Sur une vaste parcelle de terre au nord du bourg (1832 E 424), Fortuné Cantecor (1821-1890), manufacturier, fait construire une usine pour la fabrication de chapeaux de paille. Cette usine a été le premier lieu de fabrication important du chapeau de paille apprêté, dressé et fini à Septfonds. En 1890, au décès de Fortuné, il est fait mention dans la déclaration de mutation par décès de Fortuné Cantecor "d'une bâtisse non terminée servant de dépôt avec cour et jardin, n° 424 section E d'un revenu de 650 frs" . L'atelier pour les machines à coudre est bâtie parcelles n° 391, 389, 388, 382 et 386 (section E) avec la cour et le sol de la dite bâtisse. Une autre bâtisse servant de "fonderie et de magasin" partie du n° 386 et une bâtisse servant de grange et de remise n° 405 (AD82, 3Q1457, fol. 24 à 28).
Les quatre filles de Fortuné (Sophie, Olympe, Eugénie et Lucie) héritent et deviendront actionnaires en 1898. En septembre de cette même année la marque de fabrique Fortuné Cantecor est déposée au greffe du tribunal de commerce du Puy-en-Velay (archives INPI). C'est Eugénie et son époux Jean-Louis Hermenc, chapelier (AD82, 3P1878, mat 1882, c. 303) qui seront propriétaires du bâtiment alors déclaré comme "magasin" avec 65 ouvertures. Puis en 1927, Eugénie devient seule propriétaire de ce "magasin atelier" (65 ouvertures). En 1934, Louise, fille du couple Cantecor-Hermenc est aussi déclarée propriétaire de ce bâtiment. Elle est avec sa mère depuis le décès de son père Jean-Louis Herment en 1913, à la tête des entreprises Cantecor et Herment. Les difficultés financières sont telles que leurs biens sont vendus aux enchères en 1934.
En 1939, l'ensemble désaffecté a servi de refuge pour les femmes des républicains espagnols placés au Camp de Judes. Ce lieu était géré par un bureau de bienfaisance, un instituteur espagnol du camp venait y enseigner aux enfants. Ce lieu a dénombré des naissances. En effet, on ne naissait pas au camp de Septfonds qui était réservé aux hommes. Les seules femmes qui auraient pu s'y trouver s'étaient déguisées en homme pour ne pas être séparées de leur mari. Mais dès la supercherie découverte, elles étaient amenées au « refuge des femmes et enfants espagnols ». Aujourd'hui cet immeuble est occupé par des logements. De rares graffitis sur les murs du sous-sol témoignent du passé de ce bâtiment.