DEMEURES
SITUATIONS. Les maisons qui ont fait l'objet du dossier collectif sont toutes situées dans l'agglomération communale. Sur la dizaine de fermes, isolées ou "mas" repérés, un seul a fait l'objet d'un dossier ; les autres, de construction trop récente (après 1871) ou trop remaniés (Tartuguières) n'ont pas été étudiés.
Les maisons en agglomération sont groupées en îlots irréguliers de grandes dimensions. Les parcelles sont très irrégulières par leur taille et par leur forme. Elles semblent en moyenne plus grandes et plus régulières à l'extérieur du village qu'à l'intérieur ; on trouve cependant quelques grandes parcelles rue de l'Argenterie (n° 5, n° 26) et Grand'rue. Toutes les maisons étudiées sont ou ont été des fermes (sauf le n° 2, rue de l'Argenterie et le n° 15, Grand'rue) : elles sont composées d'un logis qui présente une façade dans l'alignement de la rue, d'une ou plusieurs cours (14, rue de l'Argenterie) et de bâtiments d'exploitation. L'imbrication des constructions est extrême. La mitoyenneté est la règle générale, les cours sont souvent communes à deux ou trois maisons.
LES MATERIAUX. Usage généralisé du calcaire. Les maisons étant généralement crépies, il est difficile de voir qu'elle était la mise en oeuvre; Il semble qu'on ait utilisé simultanément un blocage de moellons, aux rez-de-chaussée, et que l'on ait réservé aux étages l'appareil moyen régulier. Le matériau de couverture est la tuile creuse.
LES LOGIS. Les observations SOT les plans, les escaliers et les dispositions intérieures ont été faites à partir des 15 maisons dans lesquelles nous avons pu entrer. Les plans : ils sont simples en profondeur ; les maisons sont parfois traversées par un couloir transversal menant de la rue à la cour (4 maisons) ou par un passage couvert (rue du Faubourg Bonaparte et 15 Grand' rue). Deux maisons présentent un plan plus complexe dû probablement à des remaniements, au siècle dernier, de maisons plus anciennes (10, rue Jacques Crouzet, 5, rue de l'Argenterie). Les coupes : Les maisons visitées n'ont pas de sous-sol ; elles ont un rez-de-chaussée, de plain-pied avec le sol, un étage et un comble à surcroît ; une seule maison (rue Dumas) présente des voûtes d'arêtes au rez-de-chaussée. Il semble qu'il n'y ait pas d'exception à ce schéma (sauf peut-être dans les grandes maisons construites à la fin du XVIIIIe siècle et qui comprennent un rez-de-chaussée, parfois surélevé, un étage et un comble perdu).
LES ELEVATIONS EXTERIEURES. Les rues principales du village (Grand'rue, rue de l'Argenterie, rue Dumas) sont bordées par des alignements presque ininterrompus d'élévations à une ou deux travées,rarement plus. Il y a une grande continuité entre les corniches, les génoises et les avant-toits. Sur les trente-cinq maisons étudiées, on compte 14 maisons à 2 ou plus de deux travées régulières ; l'ordonnance symétrique des façades ne se trouve que dans cinq maisons dont 4 sont des constructions de la fin du XVIIIIe siècle ; cet usage de la symétrie est toujours accompagné, de l'utilisation de cordons moulurés, de corniches, de chaînes d'angles à refends et d'un décor relativement chargé même dans des maisons modestes (n° 4, rue de l'église). Les élévations les plus anciennes sont très simples ; les ouvertures sont espacées (proportions des trumeaux 1,5 fois à 2 fois la largeur des fenêtres), simplement encadrées de bandeaux plats ; les niveaux sont parfois marqués par un ou deux bandeaux très plats au niveau des planchers d'étage ou des appuis des fenêtres des combles à surcroît. Dans deux maisons datables du XVTIIe siècle, on trouve des corniches formées d'un simple cavet ou d'une doucine (2, rue Montels, 7, rue Jacques Crouzet) ; trois maisons, peut-être antérieures à ces dernières présentent des corniches complexes avec gargouilles décorées de têtes (cf; Hôtels de Montpellier au XVIIe et XVIIIe siècles). Les autres corniches de type complexe apparaissent au XIXe siècle (au début du siècle : nos 3, 5 et 26, rue de l'Argenterie). La forme des baies : elles sont rectangulaires ; deux maisons possèdent des vestiges de fenêtres à croisées : (maison ; chemin de Mudaison, et la maison de la rue Dumas, qui furent des maisons de notables) ; sur les 35 maisons ayant servi à faire ces observations, neuf seulement ont un couvrement en arc segmentaire.
