Dossier d’œuvre architecture IA66006094 | Réalisé par
  • recensement du patrimoine thermal
villa Jeanne d'Arc
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie
  • (c) Université de Perpignan Via Domitia, laboratoire CRESEM

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pyrénées
  • Commune Amélie-les-Bains-Palalda
  • Adresse 2 place de la République
  • Cadastre 1833 A 176  ; 2020 C2 754
  • Dénominations
    maison
  • Précision dénomination
    de villégiature
  • Appellations
    Jeanne d'Arc
  • Destinations
    hôtel de voyageurs

La villa a été construite à la fin du 19e siècle, et est connue comme propriété de M. Ernest Genyies, médecin inspecteur à Amélie. Elle devient une pension pour dames et jeunes filles au début du 20e siècle et est l'objet de plusieurs modifications successives. Des terrasses sont d'abord aménagées sur la façade ouest, puis, en 1925 sur la façade sud donnant sur le Mondony, ces derniers travaux étant initiés par M. Charles Gontier, propriétaire pendant l'entre-deux-guerres. Autour de 1930, la partie supérieure, qui ne comportait jusqu'alors qu’une grande véranda sur la partie ouest, est totalement surélevée. Ces changements progressifs, d'une maison assez banale à l'édifice surélevé, ceinturé de grandes terrasses, témoignent de la conversion de la maison en pension, puis en hôtel.

La villa Jeanne d’Arc se situe à l’angle de la rue Castellane et de la place de la République. Le rue Castellane apparaît sur le cadastre ancien sous le nom de chemin des bains. Elle est rebaptisée le 3 octobre 1847 rue Castellane, lors de la pose de la première pierre de l’hôpital thermal des armées. Une grande fête est organisée ce jour en hommage au Général de Castellane, initiateur et porteur du projet de construction de l’hôpital militaire.

Une construction apparaît à l’emplacement de la villa Jeanne d’Arc sur le cadastre ancien sur la parcelle A 176. Des vues anciennes permettent d’avoir une idée de l’état antérieur avant l'adjonction de tous les balcons. Dans les matrices cadastrales, elle apparaît en 1890 comme propriété de M. Ernest Genyies, médecin inspecteur à Amélie. En 1899, sa veuve hérite de la maison. En 1900, la villa est vendue à M. Martin et revient en 1902 à Mme Marron de Martin. La villa est augmentée en 1897, 1902 ce qui correspond sans doute aux terrasses aménagés côté ouest, qui sont antérieures à celles ouvrant sur le Mondony, datant des travaux de 1921. Le nom de la villa, en référence à Jeanne d'Arc, s'inscrit dans le contexte de son procès en béatification, entamé en 1897 et prononcé en 1909. Après la construction des terrasses ouest, cette partie de l'édifice est surélevée d'un étage aménagée en véranda.

En 1908, et 1913 (Action populaire. Manuel de pratique religieuse) la villa est identifiée comme pension pour dames et jeunes filles. Une annonce en 1913 précise que "la direction se charge des j. filles aup. desq. les parents ne peuvent rest. Pens. à l'année (Paris : ancienne gazette des étrangers, 28 août 1913, p. 6.).

La villa appartient en 1921 à M. Gontier Charles. Ce dernier avait vendu en 1921 son fonds d'entreprise de peinture, de marchand de couleurs et d'articles ménagés situé à Gagny en Seine-et-Oise (Greffe du tribunal de commerce de Pontoise, 15 octobre 1921). C'est probablement avec cet apport qu'il achète la villa. En 1925 il y fait apporter des modifications : aux premier et deuxième étage sur le Mondony doit être édifiée une terrasse en ciment armé de 1,50 m de saillie sur toute la largeur de la façade, avec arrondi aux extrémités, 5 balustres par mètre du garde-corps. Les plans ont été fournis par M. Fourquin, architecte. Au rez-de-chaussée, une terrasse en encorbellement de 1, 90 m en saillie. A la fin de la terrasse, au droit de la propriété voisine, appartenant à M. Nicolas, un mur enduit sur les deux faces, mesurant 2 m de haut, doit être établi. Le montant de l'ensemble des travaux s'élève à 21 000 F (Travaux de maçonnerie, archives privées). Le projet d'extension à l'ouest n'a pas été réalisé.

En 1929 l'entreprise de bétons armés Hennebique intervient pour la toiture de terrasse (n° d'affaire: 101071). Cela fait peut-être suite à la surélévation de l'édifice qui gagne un étage. C'est probablement à cette époque que la villa est transformée en hôtel, promu dans des encarts dans la presse qui vantent la situation en bord de rivière, le confort moderne et la proximité des thermes. En 1933, la cuisine est recommandée et la pension s'élève entre 32 et 35 F. Parmi les aménités du lieu on compte les fameuses terrasse, le jardin et la pêche (L'Écho d'Oran, 07 mai 1933 p. 11).

En 1936, Charles Gontier, dont l'adresse est à l'hôtel Jeanne d'Arc d'Amélie-les-Bains, expose deux peintures à la 47e exposition des artistes indépendants.

