Dossier d’œuvre architecture IA66006114 | Réalisé par
  • recensement du patrimoine thermal
Graus d’Olette ou Thuès-les-Bains
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie
  • (c) Université de Perpignan Via Domitia, laboratoire CRESEM

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pyrénées
  • Hydrographies Aude
  • Commune Nyer
  • Lieu-dit Thuès-les-Bains
  • Adresse Route nationale 116
  • Cadastre 2020 B2 243-244-241245-246

Prémices de l’exploitation des eaux

Près des sources de Thuès et de Canaveilles, les moines d’Eixalada construisent un monastère dédié à St André en 846. L’utilisation des eaux est attestée dès lors. La crue de la Têt survenue en 868 détruit le bâtiment, que les moines reconstruisent à St Michel de Cuxa en 868. L’exploitation des eaux est abandonnée pendant plusieurs siècles.

Les Graus d’Olette ou Thuès-les-Bains, se composent de plus de trente sources d’eaux thermales sulfurées sodiques en 1833. Anglada note dans son traité l’abondance des sources et l’absence d’établissement thermal. Dominique Bouis, chimiste perpignanais, est chargé d’analyser les eaux thermales du département, dont celles de Thuès. Il achète les sources en 1850 et y établit un premier établissement en 1851. Il s’agit alors d’une simple bâtisse avec deux cabinets pour les baignoires en bois et les douches. Une route carrossable et un pont permettent un accès facile à l’établissement dès 1852. Le Dr Puig, médecin inspecteur des eaux de Thuès, observe l’efficacité des traitements sur les baigneurs qui affluent. Le nombre de baignoires est augmenté à 6 et utilisées jusqu’en 1859. Les baigneurs doivent alors se loger à Olette ou à Thuès, l’établissement ne compte pas encore de logement.

Un premier établissement thermal construit dès 1859

La construction d’un établissement d’envergure sur la rive droite de la Têt est amorcée en 1859, sous la direction des Dr Bouis et Puig. Il comprend l’établissement de soin, un hôtel des thermes, deux galeries superposées, l'une sulfureuse, l'autre non d'après une gravure de 1861. Les curistes sont nombreux et dès 1862, la construction d’un second hôtel des sources est entreprise. En 1873, le captage de nouvelles sources augmente la capacité de douches et de baignoires. Dans son rapport de 1878 pour l’exposition universelle de Paris, Louis Companyo mentionne douze sources, vingt baignoires, six douches et huit buvettes (COMPANYO, 1878). Malgré la configuration du lieu, enclavé dans un fond de vallée resserré peu propice à la construction de nouveaux bâtiments, le parti pris est d’agrandir par le haut, en ajoutant des étages aux bâtiments existants. Entre 1883 et 1887, une troisième galerie est érigée avec cinq baignoires.

L’arrivée du chemin de fer, nouvelle impulsion d’agrandissement et de rénovation

En 1910, l’arrivée du chemin de fer et la construction de la gare de Thuès facilite l’accès aux thermes, qui sont augmentés et modernisés jusqu’en 1914. Thuès devient alors la « capitale des arthritiques ». Aragon (op. citée) juge qu'autrefois, l'établissement était composé de deux grands corps d'habitation, d'un aspect très bourgeois et de façade vulgaire. Le nouvel hôtel reconstruit et embelli comporte près de 100 chambres, de nombreuses baignoires, des salles d'inhalation, des buvettes, cabines de douches et plusieurs galeries de bains.

Si l’activité se maintient pendant la première guerre mondiale, les difficultés financières liées au créances engagées dans de tels travaux se font sentir. L’établissement est vendu aux enchères en 1926.

En 1931, M. Berland, ingénieur des T.P.E visite l'établissement de Thuès pour le compte du service des mines. il détermine que la trentaine de sources forment trois groupes : celui de saint André, qui comprend 10 sources, celui de l'Exalada qui en compte 7 et celui de la Cascade qui en comporte 12. Ce dernier groupe, dont les sources ont été captées sommairement au 19e siècle, est alors délaissé en raison de l'éloignement des sources par rapport à l'établissement, mais également parce que les deux autres groupes ont des débits très importants qui suffisent à l'exploitation (AD Hérault 5 M 555). Dans le groupe de saint André, les sources n°1 et 2 (75,5° et 236 L / min), proches, sont captées ensemble dans un bassin découvert. 2 tuyaux de fonte les mènent aux baignoires et douches, dont l'un amène l'eau à un réfrigérant avec sa distribution aux baignoires. La source de la grotte (71,5° 35 L /min) jaillit au fond d'une grotte naturelle, dans un petit bassin d'épanchement et sert aux inhalation sur place. Les source n° 23 (ou de la Natation, 30,6°, 22, 5 L / min), n°12 (ou des Eaux Bonnes, 41°, 1,5 L à la minutes) sont sulfureuses dégénérées alcalines et sont aménagées en buvette pour être consommées sur place. La source de la Terrasse 42,6°, 8,6 L / min), dite aussi de la Prairie est également utilisée en boisson. La source n°3, ou St Louis a vu son captage refait en 1909 par la Cie du Midi, à l'occasion de la construction de la ligne de la Cerdagne. Les tuyaux de plombs amènent l'eau en passant sous la voie et alimentent un réservoir collecteur distribué aux baignoires et douches. Les quatre émergences de cette source ont une température autour de 52° et un débit total de 78 / minutes. La source n°4 (ou des Calculeux, 41,8° et 1, 9 L/min) est utilisée en buvette sur place. La source n° 6 (ou de Beauté, 61,5°, débit faible) est amenée dans un bassin découverte où se mêlent eaux de ruissellement et végétaux. Elle est distribuée dans une borne où les malades viennent recueillir l'eau pour leurs ablutions et peut-être la boisson. Les sources du groupe de l'Exalada jaillissent à quelques mètres les unes des autres, les eaux s'écoulent librement dans une rigole naturelle sur environ 30 m avant d'être canalisée jusqu'aux bains et douches après avoir été réfrigérées. M. Berland déplore cette situation car les eaux peuvent être facilement polluées, d'autant plus que le terrain où elles courent à l'air libre est d'accès libre derrière la gare et qu'existe à cet endroit un bassin lavoir qui utilise un partie des eaux chaudes de ces sources. L'eau savonneuse usée du lavoir peut se mêler aux eaux distribuées à l'établissement.

