Implanté sur le territoire de la commune d'Esquièze-Sère, cet édifice relevant de l'éclectisme académique est construit à la fin du 19e siècle sur une parcelle non bâti du cadastre de 1837, vraisemblablement en raison de l'implantation en 1899 de la gare de Luz-Saint-Sauveur à quelques dizaines de mètres seulement. Sa morphologie démontre qu'il a fait l'objet de diverses campagnes d'agrandissement. L'établissement bénéficie à l'époque d'une vue spectaculaire sur la montagne qu'il valorise dans la documentation publicitaire et qui participe au niveau élevé de ses prestations. Il est mentionné en 1903 dans une brochure touristique et appartient à Dominique Pouey. L'annonce met en avant sa situation, "le plus beau site des Pyrénées", sa "splendide terrasse" et son statut de Correspondant du Touring-Club. Il possédait une succursale à Gavarnie, l'hôtel du point de vue du Marboré. Dans l'édition 1907 du Guide Joanne, l'annonce se targue de sa proximité avec la gare et avec le bureau des voitures de correspondance pour Gavarnie et offrait parmi ses service un garage pour automobiles. Les deux hôtels restent propriété de la même famille pendant la première moitié du 20e siècle : en 1944 Maurice Pouey et son épouse en sont propriétaires (Le Bon sens pyrénéen, 15 mai 1944, p. 2).
Figurant dans les cartes postales du début du 20e siècle sous la dénomination Hôtel de Londres, il conserve sa vocation première en tant qu'Hôtel Tourmalet.