En 1938, un acte notarié est passé entre Charles Gontier, qualifié d'hôtelier, et son épouse Madeleine Menard, et Julien Sagols, hôtelier et son épouse Marie Soler, demeurant à Banyuls-sur-Mer. L'acte concerne un bail à loyer concédé pour 3, 6 ou 9 ans, d'une valeur annuelle de 13 000 F et décrit ainsi la villa :

"Une grande construction à usage d'hôtel restaurant avec dépendances, cours, terrasses, et jardin, sis à Amélie les Bains, place du marché et comprenant" :

- au sous-sol : une pièce servant de cuisine, pour le charbon et la chaufferie et abritant divers réduits.

- au rez-de-chaussée : dix pièces

- au 1er étage : neuf pièces

- au 2e étage : neuf pièces

- au 3 e étages : huit pièces.

Denis Bartre est devenu propriétaire en 1941. Aujourd’hui, l'ancienne pension/hôtel renferme des cabinets médicaux et des appartements.

La villa Jeanne d’Arc est orientée nord-ouest sur la place de la République. Elle est bordée sur la face sud-ouest par la rivière Mondony. Elle obéit à un plan centré. Ses murs sont édifiés en moellons et recouverts d’un enduit ocre jaune. L’entourage des fenêtres, les cordons, les balcons ainsi que les chaînes d’angle en bossage continu sont en stuc clair. Elle est composée d’un rez-de-chaussée et de trois étages. Son toit pavillon est recouvert de tuiles.

Le rez-de-chaussée s’ouvre sur la place de la République. La porte d’entrée se situe au centre de la villa. Elle est surmontée d’une marquise en verre et fer forgé. Une fenêtre à droite et deux à gauche percent le rez-de-chaussée. Elles sont protégées par des grilles en fer forgé. Un cordon mouluré sépare le rez-de-chaussée du premier étage.

Le premier étage est percé de 4 fenêtres alignées aux ouvertures du niveau inférieur. De même dimension, elles sont protégées par un garde-corps en fer forgé. L’entourage présente un décor de crossette. Un cordon mouluré sépare le premier du deuxième étage.

Le deuxième étage compte quatre fenêtres, alignées sur les ouvertures du niveau inférieur. Elles sont de dimension moindre. L’entourage comporte le même décor de crossette et le garde-corps en fer forgé.

Le troisième étage présente une configuration différente. Il a été ajouté ultérieurement. En effet, sur les vues ancienne, la villa Jeanne d’Arc ne compte que trois niveaux. Le dernier étage compte cinq fenêtres ouvrant sur un balconnet protégé par un garde-corps plus sobre qu’aux niveaux inférieurs. Les ouvertures ne sont pas alignées aux étages précédents. Le toit avance très légèrement sur la façade.

Sur la face sud-ouest, du côté du Mondony, les fenêtres comportaient à l’origine des balconnets individuels. Ils ont été remplacés ensuite par un balcon régnant à chaque étage, bordé d’une balustrade.

Cette villa est assez sobre et ne présente pas de décor ostentatoire. Seuls l’entourage des fenêtres, les chaînes d’angles à bossage continu, les cordons moulurés, renvoient au vocabulaire de l’architecture néoclassique.

  • Murs
    • maçonnerie enduit
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    3 étages carrés
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit en pavillon
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • 15NUM1024W3/SU/2 cadastre napoléonien section dites des Bains d’Arles, 1833.

    AD Pyrénées-Orientales : 15NUM1024W3/SU/2
  • AD Pyrénées-Orientales : 1026W3
  • ADPO 1027W3 Matrices cadastrales 1883-1913.

    AD Pyrénées-Orientales : 1027W3
  • AD Pyrénées-Orientales : 1119W3
  • Centre d'archives d'architecture contemporaine ; Fonds Bétons armés Hennebique Projet BAH-13-1929-38537 - Immeuble n.id. pour M. de Gontaut, Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales). 1929.

    Centre d'archives d'architecture contemporaine : 76 IFA 2170/7

Bibliographie

  • Amélie-les-Bains, Palalda, Montalba, Station thermale, climatique et touristique, Maury Imprimeur, 1983.

  • CAILLIS, Jean Jacques, II siècles d’histoire au village d’Amélie-les-Bains, 1659-1880, Créatech, Amélie-les-Bains, 1999.

  • RAIMBAULT,Eric et CAILLIS, Christel, Fa temps, autrefois Amélie-les-Bains Palalda Montalba, éditions hier et aujourd’hui, Toulouse, 2014.

  • CAILLIS, Jean Jacques, Mon village dans le siècle, Amélie-les-Bains Palalda, 1880-1999, Créatech, Amélie-les-Bains, 2000.

Périodiques

  • Paris : ancienne gazette des étrangers, 28 août 1913, p. 6.

  • L'Écho d'Oran, 07 mai 1933 p. 11

Date(s) d'enquête : 2019; Date(s) de rédaction : 2020
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Université de Perpignan Via Domitia, laboratoire CRESEM