Avant la seconde guerre mondiale, de nouveaux travaux sont entrepris, mais l’activité est impactée par la guerre. Une nouvelle orientation est impulsée en 1948 avec une modernisation des équipements. Mais en 1958, malgré la convention établie entre la Sécurité Sociale et la SNCF pour des cures contre les rhumatismes ou les affections des voies respiratoires, le nouveau régime contraint la station à fermer ses portes.

La reconversion

L’établissement est reconverti en 1963 en centre thermal de rééducation fonctionnelle. Les réaménagements visibles actuellement datent de cette période. Aujourd’hui, le Mas des Sources est un établissement médico-social qui a pour vocation l'accompagnement et l'hébergement d'adultes en situation de handicap psychique.

Des bains naturels d’eaux chaudes, situés sur un terrain privé au-dessus de la gare de Thuès-les-Bains sont prisés des randonneurs.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source

L’ancien établissement thermal de Thuès-les-Bains comprend l’ancien établissement de bains avec l’ancien hôtel des thermes et des sources confondus dans l’ensemble, ainsi que l’ancien hôtel des familles. Aujourd’hui, le Mas des Sources est un établissement médico-social qui a pour vocation l'accompagnement et l'hébergement d'adultes en situation de handicap psychique.

  • Techniques
  • Statut de la propriété
    propriété d'un organisme professionnel, Le Mas des Sources est un établissement médico-social qui a pour vocation l'accompagnement et l'hébergement d'adultes en situation de handicap psychique.

Documents d'archives

  • 5 M 555 Découverte et exploitation des sources (eau et établissements thermaux), autorisation : déclaration d'intérêt public, rapports de l'ingénieur des mines, arrêtés préfectoraux, plans, correspondance. 1870-1940

    AD Hérault : 5 M 555

Bibliographie

  • Chemin de fer, Guide illustré du Département [Pyrénées Orientales) 1910, principales stations thermales, balnéaires ou hivernales.

  • Guide illustré du Département, 1909, principales stations thermales, balnéaires ou hivernales

  • ANGLADA, Joseph. Traité des eaux minérales et des établissements thermaux du département des Pyrénées Orientales. Baillière, Paris/Sevalle, Montpellier, 2 volumes, 1833 (réimpr. 1899).

    En ligne : https://books.google.fr/books?id=GU_u8O9zDs8C&pg=PA149&lpg=PA149&dq=anglada+trait%C3%A9+eaux&source=bl&ots=xb_KbPEA1_&sig=V2KAK7gAKD7Rf85zjvOER50zV6o&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjDopvVmYDaAhWF6RQKHe9hAWwQ6AEISDAG#v=onepage&q=anglada%20trait%C3%A9%20eaux&f=false

  • GENSANNE, Histoire naturelle du Languedoc, 1778

  • PORCHERON, Louis (Dr). Villes d'eaux, les stations climatiques françaises. 1911. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5849135c]

  • FRENAY, Etienne, Le Thermalisme dansles Pyrénées Orientales, ADPO, Perpignan, 1986 (BIB 82 AM).

    AM Perpignan : BIB82
  • RUIZ, Sophie, Les stations thermales du Languedoc Roussillon, étude Monuments Historiques, 1999, non publié.

  • Rosenstein, Jean-Marie, Barnades, Guy, Graus de Canavelles, Oleta, Toès, stations thermales d'antan, Revue Terra Notra n°97, 1988.

  • BRGM, Valorisation de la ressource en eau chaude et développemnt local du canton d'Olette, juillet 2004.

  • ROSENSTEIN, Jean-Marie. Viggo Dorph Petersen, un architecte dans les Pyrénées Orientales. Mondial Livre. Nîmes. 2013.

    AD Pyrénées-Orientales : BIB19786

Documents figurés

  • SENTUCQ Eric, fonds privé de cartes postales anciennes

  • SAIGNES justin, établissement thermal des graus d'Olette, lithographie, 1861.

    BM Perpignan : NUM Es R 350 Es R 350
Date(s) d'enquête : 2019; Date(s) de rédaction : 2020
(c) Université de Perpignan Via Domitia, laboratoire CRESEM
(c) Inventaire général Région Occitanie