Une chapelle itinérante
En mars 1840, la maison Fabas, médecin sert de chapelle et est louée par la commission syndicale Ce local Fabas ne doit plus servir de chapelle en raison de « l’augmentation progressive de la population dans cet établissement thermal » et « à cause de la vétusté et de l’état de délabrement où il [le bâtiment] se trouve » (Délibération du 30 mars). C'est finalement une autre maison qui est louée à partir de 1841 pour tenir lieu de chapelle, la maison Laborde qui est agrandie en 1850 pou réponde à l'affluence (Délibération du 12 mai) en s'étendant sur un salon voisin. Une lettre de l’Evêque adressée au préfet le 18 octobre 1856 déplore l'absence d'une vraie chapelle et d'un logement pour l'aumônier mais ne peut en financer la construction (Délibération du 26 janvier 1857). La solution transitoire est fournie par l'hospice qui loge l'aumônier et dont la chapelle accueille le culte catholique.
Les projets du milieu du 19e siècle
A l'issue des grands travaux qui voient la construction de l'établissement thermal et de l'hôpital militaire, le bourg se trouve donc toujours sans lieu de culte, si l'on excepte la chapelle de l'hospice Saint-Eugénie.
Comme pour le partage de l'eau, de nombreuses tractations ont lieu entre la commission syndicale et l'autorité militaire pour parvenir à un accord de cofinancement pour la construction d'une église mixte, servant aux militaires comme aux habitants et curistes de la station. La question de la construction est compliqué par l'absence d'autonomie de Barèges, alors dépendance de Betpouey où se trouve une église, tout comme dans le hameau voisin de Sers.
Dans une délibération du 7 novembre 1859, le principe d'une chapelle mixte semble accepté. Le sous-préfet (lettre du 2 novembre) « croit qu’il est avantageux que l’emplacement de la nouvelle église soit pris aux dépens du sol des baraques contigües au nouvel hôpital militaire, si toutefois on pense qu’on puisse la garantir des ravages de l’avalanche et cela sans le concours de la vallée. La commission estime que l’église doit avoir une superficie intérieure de 253 m² pour satisfaire aux besoin. La population sédentaire est alors évaluée à 100 personnes tandis que la population flottante atteint 2 000 personnes. La dépense totale ne doit pas dépasser : 60 000 F et la commission ne peut pas verser plus de 20 000 F.
Le syndicat accepte le 16 août 1864, pour l’assiette de la chapelle à construire à Barèges, l’emplacement indiqué au sud-ouest des thermes du lieu par la sous-commission nommée à cet effet, désigne M. St Guily pour architecte et devant servir de base pour le plan de cette nouvelle construction. La délibération du 6 novembre 1865 entérine la construction d’une église à Barèges. Dans sa délibération du 2 août 1869, l'emplacement le plus convenable serait celui où est bâti « la chapelle actuelle » Par une offre du 31 juillet 1869, les filles Laborde donnent le terrain pour 20 000 F. Il est décidé que le mur séparant la chapelle de la maison des filles Laborde sera mitoyen, "que les ouvertures existantes actuellement seront fermées, sous aucun prétexte, elles ne pourront pratique aucun jour dans son épaisseur". La commission considère qu’il est "non seulement de l’utilité, mais encore de l’honneur de la vallée de construire à Barèges une église digne de la célébrité et de l’importance de ses thermes".
Mais ce projet n'aboutit pas, et dans sa séance du 21 mars 1870, la Vallée dit disposer d’un local provisoire qui sert à l’exercice du culte depuis vingt ans. Il existe deux chapelles une dans l’établissement civil et l’autre dans l’hôpital militaire. Le syndicat souhaite ajourner l’exécution du projet de construction d'une église car la vallée n’a plus les revenus nécessaires. Elle cherche néanmoins toujours un terrain en 1871, pour y asseaoir la chapelle dont l'urgence est incontestée : soit sur la prairie près de l’ancien cimetière de Barèges, soit près de la promenade horizontale.
Des décisions sont encore prises en 1877 et 1878 mais n'aboutissent toujours pas. En 1880, le docteur Armieux déplore qu'une grange soit pour l'heure affectée aux usages du culte (Armieux, 1880, p. 97).
Le projet d'église à Barèges est notamment porté par Henri Vergez, médecin à Barèges et conseiller général du canton de Luz qui aurait abouti en 1886. Moins qu'une construction ex-nihilo, il s'agit de l'achat de la maison Sassissou où une chapelle a été provisoirement installée. En 1889, Vergez demande au conseil général du département une somme de 3 000 F pour contribuer à en transformer l'intérieur pour en faire une église convenable. Les quêtes et manifestations diverses au profit de la construction d'une église se poursuivent.
Cela ne donne pas satisfaction car le projet d'église à Barèges réapparaît dans la presse locale au début des années 1890, faisant part des difficultés à trouver un terrain, problème chronique où l'espace à l'abri des aléas naturels est compté. On déplore d'avoir trouvé un emplacement pour le casino et non pour l'église et il est jugé désagréable de servir les sacrements dans un ancien local de table d'hôte (Journal de Barèges, 12 juillet 1891).
L'église est finalement construite et inauguré le 28 juin 1898 (Journal de Barèges, 03 juillet 1898). En 1904, Mme Fould, épouse du député Achille Fould, de passage à Barèges est frappée par la nudité de l'église et offre les 2 700 F manquant pour construire les tribunes selon les plans de l'architecte Labat. En 1913, l'église et le presbytères tout juste construits brûlent et la messe est alors célébrée dans une chambre.
La clôture de chœur en bois visible sur une vue ancienne a disparu mais un tronçon a été converti en table placée au fond du chœur, derrière l'autel. La voûte en bois a été refaite : les colonnettes qui la supportait servent désormais de supports à des sculpture de type sulpicien.