Quelque soit l'époque, on trouve à peu près dans toutes les maisons, la superposition, sur le même axe, d'une grande fenêtre rectangulaire en arc segmentaire, et d'une petite fenêtre rectangulaire sans chambranle, éclairant le comble ; au XIXe siècle, dans les maisons les plus riches, cette fenêtre est intégrée dans l'ordonnance de l'élévation ; on lui donne la même largeur que les fenêtres de l'étage, elle est encadrée d'un bandeau plat (5, rue de l'Argenterie). Dans deux maisons (26, rue de l'Argenterie et rue Montels), ces petites fenêtres de comble sont remplacées par des oculus;
LES DISPOSITIONS INTERIEURES. Les dispositions intérieures des maisons visitées datent du XIXe siècle ; elles ont parfois été complètement refaites au cours du XXe siècle. La plupart sont entièrement consacrées à l'habitat : au rez-de-chaussée se trouvent la salle-à-manger, la cuisine, le salon - (apport du XIXe siècle); à l'étage sont les chambres; Une très grande maison, comme le 26, rue de l'Argenterie possédait sans doute des dépendances sous le même toit que le logis,
Escaliers : Ce sont, le plus souvent des escaliers droits entre-murs, situés au revers d'un mur gouttereau ou d'un mur pignon ; ils donnent directement sur une des pièces du rez-de-chaussée (rue du Faubourg Bonaparte rue Saint-Jean, par exemple). La disposition la plus courante (parmi les maisons étudiées) est constituée par un couloir transversal et une cage d'escalier rectangulaire qui lui est perpendiculaire, soit au centre de la maison (14, rue de l'Argenterie), soit au revers d'un des murs gouttereaux. On a repéré un seul escalier en vis portant noyau ; deux escaliers rampe-sur-rampe, à mur-noyau percé d'arcs rampants, avec balustres (2, rue de l'Argenterie, rue Dumas) et un escalier rampe-sur-rampe à mur noyau plein. Les autres escaliers étudiés sont des escaliers tournants à retour et à jour dont un seul possède une rampe de ferronnerie présentant une certaine recherche (10, rue Jacques Crouzet).
LES COMBLES ET COUVERTURES. Les combles sont des combles à surcroît. Les toits sont tous à longs pans, parallèles aux rues. Les croupes sont rares ; on les trouve parfois sur des maisons d'angle. Les charpentes n'ont pas été vues. Ce sont comme a Aigues-Mortes des charpentes à chevrons - portant - ferme. Les avant-toits : ils sont peu saillants, souvent constitués par l'extrémité des chevrons, appuyés sur le mur gouttereau, qui soutiennent les planches servant de support aux tuiles. Le cas le plus fréqtient est celui de la génoise à un ou deux rangs. Dans le cas de façade à corniche, il arrive assez souvent que cette dernière soit recouverte si bien que l'on superpose une génoise à une corniche (rue Montels).
LES BATIMENTS D'EXPLOITATIONS. Les bâtiments d'exploitations sont situés à l'arrière du logis (celui-ci donnant sur la rue), en plein coeur des îlots; Ils entourent une ou deux cours de formes plus ou moins irrégulières, et sont souvent imbriqués de façon complexe avec les bâtiments d'exploitations des maisons voisines, surtout au centre du village, La maison n° 14, rue de l'Argenterie représente le mieux ce type d'exploitation situé au milieu de l'agglomération; elle est composée, à l'arrière du logis, d'un jardin, avec une petite buanderie, d'un hangar pour les charrettes et les machines, d'une deuxième cour, bordée par des écuries et une remise où se trouvaient autrefois les cuves. Dans ce cas, l'accès aux bâtiments d'exploitations se fait à l'arrière par un passage situé sous la remise (cf; également rue St-Jean) ; cet accès se fait ailleurs par un passage couvert situé sous le logis. Les bâtiments d'exploitations sont tous construits en pierre, comme les logis et couverts de toits à un ou deux versants couverts de tuiles canal.