La maison a été édifiée entre la fin du 15e siècle et le début du 16e siècle comme l'atteste la technique de construction (élévation en pan de bois sur cour), les modénatures de certaines portes (profils, chanfreins, congés) et la cheminée à bases prismatiques conservée à l'étage. D'après le compoix de 1478, la maison de Peyre Antinhac, forgeron ("fabre") est en cours de construction (AD.82, 3E132 CC1, fol.159-160) .
Une carte postale datant du premier quart du 20e siècle représente la maison depuis la Grande-Rue. Cette précieuse iconographie nous renseigne sur la façade avant son remaniement au cours du 20e siècle. La longue façade comprend alors deux niveaux en pan de bois portés par un corbeau à triple ressaut en quart de rond formant encorbellement. Au premier étage, le réseau des bois est composé de petites croix de Saint-André superposées. La tête de mur appareillée visible en rez-de-chaussée, surmontée d'un corbeau semble indiquer la présence, lors de la construction initiale, de deux maisons mitoyennes (voir carte postale). Le rez-de-chaussée maçonné, en moellon de calcaire, comporte deux ouvertures à arcs surbaissées et chanfreinées encore visibles aujourd'hui.
Une importante campagne de travaux est entreprise durant le 17e siècle. Le pan de bois du deuxième étage, (poteaux, écharpes et tournisses visibles sur l'iconographie ancienne), semble dater de cette campagne de travaux, l'escalier de distribution est repris ou entièrement reconstruit à cette période. Des portes aux piédroits arrondis et menuiseries à losanges conservées sont caractéristiques de ce siècle comme les cheminées en gypserie (au 1er et 2ème étages) et les vestiges de plafonds et de poutres peints (voir IM82114016). La qualité des sculptures de la cheminée du second étage est à rapprocher des ouvrages réalisés à la même époque par des sculpteurs de retables religieux, tel Jean Dussaut à Montauban, qui oeuvrait également pour des laïcs. Outre les éléments architecturaux et décoratifs caractéristiques du 17e siècle, un linteau remployé en rez-de-chaussée (côté cour) porte la date « 1666 ».
A la fin du 18e siècle, vers 1770-1780, le plan du bourg de Montricoux (1 Fi 48) représente une maison au plan en "L" détenu par plusieurs propriétaires "Sieur Maffre Arbus Cornette que partie de Maffre Couderc a partie de Catherine Laurens, partie de Jean Janbert ou ayral de la caminade".
En 1828, le plan de réalignement mentionne encore Grande-Rue, une maison en pan de bois à deux étages, en encorbellement à cet emplacement qui appartient alors à Tristan Aboulenc. Durant ce siècle, la maison a abrité sous le Second Empire une loge maçonnique comme l'atteste le décor peint présent sur le mur d'une pièce du second étage (voir IM82114016). Le commanditaire de cette importante campagne de peintures murales conservées dans la pièce nord au premier étage et au deuxième étage est probablement Hippolyte Higon, notaire à Montricoux. Dès la fin du 19e siècle, le rez-de-chaussée est en partie aménagé pour recevoir une boulangerie (le four de boulanger en brique est conservé au nord de la cour extérieure). Les maçonneries en adobe visibles depuis la cour extérieure datent également de cette époque.
En 1891 (AD 82, 6 M 147), Pierre Nonorgues boulanger, son épouse et leur 4 enfants vivent dans cette maison. Elle deviendra ensuite la propriété de la famille Ithié (boulanger) durant les années 1910 et le restera tout au long du 20e siècle. Parmi les modifications apportées au cours du 19e siècle et surtout du 20e siècle, il faut noter le remaniement du rez-de-chaussée lors de l'installation d'un four de boulanger et la dépose des niveaux en pan de bois durant les années 1950-1960. La façade rue de la place Neuve (moellon, adobe, brique creuse) a en partie été construite à cette période, fermant ainsi la cour.