Absent du plan cadastral levé en 1826, un premier édifice doté d'un étage est construit au milieu du 19e siècle en tant qu'hôtel Bellevue. Tenu par Gabriel Chigé, qui semble installé à Pau durant l'hiver, il propose alors des prestations d'hébergement, un café-restaurant et de la location de voitures "en tous genres". Il organise ainsi des excursions en voiture vers Gavarnie et le Pont d'Espagne.
Le bâtiment est surélevé de deux étages et un niveau de combles dans le dernier quart du 19e siècle. De ses proportions désormais imposantes et avec sa façade richement ornementée, il constitue alors le premier établissement à l'entrée de la station thermale, au début de la rue Richelieu. Il accueille un café-restaurant au rez-de-chaussée.
Son site d'implantation a considérablement changé depuis sa construction puisqu'une partie du gave de Cauterets, auparavant visible, est enterrée pour laisser place à un grand parking près de la gare de téléphérique du Lys et de l'ancienne gare en bois. Durant les Trente Glorieuses, il devient Hôtel Bellevue et George V, exploité par la famille Volff. Dans les années 1980, un second édifice est reconstruit sur l'emplacement de l'ancien garage-remise de l'hôtel à quelques mètres selon les mêmes dispositions (notamment le lambrequin du pignon principal, les proportions et l'ordonnancement des façades à quelques détails près). Ces deux bâtiments quasiment jumeaux sont ensuite réunis par un pavillon central rendant leurs façades latérales aveugles. Ce grand complexe architectural abrite de nos jours un immeuble d'habitation et des locaux commerciaux.