Dossier d’œuvre architecture IA65008013 | Réalisé par
  • recensement du patrimoine thermal
casino, désormais cinéma
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pyrénées - Luz-Saint-Sauveur
  • Commune Barèges
  • Adresse 9 route de Labatsus
  • Cadastre 2020 B 1749
  • Dénominations
    casino
  • Destinations
    cinéma

Plusieurs fois reconstruit depuis 1880, le casino l'est à nouveau en 1952 dans un style moderniste par ses formes et ses articulations mais au teintes régionalistes par les parements en pierre et en bois. Le traitement des façades et des différentes élévations s'adapte à l'implantation de l'édifice dans l'environnement de la station : traitement monumental en façade, essentage en bois le long de la rue qui fait écho à la gare voisine du funiculaire du Lienz et béton brut sur l'élévation nord donnant sur le torrent du Bastan à des fins de protection.

La reconstruction chronique du casino à la fin du 19e siècle

Le Journal de Barèges du 21 août 1880 qui annonce la construction prochaine d' un casino abritant une salle de réunion, de conversation, de lecture pouvant au besoin servir de salle de concert et de bal avec un orchestre permanent desservant à la fois Barèges et Saint-Sauveur. Il doit être construit devant et au-dessus des thermes. Des plans et devis proposés par l'architecte Prosper (qui intervient à la même époque aux thermes) avaient été acceptés le 22 avril 1878 mais l'emplacement n'avait pas été ratifié (Journal de Barèges, 30 avril 1881).

Une brochure présentant la station en 1880 indique l'existence d'un casino dont dépend un parc "élégant". On y fait de la musique tous les jours et l'on y donne en saison tous les soirs des représentations variées d'opérettes et de vaudeville. Des stands de tir et des jeux sont également des activités proposées aux baigneurs. Il s'agit sans doute plus d'une salle de vauxhall car en 1882, le débat porte toujours sur le site de sa reconstruction, au-dessus de la promenade horizontale ou dans la rue principale de Barèges (Journal de Barèges, 30 janvier 1882). Le casino de Barèges doit alors être construit en même temps que celui de Saint-Sauveur pour 300 000 F (Journal de Barèges, 29 juillet 1882) ce qui s'explique par la gestion commune des deux stations par la même compagnie fermière.

Le Journal de Barèges indique dans son édition du 16 août 1885 que le casino construit deux ans auparavant a été agrandi de deux ailes, doté de marquises et vérandas, orné de rideaux et qu'il est devenu "un véritable temple des plaisirs". Il a été entouré d'un "coquet jardin donnant sur le Bastan". La direction est assuré par Paul Fugairon, directeur concessionnaire. Le chef d'orchestre s'appelle Blanc et le régisseur Noël. Un spectacle est fourni tous les soirs : opéra comique, opérette, comédie ou vaudeville. L'abonnement à la semaine coûte 12 F, celui pour deux semaines, 22 F, celui pour trois semaines 30 F et celui pour un mois 35 F. Des entrées sont possible pour une seule soirée. Tous les jours, il est produit une heure de musique en terrasse. Un café, un salons et divers jeux sont à dispositions de MM. les étrangers (Journal de Barèges, 22 juillet 1888). Cet édifice est rasé en 1889 par l'avalanche qui touche la station, puis à nouveau, pour la même raison en 1895. En 1899, un article de presse évoque "un casino miniature", où une petite troupe de comédie et d'opérette donne des représentations très s uivies et aborde même avec succè le répertoire de l'Opéra Comique (La Gironde, 3 août 1899, p. 3/4).

