Dossier d’œuvre architecture IA00028487 | Réalisé par
  • inventaire topographique
Moulin d'Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, Moulin de la Dourbie
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Clermont-l'Hérault
  • Commune Nébian
  • Lieu-dit Taillefer
  • Cadastre 1960 AK 30
  • Dénominations
    moulin, moulin à blé, moulin à foulon
  • Genre
    d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem

Moulin donné en 1157 par l'évêque de Lodève aux hospitaliers de Saint-Jean. Reconstruction des parties hautes aux 17e siècle et 18e siècle.

Bien qu'il existe plusieurs moulins hydrauliques au long de la rivière Dourbie, il est probable que les mentions anciennes se réfèrent à celui qui est encore seul connu sous le nom de "moulin de la Dourbie". Ces mentions remontent très haut, et l'on trouve le "molinum de Dorb" cité en 1123 dans le cartulaire de Gellone ou de Saint-Guilhem-le-Désert.

En 1157, l'évêque de Lodève, Pierre de Posquières, fit don aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem de l'église Saint-Julien et Saint-Vincent de Nébian, avec ses dépendances. Parmi celles-ci, les titres de la Commanderie de Nebian énumèrent diverses terres et un moulin.

La documentation, très fragmentaire, qui a été recueillie, ne fournit plus aucun renseignement jusqu'au XVIIIe siècle. Un compoix de Nébian, de 1769 décrit ce bâtiment ainsi : "moulin à blé et à foulon avec bézal, paissière, maison et autres aisances pour le meunier, jardin ; confrontant de terral les hoirs de Pierre Bousquet, de Narbonnès (Sud) la rivière de Dourbie, de marin le chemin du Mas de Roujon au moulin du Sr Chinion, lesdits hoirs de Bousquet, et Anne Semade, de grec le chemin, hrs de Bousquet et lad. Semade ; contenant les bâtiments 77 cannes 1/2 (306 m.c.), le fumier 10 c., le Jardin 1 quarteron 1 dextre, le pré 2 séterées 2 quarterons 1/2, la vigne 6 serterees 1/2 ; le tout allivré à 10 livres 9 sols 5 deniers".

Il s'agissait donc d'un moulin mixte, à plusieurs meules, travaillant, d'une part le blé, d'autre part le foulon, sans que l'on puisse assurer que cette activité annexe de l'industrie textile remonte à l'origine de la construction. Comme le moulin appartenait, en 1769, au sieur Ronzier, seigneur de la manufacture de Villeneuvette, il paraît plus probable que l'introduction du broyage du foulon ne remonte qu'à la création de cette manufacture de Villeneuvette, c'est à dire à 1666.

La Dourbie, petit affluent de l'Hérault, est une rivière de faible débit, qui ne présente pas des crues aussi violentes que certains autres ruisseaux de la région, ou que l'Hérault lui-même. C'est sans doute pour cela que le bâtiment du moulin a bien résisté, après huit siècles, sans que sa construction présente d'exceptionnelles garanties : ses murs ne dépassent pas 1,20 d'épaisseur à la base, et il n'existe pas d'éperons ni de pans coupés pour faciliter l'écoulement des eaux en temps de crue. C'est un simple bâtiment rectangulaire, de 1,30 m sur 7,20 m haut de trois étages; l'épaisseur moyenne des murs est de 1,18 m.

En faisant abstraction des ouvertures modernes, on distingue, à diverses hauteurs, quelques anciennes fenêtres rectangulaires, étroites. Leur encadrement est chanfreiné ; les plus hautes, au premier étage, ont un meneau horizontal; ces fenêtres datent probablement du XVIe siècle.

Plus anciennes, et remontant à l'origine du bâtiment, sont les étroites fentes, à allure d'archères, qui se voient, à mi-hauteur, une sur chaque face. Ces baies sont murées ; il en existe une semblable, encore dégagée, à l'étage supérieur ; elle s'ébrase intérieurement sous une voussure en plein cintre ; l'appareillage est assez caractéristique'pour permettre de dater cette baie du XIIe siècle.

Les deux-arcs de base, sous lesquels s'engouffre l'eau des turbines, sont en plein cintre, à grands claveaux. Mais les voûtes intérieures, aussi bien au-dessus des turbines que dans les diverses chambres voûtées, ont été visiblement refaites à une époque tardive.

La partie supérieure des murs porte des traces de crénelage. Dans l'angle Sud-Est, à l'étage supérieur, le mur renferme, dans son épaisseur, un escalier dont deux volées droites sont encore accessibles, quoiqu' encombrées de. déblais ; on ne peut se rendre compte jusqu'où descendait cet escalier. Actuellement, les étages ne sont plus desservis que par des escaliers en bois et des échelles. Le comble est assez intéressant par sa couverture dont la charpente repose sur les deux murs pignons et sur deux arcs diaphragmes intermédiaires, en pierre. L'un de ces arcs menace ruine.

  • Murs
    • calcaire
    • pierre de taille
  • Étages
    1 étage carré
  • Couvrements
    • voûte en berceau
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier droit
  • Énergies
    • énergie hydraulique
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

IMP: 20221109_POP_01 ;

Date(s) d'enquête : 1986; Date(s) de rédaction : 1987
(c) Inventaire général Région Occitanie