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  • liste immeubles protégés MH
Eglise paroissiale Saint-Martin
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Mauguio
  • Commune Lansargues
  • Cadastre 1937 A 209
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Saint-Martin

Abside de l'église du 12e siècle enclavée dans le presbytère ; reconstruction totale du reste de l'église entre 1729 et 1741 sur les plans de Rollin, architecte de Nîmes.

1) EDIFICE ANTERIEUR.

La première église St Martin de Lansargues aurait été édifiée au Xlle siècle ; on ne possède pas de renseignements précis sur cette construction avant qu'elle ne soit rattachée à la Mense de Saint-Sauveur par une Bulle du Pape Sixte IV (G. 3944 - G. 1118).

A la fin du XVIe siècle, l'église souffrit des guerres de religion, les "Religionnaires" l'avaient découverte et en partie ruinée, elle dut être réparée d'urgence ainsi que le mentionne une délibération du chapitre Saint Sauveur en 1594 (G. 3932). Les réparations furent effectuées entre 1594 et 1599» date à laquelle fut établie une "quittance générale du paiement de 1.147 livres fut établie en faveur de Pierre Laborieu maçon de Saint Bres" pour la réfection des murs et de la toiture (G. 3944 - G. 1118).

Dans les années 1620 - 1633 et 1635, il fallut réparer l'église à trois reprises, celle-ci étant en très mauvais état (G. 3944 - G. 1118). Dans la 2e moitié du XVIIe siècle, l'église a de nouveau besoin d'être réparée, et surtout agrandie. Sur la demande des habitants de Lansargues, les messieurs du chapitre de Saint Sauveur, prieur de Saint Martin de Lansargues délibérèrent le 9 Août 1666 (G. 3963) sur "les moyens qu'il fallait prendre pour la bastice de la chapelle qu'il convient faire pour l'agrandissement de l'église du dit Lansargues...".

Cependant de nombreuses difficultés surgissent lors de l'exécution de ces travaux ; à la fin du XVIe siècle: les églises de St André de Moulines et de St Denis de Ginestet avaient souffert des dégradations occasionnées par les guerres de religion (Grasset-Morel, page 132) et n'ayant pas été réparées immédiatement elles tombèrent rapidement en ruines et les habitants de ces deux anciennes paroisses se replièrent alors sur Saint Martin. Ces deux églises relevaient du chapitre Saint Pierre de Montpellier lequel fit de nombreuses difficultés pour participer financièrement à l'agrandissement de l'église de Saint Martin de Lansargues devenue trop petite après cet afflux de paroissiens ; cette situation fut l'occasion de nombreux procès entre le chapitre Saint Sauveur (prieur de Saint Martin) et le chapitre Saint Pierre.

Les premiers procès pour l'agrandissement de l'église par l'adjonction d'une chapelle du côté de l'épitre datent de la 2e moitié du XVIIe siècle. Cette chapelle, dédiée à Saint Joseph et édifiée en 1666 (G. 1118 (p. 229)) fut prévue de la même "grandeur" que celle de Notre Dame (Voir G. 2152 et G. 3963), édifiée au XVe siècle (selon Grasset-Morel) pour agrandir une première fois le sanctuaire. Une fois la dite chapelle construite, l'église s'avéra vite trop petite et il devint urgent de l'agrandir de nouveau ou de la reconstruire entièrement. Cette décision devait ouvrir une nouvelle période de procès entre le chapitre Saint Pierre, le chapitre Saint Sauveur et la communauté de Lansargues, à propos du financement des travaux.

2) CONTEXTE HISTORIQUE.

La décision de faire reconstruire l'Eglise Saint Martin exigile (Plan de la liasse G. 3 966) pour le nombre des fidèles (de 600 à 700 communiants à la fin du XVIIe siècle) (G. 1174), fut prise par l'évêque de Montpellier le 22 Juin 1701 sur la demande des habitants de Lansargues (G. 3963). Une première fois des plans furent tirés par l'architecte Giral en 1701 (G. 3934)» il s'agissait vraisemblablement d'Etienne Giral architecte de Montpellier dont le nom est resté attaché à la promenade du Peyrou et qui naquit le 12 Novembre 1665 (De la Rocque : p. 119) ; mais ces plans ne furent pas exécutés » et l'on se contenta de réparer le plus urgent : la toiture s'étant effondrée on la releva en 1710 (Grasset-Morel, p. 139).

