Dossier d’œuvre objet IM09000042 | Réalisé par
  • recensement des peintures murales
peinture monumentale de la chapelle Sainte-Anne : scènes de l'enfance de la Vierge, église paroissiale de Saint-Ybars
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie
  • (c) Monuments historiques

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Ariège
  • Commune Saint-Ybars
  • Emplacement dans l'édifice chapelle ouest Sainte-Anne
  • Dénominations
    peinture monumentale
  • Titres
    • Scènes de l'enfance de la Vierge
  • Dossier dont ce dossier est partie constituante

Cette chapelle devenue un débarras était murée jusqu'en 1961, date à laquelle on découvre les peintures (voir J. Boulhaut p. 17). Elle portait à l'intérieur la date de 1367, date qui était signalée en 1816 dans une note du maire de Saint-Ybars au sous-préfet, mais qui n'a jamais pu être vérifiée.

La petite chapelle dédiée à Sainte-Anne de l'église de Saint-Ybars conserve donc des peintures du 3e quart du 14e siècle. Cet ensemble, organisé en deux registres, relate plusieurs épisodes de la vie de la Vierge tirés des Evangiles apocryphes.

Les vêtements sont à la mode de la deuxième moitié du 14e siècle, avec de longues et souples tuniques aux manches très ajustées, les jeunes filles portent une petite cordelette pour retenir leur chevelure et les hommes une sorte de bonnet. Quelques archaïsmes sont à noter comme les proportions qui ne sont pas respectées, mais le peintre est tout de même un artiste qui connaît les peintures italiennes et, plus proches de lui, les peintures du dernier quart du 13e siècle de l'abbaye de Lagrasse ou celles de la chapelle Saint-Antonin du couvent des Jacobins de Toulouse.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 14e siècle
  • Dates
    • 1367, date portée

Ces peintures sont à la détrempe. Les auréoles des saints sont incisées à la truelle dans le mortier frais et ornées de rayons également incisés. En lumière rasante, on peut voir dans l'enduit le centre des cercles et les courbes marquées à la pointe sèche. Certaines lignes axiales horizontales et verticales sont visibles. Elles sont tracées à l'ocre rouge. La gamme des couleurs est assez étendue. Le dessin est d'une grande finesse.

Toutes les scènes, organisées en deux registres, sont isolées sous des architectures polylobées complexes. Le traitement de l'espace est simple, réduit à l'essentiel, les scènes ne sont pas véritablement mises en perspective : les personnages sont plus importants que leur cadre.

  • Catégories
    peinture murale
  • Matériaux
    • enduit, peinture à la chaux
  • Précision dimensions

    Dimensions de la chapelle : h = 450 ; la = 140.

  • Iconographies
    • scène, ange, Joachim apparition
    • scène, Présentation de la Vierge au Temple
    • scène, Mariage de la Vierge
    • scène, Annonciation
    • figure, ange
    • scène, Présentation au Temple
    • ornementation, architecture
    • rencontre à la Porte Dorée
  • Précision représentations

    Le cycle débute, au registre supérieur du mur sud, par une présentation solennelle des parents de la Vierge. Ils sont assis sur un trône dans une position frontale très hiératique, évoquant peut-être le mariage d'Anne et de Joachim. La scène disparue qui vient ensuite devait figurer l’annonce faite à Anne. Elle faisait ainsi pendant à l’annonce à Joachim représentée sur le même mur. Joachim, figuré en berger, s’est isolé sur une montagne depuis plusieurs mois lorsqu’un ange vient lui annoncer la prochaine naissance. Il est représenté debout, surpris, un doigt interrogatif levé en direction de l'archange Gabriel qui descend du ciel lui apporter la bonne nouvelle. Les vieux époux, avertis chacun séparément, se rencontrent à la Porte dorée de Jérusalem et s'embrassent tendrement : la Vierge aurait été conçue par ce baiser. C'est la scène la plus populaire du cycle d'Anne et Joachim.

    Au registre inférieur, il est possible que le cycle se poursuive par la naissance de Marie. Anne présente à Joachim le bébé emmailloté dans des bandelettes croisées, selon une technique typique du 14e siècle. Puis, à l'âge de trois ans, Marie est conduite par ses parents au Temple pour être consacrée à Dieu. Ici, l'enfant est déjà installée sur l'autel et regarde le groupe de fillettes qui ont les yeux levés vers elle. Ses cheveux sont portés dénoués sur les épaules, seulement retenus par une cordelette. L’ange de la scène suivante, seul vestige conservé après le percement d'une niche, devait converser avec Marie ou la nourrir lors de son séjour au Temple. Le mariage de la Vierge est évoqué ensuite. Le grand prêtre, portant une mitre, est au centre de la composition avec à sa droite Marie et à sa gauche Joseph. Derrière chaque futur marié se tient un groupe de participants : les compagnes de Marie et les prétendants évincés. Nous retrouvons bien ici le caractère commun à toutes les représentations de ce mariage, c'est-à-dire une composition axée sur le groupe ternaire des trois acteurs principaux, étagé en pyramide. Le cycle se termine par l’Annonciation, scène de transition entre la vie de la Vierge et l'enfance de Jésus, dont l'ordonnance est scrupuleusement établie. La Vierge, à droite de la scène, tient un livre, surprise par l'apparition de l'archange vêtu d'une robe blanche, avec ses grandes ailes blanches déployées. Il tend vers la Vierge sa main droite en levant l'index pour souligner ses paroles inscrites sur le phylactère à sa main gauche. Au centre de la composition, un vase, que l'on devine à peine, contient un lys, symbole de la pureté de Marie.

  • État de conservation
    • oeuvre restaurée
  • Précision état de conservation

    Ces peintures ont été dégagées, nettoyées et consolidées par Ernest Eczet en 1987. La fin de la restauration picturale est réalisée en 1999 par Hervé Langlois.

    On déplore une réintégration des lacunes faite à l'aide d'un tratteggio grossier extrêmement visible.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    À signaler
  • Protections
    classé au titre objet, 1965/06/29
  • Précisions sur la protection

    Eglise classée MH le 11/12/1987.

  • Référence MH

Périodiques

  • Boulhaut Josette, L'église et les fresques de Saint-Ybars, Bulletin de la Société Ariégeoise Sciences Lettres et Arts, 1962, p. 17-22.

    CDPR Région Occitanie - site de Toulouse
    p. 17-22.
Date(s) d'enquête : 1995; Date(s) de rédaction : 2000, 2025
(c) Inventaire général Région Occitanie
Édifice
Articulation des dossiers