Faisant partie du groupe sud, émergeant au-delà du Pont de Mauhourat, cette source apparaît sous le nom de Fontaine Courbères (du nom de son propriétaire) dans le premier ouvrage sur les eaux de Cauterets édité par Jean-François Borie en 1714. Théophile de Bordeu la rebaptise Source du Pré lors de ses travaux de 1746. Peu fréquentée, elle est également décrite en 1792 par Ramond, qui y observe des cuves desservies par de longs canaux en bois. La cabane en pierres sèches et toit de chaume abritant ces installations appartient d'abord à un dénommé Courbères, puis, sous la Restauration à Capdegelle, maire de Cauterets. Selon Cyprien Camus, qui considérait cette source comme l'une des plus importantes de Cauterets du point de vue thérapeutique, elle compte à cette époque onze cabines, deux douches et une buvette, destinées au traitement rhumatologique.
En 1827, l'édifice appartient toujours à André Capdegelle. Cervini, dans son Voyage pittoresque dans les Pyrénées françaises et les départements adjacents, indique que le bain du Pré est alors le plus fréquenté du groupe de la Raillère. L'établissement comporte alors une buvette, 16 baignoires dont cinq en marbre ainsi qu'une douche à trois robinets. Au milieu du 19e siècle, cet établissement commence à être vétuste et sa fréquentation diminue. Son propriétaire Jean-Baptiste Hitau, gendre Capdegelle, y commande des travaux en 1855 et 1856. Des fouilles menées en 1871 permettent de mettre au jour quatre nouvelles sources, captées à partir de 1875 vers le bâtiment de bains.
Les Bains du Pré, leurs sources et leurs dépendances, appartenant toujours à la famille Hitau-Capdegelle, sont acquis sur vente aux enchères (avec mise à prix à plus de 227.000 francs) par la commission syndicale de la vallée de Saint-Savin en 1894, laquelle y commande des travaux en 1898 menés sous la direction de MM. Mécéra (représentant de la Compagnie des Eaux) et Jorly (représentant du syndicat de vallée) pour plus de 7.000 francs. L'architecte G. Larrieu y effectue à son tour des améliorations en 1906, avec notamment l'aménagement de douches. Sur une photographie des années 1900, les inscriptions de la façade indiquent qu'on y pratique des bains et des douches, qu'il y a une buvette, mais également qu'on y trouve des installations pour les pulvérisations et les humage. Mais l'établissement n'est plus utilisé à partir de cette époque et, vingt ans plus tard, il se trouve en très mauvais état.
Entre 1927 et 1930, il est donc question de le reconstruire afin d'en faire une nouvelle salle de humage. L'option finalement retenue est le captage de la source du Pré, ainsi que de celles des Oeufs, de Mauhourat et du Petit-Saint-Sauveur vers le nouvel établissement des Griffons édifié en 1933. Après la guerre, des aménagements sont réalisés à l'emplacement des thermes du Pré en vue de la gestion des crues du gave.