• recensement du patrimoine thermal
Villa Romme
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie
  • (c) Université de Pau et des Pays de l'Adour

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Hautes-Pyrénées - Haute-Bigorre (La)
  • Commune Bagnères-de-Bigorre
  • Adresse place d'Uzer
  • Cadastre 2019 AK 581
  • Dénominations
    maison

Les fondations de cet édifice s’appuient sur un rempart du 12e siècle. Riche patrimoine de Bagnères-de-Bigorre, il adopte les caractéristiques d’un hôtel noble de la fin du 17e siècle puis il est remaniée à plusieurs reprises. Implantée dans l’enclos urbain du fief d’Arras qui accueillait le siège de l’autorité du comté de Bigorre, la bâtisse est remaniée une première fois entre 1699 et 1705 à l’initiative de Toinette Manas, petite-fille de Guillaume Manas considéré comme l’un des premiers historiens de Bagnères. Elle est surélevée d’un étage au tournant du 19e au 20e siècle. Elle appartient à la veuve Barès en 1815, à M. Pitereau en 1862 et à la veuve Léonie Romme, dont elle conserve l’appellation, en 1875. La bâtisse est probablement destinée à la location pour les curistes tout au long du 19e siècle comme la plupart des maisons bagnéraises et aurait également accueilli un cercle de jeu. Après une quinzaine d’années d’abandon, la villa Romme est rachetée par une personne privé en 2010 puis rénovée et transformée en appartements en 2013 avec le soutien de la commune et de l’association Vieilles Maisons Françaises.

Voisine de l'historique propriété d'Uzer, cette parcelle sise à l'intérieur des fortifications est bâtie depuis au moins le Moyen Age, un édifice y apparaissant sur l'ensemble des plans élaborés depuis 1714 et dans les données archéologiques récentes. Ses fondations s'appuient sur un rempart du 12e siècle. Riche patrimoine de Bagnères-de-Bigorre, cette bâtisse comportant les caractéristiques d'un hôtel noble de la fin du 17e siècle est remaniée à plusieurs reprises au 18e, 19e et 20e siècle. Implantée dans l'enclos urbain du fief d'Arras qui accueillait le siège de l'autorité du comté de Bigorre, elle est remaniée une première fois entre 1699 et 1705 à l'initiative de Toinette Manas, petite-fille de Guillaume Manas considéré comme l'un des premiers historiens de Bagnères. Elle est surélevée d'un étage au tournant du 19e au 20e siècle.

Maison Balès puis Bordeu jusqu'en 1861

Le général d'Empire belge André Joseph Baron de Boussart y serait mort en 1813. La propriétaire de la villa était alors Madame Veuve Balès, dont le mari, ancien avoué, était mort en 1812 (Bulletin de la Société Ramond, 1936, 71e année, p. 69 ). D'après les documents dépouillés par Paul Cardeilhac en 1960, le 30 janvier 1819, une partie de la maison Ballez [sic] (actuellement villa Romme) est louée pour 3 ans au Docteur Ganderax, occupant pour 500 F par an, plus 100 F pour réparation la première année (Bulletin de la Société Ramond, 1960).

Théophile Bordeu, avoué à Bagnères achète la maison aux héritiers Balès par un acte du 2 juillet 1827 (Lias notaire, archives privées).

Par un acte de vente enregistré le 26 septembre 1861 (archives privées), le bien est vendu par sa veuve, dame Elisabeth Constance Dumont, par son fils cadet Jean Baptiste Léon Bordeu et par procuration par son fils aîné François Edmond Bordeu, établi à Valparaiso au Chili. Celle qui procède à l'acquisition pour la somme de 27 000 F est Marie Damaze Olympe Pillero, veuve de Jean Baptiste Romme, ancien contrôleur principal des contributions directes. Le bien est décrit comme "maison à deux étages, parterres, basse-cour, écurie, remise et autres dépendances". On apprend dans le descriptif que la maison, bâtie à chaux et sable, est couverte en ardoise, hormis sur l'aile orientale couverte d'une terrasse.

La villa Romme, une obsession de l'aménagement public à Bagnères entre 1879 et 1924.

La propriétaire devient Léonie Romme en 1875. En 1890, la propriétaire et ses héritiers intentent un procès à la commune au sujet de la vente d'une parcelle qui lui est destinée. A la même époque, l'architecte communal Rieumalhol accorde un avis favorable à la demande de Léonie Romme de construire une devanture de café sur la façade donnant sur le casino.

En 1885 (séance du 23 février), le conseil municipal vote le principe de l'achat des maisons Romme et Uzer pour agrandir la place d'Uzer conformément au plan général d'alignement de 1879 (L'Avenir des Hautes-Pyrénées, 13 mars 1885).

