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  • (c) Inventaire général Région Occitanie
  • (c) Conseil départemental de la Lozère

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Dénominations
    fort
  • Autres parties constituantes
    caserne, citerne, chapelle

Le fort se situe sur un piton, à l’emplacement d’une tour défensive primitive. Il surplombe la vallée, le village d’Amélie-les-Bains et le confluent du Tech et du Mondony. Il est construit quelques années après le Traité des Pyrénées de 1659.

En 1668, le Roi Louis XIV vient de signer le traité de paix à Aix-la-Chapelle, mettant un terme à la guerre de Dévolution (1667-1668) entre la France et l’Espagne. Le Roi demande d’entreprendre des travaux de fortifications des places fortes du Roussillon. Aux Bains d’Arles, une tour primitive datant de 1240 et fortifiée en 1303, est d’abord intégré aux premiers plans de fortification, avant d’être rasée.

La construction d’une nouvelle place forte est engagée (1670-1674). Les plans sont établis par l’ingénieur militaire Jacques Borelly de Saint-Hilaire et Rousselot exécute les travaux. En 1674, les travaux ne sont pas encore achevés et le fort est assiégé en vain pendant six semaines par les Espagnols. Le siège ne dure pas, mais on envisage alors de détruire le fort.

En 1678, l’ingénieur et architecte militaire Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707) devient commissaire Général des Fortifications du Royaume. Il est chargé par le Roi de renforcer la protection du territoire. Il parcourt le pays dans le but d’améliorer les défenses côtières et terrestres. Il se rend au Fort-les-Bains en 1679 et rédige un mémoire sur les améliorations à apporter pour améliorer le système défensif. Vauban estime que Fort-les-Bains a un rôle à jouer dans la fortification de la frontière, même s’il ne se situe pas en première ligne. Le fort est alors modifié suivant les indications de Vauban. Le fort était fait pour impressionner un ennemi qui, ayant passé Saint-Laurent de Cerdans et Prats-de-Mollo, aurait alors menacé la vallée du Tech.

Le fort connait un nouvel assaut espagnol. Il est assiégé pendant 44 jours avant d’être pris du 14 juin 1793 au 1er mai 1794. La paix signée en 1796 marque la fin des assauts au Fort-les-Bains.

Le fort est occupé par l’armée jusqu’au XIXème siècle. iL fait l'objet de travaux en 1820 : certaines lézardes sont réparées et un magasin à poudre est construit. A cette époque, 100 militaires gardent le fort en temps de paix. Il est prévu pour en accueillir 400 en temps de guerre (320 pour l'infanterie, 70 pour l'artillerie et 10 pour le génie, aucune force de cavalerie (SHD - 1 V 2106 Notice sur la place du Fort-les-Bains, 1823)). Lors de la construction de l’hôpital thermal des armées (1840-1855), le fort accueille encore des soldats.

L’édifice est classé au titre des monuments historiques le 18 décembre 1909, puis vendu en 1911 à Anthème Charles Marc, un particulier, et à son épouse, Fanny Marc, sculptrice célèbre dans le Vallespir pour ses réalisations. Elle a participé notamment au salon de Paris en 1906 et à l’exposition du Palais des Beaux-arts de Monte Carlo en 1912. Elle devient l’unique propriétaire à la mort de son époux en 1928.

En 1936, Fanny Marc fait don du fort à l’Association des Blessés du Poumon, dirigée par Albert Delsuc à Paris.

Le Fort-les-Bains fait partie des Fortifications de Vauban, inscrites au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 2008.

Aujourd’hui, le fort et son chemin d’accès sont une propriété privée. On ne peut le visiter ni s’en approcher.

Le fort est implanté dans la vallée du Tech, sur la rive droite de la rivière, au sud d'Amélie-les-Bains. Il est édifié sur un plateau dont trois côtés sont escapés, tandis que le dernier, au sud, est relié par un étroit passage au mont Saint-Gratien.

