L'établissement thermal implanté à l'écart du village de Capvern, dans ce qui n'était à l'origine qu'un hameau, a connu plusieurs reconstructions depuis sa fondation.
L'existence d'une « maison des bains », installée au bord du ruisseau d'Aygue Caute au nord-ouest du hameau Hount-Caoute, est attestée dès le début des années 1810. Celle-ci abrite des baignoires en marbre installées « dans sept chambres très étroites ». La reconstruction du modeste édifice, « dont les murs sont lézardés, les portes et les fenêtres en bois pourries » est envisagée dès cette période (AD Hautes-Pyrénées, 2 O 742, s.d.).
La maison des bains est finalement reconstruite entre 1818 et 1820, sous la direction de l'ingénieur des Ponts-et-Chaussées Jean-Baptiste Bonnetat (Ibid., 1818 ; 1920). Le nouvel édifice, doté de seize baignoires, ne comporte pas de logements pour les malades, seulement pour le baigneur. Pour des raisons économiques les travaux relatifs aux ouvrages non-indispensables qui devaient être intégrés à l'établissement thermal, à savoir une chapelle, une piscine, une salle de repos et un cabinet de secours, n'ont pu être réalisés (Ibid., 1819). Ce nouvel établissement thermal présente un plan allongé, à niveau unique. Il possède un avant-corps central ouvert par trois baies sous arcs en plein cintre et couronné par un fronton triangulaire. Les cabines sont installées dans les parties latérales de l'édifice, de part et d'autre d'un couloir central. À l'extérieur, cette organisation se traduit par l'existence de jours d'éclairage en partie supérieure de la façade.
Pour faire face à l'augmentation du nombre de malades, l'édifice est agrandi de douze nouveaux cabinets, portant le nombre de baignoires à vingt-huit, lors de la campagne de travaux menée sous la direction de l'architecte départemental Pierre Artigala entre 1844 et décembre 1847 (Ibid., 1848). Pour ajouter ces nouveaux cabinets, chaque extrémité de l'édifice primitif a été allongée de trois travées. En outre, daprès un devis dressé en 1837 par l'architecte, il apparaît que le pavillon central a été augmenté d'un niveau pendant la campagne de travaux de 1844-1847 (Ibid., 1837). Le fronton triangulaire qui couronnait cette partie de l'édifice primitif a semble-t-il été déposé puis remonté après la construction de l'étage.
Les dispositions architecturales de cet établissement thermal, construit en 1818-1820 et agrandi en 1844-1847, sont visibles sur le plan dressé par l'architecte Hippolyte Durand en mars 1869 (AD Hautes-Pyrénées, 2 O 743, 1869). Ce plan de l'établissement thermal a été réalisé dans le cadre de la réflexion menée par la municipalité pour moderniser l'équipement de soins. En effet, l'état des lieux dressé en 1859 au terme de la concession accordée au sieur Lagrave mettait déjà en évidence la nécessité d'effectuer différents travaux de réparations et d'améliorations des infrastructures (Ibid., 1859). Dans ce contexte, un projet d'agrandissement et de restauration est dressé par Hippolyte Durand en janvier 1870 (Ibid., 1870). L'architecte prévoyait alors d'allonger de nouveau l'édifice pour ajouter quatre travées au pavillon central. Les trois travées primitives de cette partie du bâtiment auraient été embellies par l'agrandissement des ouvertures en plein cintre et l'ajout de colonnes au niveau du premier étage. L'architecte prévoyait de couvrir l'ensemble d'un toit en pavillon marqué de part et dautre du fronton central par deux lucarnes en maçonneries ornées de frontons semi-circulaires.
La municipalité ayant finalement décidé de confier l'aménagement de l'ensemble de la station thermale de Capvern-les-Bains à un concessionnaire unique, ces travaux n'ont pas été réalisés. Le projet établi après 1872, c'est-à-dire suite à la mise en concession de la station, est d'une tout autre ampleur. Loin de se cantonner à l'agrandissement de l'établissement primitif, le concessionnaire Adrien Souberbielle entreprend la reconstruction des thermes de Hount-Caoute. Édifié au nord-ouest de l'édifice existant, le nouvel établissement thermal est construit daprès les plans dressés par l'architecte Paul Abadie. Les premiers plans, datés de septembre 1873 (MAP, 82/65/1002, 1873) ont été remaniés au cours de lannée 1875 suite aux remarques du conseil municipal de Capvern (AD Hautes-Pyrénées, 2 O 743, 1876). Dans ce cadre, la construction d'une grande piscine à l'arrière du pavillon central a été abandonnée.
Le chantier n'a débuté qu'à la fin des années 1870, le nouvel édifice a ainsi été véritablement achevé en 1884 (Ibid., 3 P 1445).
Les installations balnéaires et thermales ont été modernisées dans les années 1930 d'après les plans dressés par l'architecte parisien Marcel Macary (Ibid., 2 O 744, 1938). Il semble que ces travaux n'aient donné lieu qu'à des remaniements intérieurs.
L'établissement thermal a fait l'objet d'un agrandissement entre 1965 et 1971, comme en témoignent les photographies aériennes (Ign, 1965 ; 1971). De plan allongé, cette extension a été construite à l'arrière de l'édifice primitif, dans le prolongement du pavillon central. Enfin une seconde campagne de travaux a été entreprise pendant les années 1980. Elle a donné lieu à la construction d'une seconde extension au nord, permettant de prolonger l'aile en retour sur l'arrière et de la relier à la partie de bâtiment édifiée précédemment (Ign, 1878 ; 1989).
ingénieur des Ponts-et-Chaussées