Dossier d’œuvre architecture IA65007535 | Réalisé par
  • recensement du patrimoine thermal
Grand Hôtel
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie
  • (c) Université Toulouse - Jean Jaurès

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pyrénées - Neste, Aure et Louron
  • Commune Capvern
  • Adresse 211 boulevard des Pyrénées
  • Cadastre 1829 A 405  ; 2020 AD 70
  • Dénominations
    hôtel de voyageurs
  • Appellations
    Grand Hôtel, Hôtel des Pyrénées

Le Grand Hôtel, aussi nommé Hôtel des Pyrénées, a été édifié dans le cadre des premiers grands travaux d'aménagement urbain de la station thermale de Capvern, qui ont été entrepris au début des années 1870 suite à la mise en concession des infrastructures thermales en 1872. À la demande du concessionnaire Adrien Souberbielle (AD Hautes-Pyrénées, 2 O 743, 1876), les plans de l'édifice sont dressés par l’'architecte Paul Abadie en 1874 (Médiathèque de l'’Architecture et du Patrimoine, 82/65/1002).

Les quatre maisons qui se trouvaient à l'emplacement de l'édifice projeté sont démolies au milieu des années 1870 suite au rachat des parcelles par le concessionnaire. La construction du Grand Hôtel est portée sur la matrice cadastrale en 1880-1882 (AD Hautes-Pyrénées, 3 P 1443), ce qui signifie que sa construction a été achevée dans les dernières années de la décennie 1870. Dès le début des années 1880, le Grand Hôtel de Capvern-les-Bains, dont « son confortable et son luxe intérieur ne cède à aucun de ses rivaux des stations pyrénéennes », accueille « une clientèle d’'élite ». L'établissement est alors doté d'une « table d’'hôte de premier ordre, salons de lecture et de conservation », et des soirées musicales et dansantes y sont organisées pour divertir les curistes (Le Moniteur des Pyrénées, 1882). L'’ancien Hôtel des Pyrénées, situé au nord-ouest du Grand Hôtel, en est la succursale. En 1882, en raison de la faillite du concessionnaire de la station, l'établissement hôtelier, tout comme les autres propriétés de la concession, est mis en vente aux enchères publiques (Le XIXe siècle…, 1882). Le Grand Hôtel demeure tout de même rattaché à la concession de la station thermale jusqu’en 1890, où il devient la propriété du Crédit Foncier de France suite à la mise en faillite de la Compagnie des eaux minérales de Capvern qui l'avait acquis. Le Grand-Hôtel et ses « nombreuses dépendances » sont alors vendus au prix de 180 000 francs (Revue des Pyrénées…, 1891).

Au début des années 1900, l'établissement hôtelier est racheté par Victor Labadie, alors maître d’'hôtel à Toulouse (AD Hautes-Pyrénées, 3 P 1445). Une réclame, datée du 28 juin 1908, indique que l’'hôtel est doté de 110 chambres (Pyrénées et océan…, 1908).

Victor Labadie revend l'édifice au milieu des années 1910 à un certain François Thévenot. À partir de la fin des années 1920 il est repris par Louis Rouzaud, déjà propriétaire de l’'Hôtel Beau Séjour (Bulletin Pyrénéen, 1923). Le Grand Hôtel reste la propriété de cette famille au moins jusqu’en 1960 (AD Hautes-Pyrénées, 3 P 1450).

Après plusieurs années de fermeture, l'établissement hôtelier a été transformé en résidence thermale dans les années 1980, des appartements ont ainsi été aménagés et l’'ensemble est devenu une copropriété. Aujourd’hui, alors que certains logements sont occupés à l’'année par des propriétaires occupants et des locataires, d’'autres sont destinés à location saisonnière et servent à loger les curistes.

De plan rectangulaire, l'édifice s’élève sur cinq niveaux comprenant ainsi un sous-sol, un rez-de-chaussée, deux étages carrés, un comble aménagé pour le corps de bâtiment central et un troisième étage carré pour les corps latéraux.