La villa doit alors être en mauvais état car on lit encore en 1890 : " L'horrible mur de la maison Romme va disparaître, nous assure-t-on, sous une charmante construction, dans laquelle l'un de nos compatriotes doit installer une coquette salle de café. Mais nous espérons que notre municipalité trouvera bien le moyen de faire disparaître une baraque, vermoulue, dégoûtante, située au coin de la maison d'Uzer. Il n'est pas admissible, que dans l'un des plus beaux quartiers de la ville, tout le monde ne tombe pas d'accord pour faire disparaître au plus vite une construction indigne des plus bas quartiers"(Petite gazette : journal de Bagnères-de-Bigorre et des établissements thermaux des Pyrénées, 08 juin 1890).

En 1893, une mention dans la presse indique "à quand la chute des maisons Romme et d'Uzer qui constituent un fond de tableau si déplaisant !" au casino voisin (L'Avenir des Hautes-Pyrénées, 14 mai 1893). En 1912 on perçoit le souhait de les détruire pour permettre l'extension du parc du casino (Avenir de Luchon, 03 novembre 1912) et en 1924 on songe à implanter à cet emplacement le musée Salies créé grâce au legs Daléas (L'Avenir des Hautes-Pyrénées, 28 décembre 1924).

La villa Romme, une villa à l'activité saisonnière.

Mise en vente en 1899 volontairement en tant que "l'une des plus belles villas de Bagnères" (L'Avenir des Hautes-Pyrénées, 10 septembre 1899), elle semble rester dans la famille Romme et a une intense activité de location au début du 20e siècle, sans doute après des travaux qui remédie au mauvais état probable à la fin du 19e siècle. En 1902, le comte et la comtesse Gaston de La Rochefoucauld y réside pendant un mois (Le Figaro, 24 septembre 1902). En 1911, ce sont M. et Mme Galy de Bordeaux (Bagnères thermal, 17 septembre 1911). On s'y arrête à cette époque pour admirer la floraison de deux agestremia (L'Avenir des Hautes-Pyrénées, 04 septembre 1904). La Revue Les Pyrénées thermales recense de nombreux résidents à la villa Romme à cette époque dans les listes des étrangers, au recrutement majoritairement régional : Mme et M. le Labat de Saint-Clar en 1902, la comtesse Dillon de Besmaux en 1903 puis M. Charles Dancla de Paris, M. Ernest St-Gis de Vic-Bigorre puis Mme d'Heur Desages de Sarlat en 1904, la famille Moriette de Blaye en 1905, le comte de Pesquidoux (Gers) en 1906, la famille Bernudes de Marseille en 1907, Mme Fornier de Violet de Biarritz puis Mme d'Ufrayer de Mont-de Marsan en 1909, Mme Lartigau de Biarritz en 1910, la famille Bacquier d'Aix et Mme Rouvière-Pagès de Montpellier également en 1910.

Entre 1898 et 1905, Léonie Romme, 3 place d'Uzer, est recensé dans les Annuaires des Hautes-Pyrénées comme possédant un appartement garni à louer puis comme loueuse de pianos.

En 1914, Mlle G. Gélis, professeur de piano, organiste de l'hôpital, donne chez elle, à la villa Romme une matinée musicale (Le Courrier républicain de l'arrondissement de Bagnères-de-Bigorre, 18 janvier 1914). Gabrielle Gélis, née en 1881 est apparentée aux Romme par sa mère car c'est la fille de Gabriel Gélis, employé des tabacs et de Marie Anne Emilie dite Lucie Romme.

Les propriétaires sont contraints d'organiser la vente aux enchères publiques de ses collections en 1927. L'annonce parue dans la presse les décrit ainsi : "Meubles anciens et modernes, fusils, armes, charrette anglaise, service de table ancien, service à café Louis XV, service cristal Baccarat, violon, pupitres, chevalets, console Empire, piano etc.", ce qui donne une idée précise des équipements dont pouvaient profiter les villégiateurs qui y séjournaient (L'Avenir des Hautes-Pyrénées, 06 novembre 1927).

Marie-Antoinette Romme (dite aussi Léonie Romme), célibataire sans profession, qui décède en 1929 y a sa résidence (L'Avenir des Hautes-Pyrénées, 14 juillet 1929).

Dans les années 1920 et 1930 , la villa appartient à la famille de M. Raymond Lacroix (1881-1926), époux de Gabrielle Gélis depuis 1917, professeur de dessin du collège Victor Duruy (Le Courrier républicain de l'arrondissement de Bagnères-de-Bigorre, 11 février 1923 et L'Avenir des Hautes-Pyrénées, 1er août 1926). Au décès de Raymond Lacroix le 18 juillet 1926, son épouse Gabrielle Gélis reste propriétaire unique de la villa jusqu'à son propre décès le 27 février 1970. Elle entretient la maison dont elle loue une partie en appartement avec la terrasse du pavillon à la famille Verley (Le Grand écho du Nord de la France, 14 octobre 1941).