Une lettre datée de 1900 dans la revue La Jeune Fille, pointe ce qui manque alors à la station. Elle dénonce notamment l'état du casino, bâti en planche, "pauvre comme la ville" qui est un "loin d'être une ressource". Le parc qui lui est associé n'en porte que le nom car il est dépourvu d'arbres. Au vu de l'avalanche de 1895, le casino avait été pourtant été reconstruit en 1897 et 1898 : les grandes salles du café, du cercle et du théâtre avaient été remises à neuf, et décorées par le peintre palois Rémy Lapouble (Journal de Barèges, 26 juin 1898)

Plusieurs reconstructions jusqu'en 1952

Un article de presse de 1904 évoque la personnalité de M. Dupeyron, de l'Opéra, ""actuellement concessionnaire du casino de Barèges (Journal d'Argelès-Gazost, n°1, 26 juin 1904, p. 1). Il s'agit vraisemblablement d'Hector Dupeyron, chanteur ténor mort en 1911.

L'état du casino est connu par une carte postale (cf. illustration du dossier) datée de 1906, qui montre un bâtiment moderniste à toit terrasse. Cet édifice est enseveli par l'avalanche de 1907 mais doit être relevé. La presse thermale y recense des concerts dans les années 1920. En 1923, on trouve mention de l'installation d'un terrain de tennis sur l'emplacement de l'ancien casino. Des parties y sont organisées matin et soir et un concours auquel prendront par les officiers de l'hôpital militaire et les membres de la colonie suédoise doit avoir lieu en août (Le Pyrénéen : journal commercial, littéraire, d'annonces et politique, 05 août 1923).

L'édifice semble rasé sur les vues aériennes de 1944 (https://remonterletemps.ign.fr/), peut-être en raison des avalanches de 1939. En 1950, le journal Le Populaire du Centre note : "à Barèges, pas de casino, pas de cinéma, pas de théâtre, pas de dancing". En somme pas de vie mondaine mais un simple foyer où l'on peut s'amuser sans snobisme (Le Populaire du Centre, 26 juillet 1950). Le casino est reconstruit en 1952 (Paris-presse, L'Intransigeant, 1 août 1952, p. 8/8) dans un style qui combine éléments rustiques (parement en pierre, essentage en bois) et éléments modernistes comme les fenêtre en bandeaux. Il abrite désormais un cinéma. Le nouveau casino est inauguré à l'occasion des championnats de France de ski qui se déroulent à Barèges du 2 au 8 février 1954. En 1954, la presse se fait l'écho de son inauguration et souligne que "ses lignes originales" ont défrayé la chronique. L'article souligne que l'intérieur est clair, gai et confortable. Érigé sur une terrasse donnant sur une large place, l'établissement isolé et admirablement ensoleillé s’ouvre sur les perspectives du Tourmalet et des pentes boisées de l'Ayré. La direction est alors confié à M. Delpech, qui a dirigé le casino d'Hossegor. M. Mariani dirige les jeux (L'écho touristique, 28 février 1954). En juin 1954, le même journal indique qu'un orchestre dirigé par Marcel Chardenon se fera entendre à l'heure du thé et en soirée. La casino abrite divers concours et projette des films. Un golf miniature, installé par l'entreprise Decorges de Pau, est inauguré le 26 juin 1954 en bordure du gave. La terrasse du casino, agrémentée de parasols et largement ensoleillée possède une piste de danse et par beau temps, il est prévu que l'hôtel joue dehors (L'écho touristique, 30 juin 1954).

La qualité architecturale de l'édifice incite à supposer qu'il pourrait être dû à l'architecte Georges Appia qui intervient à la même époque à la centrale électrique voisine de Pragnères.

Le casino est implanté à l'ouest d'une terrasse donnant sur une large place bordée par le Bastan en contrebas. L'établissement est isolé et dispose d'un bon ensoleillement. Il s’ouvre sur les perspectives du Tourmalet et des pentes boisées de l'Ayré. L'édifice est composé de trois corps articulés qui bénéficient d'un traitement différencié selon les élévations.

L'avant-corps est couvert d'un toit à un pan à la forte pente qui masque l'arrière-corps plus massif couvert d'un toit à longs pans. Un troisième corps, traité en tour, s'articule à l'avant-corps au nord de ce dernier. Il permet de donner du cachet à la façade tout en masquant le grand mur massif de l'élévation nord de l'avant-corps.