En 1727 les travaux d'agrandissement n'étaient pas encore commencés. Ils devaient être exécutés par Sellier maître-maçon du Crès (Grasset-Morel, p. 141 et G. 3934) et c'est le 21 Mars 1729 que fut enfin placée la première pierre de la nouvelle église. Cependant on ne tarda pas à s'apercevoir des difficultés insolubles si l'on appliquait le plan de Giral ; après consultation de l'architecte Rollin, pris comme expert, il fut décidé de laisser en place la chapelle Notre Dame transformée en sacristie et d'augmenter l'église vers le Sud (G. 3967) après le "changement de plan et devis (dressé ) par Rollin en 1729" (G. 3934).

La construction de l'église suivant le nouveau schéma s'étala sur plus de 10 ans et c'est seulement le 18 Mars 1741 que la nouvelle église fut bénite par Monseigneur de Charence (G. 1525).

La nouvelle église est "composée d'une grande voûte", de plan rectangulaire avec huit chapelles latérales, de direction Nord-Sud, alors que l'église précédente telle qu'elle nous est présentée par le plan de Desfours (Plan de la liasse G. 3966.) était recouverte d'une charpente (G. 3966) avec une nef orientée et deux chapelles latérales.

L'église actuelle est flanquée d'un clocher adossé à la nef et à la sacristie. La partie basse du clocher est antérieure à sa partie haute qui fut édifiée après la bénédiction de la nouvelle église, en 1745 ainsi qu'en témoigne la pierre commémorative insérée dans la construction.

LA SACRISTIE

La sacristie actuelle utilise l'ancienne chapelle Notre Dame qui fut autrefois un premier agrandissement de l'église romane de Lansargues ; elle devait être doublée plus tard en 1666 par une autre chapelle, du côté de l'épitre et de même grandeur. La chapelle Notre Dame formait avec l'ancienne église un angle droit dans lequel venait s'insérer le clocher.

Lors de la réédification de l'église les murs de la chapelle Notre Dame devaient servir au nouveau sanctuaire selon le plan de Giral (G. 3934 et G. 3967). Toutefois lorsque commencèrent les travaux on s'aperçut des dangers courus pour la résistance du clocher et du presbytère si l'on ne gardait pas la dite chapelle dans sa forme première et, il fut donc décidé de construire le nouveau sanctuaire en avant de l'ancienne chapelle Notre Dame (G. 3934).

Le 18 Mars 1741 lors de sa visite pour la bénédiction de Saint-Martin l'évêque de Montpellier signale "qu'il y a derrière le choeur, une grande pièce voûtée propre à servir de sacristie à cotté de laquelle est le clocher..." (G. 15258). Mais ce ne sera que le 7 Novembre 1746 par un acte capitulaire du chapitre de Saint Sauveur que la chapelle Notre Dame deviendra officiellement sacristie de l'église Saint Martin (G. 3929).

LE PRESBYTERE

A la fin du XVIIe siècle, la maison presbytérale de Lansargues était en très mauvais état, un "arrêt du parlement de Tolose du 2 Août 1664" condamna les habitants de Lansargues à réparer la bâtisse (G. 1118). Cependant ceux-ci ne se pressèrent pas d'exécuter les travaux car ils se firent rappeler à l'ordre par le Syndic du chapitre Saint Sauveur de Montpellier en Février 1667 (G. 3963).

CONCLUSIONS

L'ensemble de Lansargues (église, sacristie, clocher, presbytère) est le résultat de quatre campagnes de construction ; soit, dans l'ordre chronologique :

- Une première église régulièrement orientée, à nef unique, abside semi-circulaire voûtée en cul de four. Son plan nous est connu grâce à un relevé de 1733 dont on peut vérifier l'exactitude en plusieurs points subsistants de ce premier édifice soit : la façade occidentale, l'extrémité occidentale du mur goutterot Nord, l'extrémité orientale de ce même mur, et la naissance de l'abside attenante.

De l'ordonnance intérieure de cette première église ne subsiste, à l'angle Nord-Ouest de sa nef, qu'un élément vertical (marqué C sur le plan) dans lequel on semble pouvoir reconnaître, adapté à l'encoignure qu'il occupe, le couple d'un dosseret et d'un pilastre. Un bandeau décoré, conservé sur le mur goutterot septentrional de la première nef, courait à mi-hauteur de son élévation intérieure. On sait par un état des lieux de 1733 qu'une tribune en bois s'est élevée dans la partie occidentale de la nef : on ignore si ce bandeau a supporté les poutres de la tribune ou s'il a délimité un étage de fenêtres sur les murs goutterots de la nef. On ignore également de quelle façon cette dernière était voûtée.

