• recensement du patrimoine thermal
Buvette ou grotte de Mauhourat
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie
  • (c) Université de Pau et des Pays de l'Adour

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Hautes-Pyrénées - Vallée des Gaves
  • Commune Cauterets
  • Lieu-dit Pont d'Espagne
  • Adresse route du Pont d'Espagne
  • Cadastre 2020 AK 3
  • Dénominations
    établissement thermal
  • Précision dénomination
    buvette

Cette source, dont le nom veut dire le "mauvais trou" est implantée à 1 100 m d'altitude, en bordure de cascade au-dessus de établissements thermaux du Petit Saint-Sauveur et du Vieux Pré. Redécouverte, au 17e siècle, un premier édifice tenant lieu de buvette est édifié en 1817, en perçant le rocher pour aménager une grotte. La buvette devient très fréquentée, avec de 8 000 et 10 000 malades s'y rendant autour de 1860.

Une seconde buvette nommée "Mauhourat d'en-bas" est édifiée en contrebas en 1873, à proximité du pont, associé à des nombreuses baraques commerciales.

La buvette d'en-haut est reconstruite dans un style rustique entre 1905 et 1907 par l'architecte Larrieu.

Mauhourat d'en-haut

Cette source semble redécouverte au 17e siècle, mais n'est alors pas très fréquentée. Dans un premier temps, le site, en bordure de cascade, fait l'objet de l'aménagement d'une fontaine et d'un petit pont de bois. Implanté près de la source des Yeux, au-dessus des établissements thermaux du Petit-Saint-Sauveur et du Vieux-Pré, un premier modeste édifice abritant la buvette de Mauhourat et un péristyle formant un petit salon est édifié en 1817 d'après les plans et devis dressé par Dominique Sarniguet, architecte établi à Soulom. Le projet impliquant l'ouverture du rocher comprend également l'aménagement d'une route (actuel chemin longeant le gave) afin d'en faciliter l'accès, notamment pour les indigents. Cervini décrit les lieux à la fin des années 1820 : "la source Mauhourat, de 39 à 40 degré de chaleur, prend naissance dans une excavation dont on a formé une espèce de grotte qui est d'un effet agréable et d'un aspect assez pittoresque. C'est à travers les fentes d'un rocher granitique que filtre sans cesse un filet d'eau qui n'est employé qu'en boisson, et dont chacun peut user selon sa volonté" (Cervini, p. 42).

Exploité tout au long du 19e siècle, elle est fortement appréciée pour son environnement et son aspect pittoresque, à proximité d'une cascade, qui lui vaut le surnom de "grotte". Cette source est déclarée d'intérêt général, avec périmètre de protection, par décret impérial du 27 novembre 1861. Dans le dossier, la commission syndicale de la vallée de Saint-Savin indique que cette buvette est alors visitée par 8.000 à 10.000 malades par an. Elle souligne également "l'importance du rôle que joue l'eau de cette source dans la médication générale de la station".

Appartenant à la commission syndicale de la vallée de Saint-Savin, cet édifice atypique en pierre imitant une cavité naturelle et doté de galeries souterraines est reconstruit autour de 1907 par l'architecte Larrieu, architecte de la vallée, en raison de l'état de vétusté du mur soutenant la terrasse donnant sur le gave. Ce chantier, connaissant des imprévus, implique le déplacement de la galerie souterraine à cause de la chute de rochers. La partie supérieure de la buvette est aménagée en terrasse pour offrir un point de vue sur le torrent et la vallée.

Mauhourat d'en-bas

Cependant, en 1873, une buvette nommée "Mauhourat d'en-bas", qui apparaît encore sur les photographies du début du 20e siècle, est construite près du pont de Benquès afin d'éviter aux curistes la montée jusqu'à la grotte (Dubourcau, 1873, p. 65) et entourée de nombreuses boutiques qui sont agrandies dans les années 1900. Cette "bicoque" est reconstruite en 1875 avec plus d'ampleur mais la place est limitée par le caractère étroit du terrain et la pression immobilière des propriétaires de commerces voisins (Moinet, 1878, p. 102).

Un nouveau pavillon en bois, visible sur de nombreuses cartes postales anciennes, est édifié au niveau du Pont du Mauhourat en 1909 d'après les plans de Larrieu exécutés par l'entrepreneur Bernard Poutz. D'autres travaux sont exécutés par le même entrepreneur en 1915 suite à une avalanche qui a sérieusement endommagé l'édifice. Les eaux de la source de Mauhourat sont redirigées vers l'établissement des Griffons édifié en 1931 et captant également les sources du Pré, des Yeux et du Petit-Saint-Sauveur. L'ensemble est également appelée "le nouveau Mauhourat" et l'ont vend des boissons à proximité où est précisé "on trait sur place" à propos du lait. Cet ensemble, à proximité des bains du Petit Saint-Sauveur, a été abondamment photographié contrairement à la buvette plus rustique d'en haut. A l'intérieur, des femmes en tenue traditionnelle distribuait les verres d'eau depuis un comptoir en rocaille imitant la roche d'où sourd la source mais une autre vue du début du 20e siècle montre un comptoir en bois devant une niche avec des plaquards latéraux pour les verres.

