Moulin donné en 1157 par l'évêque de Lodève aux hospitaliers de Saint-Jean. Reconstruction des parties hautes aux 17e siècle et 18e siècle.
Bien qu'il existe plusieurs moulins hydrauliques au long de la rivière Dourbie, il est probable que les mentions anciennes se réfèrent à celui qui est encore seul connu sous le nom de "moulin de la Dourbie". Ces mentions remontent très haut, et l'on trouve le "molinum de Dorb" cité en 1123 dans le cartulaire de Gellone ou de Saint-Guilhem-le-Désert.
En 1157, l'évêque de Lodève, Pierre de Posquières, fit don aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem de l'église Saint-Julien et Saint-Vincent de Nébian, avec ses dépendances. Parmi celles-ci, les titres de la Commanderie de Nebian énumèrent diverses terres et un moulin.
La documentation, très fragmentaire, qui a été recueillie, ne fournit plus aucun renseignement jusqu'au XVIIIe siècle. Un compoix de Nébian, de 1769 décrit ce bâtiment ainsi : "moulin à blé et à foulon avec bézal, paissière, maison et autres aisances pour le meunier, jardin ; confrontant de terral les hoirs de Pierre Bousquet, de Narbonnès (Sud) la rivière de Dourbie, de marin le chemin du Mas de Roujon au moulin du Sr Chinion, lesdits hoirs de Bousquet, et Anne Semade, de grec le chemin, hrs de Bousquet et lad. Semade ; contenant les bâtiments 77 cannes 1/2 (306 m.c.), le fumier 10 c., le Jardin 1 quarteron 1 dextre, le pré 2 séterées 2 quarterons 1/2, la vigne 6 serterees 1/2 ; le tout allivré à 10 livres 9 sols 5 deniers".
Il s'agissait donc d'un moulin mixte, à plusieurs meules, travaillant, d'une part le blé, d'autre part le foulon, sans que l'on puisse assurer que cette activité annexe de l'industrie textile remonte à l'origine de la construction. Comme le moulin appartenait, en 1769, au sieur Ronzier, seigneur de la manufacture de Villeneuvette, il paraît plus probable que l'introduction du broyage du foulon ne remonte qu'à la création de cette manufacture de Villeneuvette, c'est à dire à 1666.