L'Hôtel des Thermes est situé le long de l'actuelle rue des Thermes, c'est-à-dire de l'ancien Chemin des Bains, qui constitue la voie principale menant à l'établissement thermal. Lors de la réalisation du premier plan cadastral de Capvern, en 1829, le côté ouest de cette voie, où est situé cet édifice, se composait d'une seule parcelle (A 421). Celle-ci a progressivement été bâtie, notamment à partir du dernier quart du 19e siècle sous l'impulsion des travaux d'aménagement et d'embellissement de la station thermale de Capvern-les-Bains menés par le concessionnaire.
Les recherches effectuées sur les matrices cadastrales de la commune, croisées avec le plan de la concession thermale conservée aux Archives départementales des Hautes-Pyrénées (AD Hautes-Pyrénées, 2 O 739, 1900), permettent de retracer l'histoire de cet hôtel.
Il a été bâti à la charnière des années 1870 et 1880 sous l'impulsion de Jean Mauledous « aubergiste à Capvern », sa construction étant portée sur la matrice en 1882 (Ibid., 3 P 1443). Il semble donc que cet édifice était dès l'origine destiné à loger les étrangers qui se rendaient aux thermes. Il est acquis à la fin des années 1880 par Gustave Delieux, propriétaire à Montferrand (Gers), puis est très vite repris par Jean-Marie Terré. Ce dernier, saumurois d'origine, se reconvertit ainsi dans l'hôtellerie après avoir été employé aux fourrages militaires. C'est M. Terré qui donne à l'hôtel des Thermes les dispositions que nous lui connaissons en procédant à l'agrandissement du bâtiment primitif dans les dernières années du 19e siècle (Ibid., 3 P 1445). Dans la première moitié des années 1900 il appartient à la Veuve Terré. Une annonce en 1903 souligne qu'il a été récemment agrandi et restauré. Elle avant que l'hôtel est l'un des plus près de l'établissement thermal. Le seul attenant aux ombrages et promenades du Bois. Il possède des salons de compagnie, de lecture, une terrasse et offre un service omnibus à touts les trains. Il possède une succursale, la villa des Thermes.
L'hôtel devient ensuite la propriété de la Veuve Boyer, comme en témoigne une réclame parue en 1908 dans la presse thermale. Celle-ci précise en outre que l'établissement hôtelier abrite des salons de compagnie et de lecture (Pyrénées et océan , 1908).
La comparaison de l'état actuel de l'ancien hôtel des Thermes avec les cartes postales anciennes datant du début du 20e siècle montre que l'édifice n'a presque pas été remanié. En façade, seules quelques modifications ont été opérées : les lambrequins qui ornaient l'égout de toit et les parties supérieures des lucarnes du corps de bâtiment principal ont été déposés ; la ferme débordante de l'avant-corps latéral a été reprise ; enfin, une extension vitrée composée d'une structure en bois a été bâtie contre la partie nord du rez-de-chaussée du corps central.
Même s'il n'est plus un hôtel, ce bâtiment, devenu la Villa Organdi, a toujours vocation à loger les curistes en abritant désormais des studios et des appartements meublés.