Après une quinzaine d'années d'abandon, la villa Romme est rachetée par une personne privé en 2010 puis rénovée et transformée en appartements en 2013 avec le soutien de la commune et de l'association Vieilles Maisons Françaises.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 17e siècle
    • Secondaire : 18e siècle
    • Secondaire : 4e quart 19e siècle
    • Secondaire : 21e siècle
  • Dates
    • 1699, daté par travaux historiques, daté par source
    • 2013, daté par travaux historiques

Implantée entre la place d'Uzer et un parking, cette vaste demeure véhicule les diverses phases de sa construction par le biais de ses pavillons et surélévations successives. Déployée sur la quasi-longueur de la parcelle, elle s'appuie sur un plan rectagulaire pour élever un soubassement puis deux voire trois (en fonction des pavillons) niveaux. La façade principale comprend sept travées, dont la division centrale accueille le portail d'entrée précédé d'un perron. Les oriels des cinq baies du deuxième étage résultent de remaniements tardifs. A droite, s'élève un corps de bâtiment en rez-de-chaussée couvert d'une terrasse.

La façade postérieure, autrement complexe, rend plus aisément lisible l'évolution de la bâtisse, avec un pavillon à gauche doté de lucarnes en chien assis sur quatre travées, et un pavillon à droite de surélévation récente sur cinq travées.

L'édifice emprunte à l'architecture vernaculaire les matériaux et techniques de construction (moellon, enduit, ardoises, lucarnes en chien assis subsistantes à l'arrière).

  • Murs
    • enduit
    • moellon
    • pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation à travées, élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
  • Typologies
    architecture vernaculaire ; architecture académique
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • A.M. Bagnères-de-Bigorre, O1 - 2, Boulevard du Casino

    AM Bagnères-de-Bigorre : O1 - 2
  • A.D. Hautes-Pyrénées, Plan de la ville de Bagnères-de-Bigorre, par A. Pambrun, 1856, cote 2 O 361

    AD Hautes-Pyrénées : 2 O 361
  • A.D. Hautes-Pyrénées, PERE Léon, Plan de Bagnères-de-Bigorre, 1890, 2 O 361.

    AD Hautes-Pyrénées : 2 O 361
  • A.M. Bagnères-de-Bigorre, Plan de Bagnères en 1714.

  • A.M. Bagnères-de-Bigorre, Plan de Bagnères en Bigorre, Lattré graveur, Paris, 1789.

Bibliographie

  • LUGOL Virginie, AVAP de Bagnères-de-Bigorre, Rapport de présentation. D – Architecture, Toulouse, 2010

    p. 24
  • LUGOL Virginie, AVAP de Bagnères-de-Bigorre, Rapport de présentation. A – Origines, Toulouse, 2010.

    p. 48
  • MERLEAU Marie-Luce, Bagnères-de-Bigorre. Place d’Uzer – villa Romme : rapport de diagnostic, Pessac : INRAP GSO, 2008

Périodiques

  • « Bagnères. La ville Romme réhabilitée », in La Dépêche, 12 décembre 2010.

  • Paul Cardeilhac, Documents, VIII, L'ancienne Maison de Ville, in Bulletin de la Société Ramond, années 1959 à 1962, de la 94e à la 97e année.

    p. 78
  • Bulletin de la Société Ramond, 1936, 71e année.

    p. 69
  • Le Figaro, 24 septembre 1902

  • Bagnères thermal, 17 septembre 1911

  • Le Grand écho du Nord de la France, 14 octobre 1941

  • Le Courrier républicain de l'arrondissement de Bagnères-de-Bigorre, 11 février 1923

  • Le Courrier républicain de l'arrondissement de Bagnères-de-Bigorre, 18 janvier 1914

  • L'Avenir des Hautes-Pyréenés, 10 septembre 1899.

  • L'Avenir des Hautes-Pyréenés, 14 juillet 1929

  • L'Avenir des Hautes-Pyréenés, 1er août 1926

  • L'Avenir des Hautes-Pyrénées, 04 septembre 1904

  • L'Avenir des Hautes-Pyrénées, 13 mars 1885

  • L'Avenir des Hautes-Pyrénées, 28 décembre 1924

  • L'Avenir des Hautes-Pyrénées, 14 mai 1893

  • L'Avenir des Hautes-Pyrénées, 13 mars 1885

  • L'Avenir des Hautes-Pyrénées, 06 novembre 1927

  • In Memoriam, Raymond Lacroix, in Bulletin de la Société Ramond, janvier 1924. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6535030x/f109

  • Petite gazette : journal de Bagnères-de-Bigorre et des établissements thermaux des Pyrénées, 08 juin 1890.

Documents figurés

  • PERE Léon, Plan de Bagnères-de-Bigorre, 1888 (BnF, GED-747).

    Bibliothèque nationale de France : GED-747
  • A.M. Bagnères-de-Bigorre, Plan de Bagnères-de-Bigorre établi sur le plan cadastral de 1771… avec les changements opérés jusqu’en 1846, P. Moran, 1846

  • Bibliothèque de Bagnères-de-Bigorre, Estampes, P183, Plan de Bagnères-de-Bigorre et plan topographique des environs de Bagnères, s.d.

Date(s) d'enquête : 2019; Date(s) de rédaction : 2019
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Université de Pau et des Pays de l'Adour