- La sacristie et le massif de base du clocher, sont le résultat d'une deuxième campagne, homogène à en juger par la continuité des assises du parement. La sacristie figure dans le plan de 1733 sous la forme d'une chapelle ouverte sur le flanc septentrional de la première église par un arc brisé dont les retombées apparaissent sous les crépis du mur de chevet actuel. Le percement de cet arc ne fut obtenu qu'au prix de la démolition partielle du mur goutterot septentrional de la première église sur la largeur, vraisemblablement, de deux travées. L'information historique donne le signalement de cette chapelle bâtie pour contenir la population accrue du bourg, l'ancienne église étant devenue trop petite. Il semble à en juger par l'agencement des parties hautes de l'angle Nord-Est de la sacristie, et par la présence d'un cul-de-lampe de tourelle à l'angle Nord-Est du clocher, qu'on ait adopté au cours de cette campagne un parti défensif.

Les parties hautes du clocher qui fut édifié au cours de cette campagne ont disparu. On suit la nef de l'église en communication avec l'escalier du clocher (par une porte pratiquée à travers le mur goutterot septentrional) et il n'est pas impossible que la porte (marquée a sur la coupe) ait été destinée à assurer l'accès à la tribune de la nef. Cette tranche des travaux n'est pas documentée. Elle semble appartenir au courant du XlVe siècle.

- Le presbytère, bâti au XVTe siècle est représenté sur le plan de 1733. Il est venu s'appuyer sur une partie de l'abside et sur le mur Est de la sacristie dont furent alors arasées les consoles.

- L'église nouvelle et les parties hautes du clocher. Cette dernière campagne fut menée en deux temps : 1729 à 1740 pour l'église ; 1945 pour le clocher. On détruisit alors toutes les parties subsistantes de la première église au Sud et à l'Est ; d'une chapelle qu'on avait ouverte dans la deuxième moitié du XVIIe siècle sur le flanc méridional de la première église ; des parties hautes de l'ancien clocher ; on ferma la chapelle latérale Nord qui fut affectée à l'usage de sacristie ; et il fallut abattre une partie de la façade occidentale qui vint servir de mur de tête à la dernière chapelle latérale occidentale.

NOTE DE SYNTHESE. Dans l'élément C du plan, on semble pouvoir identifier un pilastre et un dosseret ; de semblables éléments ont pu se répéter dans la nef pour la diviser en travées ; la fonction du pilastre paraît avoir été de recevoir, la retombée d'un arc transversal (doubleau portant voûte ou diaphragme portant charpente) tandis que le dosseret a pu avoir pour mission de recevoir les retombées d'arcs longitudinaux couvrant des renfoncements latéraux. En reportant la dimension comprise entre l'élément C et le piédroit occidental de l'arc par lequel l'actuelle sacristie alors chapelle du Rosaire s'ouvrait primitivement sur la nef, on s'aperçoit que l'ouverture de ce dernier correspond au double de cette dimension : lorsque fut construite la sacristie, il est vraisemblable qu'on fit correspondre le piédroit occidental de son arc de tête avec un couple pilastre-dosseret de la bâtisse romane laquelle, de la sorte, aurait comporté trois travées.

Le tympan de la façade occidentale paraît avoir comporté un décor figuré : on reconnaît les grandes masses de deux figures dont la disposition peut-être rapprochée de celle d'un bas-relief du Xlle siècle conservé à l'église de Saint-Martin de Campagne, dans l'Hérault et représentant Saint-Martin sur sa monture, à gauche, partageant son manteau avec le pauvre (à droite). L'église paroissiale de Lansargues étant placée depuis ses origines sous le vocable de Saint-Martin, il n'est pas impossible que son tympan ait comporté une représentation de cette scène majeure de l'iconographie du Saint.

La première église de Lansargue présente de remarquables affinités avec l'ancienne église paroissiale Saint Pierre et Saint Paul de Montaubérou, dans le canton de Montpellier (IA34000317). Les divers modes de mise en oeuvre des arcatures lombardes observables à Lansargues se retrouvent à Montauberou. Le décor de l'abside de Lansargue et celui de la façade occidentale de Montaubérou présentent d'identiques caractères et une égale prédilection pour la multiplication des registres décoratifs. Les mêmes motifs se retrouvent dans les deux monuments, en particulier les rangs de spirales ligaturées entr'elles par des anneaux ; les rouelles ; les demi-cylindres ; les chevrons imbriqués.

