Mauhourat d'en-haut
Cette source semble redécouverte au 17e siècle, mais n'est alors pas très fréquentée. Dans un premier temps, le site, en bordure de cascade, fait l'objet de l'aménagement d'une fontaine et d'un petit pont de bois. Implanté près de la source des Yeux, au-dessus des établissements thermaux du Petit-Saint-Sauveur et du Vieux-Pré, un premier modeste édifice abritant la buvette de Mauhourat et un péristyle formant un petit salon est édifié en 1817 d'après les plans et devis dressé par Dominique Sarniguet, architecte établi à Soulom. Le projet impliquant l'ouverture du rocher comprend également l'aménagement d'une route (actuel chemin longeant le gave) afin d'en faciliter l'accès, notamment pour les indigents. Cervini décrit les lieux à la fin des années 1820 : "la source Mauhourat, de 39 à 40 degré de chaleur, prend naissance dans une excavation dont on a formé une espèce de grotte qui est d'un effet agréable et d'un aspect assez pittoresque. C'est à travers les fentes d'un rocher granitique que filtre sans cesse un filet d'eau qui n'est employé qu'en boisson, et dont chacun peut user selon sa volonté" (Cervini, p. 42).
Exploité tout au long du 19e siècle, elle est fortement appréciée pour son environnement et son aspect pittoresque, à proximité d'une cascade, qui lui vaut le surnom de "grotte". Cette source est déclarée d'intérêt général, avec périmètre de protection, par décret impérial du 27 novembre 1861. Dans le dossier, la commission syndicale de la vallée de Saint-Savin indique que cette buvette est alors visitée par 8.000 à 10.000 malades par an. Elle souligne également "l'importance du rôle que joue l'eau de cette source dans la médication générale de la station".
Appartenant à la commission syndicale de la vallée de Saint-Savin, cet édifice atypique en pierre imitant une cavité naturelle et doté de galeries souterraines est reconstruit autour de 1907 par l'architecte Larrieu, architecte de la vallée, en raison de l'état de vétusté du mur soutenant la terrasse donnant sur le gave. Ce chantier, connaissant des imprévus, implique le déplacement de la galerie souterraine à cause de la chute de rochers. La partie supérieure de la buvette est aménagée en terrasse pour offrir un point de vue sur le torrent et la vallée.
Mauhourat d'en-bas
Cependant, en 1873, une buvette nommée "Mauhourat d'en-bas", qui apparaît encore sur les photographies du début du 20e siècle, est construite près du pont de Benquès afin d'éviter aux curistes la montée jusqu'à la grotte (Dubourcau, 1873, p. 65) et entourée de nombreuses boutiques qui sont agrandies dans les années 1900. Cette "bicoque" est reconstruite en 1875 avec plus d'ampleur mais la place est limitée par le caractère étroit du terrain et la pression immobilière des propriétaires de commerces voisins (Moinet, 1878, p. 102).
Un nouveau pavillon en bois, visible sur de nombreuses cartes postales anciennes, est édifié au niveau du Pont du Mauhourat en 1909 d'après les plans de Larrieu exécutés par l'entrepreneur Bernard Poutz. D'autres travaux sont exécutés par le même entrepreneur en 1915 suite à une avalanche qui a sérieusement endommagé l'édifice. Les eaux de la source de Mauhourat sont redirigées vers l'établissement des Griffons édifié en 1931 et captant également les sources du Pré, des Yeux et du Petit-Saint-Sauveur. L'ensemble est également appelée "le nouveau Mauhourat" et l'ont vend des boissons à proximité où est précisé "on trait sur place" à propos du lait. Cet ensemble, à proximité des bains du Petit Saint-Sauveur, a été abondamment photographié contrairement à la buvette plus rustique d'en haut. A l'intérieur, des femmes en tenue traditionnelle distribuait les verres d'eau depuis un comptoir en rocaille imitant la roche d'où sourd la source mais une autre vue du début du 20e siècle montre un comptoir en bois devant une niche avec des plaquards latéraux pour les verres.