Située en amont du pont du Mauhourat et du gave, la source du Petit-Saint-Sauveur est exploitée à partir de 1805. Egalement nommée source de Plaa, comme ses propriétaires, elle n'est à l'origine dotée que de cabanes en planches et de baignoires en bois. Un bâtiment en pierre d'architecture vernaculaire, comprenant un vestibule et six cabines de bains, est édifié en 1814, vraisemblablement à l'initiative de Laurent Sarreter auquel il appartient en 1827. Dans le Voyage pittoresque dans les Pyrénées françaises et les départements adjacents publié entre 1826 et 1830, Cervini indique qu'il y a alors 15 baignoires en bois, réparties dans dix cabinets. Les travaux d'extension sont à l'initiative de la propriétaire Mme Fourcade.
Ce petit établissement privé est reconstruit en 1871 à l'initiative de la famille Longué qui en est propriétaire. De vastes proportions, il accueillait dix-sept cabines de bains et deux cabines de douches. En 1882, il appartient à une indivision composée de Jacques Longué, Dominique, Etienne et Joseph Vignolle, dont héritent Elisabeth, Etienne et Dominique Vignolle en 1907. Une partie de la propriété revient à la Société Scellier et Compagnie en 1910.
Mais sa majeure partie est acquise en 1908 par la famille Meillon qui y commande d'importants travaux, tels que le réaménagement des salles de soin, la création d'un service de kinésithérapie, d'une terrasse en bord de gave, mais aussi la réfection du pignon principal (auparavant triangulaire, il bénéficie dès lors d'un important travail d'ornementation). La commission syndicale de la vallée de Saint-Savin, qui dès 1923 projette l'acquisition de l'établissement (le seul qu'elle ne possédait pas), l'achète en 1931 pour la somme de 600.000 francs. D'après les plans dressés par l'architecte Henri Martin en 1931, l'édifice n'est pas reconstruit mais il fait l'objet d'un remaniement en profondeur et de vastes extensions constituant dès lors l'établissement des Griffons. Sa façade originelle, au sein de l'aile ouest de ce centre thermal, est encore perceptible malgré les modifications opérées (notamment l'obturation des portes de la travée centrale) en 1931.
Peintre français du mouvement pointilliste.