Les façades de l'avant-corps et de la tour donnant sur la terrasse sont traitées avec un parement en pierre qui confère à l'édifice un touche régionaliste mais cette dernière ne correspond pas à l'architecture traditionnelle de la vallée. Elles sont percées d'ouverture soulignées par des bandeaux en béton peint en blanc. Sur la tour, les six baies sont disposées en bandeaux mais sont encadrées chacune par un cadre saillant en béton blanc. Sur l'avant-corps, au second étage, une porte fenêtre flanquée, de part et d'autre par quatre ouvertures de type meurtrière, ouvre sur un grand balcon qui se prolonge jusqu'à la tour où une porte permet de relier entre eux les deux corps par l'extérieur. Au premier étage trois baies ouvrent sur une terrasse qui surplombe le hall d'entrée hors6œuvre. Cette terrasse est couverte par un auvent qui prolonge l'axe de la toiture et est porté par de longs aisseliers en bois. L'entrée hors-oeuvre n'occupe pas toute la largeur de la façade car à gauche, un accès autonome est aménagé pour la salle des fêtes.

Les élévations sud du corps central sont couvertes aux niveaux supérieurs d'un essentage de bardeaux. On retrouve des ouvertures en bandeau à l'étage de l'élévation sud et au-rez-de-chaussée de l'élévation ouest. Les niveaux inférieures de cette élévations sont recouverts comme en façade d'un parement de pierre. Cette partie est plus élevée en raison de la pente sur laquelle est construit l'édifice : cela a été exploité pour aménager un parking dans le soubassement. Côté rue, en élévation sud, un abribus est aménagé dans le soubassement.

Sur l'élévation nord, qui donne sur le Bastan, le béton a été laissé brut. Au niveau de l'avant-corps, l’élévation est percé de nombreuses ouvertures qui doivent correspondre au bureaux ou au loges. Celles-ci sont en nombre décroissant selon les niveaux à cause de la pente du toit : six au premier étage, trois au second et une au comble. Les ouvertures du rez-de-chaussées ne sont pas implantées au droit du mur mais dans un renfoncement rattrapé par des aisseliers. à l'arrière les ouvertures sont entourés sur trois côtés par des parois en béton : seul un côté est laissé libre pour laisser passer la lumière. Ce dispositif est à relier à la proximité du torrent susceptible de déborder.

  • Murs
    • béton rocaille
    • béton essentage de bardeaux
  • Toits
    zinc en couverture
  • Étages
    2 étages carrés, étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit à un pan

Champs annexes au dossier - Architecture

  • NOTB_G
  • NOTB_S
  • APPA
  • APRO
  • ARCHEO
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  • CHARPP
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  • COORMLB93
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  • COORWGS84
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  • USER IVR76_SCP
  • VALID accessible au grand public ; non validée
  • VISI
  • VISIB
  • VOIR_AUSSI
  • 20230320_R_01
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • Société des eaux de Barèges-Saint-Sauveur, Notice sur Barèges, Tarbes : imprimerie Larrieu, 1880, 30 p.

Périodiques

  • La Jeune fille : journal hebdomadaire dirigé par des femmes du monde ; lettre sur un voyage aux eaux, 20 septembre 1900.

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5604028r/f14

  • Journal de Barèges

    16 août 1885
  • Journal de Barèges

    30 janvier 1882
  • Journal de Barèges

    21 août 1880
  • Journal de Barèges

    26 juin 1898
  • Journal de Barèges

    30 avril 1880
  • Journal de Barèges

    29 juillet 1882
  • Paris-presse, L'Intransigeant, 1 août 1952, p. 8/8

  • La Gironde, 3 août 1899, p. 3/4

  • L'écho touristique, 28 février 1954

  • L'écho touristique, 30 juin 1954

  • Le Pyrénéen : journal commercial, littéraire, d'annonces et politique, 05 août 1923

  • Le Populaire du Centre, 26 juillet 1950

  • Journal de Barèges, 22 juillet 1888

Date(s) d'enquête : 2020; Date(s) de rédaction : 2020
(c) Inventaire général Région Occitanie