Implanté dans une montée, en bordure de chutes d'eau et entre deux montagnes, à 1 102 m d'altitude, cet édifice, relevant de l'ouvrage d'art de par son mode constructif, est bâti sur un soubassement enterré où se déploie une longue galerie creusée dans la roche menant à la source de Mauhourat. Divers captages y sont encore visibles, quoique pas toujours accessibles. Cette galerie est ponctuée de quelques baies libres donnant directement sur le gave et visibles depuis l'autre rive. L'aménagement au début du 19e est connu par une lithographie.

La partie en rez-de-chaussée, édifiée avec le même appareil de granit (ressource de proximité), adopte un plan rectangulaire flanqué de trois absides en hémicycle couvertes de voutes en berceau et cul-de-four. L'abside du fond développée autour de la cavité rocheuse est dotée d'une fontaine tandis que les absides latérales sont équipées de bancs en pierre destinés à l'attente des curistes. La construction est couronnée par un garde-corps en pierre, repris pour sécuriser le chemin au bord du gave. L'entrée principale, couronnée par un tympan en arc en plein-cintre et le nom gravé de Mauhourat, est fermée par une grille en fer et béton moulé imitant d'épaisses ramifications afin de donner l'illusion d'une porte construite en branches d'arbre.

De par son caractère frustre et l'austérité du granit, cet édifice relève d'un parti esthétique singulier renvoyant au pittoresque d'une grotte et aux entrailles de la terre mais aussi à des références médiévales, l'ensemble visant à satisfaire l'imaginaire des curistes.

  • Murs
    • pierre
  • Plans
    plan régulier
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée
  • Typologies
    architecture éclectique
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Documents d'archives

  • A.D. Hautes-Pyrénées, Commission syndicale de la vallée de Saint-Savin, 2 O 88 Reconstruction de la grotte de Mauhourat

    AD Hautes-Pyrénées : 2 O 88
  • A.D. Hautes-Pyrénées, Commission syndicale de la vallée de Saint-Savin, 2 O 96/2 Source de Mauhourat

    AD Hautes-Pyrénées : 2 O 96/2
  • A.D. Hautes-Pyrénées, Commission syndicale de la vallée de Saint-Savin, 5 M 70 Source de Mauhourat, déclaration d'intérêt public (1859-1861)

    AD Hautes-Pyrénées : 5 M 70

Bibliographie

  • Voyage pittoresque dans le midi de la France, 1804

  • Atelier E. Lavigne, Cauterets. Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager, Pau, 2007-2008.

  • FLURIN René, Histoire de Cauterets des origines à nos jours, Ed. Créer, 1999.

  • Cervini (J-A), Voyage Pittoresque dans les Pyrénées françaises et les départements adjacents ou collection de 72 gravures d'après les dessins de Melling, Paris, 1826-1839.

    p. 42
  • Duhourcau, Émile (docteur) Eaux minérales sulfureuses : études sur les eaux de Cauterets, impr. Parent (Paris), 1873, 77 p.

    p. 65
  • Moinet Jean-Charles, Des Eaux thermales sulfureuses de Cauterets, 5e édition, Paris, 1878, 584 p.

    p. 102

Documents figurés

  • BM Toulouse, Mercereau Charles, Grotte et cascade du Maühourat (Cauterets) lithographie,  Paris : F. Sinnett : Imp. Frick frères, 18..

    BM Toulouse
  • AD Hautes-Pyrénées 5 Fi 138/970 Les Pyrénées Illustrées. 235. - Cauterets. - Grotte de Mauhourat et Source des Yeux.[ant. 1903].

    AD Hautes-Pyrénées : 5 Fi 138/970
  • AD Hautes-Pyrénées 5 Fi 138/387 Les Hautes-Pyrénées. 109. - Cauterets. - Le Nouveau Mauhourat et les Chalets.[1903]-[1910]

    AD Hautes-Pyrénées : 5 Fi 138/387
  • AD Hautes-Pyrénées 5 Fi 138/925 Les Pyrénées Illustrées. 121. - Cauterets. - Buvette de Mauhourat.

    [ant. 1903]

    AD Hautes-Pyrénées : 5 Fi 138/925
  • AD Hautes-Pyrénées 5 Fi 138/254 Les Hautes-Pyrénées. 572. - Cauterets. - Le Nouveau Mauhourat et le Petit St-Sauveur. [1904]-[1920]

    AD Hautes-Pyrénées : 5 Fi 138/254
  • AD Haute-Garonne 26 FI 65 TP 3371 Les Hautes-Pyrénées. 740. Cauterets : intérieur de la buvette du nouveau Mahourat [Mauhourat] / photographie Henri Jansou (1874-1966). - Toulouse : maison Labouche frères, [entre 1900 et 1920]. - Photographie

    AD Haute-Garonne : 26 FI 65 TP 3371
  • AD Haute-Garonne 26 FI 65 TP 3467 Les Hautes-Pyrénées. 1179. Cauterets : source Mahourat [Mauhourat] / photographie Henri Jansou (1874-1966). - Toulouse : maison Labouche frères, [entre 1900 et 1920]. - Photographie

    AD Haute-Garonne : 26 FI 65 TP 3467
  • AD Haute-Garonne 26 FI 65 TP 3807 740. Cauterets : buvette de Mahourat [Mauhourat] / photographie Henri Jansou (1874-1966). - Toulouse : maison Labouche frères, [entre 1900 et 1920]. - Photographie

    AD Haute-Garonne : 26 FI 65 TP 3807
Date(s) d'enquête : 2020; Date(s) de rédaction : 2020
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Université de Pau et des Pays de l'Adour