Les deux édifices, construits à des dates certainement très rapprochées, sont évidemment l'oeuvre d'une même entreprise et leur décor provient indéniablement d'un unique atelier. De ce dernier provient également un fragment conservé au Musée de la Société Archéologique de Montpellier consistant en un bandeau décoré de spirales accolées, ligaturées entr'elles par de petits anneaux et souligné d'un bandeau décoré de billettes. Ce fragment proviendrait des démolitions de la première église Notre-Dame des Tables, à Montpellier, où des travaux d'embellissement sont attestés au milieu du Xlle siècle. (Notre-Dame des Tables J.-P. Vinas - 1859).

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1) SITUATION.

Edifice orienté Sud-Nord (Chevet au Nord). Bordé par la rue de l'Hôtel de Ville à l'Est et au Sud et par la rue de l'Eglise au Nord et à l'Ouest.

2) MATERIAUX.

Calcaire. Moyen appareil régulier (nef, chapelles latérales, façade septentrionale) ; appareil mixte, petit et moyen, fourré (mur de tête de la 4e chapelle occidentale) ; moyen appareil (clocher, sacristie) ; appareil alterné, petit et moyen, fourré {extrémité occidentale du mur goutterot et abside de la 1 ère église).

3) PARTI GENERAL. PLANS. COUPES. ELEVATIONS INTERIEURES.

A) Plan : Nef unique à quatre travées égales, chevet plat et huit chapelles latérales, quatre par côté. La 1ère chapelle orientale contient la cage d'escalier de la tribune, laquelle couvre la 1ère travée. Les fonts baptismaux occupent la 1ère chapelle occidentale.

Dans le prolongement de la nef, une sacristie de plan rectangulaire est accolée au revers du chevet, elle communique avec la nef par deux petites portes disposées de part et d'autre du retable du maître-autel. Une autre porte met la sacristie en communication avec l'escalier du clocher : ce dernier ferme la sacristie à l'Ouest; il forme un massif de plan rectangulaire et occupe l'angle rentrant compris entre la dernière chapelle occidentale et la face Ouest de la sacristie.

Le presbytère de plan rectangulaire allongé s'agence en équerre avec la façade orientale de l'église ; sa façade Nord prolonge la façade Nord de la sacristie et son petit côté occidental est accolé à la face Est de la sacristie avec laquelle il communique par une porte au rez-de-chaussée.

B) Elévations intérieures et couverture : Eglise : Les quatre travées de la nef sont couvertes de voûtes d'arêtes séparées par des arcs doubleaux en plein-cintre reposant sur des pilastres plats à chapiteaux corinthiens.

Les chapelles latérales, couvertes en berceau plein-cintre s'ouvrent sur la nef par de grands arcs en plein-cintre, chargés chacun à la clef d'un mascaron d'angelot en haut-relief (stuc). Ces arcs reposent sur des piliers rectangulaires dont les chapiteaux sont ornés d'un rang de feuilles d'acanthe. Les chapelles n'ont aucune communication entr'elles. La nef est couverte d'un toit en bâtière de tuiles-canal sur comble ; les chapelles latérales sont couvertes chacune d'un toit de tuiles-canal à un versant.

Sacristie : La sacristie est couverte d'une voûte d'ogives à quatre quartiers à la ligne de faîte légèrement inclinée ; les formerets et les nervures (bandeau chanfreiné dégagé entre deux gorges) retombent sur quatre culots. Sa face occidentale est occupée par un renfoncement en arc brisé. La voûte est couverte d'un toit de tuiles-canal à un versant incliné vers le Nord.

Le clocher : Massif de base parallélépipédique supportant une chambre des cloches de plan rectangulaire, voûtée en arc de cloître et ajourée d'une baie en plein-cintre sur chacune de ses faces ; la chambre des cloches est couverte d'une terrasse munie d'un garde-fou à balustres. Un escalier en vis, traverse le massif de base jusqu'à la chambre des cloches au delà de laquelle sa cage forme jusqu'à la terrasse une tourelle cylindrique accolée à la face méridionale de la chambre des cloches (sa lanterne, remaniée, est couverte d'une dalle de béton).

L'escalier tourne à gauche ; le plafond de ses marches (qui portent noyau) est abattu en quart-de-rond. Sa cage est accessible depuis la sacristie par une petite porte rectangulaire. Elle était primitivement accessible depuis l'intérieur de l'église par un couloir (marqué A sur le plan). Aux étages, l'escalier ouvre successivement :

- Dans un réduit établi sur l'extrados de la dernière chapelle occidentale de la nef (passage marqué A sur la coupe).