Le soubassement se compose de pierres de taille et est percé de fenêtres plus larges que hautes à deux vantaux, permettant d’éclairer le sous-sol.

Chaque niveau est souligné par un bandeau mouluré en pierre de taille. Les fenêtres présentent des linteaux sous arcs segmentaires au niveau du rez-de-chaussée et des encadrements droits dans les niveaux supérieurs. Les avant-corps latéraux, encadrés de chaines d'’angles en pierre de taille, sont couronnés par un fronton triangulaire. L'’avant-corps central a fait l'objet d'un traitement plus sophistiqué. Au niveau du rez-de-chaussée il est marqué par quatre colonnes à tambours de style dorique se terminant par un décor de denticules. Cette colonnade supporte le balcon filant du premier étage. La porte principale sous arc segmentaire est encadrée de moulures et surmontée de deux jours d'éclairage bordés d'un décor de canaux. Cette travée centrale est bordée par deux baies étroites à appuis saillants. Toute cette partie de l’'avant-corps central est constituée de pierre de taille dure (marbre ?). Les niveaux supérieurs en revanche ont été réalisés avec une pierre de taille calcaire (?) similaire à celle employée sur le reste de l'édifice pour les bandeaux, encadrements de baies et chainages. Cette partie de l'avant-corps est décorée de pilastres filants, se terminant par des denticules. Les deux pilastres centraux sont en outre ornés de fausses consoles renversées à volutes et triglyphes. Le tout est couronné d'un fronton circulaire entrecoupé en partie basse. L'’ensemble des garde-corps de la façade présente des ferronneries ornées de volutes. La couverture en ardoise est à deux pans. Elle est percée de fenêtres de toit et de multiples lucarnes retroussées.

À l'intérieur, l'édifice est organisé au niveau du rez-de-chaussée autour d'un grand hall central accessible par un escalier en marbre à huit degrés. Les volées de l'’escalier desservant les niveaux supérieurs, adossé à l’'élévation arrière et ponctué de paliers de repos, se déploient autour d'une cage d’'ascenseur métallique et vitrée. L’'ascenseur est quant à lui entièrement paré de boiseries. Du rez-de-chaussée jusqu’au dernier étage desservi, la cage d'’escalier est ornée d'un décor de boiseries droites similaire à celles existantes dans le hall d’entrée.

De part et d’autre de cet espace central, les logements sont répartis et desservis par un grand couloir.

  • Murs
    • enduit
    • maçonnerie
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, Charenton-le-Pont, 88/65/1002, plan par Abadie.

    Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, Charenton-le-Pont : 88/65/1002
  • Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, 82/65/1002, Projet de construction de l’Hôtel des Pyrénées, plans dressés par Paul Abadie, n. d

    Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, Charenton-le-Pont : 88/65/1002
  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, Charenton-le-Pont, 88/65/1002, plan.

    Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, Charenton-le-Pont : 88/65/1002
  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, Charenton-le-Pont, 88/65/1002, élévation, coupe, daté du 1er mars 1874.

    Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, Charenton-le-Pont : 88/65/1002

Documents figurés

  • Archives départementales des Hautes-Pyrénées 5 Fi 127/118 photographie ; carte postale ; 140.- Capvern-les-Bains, le Grand Hôtel (collection Sajous, Bagnères-de-Bigorere).

    AD Hautes-Pyrénées : 5 Fi 127/118
  • Archives départementales des Hautes-Pyrénées 5 Fi 127/135 photographie ; carte postale ; 91- Capvern-les-Bains, le Grand Hôtel. Phototypie Labouche frères, Toulouse.

    AD Hautes-Pyrénées : 5 Fi 127/135
  • Archives départementales des Hautes-Pyrénées 5 Fi 127/96 photographie ; carte postale; 1. Capvern-les-Bains (H.-P.) Le Grand Hôtel.

    AD Hautes-Pyrénées : 5 Fi 127/96
Date(s) d'enquête : 2021; Date(s) de rédaction : 2021
(c) Université Toulouse - Jean Jaurès
(c) Inventaire général Région Occitanie