En raison de la disposition du terrain, le fort ne peut pas atteindre l'ensemble de la route d'Arles à Céret qui passe en contrebas. Fort-les-Bains est un fort à quatre bastions : celui du Roy, de la Reine, du Dauphin et de Chamilly. Une seule entrée se situe du côté français. Organisé autour d’une citerne selon un plan carré, les différents corps qui composent le fort sont les casernes et le logement du commandant. On y trouve également une chapelle, un corps de garde et une seconde citerne.

Les parapet sont en maçonnerie car l'espace disponible n'était pas suffisante pour des parapets en terre.

  • Murs
    • pierre brique
  • Plans
    système bastionné
  • Statut de la propriété
    propriété d'une société privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    classé MH, 1909/12/18
  • Précisions sur la protection

    Fort-les-Bains : classement par arrêté du 18 décembre 1909

  • Référence MH

Documents d'archives

  • AD Hautes-Alpes Fonds Alixant, 31S2233, Fort les Bains

    AD Hautes-Alpes : Fonds Alixant, 31S2233,
  • Service Historique de la Défense 1 V 2106 Notice sur la place du Fort-les-Bains, 1823.

    Service Historique de la Défense : 1 V 2106
  • Bibliothèque nationale de France MS-6442 (241) Plan de Fort des Bains en l'estat qu'il est à la fin de l'année 1703.

    Bibliothèque nationale de France : MS-6442 (241)
  • Bibliothèque nationale de France GED-15848 Plan du Fort des Bains, 1785.

    Bibliothèque nationale de France : GED-15848
  • AD Pyrénées-Orientales 1119 W 3, cadastre de 1960.

    AD Pyrénées-Orientales : 1119 W 3
  • 15NUM1024W3/SU/2 cadastre napoléonien section dites des Bains d’Arles, 1833.

    AD Pyrénées-Orientales : 15NUM1024W3/SU/2
  • ADPO 1027W3 Matrices cadastrales 1883-1913.

    AD Pyrénées-Orientales : 1027W3
  • AD Pyrénées-Orientales : 1026W3
  • Service historique de la Défense-1VH2040

    Service historique de la Défense : 1VH2040

Bibliographie

  • RAIMBAULT,Eric et CAILLIS, Christel, Fa temps, autrefois Amélie-les-Bains Palalda Montalba, éditions hier et aujourd’hui, Toulouse, 2014.

  • Nicolas Meynen. De Fort-les-Bains à Amélie-les-Bains ou l’essor d’une station thermale par le fait militaire. Presses Universitaires du Midi. Patrimoines du tourisme thermal et de la villégiature en montagne des Pyrénées et d'ailleurs, , pp.141-159, 2023, Patrimoines, 9782810712632.

  • Bibliothèque nationale de France, département Arsenal, MS-6442 (242) Plan de Fort les Bains, 1744.

    Bibliothèque nationale de France : MS-6442 (242)
  • ARAGON Henry, Amélie-les-Bains, Palalda, Fort-les-Bains : notice historique et archéologique, lL'indépendant, Perpignan, 1

  • CAILLIS, Jean Jacques, Mon village dans le siècle, Amélie-les-Bains Palalda, 1880-1999, Créatech, Amélie-les-Bains, 2000.

  • CAILLIS, Jean Jacques, II siècles d’histoire au village d’Amélie-les-Bains, 1659-1880, Créatech, Amélie-les-Bains, 1999.

  • Amélie-les-Bains, Palalda, Montalba, Station thermale, climatique et touristique, Maury Imprimeur, 1983.

Documents figurés

  • Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, EST VA-66 (1)

    , http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb405595796

    Bibliothèque nationale de France : EST VA-66 (1)
  • AD Haute-Garonne 7 FI PV 206 4 - 9 ; photographie Charles Chevillot. - Entre 1930 et 1960. N° 6-7 : vue générale. N° 8-9 : remparts et tourelle d'angle.

    AD Haute-Garonne : 7 FI PV 206 4 - 9
Date(s) d'enquête : 1992; Date(s) de rédaction : 2019