- Sur le toit de la sacristie par une petite porte rectangulaire ouverte sous un renfoncement en arc brisé.

- Dans la chambre des cloches (par l'une des baies de laquelle on peut accéder aux combles de l'église).

- Par la terrasse du clocher.

La cage est éclairée de loin en loin par de petites ouvertures à ébrasement intérieur. A sa base, le clocher n'est dégagé que sur sa face septentrionale (sur la rue de l'église). A l'Est, son massif ferme la sacristie. A l'Ouest, une maison d'habitation s'adosse contre lui. Il s'accole au Sud aux structures de l'église. Sur sa face orientale son massif est accosté de deux contreforts carrés (l'un d'eux, partiellement arraché au Sud). Le cul-de-lampe (d'une tourelle ?) occupe l'angle Nord-Ouest du clocher ; il est formé de cinq assises chanfreinées en surplomb les unes sur les autres.

C) Les ouvertures : Eglise : La nef reçoit un éclairage direct par huit fenêtres à cintre surbaissé percées au dessus des chapelles dans le même goutterot. Il existe également une ouverture identique au dessus de la tribune dans l'axe de la nef. Les chapelles sont aveugles, exception faite pour la dernière chapelle orientale (porte donnant dans le jardin du presbytère) et de la première chapelle occidentale (petite fenêtre en arc plein-cintre).

Sacristie : Eclairée sur sa face Nord par une fenêtre en arc brisé à larmier et ébrasement extérieur, partiellement murée ; une deuxième fenêtre à cintre surbaissé, a été ouverte en sous oeuvre, sous la précédente, à une époque plus récente.

4) ELEVATIONS EXTERIEURES.

Eglise :

Façade Sud : Composée d'un corps central correspondant à la largeur de la nef, accosté de deux corps latéraux dont la largeur correspond à la profondeur des chapelles latérales. La différence de niveau entre le corps central et les bas-côtés est rachetée par deux ailerons en doucine. Le corps central est limité par deux pilastres faisant saillie sur la façade, celle-ci est divisée en deux niveaux par un bandeau continu souligné d'un filet. Au rez-de-chaussée les pilastres sont nus, au 1er niveaux ils sont animés de refends. Le rez-de-chaussée est percé d'une porte en arc en plein-cintre encadrée de deux pilastres plats à chapiteaux ioniques qui supportent l'entablement. Celui-ci est composé d'une frise à trois fasces, d'un bandeau et d'un fronton arrondi sur rang de mutules. A l'intérieur du tympan, ou lit : "D.O.M. SVB INVOCATIONE SANCTI MARTINI" ; sur le bandeau : "DOMUS DEI ET PORTA COELI". La clef porte la date 1740. Ces inscriptions sont peintes en ocre rouge.

La façade est animée de part et d'autre de la porte par deux tables rectangulaires en légère saillie que l'on retrouve au 1er niveau.

Le corps central est couronné par un fronton triangulaire percé en son centre d'un oculus. Le pignon est chargé d'une croix en fer.

Sur l'aile gauche est dessiné un cadran solaire sur lequel on lit en occitan : "ES OURA DE PREGA".

Façades latérales Est et Ouest : Divisées en quatre travées par cinq contreforts, chargés d'ailerons en doucine entre lesquels sont établies les chapelles latérales. Le mur de tête de la dernière chapelle occidentale est percé d'une porte rectangulaire aujourd'hui murée. Son linteau monolithe surmonté d'un arc plein cintre à intrados chanfreiné. Des traces de sculptures sont visibles à l'intérieur du tympan ainsi qu'un décor de billettes dans la poutre supérieure de la façade. Les encadrements d'ouvertures plus récentes sont visibles sur cette façade.

Façade Nord : Le pignon Nord de l'église est établi sur le mur goutterot septentrional d'une église plus ancienne, régulièrement orientée dont on peut identifier les éléments suivants :

- La façade occidentale (cf. supra) qui forme le mur de tête de la dernière chapelle latérale Ouest de la nef moderne : elle ne semble pas avoir gardé sa hauteur originale.

