur des colonnes engagées mais sur des culots épannelés.
4 - ELEVATIONS EXTERIEURES.
Façade sud : Les six travées sont séparées par sept contreforts qui présentent un glacis avec larmier dans leur partie supérieure sur une seule face à l'exception des deux contreforts situés aux extrémités. Les contreforts se prolongent au-dessus de ce glacis, sur deux assises environ et sont coiffés d'une couverture à deux versants. Chaque travée est couverte d'une toiture distincte à deux versants ; il en résulte une suite de pignons encadrés par les contreforts. Au niveau de la 4e travée la porte est protégée par une voûte ancrée sur les contreforts voisins ; il s'agit d'une voûte en arc segmentaire inclinée. L'encadrement de la porte est à double rouleau avec colonnettes. Au niveau des 1ère et 2e travées, l'espace libre entre ces contreforts est occupé par les chapelles latérales ; sur les murs goutterots de ces dernières apparaissent des marques de tâcherons ( ).
Façade Nord : Mur pignon sur chaque travée, un oculus par travée et chapelles latérales entre les trois derniers contreforts près du choeur.
Chevet : Contrebuté par des contreforts identiques à ceux de la nef. Pas de pignons sur les travées.
Façade occidentale : Contre la façade occidentale le porche situé dans l'axe longitudinal de l'église est surmonté d'un clocher carré couvert d'une flèche quadrangulaire en pierre ; il est défendu par une série d'archères. Les chapiteaux des piliers qui ornent le porche sont décorés d'animaux fantastiques. Ce sont les seules sculptures de cette église.
5 - COMBLES ET COUVERTURES.
Combles non visités. Couverture de tuiles creuses.
III - DOCUMENTATION
1 - SOURCES IMPRIMEES.
Archives des monuments historiques, Paris : deux dossiers concernant 1*église paroissiale, couvrant une période qui s'étend de la Monarchie de Juillet à nos jours.
Archives Nationales - Paris :
- Série F3 II (Administration Communale) et F 19 (Cultes).
Documents relatifs aux réparations de l'église de 1830 à nos jours.
2 - SOURCES MANUSCRITES.
Visites pastorales des évêques de Béziers, transcrites par le chanoine Jean Segondy sur les manuscrits 22-25 des Archives de la Ville de Béziers (ms 452, I, II, III).
3 - TRAVAUX HISTORIQUES.
BONNET (Emile).- Antiquités et Monuments du Département de l'Hérault, p. 511-512. Montpellier 1905. (B.S.A. A. 1096)
DAINVILLE (M.de).- Monuments Historiques de l'Hérault inscrits à la 1ère partie de l'Inventaire dressé par la direction des Beaux-Arts. Notices et dessins, p. 77-78. Montpellier 1933.
THOMAS (E.).- Dictionnaire topographique de l'Hérault. Paris 1865.
LALANNE (Jean). - Saint Pargoire. Impr. Charité. Montpellier 1944. in 12° - 21 pp.
IV - ANNEXE
Visites pastorales des évêques de Béziers :
17 Octobre 1635.
Le choeur de lad.église est pavé de pierre de tailhe mais la nef n'est poinct pavée. Le dessus de lad. église tant le choeur que la nef est voûtée de pierres mais mal couverte de thuilles qui est cause que les eaux pluviaux persent lad. voûte en plusieurs endroicts. Au costé de l'épitre vers le Grand autel il y a une petite sacristie. Et a esté trouvée fort humide parce que les eaux pluviaux qui pénétrent la voûte dicelle, elle se trouve enfoncée de deux degrés plus que le pavé dud. choeur et remplissant ce vuide de terre estant pavée se trouverai à l'esgal du choeur, ce qui la rendra plus comode. Les murailhes sont toutes noircies. Du costé de l'Evangille hors du choeur il y a une chapelle nommée de Sainte Marthe dépourvue de tout, sans autel,retable, cloison ny pavé ny ayant aucune fondation ny sépulture. A suite d'icelle il y a une autre chapelle dédiée à N.D. en laquelle est instituée la confrérie du Rosaire.
Poinct de pavé, poinct de cloison. De l'austre coté de l'EpÈtre, dans la nef joignant la balustre du choeur est une chapelle de St.Jean l'Evangéliste sans autel, sans balustre. Plus bas joignant icelle est la chapelle de St.Antoine. A la finestre d'icelle ny a poinct de vitres et les gradins sont de boys sans peineture ny a icelle ny a poinct de cloison. 6 Décembre 1690. (Pas de mention sur l'architecture)
22 Mai 1747. L'ancienne sacristie mise en état dont les deux fenêtres seront agrandies. On ouvrira les deux grands vitreaux qui sont dans le sanctuaire au costé de celui du milieu. Les deux lunes qui sont dans la nef avant la dernière du côté de l'Epître et la fenêtre qui est près la chapelle St Anthoine, que le choeur sera recrépi et blanchi. Les murs du cimetière seront réparés aussi bien que la lampe de réserve. Il sera fait une rampe à l'escalier de la chaire. Si dans six mois les réparations de cette chapelle ne sont point faites elle sera interdite.
Chargée d'Inventaire au CAUE du Tarn