Le cycle débute, au registre supérieur du mur sud, par une présentation solennelle des parents de la Vierge. Ils sont assis sur un trône dans une position frontale très hiératique, évoquant peut-être le mariage d'Anne et de Joachim. La scène disparue qui vient ensuite devait figurer l’annonce faite à Anne. Elle faisait ainsi pendant à l’annonce à Joachim représentée sur le même mur. Joachim, figuré en berger, s’est isolé sur une montagne depuis plusieurs mois lorsqu’un ange vient lui annoncer la prochaine naissance. Il est représenté debout, surpris, un doigt interrogatif levé en direction de l'archange Gabriel qui descend du ciel lui apporter la bonne nouvelle. Les vieux époux, avertis chacun séparément, se rencontrent à la Porte dorée de Jérusalem et s'embrassent tendrement : la Vierge aurait été conçue par ce baiser. C'est la scène la plus populaire du cycle d'Anne et Joachim.
Au registre inférieur, il est possible que le cycle se poursuive par la naissance de Marie. Anne présente à Joachim le bébé emmailloté dans des bandelettes croisées, selon une technique typique du 14e siècle. Puis, à l'âge de trois ans, Marie est conduite par ses parents au Temple pour être consacrée à Dieu. Ici, l'enfant est déjà installée sur l'autel et regarde le groupe de fillettes qui ont les yeux levés vers elle. Ses cheveux sont portés dénoués sur les épaules, seulement retenus par une cordelette. L’ange de la scène suivante, seul vestige conservé après le percement d'une niche, devait converser avec Marie ou la nourrir lors de son séjour au Temple. Le mariage de la Vierge est évoqué ensuite. Le grand prêtre, portant une mitre, est au centre de la composition avec à sa droite Marie et à sa gauche Joseph. Derrière chaque futur marié se tient un groupe de participants : les compagnes de Marie et les prétendants évincés. Nous retrouvons bien ici le caractère commun à toutes les représentations de ce mariage, c'est-à-dire une composition axée sur le groupe ternaire des trois acteurs principaux, étagé en pyramide. Le cycle se termine par l’Annonciation, scène de transition entre la vie de la Vierge et l'enfance de Jésus, dont l'ordonnance est scrupuleusement établie. La Vierge, à droite de la scène, tient un livre, surprise par l'apparition de l'archange vêtu d'une robe blanche, avec ses grandes ailes blanches déployées. Il tend vers la Vierge sa main droite en levant l'index pour souligner ses paroles inscrites sur le phylactère à sa main gauche. Au centre de la composition, un vase, que l'on devine à peine, contient un lys, symbole de la pureté de Marie.