- L'extrémité occidentale du mur goutterot Nord : un léger ressaut par rapport à la façade occidentale. Un aileron en doucine semblable à ceux qui chargent les contreforts intérieurs des chapelles latérales lui a été accolé sur sa face Sud. A sa partie supérieure et sur sa seule face Nord, il porte un décor d'arcatures lombardes. Le clocher lui est accolé, mais la face interne de ce mur demeure visible en deux points des constructions.

a) au rez-de-chaussée, à l'intérieur d'un réduit cloisonné (marqué B sur le plan). Ce réduit est logé dans l'angle intérieur Nord- Ouest de la première église. Un pilastre représenté en projection et marqué C sur le plan ainsi qu'un bandeau décoré situé à environ 6 m du sol sont les seuls vestiges subsistants de l'ordonnance intérieure de la première église.

b) à l'intérieur d'un second réduit établi sur l'extrados de la dernière chapelle occidentale de la nef moderne et accessible depuis l'escalier du clocher par une baie, marqué a sur la coupe, pratiquée dans l'épaisseur du mur goutterot primitif.

- L'extrémité orientale du mur goutterot Nord et la naissance de l'abside alternante : visibles sur toute leur hauteur (b sur la coupe) ; elles sont actuellement incluses à l'intérieur du presbytère. Ce fragment de l'abside n'a été maintenu que pour tenir lieu de contrefort à la voûte de la nef moderne et limiter, au Nord, la dernière chapelle orientale. Elle a été chargée d'un aileron en doucine semblable à ceux qui chargent les autres contreforts intérieurs de l'église.

Sacristie :

Extérieur : L'angle Nord-Ouest de la sacristie est muni d'un contrefort carré en ressaut sur la façade septentrionale de cette dernière, garni à sa partie supérieure de deux consoles composées chacune de trois éléments profilés en quart de rond et portés en encorbellements successifs. Les vestiges de trois autres consoles apparaissent sur la façade orientale de la sacristie (emplacements marqués par les numéros 1, 2, 3» sur le plan). Cette façade est actuellement englobée dans les constructions du presbytère (combles).

Décor. On identifie un certain nombre des éléments décoratifs de la première église.

- Façade occidentale : I. tympan. Il comportait un décor figuré en bas relief buch".

II. Un élément à trois rangs de billettes souligné d'un cordon torsadé placé en remploi sous la génoise.

- Mur goutterot septentrional : Extérieur. Frise lombarde composée de trois arcatures sur modillons, dents d'engrenage et corniche profilée en boudin.

Intérieur. A mi-hauteur de l'élévation, bandeau en saillie composé de trois rangs de billettes soulignés d'un cordon torsadé.

Abside : L'abside possède un décor d'arcatures et de bandes lombardes. On identifie deux lézènes sur cinq que devait comporter le décor.

De bas en haut ce dernier se compose :

D'un rang de modillons (supportant les arcatures). Chacun d'eux est décoré d'un motif en forme d'arête de poisson terminé à sa partie supérieure par une double bouche.

D'un rang d'arcatures adoptant chacune la forme d'un croissant garni de chevrons imbriqués, orientés de droite à gauche ; l'intrados est formé d'un boudin lisse.

D'un rang de dents d'engrenage.

D'un boudin torsadé.

D'un rang de demi-cylindres.

D'un large bandeau souligné d'un cordon torsadé comportant cinq motifs différents :

- Chevrons imbriqués trois à trois et affrontés.

- Croissants garnis de stries concentriques et alignés en forme de festons, pointes en bas.

- Croissants garnis de stries concentriques alignés en forme de feston et placés alternativement pointes en bas ou en haut, ligaturés entr'eux par de petits tenons.

- Spirales juxtaposées, ligaturées entr'elles par de petits tenons.

- Motif en forme d'arête de poisson aux extrémités garnies de doubles boucles.

Un croquis illustre la technique d'assemblage.

On identifie en outre deux éléments de décor remployés dans les combles de la nouvelle église.

- Mur goutterot Ouest. Claveau d'une baie (épaisseur 015 x largeur 040) en forme de boudin torsadé.

- Pignon Nord. Claveau d'une baie (épaisseur 014 x largeur 032). Décor de chevrons imbriqués orientés de gauche à droite.

  • Murs
    • calcaire
    • pierre de taille
  • Toits
    tuile creuse
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
    • voûte en arc-de-cloître
  • Couvertures
    • terrasse
    • toit à longs pans
    • appentis
    • pignon découvert
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    classé MH, 1979/07/11
  • Référence MH

IMP: 20221109_POP_01 ;

Annexes

  • DOCUMENTATION
  • ANNEXES
Date(s) d'enquête : 1972; Date(s) de rédaction : 1978